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IBK en France : première journée bien remplie

by sur 22 octobre 2015

La visite du Président de la République du Mali en France est un véritable marathon.

Politique (« La France restera en première ligne au Mali » F. Hollande) et économie (« Le Mali pays des bonnes affaires ») se mêlent. Y compris les « affaires » qui fâchent (proximité France-MNLA, Frère Tomi, avion présidentiel).

La compilation de nombreux articles publiée ci-dessous tente de ne rien oublier, ni le positif, ni le négatif, en excluant au maximum les aspects protocolaires pour se concentrer sur les décisions qui ne soient pas seulement d’intention .

2015-10-21 IBK et F. Hollande

« La France restera en première ligne » dans l’aide au développement du Mali (Hollande)

Par Par AFP –  Source: L’Express‎ 22 octob re 2015 à 12h

PARIS, 22 oct 2015 – La France « restera en première ligne » dans l’aide au Mali, déclaré jeudi François Hollande, en précisant que l’aide française au développement de ce pays où elle intervient militairement s’éléverait à 360 millions d’euros entre 2015 et 2017.

« Entre le 1er janvier 2015 et jusqu’en 2017, la France consacrera plus de 360 millions d’euros au développement du Mali, dont près de 80 millions d’euros pour les régions du Nord« , a souligné le président de la République lors d’une conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, au Centre de conférences de l’OCDE, à Paris.

Quatre millions d’euros seront fournis dès 2015 pour renforcer la sécurité du Mali, a-t-il indiqué.

Cette aide française, a insisté François Hollande, « c’est le développement rural à Ségou, c’est la santé à Mopti, c’est l’éducation à Gao, c’est le développement local à Kidal« .

« Nous voulons intervenir sur tout le territoire, quand je veux dire intervenir, c’est à travers des politiques de développement et faire en sorte également que nous puissions mobiliser toute la diaspora malienne. C’est un atout pour le Mali« , a-t-il poursuivi.

« Ce qui a été possible en à peine trois ans (…), trois ans pour passer de l’état de guerre à l’état de paix, trois ans pour vaincre le terrorisme qui allait envahir tout le pays, trois ans pour assurer une réconciliation, eh bien, ce qui a été possible pour le Mali doit être possible au-delà du Mali« , a lancé aussi François Hollande, pour qui l’exemple malien constituait « un rayon de lumière que nous pouvons envoyer dans les pays qui sont aujourd’hui dans les ténèbres« .

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, s’était exprimé auparavant, pour réaffirmer son attachement à l’accord de paix au Mali « inclusif et global« .

La France est toujours engagée militairement au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane (3.000 militaires français, dont environ 1.300 au Mali) qui se concentre sur la lutte, notamment transfrontalière, contre les groupes jihadistes. Elle a succédé à l’opération Serval, lancée en janvier 2013 pour traquer les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui occupaient depuis plus de neuf mois le nord du Mali.

Visite d’IBK en France: Paris-Bamako, deux partenaires «fidèles»

RFI – Par Marie-Pierre Olphand –  Modifié le 22-10-2015 à 09:30

Pour la première fois depuis le début du quinquennat de François Hollande, un président d’Afrique subsaharienne a les honneurs d’une visite d’Etat en France. Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien, est reçu durant deux jours à Paris. Après un dîner à l’Elysée mercredi 21 octobre, il ouvrira demain la conférence des donateurs impulsée par Paris et qui aura lieu au siège de l’OCDE. Il se rendra ensuite à l’ossuaire de Douaumont dans l’Est pour saluer la mémoire des soldats maliens tombés pour la France.

Cette première visite d’Etat du président IBK se veut le reflet de l’amitié particulière qui unit Paris et Bamako. Une relation forte explique une source diplomatique française, qui s’est traduit par l’intervention française Serval en janvier 2013 pour stopper l’avancée des jihadistes vers le sud du pays.

François Hollande et Ibrahim Boubacar Keïta entretiennent des liens personnels, souligne-t-on dans les coulisses de l’Elysée. Le président IBK est venu en France à plusieurs reprises, il était notamment là aux côtés de François Hollande lors de la marche du 11 janvier dernier qui a suivi l’attentat contre le journal Charlie Hebdo.

Pour Paris, le Mali est un partenaire «fidèle ». Comme preuve de cette amitié, François Hollande a remis à son homologue les insignes de la Grand-Croix de la Légion d’honneur mercredi 21 octobre.

Relancer l’économie malienne

Autre témoignage du soutien de Paris au Mali, la conférence impulsée la France pour débloquer des fonds en faveur de la relance de l’économie du pays. Elle aura lieu ce jeudi, le 22 octobre, à l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques) et réunira investisseurs et partenaires internationaux du Mali autour des membres du gouvernement malien qui ont fait le déplacement à Paris.

En prévision de cette conférence, intitulée « Bâtir un Mali émergent » François Hollande a annoncé mercredi que Paris débloquerait 360 millions d’euros d’aide au pays, sous forme de prêts et de dons (à hauteur de 50 %). Dont 80 millions d’euros pour le nord. Une somme qui s’ajoute déjà aux quelque 300 millions qu’avaient déboursés Paris pour la période 2013-2015 (en prêts et dons).

Cette journée pour la reconstruction et la relance du Mali s’inscrit officiellement dans la dynamique de l‘accord de paix signé le 20 juin dernier. Des représentants des groupes signataires de l’accord de paix seront d’ailleurs exceptionnellement présents à l’OCDE, pour une photo de famille très symbolique.

Bâtir et reconstruire

Deux ans après la conférence de Bruxelles en mai 2013 qui avait marqué l’engagement des partenaires du Mali, en faveur de la reconstruction du pays, les besoins, dans la partie nord en particulier, restent énormes. Infrastructures à reconstruire, écoles à réhabiliter, centres de santé à rééquiper, alimentation électrique à rétablir, sécurisation des routes, la liste des urgences est longue.

Les ONG qui opèrent au Mali attendent elles toujours en particulier la reconstruction de la piste d’atterrissage de Kidal. Elles viennent d’écrire une lettre ouverte aux bailleurs de fonds pour que les réparations menées par la Minusma et qui sont en cours depuis neuf mois s’accélèrent et se terminent. Pour l’heure, aucun avion civil ne peut se poser. Seul un hélicoptère assure des rotations depuis Gao, ce qui rend très difficile l’acheminement de l’aide humanitaire dans la zone.

Tournée vers l’avenir du Mali, cette visite d’Etat sera aussi l’occasion pour le président malien de célébrer la mémoire des quelque 17 000 Maliens morts pendant les deux guerres mondiales. Ibrahim Boubacar Keïta, dont l’arrière grand-père est mort pour la France pendant la Première Guerre mondiale, se rendra ce jeudi sur le site de l’Ossuaire de Douaumont, près de Verdun, dans l’est de la France.

L’affaire Tomi s’invite dans la visite officielle d’IBK à Paris

Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé lors de son premier jour en France ne jamais avoir eu de « relation d’affaires » avec l’homme d’affaires français Michel Tomi, mis en examen dans un dossier de fraude fiscale présumée concernant notamment l’achat de l’avion du président malien. Les policiers français cherchent à savoir dans quelle mesure l’homme d’affaires a participé à l’achat du Boeing présidentiel malien, une transaction estimée à 20 milliards de francs CFA (environ 30,5 millions d’euros). Cette acquisition a également été épinglée par le Bureau vérificateur général, autorité malienne indépendante, qui a dénoncé des pratiques de surfacturation, de détournement de fonds publics, de fraude, de trafic d’influence et de favoritisme.

« Je reste droit dans mes bottes. Monsieur Tomi a un casino à Bamako qui a été ouvert dans des conditions absolument claires, transparentes, vérifiables. »

Ibrahim Boubacar Keita au Medef : Le Mali, pays de bonnes affaires

Envoyée spéciale D. DJIRE – L’Essor du 22 octobre à 9h

Notre pays possède d’énormes potentialités pour l’exploitation desquelles les hommes d’affaires maliens et français sont appelés à nouer des partenariats. Une forte volonté politique les assistera

Il s’agit sans doute de l’un des événements économiques majeurs pour notre pays cette année. Dans le cadre de sa visite d’État à Paris, le président Ibrahim Boubacar Keita a rencontré hier les membres du Mouvement des entreprises de France (Medef), l’organisation qui regroupe les patrons français. Le chef de l’État était accompagné tout naturellement d’une centaine d’hommes d’affaires maliens qui ont pu discuter avec leurs homologues français de la relance et du développement économique du pays.
Côté français, on notait la présence de Patrick Lucas, vice-président du Medef et président des comités Afrique, ainsi que de Muriel Pénicaud, directrice de Business France et ambassadrice déléguée aux investissements internationaux de la France. Étaient également présents de nombreux patrons français ainsi que des responsables des structures françaises en charge de la promotion des investissements. Les opérateurs économiques maliens étaient emmenés par le tout nouveau président du patronat, Mamadou Sinsi Coulibaly, qui avait à ses côtés notamment le président de la CCIM, Youssouf Bathily, le président du Conseil malien des transporteurs, Youssouf Traoré, le président de la Chambre des mines, Abdoulaye Pona, et le président du Conseil malien des chargeurs, Babalaye Daou. Le président de l’Organisation patronale des industries, Cyril Achcar, le président de l’Association des professionnels des banques et établissements financiers, Moussa Alassane Diallo, ainsi qu’une centaine d’autres opérateurs économiques et hommes affaires maliens étaient présents dans la prestigieuse amphithéâtre du Medef.

REDYNAMISER LA COOPERATION ECONOMIQUE. La crise que traverse notre pays a sérieusement mis à mal l’activité économique et le tissu social. L’heure est donc à la relance de l’économie. Pouvoirs publics et partenaires étrangers sont, par conséquent, mobilisés pour mettre en place des stratégies et des outils appropriés à une mise en œuvre adéquate des politiques et programmes de relance. La rencontre avec les hommes d’affaires français conforte cette dynamique dans laquelle notre pays s’est engagé depuis la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation en mai et juin derniers.
Patrick Lucas et Muriel Pénicaud ont rappelé les liens économiques historiques entre le Mali et la France. Patrick Lucas a précisé que 125 sociétés et filiales françaises évoluent déjà dans notre pays dans divers domaines tels que la téléphonie, les BTP, les technologies, l’agro-industrie et que plus de 10% de nos importations proviennent de la France. Cependant, il a dénombré des contraintes à l’expansion des entreprises françaises dans notre pays. Celles-ci ont pour noms : problèmes de permis de construire, problèmes énergétiques, fiscalité élevée, etc.
Muriel Pénicaud assurera, elle, les hommes d’affaires maliens du grand intérêt des investisseurs internationaux en général et français en particulier. Cette rencontre, dira-t-elle, permettra surtout aux entrepreneurs français de mieux connaître les opportunités au Mali afin de mieux ficeler leurs offres précises.
Pour le vice-président du patronat malien, Seydou Mamadou Coulibaly, cette rencontre traduit le renforcement de la coopération économique bilatérale entre le monde des affaires des deux pays. « Il s’agit pour nous de promouvoir la destination Mali et surtout les secteurs clés de l’économie malienne à savoir les mines, l’agriculture, élevage, et de présenter à nos homologues français les potentialités du Mali et, pourquoi pas, signer des contrats avec les entreprises françaises. Notre pays a aujourd’hui entrepris des reformes courageuses qui permettront de moderniser et d’adapter notre secteur de l’investissement aux normes internationales », a-t-il assuré avant d’inviter les entrepreneurs français à développer avec leurs collègues maliens un partenariat économique fructueux.
Le directeur des opérations de la Banque mondiale au Mali, Paul Noumba Um, a félicité notre pays pour le chemin parcouru dans la stabilisation et le retour de la paix. « Cet élan amorcé par le pays doit être consolidé par la relance économique qui constitue une priorité fondamentale du gouvernement malien. Cette relance économique passe par un secteur privé dynamique. Nous devons nous mobiliser pour répondre aux attentes des populations maliennes et principalement des jeunes. En effet, plus de 200.000 jeunes maliens arrivent chaque année sur le marché du travail et seulement 10% sont absorbés par le secteur formel de l’emploi et le reste est soit sous-employé, soit au chômage. Et le chômage endémique des jeunes est le principal défi qu’il nous faut surmonter. Cependant seul un secteur privé fort et créateur d’emplois peut aider le pays à relever ce défi », a-t-il développé en invitant les investisseurs français à s’intéresser au potentiel malien.
L’expert de la Banque mondiale a situé les besoins de financement pour une relance économique effective de notre pays à plus de 2.350 milliards de Fcfa. « La transformation de la structure économique malienne passe essentiellement par la promotion du secteur privé, le développement du potentiel agricole, l’amélioration de la productivité des secteurs essentiels de l’économie et le développement d’une industrie de transformation. Le Mali a donc besoin de l’accompagnement de tous ses partenaires économiques pour relever ce défi », a-t-il plaidé.

SECTEURS STRUCTURANTS. Très imprégné des réalités économiques du Mali, l’ambassadeur de France, Gilles Huberson, a livré un solide plaidoyer pour attirer les investisseurs potentiels. « Le Mali est résolument engagé sur la voix de la stabilisation et de la paix. Dans les circonstances actuelles, les grands acteurs de l’économie que sont les entreprises, peuvent aider le pays à se relancer, d’où la forte mobilisation des plus hautes autorités dans la recherche d’investisseurs nationaux et internationaux pour financer les grands projets prioritaires. Pour accompagner cet effort de mobilisation des investisseurs, les entreprises françaises sont fortement sollicitées et doivent être là, aux côtés de leurs homologues maliens, pour développer les opportunités d’investissements. De quoi donner un nouveau souffle à la coopération économique entre le Mali et la France. Les entreprises françaises, fortes de leur expérience dans le domaine des infrastructures de développement en Afrique, ne doivent pas hésiter à s’engager sur les projets présentés. Ces engagements se traduiront par le renforcement de la présence des entreprises françaises dans le développement économique du Mali», a souligné le diplomate français.
Le ministre de la Promotion des Investissements et du Secteur privé, Me Mamadou Gaoussou Diarra, a, lui aussi, développé un argumentaire pour « vendre » la destination Mali. Il rappellera à cet effet que notre pays abrite une grande variété de conditions climatiques qui favorisent une large gamme de productions agricoles. Malgré ces atouts, nous importons encore une grande quantité de produits agroalimentaires qui pourraient être produites localement. Et pour plusieurs produits, la transformation et la valorisation ne peuvent être étendues faute d’infrastructures industrielles adaptées. En fait, l’agro-industrie dans notre pays, comme dans la sous-région, est pour ainsi dire, inexistante ou à l’état embryonnaire. En conséquence, chaque année, les zones de fortes productions connaissent d’énormes pertes après les récoltes, atteignant, dans le cas des denrées agricoles périssables comme les fruits et les légumes, une moyenne de 35 à 50% de la production réalisable totale, et entre 15 et 25% en ce qui concerne les céréales.
« C’est pourquoi, la création et la promotion d’une industrie alimentaire performante sont considérées comme fondamentales pour le développement économique de notre pays. Les agro-industries peuvent promouvoir l’industrialisation et l’emploi urbain », a-t-il encore argumenté.
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, exprimera sa joie de pouvoir parler des potentialités du pays devant ce partenaire de patrons français et maliens réunis autour de la relance et de la promotion du secteur privé. Il a résumé l’objet de la rencontre en une phrase : « Comment aider le Mali à avancer à travers la promotion des affaires ». Pour répondre à cette question, le chef de l’État a rappelé que les affaires prospèrent surtout dans un climat de paix. « Et j’ai le devoir régalien de faire ce travail de paix et de stabilité dans mon pays », a rappelé Ibrahim Boubacar Keita qui a souligné les potentialités économiques énormes qui pourront être exploitées grâce à un partenariat fécond entre le monde des affaires des deux pays.
Ibrahim Boubacar Keita a souligné la disponibilité absolue du secteur privé malien à développer ce partenariat pour le plus grand bonheur de l’économie des deux pays. « Le Mali ne revient pas. Le Mali est là », a-t-il assuré.
La rencontre a pris fin par des signatures de contrats entre des sociétés françaises et maliennes évoluant dans le domaine de l’énergie solaire et des technologies. Il s’agit, entre autres, de AKUO Solar, de Scatec et de KAMA S.A. Il faut noter que les entrepreneurs français qui ont déjà choisi la destination Mali pour développer des opportunités d’affaires, évoluent surtout dans les secteurs des banques, des télécommunications, de la santé, de l’éducation, de l’artisanat, du tourisme et de l’hôtellerie, des industries agroalimentaires, de l’architecture BTP, des transports, etc.

Investissements et relance économique : Le Secteur Privé malien à l’honneur à Paris    

«La relance économique du Mali au cœur du partenariat », est le thème de la Journée du secteur privé devant se tenir le 21 octobre 2015 au MEDEF, à la veille de la Conférence sur le processus de Développement du Mali qui se tient à l’OCDE.

Cette journée dédiée au secteur privé malien à Paris constitue une marque de reconnaissance de la France envers le Mali et s’inscrit dans la logique de la dynamique dans laquelle notre pays s’est engagé depuis la signature de l’Accord de paix, le 15 mai et le 20 juin.

Un accord qui restaure la confiance entre partenaires, en vue de renforcer les acquis de la sortie de crise et la relance de l’économie via les investissements. 110 sociétés françaises ont déjà confirmé leur participation et 90 opérateurs économiques maliens y sont attendus.

La disponibilité de la France à accompagner le Mali représente tout un symbole. Elle traduit le renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays. Cette action trouve toute sa justification dans la poursuite du dialogue politique permanent entre nos deux pays, et vise à examiner les voies et moyens de consolider davantage l’excellence des relations d’amitié et de coopération. Elle est appelée à se poursuivre à travers l’organisation du forum «Investir au Mali» en septembre 2016 à Bamako, suivi par le sommet Afrique – France que le Mali abritera en décembre 2016.

Le Ministère de la Promotion des Investissements et du Secteur Privé, dans son rôle de département transversal, est au cœur du dispositif de relance économique. C’est dans cette optique et en marge de la Conférence sur le développement du Mali, que le Gouvernement de la République du Mali, en partenariat avec l’OCDE, Business France et la MIEC (Banque Mondiale, BAD, et BID), organisera cette journée axée sur le secteur privé.

Elle débutera par un petit déjeuner auquel participera le Président de la République, SE Ibrahim Boubacar Kéita, en présence de membres du gouvernement, du Patronat français, d’un nombre important d’opérateurs économiques maliens et de nombreux journalistes de la presse publique et privée.

L’objectif global est d’assurer la promotion économique des investissements particulièrement les Investissements Directs Etrangers (IDE) dans les domaines de: l’Agriculture, le Mali une terre d’opportunités, les infrastructures au centre du développement et enfin les enjeux énergétiques et miniers du Mali.

Comme objectifs spécifiques, il s’agira de promouvoir les secteurs clés de l’économie malienne notamment le potentiel économique du Mali, informer sur les avantages à investir au Mali et les procédures d’investissement, créer un cadre d’échanges entre promoteurs privés, en vue de nouer des relations d’affaires, créer un cadre d’échanges entre promoteurs privés internationaux et pouvoirs publics, en vue de nouer des relations de partenariat pour la réalisation de projets nationaux, susciter un intérêt des opérateurs privés au financement des projets en PPP, promouvoir la création de joint-ventures, développer les capacités opérationnelles des promoteurs de projets, à travers des échanges d’expériences, véhiculer une bonne image du Mali après la crise multidimensionnelle, promouvoir le «Forum des investisseurs 2016» prévu en juin 2016, promouvoir et consolider la paix et la cohésion nationale en vue d’améliorer le bien-être socioéconomique  de l’ensemble des maliens.

Les résultats attendus sont, entre autres, des ressources sont mobilisées pour le développement de projets et de programmes; des relations d’affaires entre investisseurs privés sont nouées et, au mieux, des protocoles d’entente sont signés; des opportunités d’affaires du pays sont mieux connues; les investisseurs privés internationaux sont mieux informés sur les conditions d’investissement; des intentions d’accords de partenariats entre investisseurs privés et le gouvernement pour la réalisation de projets nationaux sont enregistrées; des projets de création de joint-ventures sont enregistrés; des opportunités de renforcement de capacités opérationnelles des promoteurs de projets sont exploitées, à travers des échanges d’expérience; enregistrement d’investisseurs pour le forum investir au Mali prévu en 2016.

En plus des panels de discussions thématiques, il est prévu une conférence de presse d’une trentaine de minutes.

Le Mali a connu ces dernières années une crise multidimensionnelle qui a fragilisé les institutions et s’est caractérisée par une insécurité généralisée, des populations réfugiées dans les pays voisins et déplacées et un ralentissement conséquent des activités économiques avec comme conséquence immédiate, la croissance en berne.

Aucun des secteurs n’a été épargné par cette crise dont les répercutions sont encore visibles. De bonnes volontés ont décidé de mettre en commun leurs efforts et leur expertise à la disposition du Secteur Privé, pour la relance de l’économie malienne et cela durant cette phase complexe de la reconstruction.

C’est désormais une nouvelle page de l’histoire du Mali qui est ouverte et une nouvelle dynamique de paix s’est instaurée avec la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation Nationale, issu du processus d’Alger.

Pour sortir de cette grave crise économique et financière, le Mali s’est engagé à travers cet Accord et avec l’appui de ses partenaires au développement, de lancer les bases d’une émergence économique. Cette conférence sur le processus de développement au Mali, essentiellement axée sur les besoins des régions du Nord en termes d’aide d’urgence, de relance économique et de développement dans la perspective du développement durable du pays dans son ensemble dans un proche avenir (10 à 15 ans), constitue une réponse parmi tant d’autres, à la mise en œuvre de l’Accord de Paix et de Réconciliation nationale.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta à l’Elysée : UNE TOTALE CONVERGENCE DE VUES ENTRE LE MALI ET LA FRANCE

L’Essor – 22 octobre 2015

 En visite à Paris depuis mardi, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a été reçu à l’Elysée par le Président de la République française, François Hollande. L’ambiance était amicale entre les deux hommes d’Etat et leur proximité était évidente pour tous ceux qui ont relevé la chaleur des accolades échangées. Après un bref tête-à-tête, les deux présidents restitueront à la presse les grandes lignes de leurs entretiens.

François Hollande a salué la visite d’Etat du président Ibrahim Boubacar Keita en France. L’enjeu de cette visite est bien évidemment d’accélérer la reconstruction du Mali et la sécurisation du Nord du pays. Le président français rappellera que l’aide au développement de la France envers le Mali s’est élevé à plus d’1,5 milliard d’euros, ce qui fait de la France le premier partenaire extérieur de notre pays.

« La France envisage d’engager d’ici 2017 360 millions d’euros supplémentaires en prêts et en dons pour financer divers projets liés aux infrastructures. Cet engagement sera sans doute réitéré lors de la Conférence sur la reconstruction du Mali qui s’ouvre demain (NDLR – aujourd’hui) au siège de l’Organisation de développement et de coopération économique ici à Paris », a indiqué le président Hollande qui a salué l’engagement et la démarche empruntée par le président Keïta pour assurer la stabilité et la relance économique de notre pays.

Répondant aux questions des journalistes sur la situation au Nord de notre pays, le président Hollande a dit se trouver sur la même longueur que son homologue malien. Il a salué l’ouverture des classes à Kidal qui, selon lui, augure de bonnes perspectives pour la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Nous reviendrons en détails sur cette rencontre entre le Président de la République et le président François Hollande dans nos prochaines éditions.

Mali: le président nie avoir eu des « relations d’affaires » avec Michel Tomi

(c) Mali Actu – 21 octobre 2015

 

Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé mercredi ne jamais avoir eu de « relation d’affaires » avec l’homme d’affaires français Michel Tomi, mis en examen dans un dossier de fraude fiscale présumée concernant aussi ses liens avec le président malien.

« Je reste droit dans mes bottes (…). Au-delà de la relation d’amitié (…), il n’y a jamais eu de relation d’affaires », a déclaré le président malien, lors d’une conférence de presse à Paris en marge de sa visite d’Etat de deux jours en France, où il a été reçu en grande pompe par le président François Hollande.

« Je suis à l’aise et je ne courbe pas l’échine », a-t-il ajouté, se comparant à « la blanche colombe »: « Je continue mon vol. On a même essayé de saboter cette visite à Paris, peine perdue », a-t-il souligné. « Certaines choses doivent mourir de leur propre venin », a-t-il conclu.

Michel Tomi, figure de l’industrie du jeu en Afrique, a été mis en examen en juin 2014 pour corruption d’agent public étranger, faux et usage de faux, abus de confiance, recel d’abus de bien social, complicité d’obtention indue d’un document administratif et travail dissimulé.

Les policiers cherchent à savoir dans quelle mesure l’homme d’affaires a participé à l’achat du Boeing présidentiel malien, une transaction estimée à 20 milliards de francs CFA (environ 30,5 millions d’euros).

Cette acquisition a été épinglée par le Bureau vérificateur général (BVG), autorité malienne indépendante, qui a dénoncé des pratiques de surfacturation, de détournement de fonds publics, de fraude, de trafic d’influence et de favoritisme.

Cette enquête avait débuté après un signalement de la cellule française de renseignement financier Tracfin en 2012.

Hollande déroule le tapis rouge à IBK : Des honneurs pas si enchanteurs pour les maliens

© maliactu.net   

La visite d’Etat du président de la république, Ibrahim Boubacar Keita, en France ne revêt pas la même signification pour tous. Certains maliens se méfient du cadre enchanteur mis en place par François Hollande durant le séjour du « Mandé Massa » du Mali à Paris.

Depuis plusieurs jours, tout a été planifié pour que la visite d’Etat de 48 heures d’IBK soit inoubliable. Pour l’occasion, les Champs Elysées, la célèbre avenue parisienne, ont arboré les couleurs du Mali. Cette marque d’attention n’est que la partie esthétique des honneurs que va bénéficier le Chef de l’Etat malien lors de ces deux jours de visite chez « Papa Hollande ou « Hollande, l’africain ».

Il est prévu, en effet, des entrevues avec les plus hautes personnalités de France, une intervention à la Sorbonne et un déplacement au lieu où reposent des soldats maliens de la première Guerre mondiale. IBK est le deuxième Chef d’Etat à avoir bénéficié d’une telle solennité sous le régime de François Hollande. De quoi faire de l’ombre à l’importante conférence de ce jeudi co-organisée par le gouvernement malien et l’OCDE pour la relance économique du pays.

IBK semblait déjà aux anges, ce mardi, lorsqu’il foulait le sol parisien, bien qu’accueilli à sa descente d’avion par un « simple » préfet. Si le président malien, à n’en pas douter, est ravi de ces honneurs, ils n’enchantent pas pour autant des maliens qui croient que la priorité reste ailleurs.

Appréciés par une partie de la presse malienne, comme Le Témoin qui estime que « cette première pour le Mali en Hexagone est une prouesse politique qui donne un bol d’air à Mandé Bourama après les récentes sorties de l’opposition », ces privilèges font peur à d’autres confrères.

Dans l’Edito de Delta-News qui titre « Laji Burama à Paris, visite de remerciements ou d’allégeance ? », l’on étale surtout une certaine inquiétude quant à l’attitude du président malien après avoir été autant gâté par l’ex puissance coloniale.

« Sachant son hôte friand de protocole, de décorum fastueux, d’ambroisies et de compliments, l’ami ou le frère François ne lésinera pas sur les moyens en lui faisant grand plaisir, pour les intérêts de la France », peut-on lire dans les colonnes du journal.

C’est un secret de polichinelle, le luxe est le péché mignon d’IBK. A ce sujet, L’Informateur n’a pas non plus manqué de faire remarquer cet aspect qui écorche l’image de l’homme qui se voulait avant tout humble, préoccupé par le seul « bonheur des maliens ».

« Tapis rouge, fanfare des grands jours. La France ne s’y est pas trompée. Rien de négligé pour donner de la chair de poule à son hôte de marque. Dont le goût prononcé  pour le faste ne saurait s’accommoder avec les choses faites à moitié », note ainsi L’Informateur.

Au-delà de cette solennité diversement perçue, cette visite d’Etat se révèle hautement bénéfique en termes économique et diplomatique.

Outre l’appel aux dons et dettes, il est attendu du président de la république malienne qu’il mette entièrement à profit cette visite d’importance majeure pour attirer davantage les investisseurs dans notre pays.

Le soutien politique de la France, un pays qui est militairement engagé auprès du Mali dans la lutte contre le terrorisme, est certes utile mais il ne doit pas occulter les intérêts du Mali. Ainsi, la question de Kidal, qui demeure toujours rebelle malgré la signature de l’accord de paix, doit figurer en bonne place des échanges entre IBK et Hollande.

Ce serait l’occasion pour Hollande d’adresser un message de fermeté aux leaders des groupes armés qui accompagnent IBK à Paris afin de faciliter le retour immédiat de l’administration dans les zones encore sous leur contrôle.

LA QUESTION DU NORD DU MALI AU CŒUR DE LA VISITE D’ÉTAT D’IBK EN FRANCE

Studio Tamani – Publication : mercredi 21 octobre 2015 16:56

Le Président de la République a entamé hier une visite d’État de trois jours en France. Au cours de son séjour, IBK rencontrera de nombreux responsables. Aujourd’hui il s’est entretenu avec le président français et doit participer ce soir au dîner officiel donné en son honneur à l’Élysée. Le chef de l’État co-présidéra également avec son homologue François Hollande le sommet de l’OCDE.

Pour la première journée de sa visite officielle en France, le Président IBK a un agenda chargé aujourd’hui. Ce matin il s’est rendu à l’Arc de Triomphe à Paris où il a déposé une gerbe sur la tombe du  » soldat inconnu « . Geste symbolique d’hommage rendu à tous les soldats africains qui ont combattu aux côtés des français dans les deux grands conflits mondiaux du siècle dernier. Cette mémoire a été également convoquée par le Président, à la Sorbonne où il a fait ses études.

L’autre moment symbolique fort au cœur de la capitale, c’est sa participation à une conférence sur le thème de « Verdun à l’opération Serval, une longue tradition de solidarité et d’amitié féconde entre la France et le Mali « . Beaucoup ont vu dans ce rendez-vous un écho aux déclarations du président français à Bamako qui avait parlé lors de sa visite en 2012, de  » la dette qu’honorait la France en intervenant au Mali comme le pays l’avait fait pour aider la France à un autre moment de son histoire « .

Le deuxième volet de la journée a été plus politique. Le président Malien a rencontré son homologue français et son premier ministre Emmanuel Valls. La question du nord et de sa reconstruction ainsi que le terrorisme ont bien sûr été au centre des discussions. Le président IBK achèvera sa journée par le dîner d’Etat servi en soirée au Palais de l’Élysée.

La Plateforme et la CMA sont aussi en France dans le cadre de cette visite d’état du Président de la République. Ce déplacement d’IBK à Paris devrait permettre notamment de clarifier la position de la France concernant l’intégrité territoriale du pays. Selon un des responsables de la Plateforme membre de la délégation,  » la France n’a jamais prôné la partition du Mali « .

Mohamed Ould Mettaly, député de Bourem membre de la Plateforme est joint au téléphone par Mouhamadou Touré : « Je crois que la France de tous les temps a reconnu l’intégrité territoriale du Mali. Je ne crois pas que la France est dans la partition du Mali. Même ici ce qu’on a reçu, c’est un seul drapeau du Mali, on n’a pas vu un drapeau de l’Azawad ici ».

Quel est le rôle de la Plateforme et de la CMA dans cette visite ?

« Tout ça, c’est dans le bon sens, c’est dans le sens où il faut être ensemble pour l’application de l’accord. Sur les trois composantes, il y a le Mali et les deux autres composantes sont la Plateforme et la CMA. Et ce qui lie les trois parties, c’est l’accord. Et tous les rapprochements qui sont en train d’être faits, c’est pour la bonne application de cet accord. Le préambule même de l’accord, c’est la reconnaissance du Mali. Donc il faut se reconnaître dans le Mali pour être dans l’accord. Et cette fois-ci je crois que l’application de l’accord sera un peu différente, parce qu’il y a la communauté internationale qui est là, qui est présente ».

Donc vous pensez que les prochaines aides seront bien gérées cette fois-ci et comme il le faut ?

« Comme on est une partie et que tout le monde est associé, je crois que les choses vont se passer normalement, s’il y a eu des fonds ».

Du côté de la CMA, jusque-là toutes nos tentatives pour faire réagir ses responsables sont restées vaines.

Pour les maliens de France, la question de Kidal doit occuper une place importante dans les tête à tête des deux présidents. Selon eux « il est inadmissible que le drapeau malien flotte sur les Champs Élysées et non à Kidal ». Les maliens de France demandent aux autorités françaises d’afficher une position claire sur cette question de Kidal.

Sadio Diakité est le président de l’association des Maliens de France. Il était l’invité du Grand dialogue d’hier soir : « Je pense qu’aujourd’hui le débat qui est entre Bamako et Paris sur la question des accords, c’est un débat qui doit être franc. Je pense qu’aujourd’hui l’État malien doit être clair sur cette question avec les autorités françaises, qu’on ne peut pas admettre que Kidal échappe au territoire malien, ce n’est pas possible. On ne peut pas admettre que le drapeau va flotter sur l’Élysée et qu’on n’arrive pas à avoir le même drapeau à Kidal. Kidal fait partie du Mali. Donc c’est une occasion pour le chef d’État malien d’aborder toutes ces questions avec son homologue français. Parce que la France joue un rôle très important, pour ne pas dire au premier plan, dans la sécurisation du Mali. Donc je pense que ce débat va prendre le maximum de temps entre les deux autorités, mais à la sortie de cette rencontre il faut qu’on ait une déclaration claire et nette de la part des autorités françaises sur cette question du nord du Mali ».

Pour la reconstruction des régions du nord du Mali

LE MONDE Le 21.10.2015 à 15h42 • Mis à jour le 21.10.2015 à 15h54Point de vue de Laurent Bossard est le directeur du secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest de l’OCDE.

La Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, « Bâtir un Mali émergent » qui se tient à Paris au siège de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), jeudi 22 octobre, est dédiée à la reconstruction et au relèvement des régions du nord du Mali, mais pas seulement. Car la reconstruction du Mali ne peut s’exonérer d’une réflexion sur la coopération économique transsaharienne.

Populations mobiles, élevage transhumant et nomade, vallée « charnière » entre le désert et la savane, diversité culturelle entre monde arabo-berbère et subsaharien, commerce et trafics, circulation de groupes armés ; tout dans la description du septentrion malien le désigne pour ce qu’il est : une (petite) partie d’un immense espace de transition entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb.

Cette singularité qui fit pendant des siècles la prospérité des espaces saharo-sahéliens, n’a été perçue comme un atout ni sous la colonisation ni depuis l’indépendance. Le contexte ne s’y prêtait sans doute pas, les pays sahéliens et ouest-africains pensant leur développement « vers le Sud » (exportation de matières premières, importations de biens de consommation) et le Maghreb, l’Algérie en particulier, se tournant vers la Méditerranée et l’Europe.

De zone marginale à un espace de connexion

Depuis plus d’un siècle, les régions de Gao, Kidal et Tombouctou ne sont plus officiellement perçues comme faisant partie de cet espace mobile de connexion. Elles ne sont qu’un « Nord », une marge. La réalité est toute autre, la mobilité, légale et illégale, y reste vivace ; ancrée sur une trame de « routes » transsahariennes en grande partie héritées de l’histoire ancienne.

Est-il envisageable qu’un jour, par un retour de l’histoire, le commerce transsaharien renaisse, redonnant au nord du Mali le rôle qui a si longtemps été le sien ; lui donnant l’occasion de passer du statut de zone marginale à celui d’espace de connexion ? Le Mali et l’Algérie ont-ils aujourd’hui suffisamment d’intérêts économiques communs ? Qu’en sera-t-il demain ?

À l’image des autres pays du Maghreb, l’Algérie est très dépendante du marché mondial pour son alimentation. Le pays importe les deux tiers des céréales qu’il consomme (principalement du blé) et ne dispose plus de terres agricoles irrigables disponibles. De l’autre côté de la frontière, le Mali n’exploite qu’une faible proportion de son potentiel de terres irrigables. Il en va de même pour l’élevage pour lequel le Mali dispose d’un énorme potentiel. L’autosuffisance algérienne en viande bovine est de 55 % et 45 % pour le lait.

Source d’investissements rentables

Les importations agroalimentaires de l’Algérie sont appelées à croître avec la démographie galopante et l’attrait des consommateurs pour les céréales et la viande.

Aujourd’hui, la viande est importée d’Inde et du Brésil ; les animaux vivants (50 000 têtes par an) de France et d’Espagne. Est-il absurde d’imaginer qu’un jour le Mali (comme le Niger) contribue à nourrir l’Algérie ?

Au-delà de la sphère agroalimentaire, le Mali et l’Afrique de l’Ouest sont une source d’investissements rentables pour les pays du Maghreb ; source que seul le Maroc a pour le moment décidé de valoriser. Le Royaume chérifien et le Mali ont récemment signé dix-sept accords et conventions de coopération pour augmenter les échanges commerciaux et les flux d’investissement entre les deux pays.

Le rôle déterminant d’Alger dans la longue et difficile négociation des accords de paix et de réconciliation est logique du point de vue de la géographie, donc de la géopolitique. L’instabilité saharo-sahélienne est un problème commun aux deux pays. Elle s’exprime dans un espace partagé, dans un continuum social.

Une communauté de destin entre le Mali et l’Algérie

L’accord d’Alger pour la paix au Mali reste à renforcer la communauté de destin entre le Mali et l’Algérie par une coopération économique transsaharienne ambitieuse et profitable aux deux parties. Rien n’interdit de commencer à y réfléchir en recensant l’ensemble des domaines potentiels d’échanges et de complémentarités. Les responsables politiques se saisiront de ce dossier lorsqu’ils seront prêts. Ils le feront d’autant plus vite que les arguments seront solidement étayés.

L’accord d’Alger ouvre explicitement cette piste qui est le seul chemin possible pour une stabilisation durable du nord du Mali. On y parle de désenclavement et la construction des routes vers l’Algérie est prévue. On y parle de coopération transfrontalière ; ce qui suppose un développement des échanges entre Gao, Kidal et Tamanrasset.

La mise en œuvre de l’accord ne doit pas oublier cette dimension régionale essentielle. À défaut, le nord du Mali risque de demeurer confiné dans la marginalité qui nourrit son instabilité depuis des décennies.

Paris accueille une conférence pour la reconstruction du Mali

Le Temps – 21 octobre – 14h53

Les partenaires du Mali se réunissent jeudi dans la capitale française, alors que l’application de l’accord de paix signé en juin dernier rencontre des difficultés sur le terrain

«Pour établir la sécurité et la paix, il faut répondre aux besoins des populations, surtout dans le Nord.» Mongi Hamdi, chef de la Mission des Nations unies au Mali, ne saurait trouver meilleure manière de résumer les objectifs de la conférence qui s’ouvre aujourd’hui à Paris. Intitulée «Bâtir un pays émergent», cette conférence s’inscrit dans la lignée de la celle de Bruxelles en mai 2013, au cours de laquelle les bailleurs de fonds avaient promis 3,2 milliards d’euros d’aide pour la reconstruction. C’était au lendemain de l’intervention militaire française et ouest africaine qui avait permis de libérer les régions du nord, après dix mois d’occupation par des groupes djihadistes armés. Restait encore à régler la question de la rébellion à dominante touareg – regroupé dans la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) – qui réclamait l’indépendance des régions du Nord du Mali.

Deux ans et demi plus tard, on parle toujours de reconstruction, mais surtout de développement. Entre ces deux conférences, un accord de paix a été signé entre Bamako et les groupes armés du Nord. Cet accord, paraphé en juin dernier, prévoit lui-même l’organisation d’une «une conférence d’appel de fonds», pour que la communauté internationale apporte son soutien au développement du Mali, et particulièrement à celui du Nord.

 «Transport, eau, électricité, hôpitaux»

«Le Mali a besoin d’entreprendre des projets d’infrastructure, souligne Mongi Hamdi, de mettre en place des moyens de transport. L’eau, l’électricité, les hôpitaux… ce sont des besoins réels. Il faut montrer à la population que les dividendes de la paix sont là.» En clair: les habitants du Nord ne se joindront au processus de paix que s’ils y voient un intérêt direct. Cette conférence doit donc permettre au gouvernement malien et aux groupes armés du Nord de présenter aux bailleurs leur vision de l’application de l’accord de paix – en s’efforçant d’avoir la même.

Une dizaine de ministres accompagnent le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à Paris, où les honneurs d’une visite d’Etat lui ont été accordés, mais aussi des délégations des groupes armés. La France, pays hôte, a déjà annoncé qu’elle débloquerait 300 millions d’euros.

Car l’application de cet accord de paix s’avère longue et complexe. Les groupes armés reprochent à Bamako de ne pas les impliquer dans les décisions prévues par l’accord. Ils ont suspendu à deux reprises leur participation aux réunions de suivi, le cessez-le-feu a été rompu à plusieurs reprises et les étapes les plus cruciales du processus de paix, comme le cantonnement des groupes armés, n’ont toujours pas commencé. Le dernier exemple en date remonte au début de la semaine.

Le ministre malien de l’Education devait se rendre à Kidal, fief historique de la rébellion, pour la reprise des cours dans les écoles, après quatre années blanches. Mais au dernier moment, des manifestations contre sa venue ont provoqué l’annulation de cette cérémonie. Et ce qui devait être un symbole des avancées réalisées a finalement démontré que les réticences sont bien difficiles à surmonter.

C’est la sécurité de l’Afrique de l’ouest et de toute l’Afrique qui est en jeu.

«C’est vrai que nous avons eu des difficultés énormes», reconnaît Mongi Hamdi, qui s’efforce cependant de parler au passé et d’évoquer un «nouveau souffle pour la paix.» Au début du mois, des négociations entre groupes armés et communautés du Nord ont effectivement permis d’apaiser les tensions et de parvenir à une série d’accords prometteurs en termes de réconciliation intercommunautaire.

Ces discussions ont été largement encouragées par la Minusma mais également par le gouvernement malien, qui s’est directement impliqué. Pour le chef de la Minusma, les différentes parties ont ainsi donné «la preuve de leur bonne foi et de leur volonté d’aller de l’avant».

Et si l’optimisme de Mongi Hamdi ne suffit pas à convaincre les bailleurs de fonds, il reste la menace sécuritaire et le terrorisme: «Le Mali est une plaque tournante: au sud il y a Boko Haram, au nord AQMI, et au Mali il y a encore beaucoup de forces négatives. C’est la sécurité de l’Afrique de l’ouest et de toute l’Afrique qui est en jeu.» Au Mali, les attaques terroristes des groupes djihadistes (ceux qui avaient été chassés du Nord et qui, affaiblis, se sont néanmoins réorganisés) n’ont pas diminué. Depuis le début de l’année, elles se sont même étendues au centre et au sud du pays, avec l’apparition de nouveaux groupes islamistes.

 

Visite en France d’IBK sur fond de relance économique du Mali

Par David Dembélé (contributeur Le Monde Afrique à Bamako)

LE MONDE Le 21.10.2015 à 15h41 • Mis à jour le 21.10.2015 à 15h45

Ibrahim Boubacar Keita (IBK), le chef de l’Etat malien, effectue depuis mercredi 21 octobre une visite d’Etat de deux jours en France, accompagné d’une importante délégation composée d’une dizaine de ministres et d’opérateurs économiques. L’enjeu de cette visite est d’accélérer la reconstruction du Mali et la sécurisation du nord du pays, notamment dans la région de Kidal. Deux thèmes qui feront sans doute l’objet des échanges entre IBK et son homologue François Hollande.

Financer l’accord d’Alger

Signé en juin 2015 par les différents groupes rebelles touaregs et les autorités maliennes, l’accord d’Alger vise à instaurer une paix durable dans le nord du pays et à mettre fin au djihadisme. Jusqu’au lancement en janvier 2013 de l’opération française Serval, le nord du Mali était devenu une base pour des opérations djihadistes.

Au-delà des questions politiques et institutionnelles (avec notamment la création d’assemblées régionales) qu’il se propose de régler, l’accord d’Alger a besoin de financement pour être mis en œuvre. L’Etat malien n’en a pas les moyens. Ibrahim Boubacar Keita va donc multiplier les contacts avec les opérateurs économiques français, afin de permettre la construction de routes, adductions d’eau, centres de santé et d’écoles au nord du Mali prévue dans l’accord d’Alger.

L’aide au développement de la France envers le Mali s’est élevé à plus d’1,5 milliard d’euros. Premier partenaire extérieur du Mali, la France envisage d’y engager 300 millions d’euros supplémentaires en prêts et en dons pour divers projets liés aux infrastructures d’ici 2018. Un engagement qui sera sans doute réitéré lors de la conférence sur la reconstruction du Mali que les deux chefs d’Etat présideront jeudi 22 octobre au siège de l’Organisation de développement et de coopération économique (OCDE) à Paris.

Le dossier de Kidal

Depuis la crise sécuritaire de 2012, et son éclatement, l’armée nationale n’a plus eu droit de cité dans cette région du nord du Mali, chassée par les mouvements rebelles touaregs. Depuis, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), aidé par les forces djihadistes, contrôle la zone. L’armée française qui avait suscité l’espoir en engageant la reconquête des régions de Gao et Tombouctou a arrêté son opération Serval à la lisière de la ville « sans la moindre justification ni des autorités françaises ni des autorités maliennes », comme le regrette Amadou Djikoroni, un sexagénaire habitant Kidal.

Conséquence, les djihadistes sont toujours présents dans la région. L’armée française et les forces de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) sont accusées par une partie des Maliens de ménager la rébellion du MNLA. La visite d’IBK en France apportera probablement des éclairages sur ce dossier.

Visite du président malien à Paris : 5 choses à savoir sur Ibrahim Boubacar Keïta et la France

Jeune Afrique – Mis à jour le 21 octobre 2015 à 12h21 – Par Mathieu Olivier

Ibrahim Boubacar Keïta est en visite d’État en France ces 21 et 22 octobre. Un pays qu’il connaît bien pour y avoir passé une bonne partie de sa jeunesse.

Lors de sa visite en France, outre le palais de l’Élysée et la capitale parisienne, Ibrahim Boubacar Keïta, se rendra à Douaumont, près de Verdun. Il entend ainsi s’incliner devant l’ossuaire des soldats tombés lors de la Première guerre mondiale.

Un hommage officiel aux nombreux Africains tombés sur le champ de bataille. Mais également un recueillement tout personnel. Le grand-père du président a lui-même succombé dans les tranchées de Verdun en 1916.

L’étudiant

IBK sera également de passage, le temps d’une conférence, à l’université parisienne de La Sorbonne. Il a occupé les bancs de la faculté parisienne dans sa jeunesse, qu’il a en partie passée en France. En 1958, le jeune Ibrahim Boubacar Keïta, 13 ans, remporte ainsi le concours général organisé par la France dans chacune de leurs colonies. Il y gagne un aller simple pour Paris, où il suit ses études secondaires au prestigieux lycée Janson de Sailly.

Pensionnaire, il se rendait les week-ends dans une famille d’accueil où séjournait également Martine Aubry, ancienne ministre et ex-premier secrétaire du Parti socialiste français (PS). Après être retourné au Mali pour finir sa scolarité au lycée Askia Mohamed de Bamako, il s’inscrit à la faculté des lettres de l’université de Dakar, puis à la Sorbonne, où il effectue une maîtrise d’histoire.

Également diplômé en relations internationales puis chargé de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et enseignant sur les « systèmes politiques du Tiers-Monde » à l’Université de Paris Tolbiac, IBK a conservé un goût prononcé pour la littérature et le cinéma français, celui de Jean-Luc Godard notamment.

Un passage chez Citroën

Durant ses études à Paris, Ibrahim Boubacar Keïta a également été responsable de l’Association des étudiants et stagiaires maliens en France (AESMF), une des sections de la Fédération des étudiants africains de France (FEANF), où il rencontre notamment Alpha Condé, actuel président guinéen. C’est également à Paris durant ses études qu’il rencontre Laurent Gbagbo.

À l’époque, il est surtout un farouche opposant au régime militaire en place à Bamako. Résultat : sa bourse d’études octroyée par l’État malien est suspendue. Reste alors au jeune IBK, selon la version officielle, à se débrouiller par ses propres moyens. Il devient donc ouvrier chez Citroën et manutentionnaire aux Halles de Paris pour financer ses études.

Un proche du Parti socialiste

Surtout, par la suite, à travers son parti, l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) puis le Rassemblement pour le Mali (RPM), membre de l’Internationale socialiste, IBK a tissé des liens avec de nombreux responsables socialistes français et européens.

Vice-président de l’Internationale socialiste à partir de 1999, il fait notamment, aux détours des Congrès, la connaissance de François Hollande, de Manuel Valls ou encore de Laurent Fabius, aujourd’hui respectivement président de la République, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

L’affaire « Tomi »

Cette visite sera également l’occasion d’évoquer des sujets qui fâchent entre la France et le président malien. En effet, Ibrahim Boubacar Keïta est un des deux chefs d’État africains, avec le Gabonais Ali Bongo Ondimba, à avoir été écouté, sur une période allant de juillet 2013 à octobre 2014, par la justice française dans le cadre de l’affaire dite « Tomi », du nom de Michel Tomi, considéré comme le dernier parrain de la « Corsafrique ».

Les présidents du Mali et du Gabon auraient, selon les informations révélées par la presse française, reçu des cadeaux de la part du magnat corse, en échange d’avantages commerciaux accordés dans leur pays. Michel Tomi n’aurait ainsi pas hésité à offrir à IBK des voitures de luxe, des chambres d’hôtels dans de prestigieux palaces de Marseille ou Paris, ou des soins médicaux. Selon une enquête de l’Office anti-corruption français, Michel Tomi est, par exemple, directement intervenu auprès du président malien pour vendre un jet privé d’un million d’euros à la présidence, alors que l’État malien disposait déjà d’un avion présidentiel. IBK a estimé dans une interview donnée à Jeune Afrique que Michel Tomi était resté son ami mais affirme qu’il n’a jamais été question d’argent entre eux. L’enquête est toujours en cours.

Mali : Tribune : Pourquoi s’intéresser au Mali ?

L’indicateur du Renouveau – 21 octobre 2015

Cette semaine, l’OCDE accueille une conférence coorganisée avec le gouvernement malien, pour aider le pays à faire face aux enjeux politiques et trouver des solutions en matière de développement. La situation de fragilité perdurera et se propagera aux pays voisins si la sécurité au Mali n’est pas renforcée.

Pourquoi s’intéresser au Mali ?

Nombreux sont les pays qui sortent d’un conflit. Pourquoi alors s’intéresser au Mali ? Il y a à peine six mois que le Mali, avec le concours de l’Algérie et d’autres partenaires internationaux, a signé un accord de paix. Mais, nous le savons, ce type d’accord ne garantit jamais une stabilité sur le long terme.

Le Mali a longtemps été présenté comme un exemple pour d’autres pays africains, pour sa démocratie, son développement et son avenir prometteur. Moi-même, en tant que ministre du Développement de la Norvège, j’ai souvent considéré le Mali comme un modèle de réussite. Lorsque je me suis rendu pour la première fois à Tombouctou, j’ai été surpris par la beauté de sa culture, par la détermination de sa population et par l’histoire que nous raconte cette ville. C’est ici qu’a vécu, au XIVe siècle, l’homme réputé le plus riche de tous les temps. Mansa Musa, ayant amassé une immense fortune grâce à la production d’or, se rendit en Égypte pour y montrer sa munificence. Le Mali, autrefois véritable centre du commerce pour tout le désert du Sahara, possède une histoire culturelle unique, vivante et bien visible.

Mais en 2012, le pays se fige. Des terroristes prennent le contrôle de larges pans du territoire et ne sont stoppés par les troupes françaises et africaines qu’aux portes de la capitale Bamako. Ce pays considéré comme le pilier du développement et de la démocratie en Afrique implose en l’espace de quelques semaines. Il y a eu beaucoup d’avancées depuis. La sécurité est désormais assurée par des forces de maintien de la paix des Nations Unies.

Le Président Ibrahim Keïta est arrivé au pouvoir à l’issue d’élections libres, et un gouvernement est en place. Mais la plupart des Maliens sont dans une pauvreté effroyable et les besoins en matière de développement sont immenses. Et tout est lié : pas de développement sans sécurité. Pas de sécurité sans développement.

Plus de 15 millions de personnes vivent au Mali. Dans ce pays grand comme deux fois la France, la majeure partie de la population est concentrée dans le sud du territoire. Beaucoup de ceux qui vivent dans le nord du pays pensent que le gouvernement consacre tout son budget aux régions du sud et oublie le nord. J’ai rencontré les représentants des plus grands groupes de rebelles la semaine dernière à Bamako ; ils m’ont expliqué que ce décalage est leur principale préoccupation ; ils se sentent marginalisés, et ne constatent aucun progrès.

Une telle défiance vis-à-vis de l’État fait le lit de la violence ; et certains, poussés par leur mécontentement, se tournent vers les groupes rebelles. Certains de ces groupes sont autochtones, d’autres relèvent de la mouvance islamiste internationale, d’autres encore se composent de trafiquants en tous genres. La longueur extrême des frontières de la région du Sahel les rend impossibles à surveiller. Dans cette configuration, il existe de multiples possibilités pour qu’une situation d’insécurité au Mali se propage aux pays voisins. Des personnes ont été prises en otage et toutes n’ont pas survécu. La criminalité transnationale organisée se développera dans les sociétés où la sécurité n’est pas assurée.

La situation de fragilité perdurera si la sécurité au Mali n’est pas renforcée et si le peuple malien n’a pas accès à l’emploi, à l’éducation, à l’espoir et au progrès. C’est pourquoi, lorsque les autorités maliennes ont demandé à l’OCDE si, avec d’autres partenaires, nous pouvions les aider à élaborer une stratégie de reconstruction et de paix, nous n’avons pas hésité un seul instant.

Le Mali recèle un formidable potentiel de développement dans de nombreux domaines. Le pays a la capacité d’être l’un des premiers fournisseurs de riz sur le marché régional de l’Afrique de l’Ouest. Ce pays magnifique peut réaliser des améliorations considérables dans les domaines de l’élevage, des industries extractives et du tourisme, qui est une activité déjà ancienne. Les infrastructures routières et l’éducation doivent être modernisées. Mais pour concrétiser pleinement ce potentiel, la stabilisation du nord du pays est essentielle.

Cette semaine, l’OCDE accueillera donc une conférence à haut niveau coorganisée avec le gouvernement du Mali et avec le soutien des amis et partenaires internationaux du pays. Nous nous réunirons afin d’aider le Mali à trouver des solutions en matière de développement et faire face aux enjeux politiques. Pour qu’un pays se développe, l’impulsion doit venir de ses dirigeants. Seuls le Président et le gouvernement du Mali peuvent nous dire, à nous les partenaires internationaux, quelle est leur vision stratégique – publique ou privée ; où ils veulent emmener leur pays d’ici vingt ans ; et ce qu’ils veulent offrir aux enfants du Mali.

L’impulsion des dirigeants, l’expérience l’a montré, est le premier ingrédient de la réussite sur le front du développement. Viennent ensuite les politiques. Le gouvernement doit faire les bons choix ; prendre les bonnes décisions, celles qui vont donner un coup d’accélérateur au développement du pays. Un pays dont les besoins sont immenses doit se concentrer sur un petit nombre de priorités. C’est là que nous, la communauté internationale, apporterons notre aide. Les ressources, pour le Mali, constituent le troisième ingrédient indispensable.

Un pays ne peut pas se développer en s’appuyant uniquement sur l’aide. L’aide au développement doit servir de catalyseur, et peut contribuer à rassurer des partenaires privés prêts à investir au Mali. Mais la fiscalité et les investissements privés sont déterminants pour le Mali, comme pour les autres nations en développement. Les participants à la conférence étudieront quelles sont les possibilités de générer davantage de recettes fiscales et de développer le secteur privé. La nombreuse diaspora malienne peut être un atout pour l’investissement privé, notamment par les envois de fonds.

J’en reviens donc à ma première question – pourquoi s’intéresser au Mali ? La réponse suivante devrait suffire : parce que les enfants du Mali méritent un bel avenir. Tous les enfants maliens que j’ai rencontrés ont l’optimisme chevillé au corps. Le garçon qui nettoie votre voiture veut devenir médecin. Faisons en sorte que leurs aspirations se concrétisent et ne restent pas de vains espoirs.

Mais j’ajouterai : le monde a besoin d’un Mali stable et prospère, faute de quoi nous risquons de voir se rapprocher de nouveaux attentats terroristes. Et la criminalité transnationale organisée nous touchera un jour elle aussi. Le monde n’est plus si grand. Ce qui se passe au Mali nous concerne tous.

 

Mercredi 21 octobre 2015 – Visite d’IBK en France : Peut-on s’attendre à une sortie de crise au nord-Mali ?

Nostalgie Guinée Avec rfi

 Le président malien est arrivé mardi soir à Paris pour une visite de 2 jours. Venu avec une forte délégation ministérielle, cette visite sera une occasion pour Paris d’appuyer le processus de paix au Mali, en accompagnant la mise en œuvre de l’accord signé en juin dernier.

L’appui affiché par Paris est politique vis-à-vis du Mali qui est qualifié de partenaire « fidèle », mais aussi financier. La France doit annoncer d’ici demain une nouvelle enveloppe, d’environ 300 millions d’euros en prêts et dons pour la période 2015-2017.

Une annonce qui sera faite à l’occasion d’une conférence pour la reconstruction et la relance du Mali au siège de l’OCDE en présence d’Ibrahim Boubacar Keïta, qui sera exceptionnellement entouré des représentants des groupes du nord du pays qui ont signé l’accord de paix. Une affiche symbolique, pour une conférence qui mettra les régions du Nord au cœur du débat.

Après l’ouverture de cette journée le président IBK prendra la route de Douaumont près de Verdun. Il rendra hommage aux Maliens tombés pour la France. Une visite à connotation aussi très personnelle, l’arrière-grand-père du président IBK a été tué durant la Première Guerre mondiale.

Les attentes au Mali

« Nous nous félicitons de ce qui se profile », déclare un haut responsable malien. Tout comme lui, dans les milieux officiels, on souhaite ardemment le renforcement des relations entre la France et le Mali. Il y a eu, on le reconnaît, des moments d’incompréhension, notamment au sujet de la gestion de la crise du Nord, mais une page se tourne.

Le gouvernement malien note que si, par exemple, les rebelles du Nord seront présents à Paris lors de la visite d’Etat du président IBK, ils ne seront pas invités au dîner réservé aux délégations officielles.

Bamako en profitera pour demander à la France de l’accompagner dans le processus de paix. Il faut mobiliser d’énormes moyens pour la reconstruction, et Paris est un allié incontournable. L’expertise française en matière de lutte contre le terrorisme intéresse également le Mali, qui demandera le renforcement de la coopération bilatérale dans ce domaine.

Autre attente du Mali au cours de cette visite : que les investisseurs français prennent de plus en plus la direction du Mali. Les portes leur seront désormais plus ouvertes que jamais, affirme Bamako.

 

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