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Paix tribale et présence de l’Etat au Nord

by sur 20 octobre 2015

Les différentes tribus présentent au Nord du Mali ont, en une quinzaine de jours,  conclu des accords mettant un terme à leurs différends. Ils l’ont fait selon  « leurs us et coutumes », en s’engageant à utiliser cette méthode en cas de nouveaux conflits.

Et l’Etat dans tout, ça ? Il accompagne en se disant que tout ce qui peut soulager la population et aller dans le sens d’un apaisement est bon à prendre, mais il est,  de fait, spectateur et cela ne renforce pas son autorité.

Comme pour illustrer cette situation, l’école a bien repris à Kidal, mais sous l’égide des mouvements armés et sans que le ministre de l’Education ait pu être présent pour se féliciter du fait que l’école reprenne après trois ans…

La coordination des mouvements de l’Azawad, tout comme le gouvernement, sont bel et bien pris entre deux feux : le compromis souhaitable et l’intransigeance des ultras.

Nord du Mali : paix tribale à Anefis

Jeune Afrique  — Mis à jour le 19 octobre 2015 à 13h18 – Par Baba Ahmed

Tous les groupes armés et factions tribales du nord du Mali, qu’il fassent partie de la CMA (ex-rébellion) ou de la Plateforme (pro-gouvernementale), ont signé à la mi-octobre une série de pactes qui devraient débloquer l’application de l’accord de paix d’Alger avec le gouvernement malien. Voici ce qu’ils ont conclu.

Après de nombreux accrochages meurtriers dans la région de Kidal au mois d’août dernier, la Plateforme (groupes alliés au gouvernement malien) a finalement trouvé un terrain d’entente avec la Coalition des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion). Du 27 septembre au 16 octobre, une série de rencontres tribales, sanctionnée par plusieurs accords de paix, a été organisée à Edjerer et Anefis afin de « laver le linge sale en famille ». Objectif réussi ? Réponse en cinq points.

  • Qu’ont signé la CMA et la Plateforme ?

Les deux coalitions se sont mises d’accord sur la venue d’une partie des combattants de la Plateforme dans la région de Kidal. « À condition que ceux-ci arrivent sous drapeau de la CMA et se réclament d’elle désormais », précise Boubacar Ould Hamadi (CMA), qui a participé aux discussions d’Anefis. L’avancée est de taille : jusque là, les combattants de la Plateforme n’avaient pas le droit de se rendre dans les zones contrôlées par la CMA.

  • Quel accord entre Ifoghas et Imghad ?

Les Ifoghas et les Imghad ont signé de leur côté un document à Edjerer, tout près d’Anefis, le 9 octobre, dans lequel ils manifestent leur désir de paix entre leurs communautés qui se livrent depuis de nombreuses années une lutte politique de leadership dans la région de Kidal.

Le conflit, qui dure depuis près de 10 ans, a beaucoup contribué à l’éclatement de la rébellion en 2012. Les deux tribus prônent désormais le pardon, et « s’engagent à gérer de façon consensuelle leurs problèmes communs sur tous les plans : gestion de l’espace pastorale, des aires de transhumance, des terres salées et de l’eau, etc. », assure le document appelé Pacte d’honneur et Contrat social.

Les conflits entre entre Ifoghas et Imghad seront réglés selon « leurs us et coutumes »

Désormais, Ifoghas et Imghad s’engagent à partager de façon équitable le pouvoir et œuvrer à « la gestion concertée et inclusive des affaires politiques ». Les conflits entre les deux clans seront réglés selon « leurs us et coutumes ». Les garants de cet accord sont d’un côté le chef exécutif de la tribu Ifoghas, Alghabass Ag Intalla, et, de l’autre, le général El Hadj Ag Gamou pour la tribu Imghad.

  • Les Imghad et les Dawsahak sur la voie du dialogue ?

Il y a une semaine encore, des membres de ces deux communautés se livraient des combats et se pillaient mutuellement leurs campements. Au moins une personne a trouvé la mort dans ces affrontements dans la région de Gao. Mais à Anefis, le cercle vicieux de la vengeance a également été brisé par la signature d’un pacte d’honneur et de contrat social.

Selon un communiqué conjoint signé par Ag Gamou (Imghad) et Moussa Ag Acharatoumane (Dawsahak), le 10 octobre dernier, les deux communautés déposent les armes et « s’engagent à organiser une rencontre dans de brefs délais à Inwelan, dans la zone de Talataye pour réconcilier toutes les communautés de la zone ».

  • Quelles autres tribus dans les négiociations de paix ?

À Anefis, les tribus arabes Machzouf et Limhar ont eux aussi signé un accord de paix. Tout comme les Touaregs des Idnan et les Limhar, qui se sont réconciliés après plus de deux ans de brouille. En février 2013, des rebelles de la première tribu avaient saccagé et pillé les commerces de membres de la seconde dans la petite localité d’Inkhalil, à la frontière entre le Mali et l’Algérie.

De leur côté, les Idnan accusent les Limhar d’avoir procédé à des exécutions sommaires en représailles à ce qui s’était passé à Inkhalil. Selon le communiqué final des rencontres, le règlement de ce conflit particulier « a été transféré pour règlement global et définitif au niveau de la CMA et de la Plateforme dans un délai de 45 jours à compter de la date de signature du présent document » [le 16 octobre, NDLR].

  • Quelles réactions du côté du gouvernement et de la Minusma ?

À l’ouverture des rencontre tribales, le 27 septembre, le gouvernement malien a dépêché trois de ses ministres pour marquer sa présence. « Tout ce qui amène la paix est encouragé et de façon durable », a expliqué Garibou Perou, chargé de presse au ministère de la Reconstruction du nord. « Le soutien du gouvernement est moral », ajoutait Azaz Ag Loudagdag, membre de la Plateforme et principal rédacteur des pactes d’honneur signés entre tribus. Dans un communiqué de presse diffusé dès le 15 octobre, la Minusma a quant à elle « félicité les dirigeants des deux parties pour la sagesse dont ils ont fait preuve en privilégiant la voix du dialogue ».

Kidal rouvre ses écoles sans le gouvernement

Par Maliki – L’indicateur du renouveau – 20 octobre 2015

Annoncée un moment reportée, la rentrée scolaire a finalement eu lieu lundi 19 octobre, mais à l’absence du gouvernement qui a convenu avec les ex-rebelles de la CMA qui contrôlent Kidal, au nord du pays, que le ministre de l’Education nationale devait participer à une cérémonie officielle pour marquer la reprise des cours arrêtés depuis 3 ans. Il y a eu finalement une cérémonie symbolique présidée par l’un des chefs de la CMA, Bilal Ag Acharif.

L’information a été donnée il y a une dizaine de jours par la mission d’évaluation technique pour le retour de l’administration dans le Nord dont une délégation a passé une dizaine de jours en 8e région : la rentrée devait se tenir le lundi 19 octobre. Une rentrée qui devra se faire en dépit d’énormes problèmes logistiques et d’un important déficit d’enseignants.

Et puis patatras, les enseignants ont refusé de suivre et le Syndicat national des enseignants qualifie de “rentrée politique”. Pis, les habitants refusent la présence des autorités maliennes à Kidal, précisément le ministre de l’Education.

Au dernier moment, sur cette pression, la cérémonie a été annulée, mais la rentrée des classes a bien eu lieu, en l’absence de délégation officielle. C’est une cérémonie symbolique qui a été organisée  hier après-midi, à Kidal sous la présidence de l’un des chefs de la CMA, Bilal Ag Acharif.

Joint par RFI, Zeid ag Mohamed, chargé de la commission administrative et de gestion de la CMA à Kidal, a confirmé qu’« il est important de reconnaître que la CMA a officiellement invité les autorités maliennes. Cela n’a pas marché, mais on va corriger. On trouvera la meilleure formule pour qu’il n’y ait plus de problèmes ».

Il ajoutera que la  venue d’un ministre à Kidal n’est pas exclue. De son côté, Koïna ag Ahmadou, le délégué du ministère de l’Education qui a préparé la cérémonie annulée, se veut lui aussi rassurant. Il demande aux populations de ne pas avoir peur de l’arrivée d’un ministre.

« La visite du ministre n’a rien de particulier. L’objectif c’était d’avoir une cérémonie plus officielle. Aux yeux des partenaires et aux yeux de la communauté internationale, il n’y a pas eu d’autres connotations ».

Mali: à Kidal, la reprise des cours d’école annulée au dernier moment

Par RFI – 19/10/2015

Ce lundi 19 octobre 2015 devait être marqué par la reprise de l’école à Kidal, dans le nord du Mali.

Les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui contrôlent toujours cette ville, leur fief, avaient accepté qu’une délégation officielle malienne vienne à Kidal pour célébrer ensemble la reprise des cours. Mais cette rentrée des classes a finalement été annulée au dernier moment.

La reprise de l’école à Kidal devait être un symbole des avancées réalisées dans l’application de l’accord de paix. Son annulation, à la dernière minute dimanche soir, alors qu’une partie des participants étaient déjà arrivés à Kidal, montre en fin de compte que les difficultés sont encore bien difficiles à surmonter.

Après de longues discussions, ces derniers jours, le gouvernement malien et les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad s’étaient pourtant entendus sur les modalités de la cérémonie de lancement de cette rentrée scolaire, et notamment sur la présence du ministre malien de l’Education nationale dans la ville de Kidal même, le fief de la CMA.

Mais ce dimanche, après des manifestations ayant rassemblé une centaine de femmes et de jeunes à Kidal – contre la venue du ministre -, la CMA a tenté de renégocier les modalités de la cérémonie, demandant que les autorités maliennes soient finalement représentées à un niveau inférieur. En clair : elle ne voulait pas de ministre. Proposition refusée par le gouvernement malien.

L’accord de paix signé en juin dernier prévoit un retour de l’administration et de l’armée malienne sur l’ensemble du territoire, mais un retour progressif. La réouverture des écoles devait être un moyen, pour les autorités maliennes et les groupes armés signataires de l’accord, d’envoyer un signal au Maliens du nord comme du sud, mais également à tous les bailleurs de fonds qui soutiennent le processus de paix dans ce pays et qui se réuniront ce jeudi à Paris.

Pour Radhia Achouri, porte-parole de la force onusienne Minusma, cette reprise des cours à Kidal devait donc être le signe d’avancées concrètes. Elle confiait dimanche à RFI : « Il y en a un consensus aussi bien au sein du Mali que de la communauté internationale qu’il faut absolument démontrer à la population que la paix est bien installée. Et ça commence par démontrer concrètement que la reprise de services de base se traduit tangiblement sur le terrain. »

Et la représentante de la Minusma ajoutait : « Nous sommes très heureux de ce développement et nous espérons que ça sera une étape qui va inaugurer une nouvelle phase où la population sentira concrètement le bénéfice direct de ce processus de paix. »

De ce point de vue, c’est donc une occasion manquée.

 

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