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Elections : vers un découplage ?

by sur 22 octobre 2015

Le Ministre de l’administration territoriale, Abdoulaye Idrissa Maïga, a proposé à la classe politique la séparation des élections communales et régionales. Les unes au premier trimestre 2016, les autres au dernier trimestre de la même année.

Mali : Découplage des élections communales et régionales : Que veut le ministre l’administration ?

Idrissa Maïga – L’aube – 22 octobre 2015    

Lors d’une réunion, tenue la semaine dernière, le ministre de l’Administration territoriale, Abdoulaye Idrissa Maïga, a proposé à la classe politique la séparation des élections communales et régionales. N’est-ce pas une proposition surprenante pour celui qui voudrait faire le forcing pour organiser le 25 octobre 2015,  des élections couplées (communales et régionales) ?

Au cours de cette rencontre, le ministre Maïga a évoqué l’option du gouvernement de séparer la tenue des élections communales et régionales. Il a aussi expliqué que son département veut échanger avec la classe politique pour que les élections se tiennent dans les meilleurs délais.

Le ministre en charge des élections a également affiché sa volonté de proposer au gouvernement de tenir les communales durant le premier trimestre de 2016 et les élections régionales au cours du dernier trimestre, c’est-à-dire au plus tard le 31 décembre 2016.

Plusieurs observateurs du paysage politique n’ont comprennent pas ce revirement du ministre de l’administration territoriale. Les représentants de la classe politique étaient partagés sur la proposition du ministre.

S’agissant des partis politiques de l’opposition, ils n’ont pas totalement rejeté l’idée. Car l’opposition avait déjà fait des réserves sur la tenue même des régionales.

En effet l’opposition dans son mémorandum avait soutenu que la régionalisation n’avait pas été expliquée aux Maliens, que le « pouvoir régional » était incompris surtout avec l’élection du président du Conseil de région au suffrage universel direct. A l’époque, le gouvernement aurait fait la sourde oreille, en insistant sur la nécessité de tenir à date les élections communales et régionales. La réalité a fini par prendre le dessus.

Au-delà des partis de l’opposition, d’autres acteurs (la CMA et la Plateforme) sont opposés à l’organisation des régionales dans les conditions actuelles (insécurité) et sans de nouvelles réformes.

L’essentiel des intervenants ont estimé que la priorité n’était pas la fixation d’une date, mais le travail pour remplir les conditions favorables à la tenue des élections libres transparentes et équitables.

Favoriser la CMA ?

Pour d’autres, le découplage des élections municipales et régionales, outre qu’il est coûteux pour un Etat comme le nôtre, court le risque de mettre le pays en surchauffe pendant un an. Il est difficilement compréhensible que trois mois séparent les élections communales et de cercles des élections régionales, il y aura forcément une perte d’argent et même d’engouement des électeurs.

Quant aux partis de la majorité, ils ont réaffirmé leur point de vue, contenu dans une correspondance envoyée au Premier ministre. Même si l’Adema est opposée à la mise en place des délégations spéciales. Cela se comprend aisément dans la mesure où ce parti a à son actif la majorité des maires du Mali. Mais le comble, c’est que l’activité de ces derniers et de plusieurs autres élus, s’est réduite à une gestion calamiteuse des dons en faveur des populations, surtout dans la partie septentrionale de notre pays.

Le découplage, pour certains acteurs, serait suscité pour favoriser la CMA et ses alliés lors des prochaines élections. Est-ce une façon pour le gouvernement de confier la gestion des régions du nord aux groupes armés de Kidal ? Certains acteurs sont convaincus que la proposition du ministre n’est pas un fait du hasard. Elle a été longuement murie et réfléchie.

En attendant, les représentants de l’opposition ont demandé que le gouvernement travaille à lever les obstacles (aspect juridique tenant à la conformité à l’Accord, déploiement de l’administration et contexte sécuritaire) à la tenue des élections sur l’ensemble du territoire. Car, « aujourd’hui il n’y a aucune urgence à vouloir précipiter les élections ».

 

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