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Paix et justice doivent aller de pair

by sur 22 octobre 2015

Il ne peut y avoir de Paix (et de pardon) que si la Justice est passée.

Le Mali doit encore en faire l’expérience et ce n’est pas le plus facile. A cet égard, la commission  vérité, justice et réconciliation, a du pain sur la planche !

D’autre part, l’armé malienne tente d’occuper le terrain du mieux qu’elle peut, de manière à) faire face aux menaces terroristes qui ont gagné aussi le sud.

A Tombouctou, le commandant de zone a fait le point sur la situation sécuritaire, estimant qu’elle s’améliore (ce qui n’a pas empéché un adjoint au maire d’être enlevé et un  chef de village tué ces derniers jours dans le secteur de Goudam) tandis que le ministre de la sécurité, le colonel major Salif Traoré se rendait à Mopti.

Si, selon nos informations, on constate également une accalmie dans ce secteur, la situation reste imprévisible. C’est sans doute pourquoi l’armée malienne entendait ouvrir deux postes militaires à Bankass et Koro, de l’autre côté de la falaise de Bandiagara, vers la frontière avec le Burkina Faso, montrant ainsi sa volonté de quadriller le territoire

Nord du Mali : Fini la guerre, place à la paix et à la justice !

Françoise WASSERVOGEL – Le reporter – 21 octobre 2015

Le dimanche 11 octobre 2015, les communautés des Ifoghas, par la voix de Alghabass Ag Intalla, et des Imghads, par celle du général El Hadj Ag Gamou, se sont engagées à s’entraider sur tous les aspects sécuritaires et sur la gestion de leurs intérêts, partout où elles sont.»

Ahmoudene Ag Iknass, député de Kidal et partisan de la Plateforme, a déclaré : «nous avons terminé la rencontre ce jeudi 14 octobre 2015. Tout le monde a fait la paix, à commencer par nous, de la Plateforme, et la CMA». «La guerre est derrière nous. La Plateforme et la CMA ont fait la paix, mais les autres tribus ou groupes qui avaient des problèmes entre eux ont aussi fait la paix», a affirmé Boubacar Ould Hamadi, de la CMA.

Azaz Ag Louda, élu de la région de Gao, et membre de la Plateforme, a, quant à lui, dit que «les groupes armés viennent de signer un pacte d’honneur qui scelle le cessez-le-feu et la paix». Dans la foulée, le général El Hadj Ag Gamou, de la communauté Imghad et Moussa Ag Acharatoumane, de celle des Idaksahak, ont signé, le 15 octobre, un accord en vue «d’œuvrer pour une cessation immédiate des hostilités entre les dites communautés, et d’organiser une rencontre dans les plus brefs délais à Inwelane (zone de Talataye), pour réconcilier entre elles les communautés Imghad, Idaksahak, Araban, Chamanamass, Idourfans et Iboghalitan, de la zone.» Certains estiment qu’en attendant la réconciliation nationale, ces déclarations intercommunautaires sont «à encourager et même à généraliser à toutes les communautés, sur l’ensemble du territoire».

Cela permettra sans doute de panser les blessures ouvertes par les divers groupuscules. D’autres pensent que ces ententes se scellent afin de se partager le contrôle du commerce illicite en général, et du trafic de drogue en particulier.  Quels que soient la sincérité et le dessein de ces déclarations, personne ne peut occulter que l’insécurité qui règne actuellement et quotidiennement dans le septentrion ne cessera pas de sitôt, car elle est étroitement liée à la présence des groupes prétendument islamistes, auxquels nombre d’acteurs des mouvements signataires de l’Accord pour la paix ont été, ou sont encore, mêlés.

La concorde ne pourra régner dans les cœurs que si l’amertume ne s’y installe pas. L’une des nominations, au titre du ministère de la Réconciliation nationale, annoncées par la Primature dans son communiqué du Conseil des ministres du 14 octobre, l’y fait déjà germer.

En effet, Madame Nina Wallet Intallou, représentante de la CMA, vient d’être nommée au poste de 1er vice-président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation. Nul n’ignore que Nina Wallet Intallou a été, dès 2012, une des figures incontournables du MNLA. Elle est membre du Bureau exécutif, et présidente des femmes de ce mouvement séparatiste. Beaucoup se demandent quelle vérité elle prônera puisqu’elle fait partie du problème actuel du Mali. Comment pourra-t-elle être «en posture de servir honnêtement et efficacement la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, si l’objectif réel en est une réconciliation véritable ?» Ils ajoutent «qu’elle ne sera pas écoutée dans certains endroits où sa présence même pourrait occasionner des émeutes.»

Cette question de la réintégration et des nominations à des postes importants des acteurs, directs ou indirects, qui ont plongé le Mali dans la crise qui dure depuis plus de 3 ans, ne peut pas être occultée. Les exactions subies ne doivent pas être jetées aux oubliettes. Au Mali comme ailleurs, toute victime a besoin d’être reconnue comme telle.

Pour regarder vers l’avenir, la victime, quoiqu’elle ait enduré, a besoin que son bourreau soit jugé, et que le verdict d’un procès équitable soit prononcé. La réconciliation profonde et durable ne peut pas exister tant que l’impunité perdure, car les plaies ne se cicatrisent alors qu’en surface, et le feu continue à couver sous les braises.

Paix et justice ne vont jamais l’une sans l’autre.

Tombouctou : L’ARMEE FAIT LE POINT DE LA SITUATION SECURITAIRE

M. SAYAH – AMAP-Tombouctou – L’Essor – 22 octobre 2015

Celle-ci est relativement calme ces temps derniers grâce à divers facteurs

Le commandant de la zone de défense  de Tombouctou, le colonel Oumar Diarra, a animé, il y a une dizaine de jours, un point de presse au camp fort Cheick Sidi Bekaye de la Cité des 333 saints.

Plusieurs sujets on été abordés au cours de cette rencontre avec les hommes des médias : la situation sécuritaire, les missions classiques de l’armée et ses nouvelles missions dans le contexte actuel, les directives, l’appui au reploiement de l’administration dans les régions du Nord, la coopération avec les forces partenaires, la formation continue des militaires.

Le commandant a d’abord expliqué que la zone de défense dont il a la charge  est un secteur qui s’étend de Taoudéni au fleuve Niger, de la frontière  mauritanienne  aux limites des régions de Gao et Kidal. De fait, un secteur immense et donc difficile à contrôler, où la vie est même impossible dans certains endroits. Le colonel Diarra a ensuite précisé que la zone dont il a la charge est couverte par l’opération Maliba englobant 5 secteurs et qui a son centre de commandement à Gao.

Évoquant la situation sécuritaire dans les villes comme dans les campagnes, l’officier a noté, ces derniers temps, un calme relatif grâce aux efforts conjugués des politiques et des FAMAS. Celles-ci, assure-t-il, se maitrisent pour ne pas répondre aux multiples provocations dont elles sont l’objet et pour ne pas violer l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Le commandant de la zone de défense de Tombouctou a détaillé les tâches régaliennes de l’armée et ses nouvelles missions. Au nombre de celles-ci, il a cité l’organisation régulière de patrouilles qui vont souvent de frontière à frontière, les escortes sur les routes et sur le fleuve, la sécurisation des élections, la sécurité de l’administration redéployée et des grands chantiers tels les travaux de  la route Tombouctou-Goma-Coura.

Les FAMAS organisent également des actions civilo-militaires aux cours desquelles, elles apportent vivres et médicaments aux populations éloignées des centres urbains. Elles effectuent également des consultations médicales gratuites pour ces populations.

La dernière en date de ces opérations a eu lieu à Faro où du 22 septembre au 10 octobre, les services de santé de l’armée ont fait bénéficier aux populations plus de 240 consultations.

Le colonel Diarra a, par ailleurs, apprécié la bonne collaboration avec ces populations dont les renseignements, parfois précieux, ont permis de mettre hors d’état de nuire des bandits et brigands opérant sur les axes routiers.

Les mêmes bons rapports prévalent avec les forces partenaires, notamment la MINUSMA et la force Barkhane venues pour aider notre pays à retrouver sa stabilité et sa quiétude d’antan. Avec ces forces, l’armée mène régulièrement des missions bipartites ou tripartites. Bien qu’étant sur le théâtre des opérations, les militaires bénéficient d’une formation continue comme cela se doit normalement.

Les journalistes ont apprécié cette ouverture de l’armée vers les médias qui a permis de lever nombre d’équivoques et rumeurs (souvent des plus folles) véhiculées dans la presse locale, nationale ou internationale et sur les réseaux sociaux.

Pourquoi assiste-t-on régulièrement à la libération de gens suspectés d’être des bandits et qui ont été mis hors d’état de nuire par les militaires ? Répondant à cette question qui est revenue plusieurs fois, le colonel Diarra a expliqué que nous sommes dans un État de droit et que la justice expéditive n’a plus droit de cité. Lorsque quelqu’un est arrêté, quelle que soit la faute qu’on lui reproche, il est mis à la disposition de la gendarmerie qui fait les enquêtes pour établir les faits.

« Quand la prévôté estime qu’il y a suffisamment de preuves contre le suspect, il est envoyé à Bamako. Mais lorsqu’il n’y a pas assez de charges contre lui, l’intéressé est relâché. L’armée n’a pas mission de juger un citoyen ou d’exécuter sa peine », a insisté l’officier supérieur.

Avant de clôturer les échanges, le colonel Diarra a tenu à préciser, avec fermeté, que les hommes sous son commandement ont le moral haut et sont prêts à exécuter leurs missions régaliennes partout dans le secteur 3, car ce qui compte, in fine, c’est bien le Mali.

Insécurité en 5e région, nouvelle approche ?

Wamseru A. Asama – Source : Delta-News – 21 octobre 2015

Même si c’est de leur rôle, il faut saluer l’initiative des honorables députés élus dans la Région de Mopti consistant à attirer l’attention du nouveau patron de la sécurité, le colonel – major Salif Traoré, sur la situation particulière de l’insécurité dans cette région.

En effet, centre géographique du pays, lieu de brassages des populations, haut lieu du tourisme malien, cette région mérite bien une attention particulière et ce, d’autant plus qu’aucun cercle de cette région qui en compte huit, sauf Bandiagara situé dans les plateaux et falaises dogon, n’a été épargné par des actes terroristes ou crimes perpétrés par des bandits, jihadistes et autres malfrats de tout acabit.

Bien que la sécurité des biens et des personnes relève du devoir régalien de l’Etat, les honorables députés ont compris que dans la situation actuelle du pays où la plupart des régions sont sous-administrées, la réalité commande une vision plus participative des populations à leur sécurité.

C’est pourquoi l’appel aux populations pour leur collaboration avec les forces de sécurité est bienvenu. Mais cela ne suffit pas, il faudrait plus qu’un appel dans les salons feutrés de la capitale pour parler de sécurité. Il faut que nos honorables députés se concertent avec les associations de la société civile et des représentants de l’Etat en service dans cette région afin de débattre et de proposer une feuille de route pour la sécurisation de la région de Mopti.

Homme d’expérience, nous pensons que l’honorable Abdourhamane  Niang, par ailleurs doyen des députés élus dans cette région et président de la Haute cour de justice, saura mettre son expertise au service d’une telle approche.

Quant au nouveau ministre de la Sécurité, le colonel- major Salif Traoré, il faudrait qu’il sache que tous les Maliens ont les yeux rivés sur lui. Il aurait à gagner en prêtant une oreille plus attentive aux élus de la nation et aux associations de la société civile qui ne peuvent être que ses alliés dans sa lutte contre l’insécurité au Mali, particulièrement dans la région de Mopti où se développent des métastases de l’insécurité  venus du Nord  au moment où, là on tend à une amélioration de la situation sécuritaire.

Un colonel-major pourra-t-il réussir là où un général a échoué ? C’est toute la question que se posent les Maliens au lendemain de sa prise de fonction.

 

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