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Des milliards… à bien gérer !

by sur 23 octobre 2015

Ibrahim Boubacar Keïta,  en plus des honneurs les plus élevés du protocole de la République française, reçoit 2000 milliards de F CFA pour reconstruire le Mali.

Mais qu’il ne s’y trompe pas, ce sont sans doute les derniers et il est désormais condamné à réussir. La conférence des donateurs semble bien avoir assorti les aides financières d’une exigence de résultats.

D’aucun ne manqueront pas d’y voir la réalité de la « mise sous tutelle française » du Mali… et un confrère malien n’hésite pas, lui, à y voir « la dernière chance donnée à un funambule ».

Dans la longue série des articles relatant sa deuxième (et dernière) journée de visite d’Etat en France, vous lirez beaucoup de détails intéressants, mais aussi des interrogations, voire des doutes.

2015-10-21 IBK-Hollande-France1

Ibrahim Boubacar Keita à L’Elysée : Le Mali et la France plus que jamais ensemble

D. Djiré – L’Essor du 23 octobre 2015

Au cours d’une conférence de presse à l’Elysée, les présidents Keïta et Hollande ont magnifié les relations franco-maliennes appelées à évoluer encore qualitativement.

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta poursuit sa visite d’Etat en France. Une visite conduite au pas de charge. La journée de mercredi fut particulièrement chargée. Elle a été marquée par ses entretiens avec son homologue français, François Hollande et le président du Sénat français, Gérard Larcher.

La conférence de presse organisée à l’Elysée a permis aux journalistes d’apprécier la ferme volonté deux chefs de l’Etat de faire évoluer les relations franco-maliennes.
Dans son introduction, le président Hollande a tenu à saluer la mémoire de toutes les victimes du terrorisme à travers le monde. « J’avais tenu à ce qu’avec le président Ibrahim Boubacar Keita et moi-même nous accrochions nos  bras, parce que nous sommes liés de manière défectible. Nous avons subi le terrorisme et nous avons été capable d’y faire. C’est important qu’à travers nos deux personnes, les peuples français et malien puissent apercevoir cette solidarité indéfectible. Aujourd’hui, le président Ibrahim Boubacar Keita est là pour une visite exceptionnelle. Exceptionnelle par sa qualité et par les événements politiques et économiques exceptionnels qui s’y dérouleront. Nous allons mobiliser la communauté financière internationale autour de la reconstruction du Mali. C’est aussi une visite exceptionnelle dans le contexte que l’on connaît : la lutte contre le terrorisme qui n’épargne pas le Mali », a-t-il indiqué.

AVEC FIERTE ET CONFIANCE. Et François Hollande de poursuivre : « Je veux dire au président Keita que nous regardons le chemin parcouru avec fierté et avec confiance. Il y a trois ans, nous avons pris la décision historique d’aider le Mali à recouvrir son intégrité territoriale. Il faut un accompagnement pour l’Accord de paix signé et en cours d’exécution. Nous devons rendre hommage aux soldats français morts dans cette lutte, et avoir une pensée pieuse pour Damien Boiteux (Ndlr, le premier soldat français mort au combat aux premières heures de l’Opération Serval) ».

Le chef de l’Etat français a ensuite indiqué que l’heure est maintenant à la reconstruction du Mali. Sur les deux ans à venir, Paris va mobiliser 360 millions d’euros pour cette reconstruction dont 80 millions destinés aux régions du Nord. 50% de ces ressources sont octroyés sous forme de dons

Interrogé sur ce que certains ont appelé « l’affaire Tomy », le président de la République Ibrahim Boubacar Keita a expliqué que des relations d’amitié et de respect mutuel le lient à l’homme d’affaire français et que celui-ci, hormis le casino de Bamako n’a aucune affaire au Mali. « Je suis mon chemin et je maintiens mon cap. Personne ne m’en fera dévier. Je continue de bénéficier du soutien de mes amis et c’est ce qui compte », a-t-il assuré.

Il saluera aussi l’accueil exceptionnel qui lui a été réservé au cours de cette visite d’Etat, la plus haute considération diplomatique pour une visite présidentielle.

A ce propos, le président Hollande indiquera qu’il a voulu que cette visite soit une visite d’Etat, compte tenu des relations entre les deux pays et aussi compte tenu des efforts fournis par notre pays pour l’aboutissement de l’Accord pour la paix et la réconciliation. « C’est un message fort que nous avons voulu envoyer au peuple malien pour qu’il soit fier du chemin parcouru. C’est le plus digne respect que nous pouvions donner au peuple malien et lui dire notre admiration, notre soutien et notre solidarité. Ce peuple aurait pu douter mais il a tenu à la démocratie, à la paix et à la réconciliation. C’est très important de magnifier cette amitié », a insisté le chef de l’Etat français.

LA DETTE DE SANG REMBOURSEE- Le président Ibrahim Boubacar Keita a tenu à remercier son homologue français pour l’attention et la considération particulière qu’il porte à notre pays.

« Ce que nous avons vécu ici, nous a rappelé qu’hier, nous fûmes ensemble et qu’aujourd’hui nous sommes plus que jamais ensemble. Vous avez rappelé les heures douloureuses vécues par mon pays. Nous mesurons combien, il vous aura fallu de courage en ce jour de 11 janvier 2013 pour engager les troupes de l’opération Serval pour sauver Konna. Ce Konna terrifié et tétanisé par les phares des Pick Up à sa lisière. Serval a surgi pour anéantir ceux-là qui n’avaient d’autres ambitions que de subjuguer le Mali. Ils auraient pu le faire n’eût été votre décision de ce jour. La dette de sang a été remboursée », a indiqué Ibrahim Boubacar Keïta.

Insistant sur la qualité particulière des relations franco-maliennes, il ajoutera : « Nous sommes là pour mesurer le chemin parcouru et vous dire également Monsieur le président que le Mali n’a jamais trahi une amitié. Nous avons réussi à emprunter le chemin de la paix grâce au président Algérien, Abdelaziz Bouteflika et d’autres partenaires. L’accord signé, il faut l’appliquer. D’ores et déjà, nous avons pris les mesures idoines pour son application stricte et rigoureuse. Ce qui nous valu aussi la confiance retrouvée entre tous les frères maliens. L’école est de nouveau ouverte à Kidal. Quel bonheur ! Mais il n’y a pas que l’école. Les services sociaux de base doivent également se réinstaller. L’eau, l’énergie, les commodités fondamentales de la vie doivent revenir à Kidal. C’est pour cela aussi que nous sommes là pour discuter avec nos partenaires du chemin parcouru afin de solliciter leur accompagnement pour ces chantiers de la reconstruction et de la stabilisation », a-t-il indiqué, réaffirmant l’engagement ferme des autorités maliennes à réussir cette phase de reconstruction avec l’accompagnement des partenaires.

 Conférence de donateurs de Paris : La grande mobilisation des partenaires financiers

Envoyée spéciale – D. DJIRE – L’Essor du 23 octobre 2015

Il s’agit, à travers cette rencontre, d’affirmer le soutien de nos amis et partenaires autour de la stratégie spécifique de développement des régions du Nord et de faire prospérer tout le pays de manière équilibrée et à bâtir un Mali émergent

La conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali sous le thème : « Bâtir un Mali Emergent : les régions du Nord au cœur de la réconciliation et de la consolidation de la paix » s’est ouverte hier à Paris dans l’éblouissante salle de conférence de l’Organisation pour la coopération et de développement économique (OCDE), sous la co-présidence du président de la République Ibrahim Boubacar Keita et son homologue français François Hollande.

C’était en présence du secrétaire général de l’OCDE et des représentants des Nations unis, du Fonds monétaire internationale, de la Banque mondiale, de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement, de la CEDEAO, de l’UEMOA, de la Banque ouest-africaine de développement, de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest.

En plus des partenaires financiers, il y avait aussi les ministres des Affaires étrangères des pays africains comme l’Algérie, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso. Ainsi que les représentants de tous les pays et organisations qui ont fait partie de la médiation internationale. Etaient présents aussi une quinzaine de ministres du Mali, des représentants du secteur privé, de la société civile, des groupes armés signataires de l’accord ainsi que de la diaspora malienne.

Organisée sous l’égide de l’OCDE, la conférence de Paris a pour but de mobiliser les bailleurs de fonds pour accompagner la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Il s’agit à travers cette rencontre d’affirmer le soutien de nos amis et partenaires autour de la stratégie spécifique de développement des régions du Nord et de faire prospérer tout le pays de manière équilibrée et à bâtir un Mali émergent.

Raviver l’espoir. Cette conférence, a rappelé le secrétaire général de OCDE Angel Gurria, répond au constat partagé par les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux qu’il n’y aura pas de développement dans notre pays sans sécurité et pas de sécurité sans développement économique et social.

La rencontre s’est efforcée donc de fédérer et coordonner l’appui de la communauté internationale. « Cette stratégie spécifique de développement des régions comprend plusieurs phases notamment la phase de relèvement rapide des trois régions (Gao, Kidal et Tombouctou), la phase de développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives (régionalisation et relance économique), le développement d’un outil à la gouvernance partagée (Fonds de développement durable) ainsi que l’engagement financier exemplaire du Mali même pour la mise en œuvre de cette stratégie », a-t-il développé.

Le patron de l’OCDE invitera ainsi le monde des bailleurs de fonds à accompagner ce tournant décisif pour raviver l’espoir des Maliens qui aspirent à un développement harmonieux et à une paix durable afin de fermer les pages sombres de l’histoire récente du pays. « Le potentiel de développement du Mali est immense. Les autorités du pays aspirent à promouvoir ce potentiel agricole, minier et humain. Mais cela n’est possible que dans un pays stabilisé. Des partenaires ont un rôle historique à jouer dans cette nouvelle lancée. Une étude a démontré que les besoins de relance du Mali s’élèvent à plus de 1,1 milliard de dollars. Et l’Ocde s’engage à mettre à la disposition du pays et ses partenaires un large éventail de compétences pour son développement », a assuré Angel Gurria.

L’occasion était donc bonne pour le président de la République de présenter la stratégie spécifique de développement du nord de notre pays sur les principes fondamentaux de l’accord. Le chef de l’Etat a insisté sur l’adhésion sincère des signataires à l’accord, l’instauration de la paix et de la sécurité, la conception partagée entre toutes les parties de la stratégie spécifique de développement des régions du nord, l’inclusivité au sein des structures de gestion de l’accord notamment le comité consultatif de la zone de développement, la régionalisation comme orientation fondamentale accompagnée des dispositions fiscales, un engagement inédit de l’Etat, un phasage opérationnel et financier du relèvement puis du développement durable, la cohérence avec les grandes orientations politiques : le plan pour la Relance durable du Mali (PRED) le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (2012-2017), le Plan d’action gouvernemental (2013-2018) et le Plan d’urgence du gouvernement. Il a expliqué ensuite que la stratégie de développement des régions du nord est un ensemble de dispositifs complets destinés aux populations et proposés aux bailleurs de fonds, pays amis, institutions et décideurs internationaux pour consolider la paix.

Le président de la République n’a pas manqué de remercier vivement tous les partenaires qui ont soutenu le pays de façon inlassable et qui ne l’ont jamais abandonné malgré les difficultés. « Au premier rang de ces partenaires, je citerai la France et le président Hollande dont la décision historique du 11 janvier 2013 a permis de stopper net les velléités des terrorismes, mais avec la France toute la communauté internationale dont la confiance au peuple malien n’a jamais failli malgré les différents épisodes de la crise », a souligné le chef de l’Etat qui a aussi rendu un hommage particulier aux pays amis et voisins dont l’accompagnement a été indéfectible.

« Je pense au Tchad, à l’Algérie et au président Abdelaziz Bouteflika et à mon frère Ramatane Lamamra, le chef de la diplomatie algérienne dont la mobilisation a été totale et essentielle pour la réussite du processus de négociation d’Alger. »

Les 6 engagements du Mali. Pour le président de la République, la démarche qui a motivé cette conférence internationale s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre adéquate de l’accord de paix et fait une évaluation des besoins et des priorités de notre pays, tant au niveau de la relance économique que du développement global, y compris dans le domaine des infrastructures et de l’agriculture.

« La stratégie pour l’émergence du Mali présente aussi une analyse des vulnérabilités structurelles et des facteurs de résilience du pays. Il identifie les besoins de financement à court et moyen termes. En complément des financements publics nationaux et internationaux, une attention particulière est accordée à la mobilisation des ressources nationales du secteur privé et de la diaspora pour appuyer la relance de l’économie, levier pérenne et endogène de la sortie de la pauvreté », a-t-il précisé.

Le chef de l’Etat prendra des engagements ambitieux à Paris en annonçant une contribution de 300 milliards de Fcfa pour financer la stratégie spécifique de développement des régions du nord sur 3 ans. « Nous nous engageons aussi à la création d’un Fonds de développement durable, instrument collégial destiné à promouvoir, accueillir et orienter les contributions au financement des investissements et infrastructures. Nous nous engageons dans une décentralisation poussée donnant aux régions des responsabilités effectives sur les affaires locales et le développement territorial, couplée à une redéfinition des missions essentielles de l’Etat, sur l’ensemble du territoire national », a assuré Ibrahim Boubacar Keita.

Le président de la République indiquera que la stratégie de développement des régions couvre trois séquences : l’urgence et le relèvement rapide (2015-2017), la structuration économique et les reformes institutionnelles (d’ici 2022) et la convergence du développement des régions au plan national avec l’émergence économique horizon (d’ici 2030). « Le concours de partenaires et des amis du Mali que vous êtes est aujourd’hui sollicité pour accompagner prioritairement dans le cours terme et pour la bonification des taux au niveau du programme d’aide », a ajouté le président Keita.

L’accompagnement de la France. La conférence internationale de Paris a porté aussi sur les enjeux immédiats liés à l’aide humanitaire, à la sécurité des populations, au rapatriement volontaire et à la réinstallation des personnes réfugiées et déplacées, ainsi qu’à la restauration des services sociaux de base sur l’ensemble du territoire, à la réouverture des classes. Elle s’est penchée également sur les actions de soutien à la décentralisation, la justice, l’Etat de droit, la gestion des finances publiques, l’appui au secteur privé, l’agriculture, l’emploi, l’adaptation au changement climatique, l’éducation, la santé et la culture.

La rencontre a été marquée par l’intervention du président français François Hollande qui a rappelé le chemin parcouru par notre pays depuis le 22 mars 2012. « Aujourd’hui, l’espoir est permis aux Maliens désormais engagés vers un avenir prometteur. Cependant, le Mali a besoin de l’accompagnement de ses amis, de tous ses amis pour emprunter le chemin de la croissance, du développement durable. D’où cette conférence qui vise à mobiliser le monde des bailleurs de fonds aux côtés du Mali pour sa relance », a souligné François Hollande.

Le président français a expliqué que selon les estimations de l’OCDE, notre pays devrait renouer avec la croissance si elle bénéficiait de toute l’aide nécessaire. François Hollande a tenu à donner l’exemple en annonçant une intervention directe de la France à hauteur de 360 milliards de Fcfa dont 52,4 milliards de Fcfa pour le nord. Mieux d’autres mécanismes de financement français dont l’AFD et les structures financiers et d’aide seront mis à contribution pour rendre l’accompagnement français plus conséquent et plus efficace.

La moisson a été bonne parce que les intentions de financement annoncées s’élèvent à plus de 3 milliards d’euros (1.950 milliards Fcfa).

Conférence de l’OCDE : Près de 2000 milliards de FCFA promis au Mali à Paris

L’Indicateur du Renouveau – 23  octobre 2015

La Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, « Bâtir un Mali émergent »qui s’est tenue hier à Parisau siège de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a permis de lever des fonds pour  la reconstruction et au relèvement des régions du nord du Mali, mais pas seulement. Les autres régions vont aussi profiter des contributions qui tourneraient autour de 3 milliards d’euros près de 2 000 milliards de FCFA.

Tenue hier jeudi à Paris au siège de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE),  la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, « Bâtir un Mali émergent »  a permis de lever d’importants fonds pour  la reconstruction et au relèvement des régions du nord du Mali, mais pas seulement. Les autres régions vont aussi profiter des contributions qui tourneraient autour de 3 milliards d’euros près de 2 000 milliards de FCFA.

Dans cette enveloppe, la Suisse contribue à l’aide au développement au Mali. Elle a indiqué qu’entre 2015 et 2017, elle verserait 71 millions d’euros (77,33 millions de francs) à notre pays hier, lors de la conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali.

La manne sera investie principalement dans le nord du pays, en proie à la pauvreté et l’instabilité, a indiqué jeudi à l’ats un porte-parole du Département fédéral suisse des affaires étrangères (DFAE). Des projets seront menés à Tombouctou et Sikasso, notamment, ainsi qu’auprès d’écoles maliennes.

L’information a été donnée lors d’une conférence sur le Mali, au Centre de conférences de l’Organisation de coopération et de développement (OCDE) à Paris. La Confédération y est représentée par Didier Berberat, envoyé spécial de la Suisse pour le Sahel.

Soutien de la France

La France restera cependant en première ligne dans l’aide versée à ce pays. Egalement présent à l’événement, le président français François Hollande a précisé que l’investissement hexagonal au développement du Mali s’élèverait à 360 millions d’euros (392,15 millions de francs) entre 2015 et 2017.

Près de 80 millions d’euros iront pour les régions du nord. Quatre millions d’euros seront fournis cette année pour renforcer la sécurité du pays, a poursuivi le président français. Ce soutien, a insisté François Hollande, “c’est le développement rural à Ségou, c’est la santé à Mopti, c’est l’éducation à Gao et c’est le développement local à Kidal”.

“Rayon de lumière”

“Ce qui a été possible pour le Mali en trois ans, doit être possible au-delà du Mali”, a lancé François Hollande. Selon lui, il a fallu au pays à peine trois ans pour passer de l’état de guerre à l’état de paix, trois ans pour vaincre le terrorisme qui allait envahir tout le pays et trois ans pour assurer une réconciliation.

Pour le président français, l’exemple malien constitue “un rayon de lumière (…) Il s’agit de l’envoyer dans les pays qui sont aujourd’hui dans les ténèbres”, déclare-t-il.

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, s’est également exprimé. Il a réaffirmé son attachement à l’accord de paix au Mali “inclusif et global”.

Coopération Mali-France : Le défi de l’efficacité de l’aide au développement

Le Républicain du 23 octobre 2015  et Jean-Louis Le Touzet  de Libération

IBK, presque plébiscité en 2013 contre la promesse d’un changement dans un pays alors profondément en crise, a fini de décevoir ses concitoyens qui ont vite déchanté en apprenant les graves scandales financiers de son magistère. En effet, de son investiture à maintenant, on assiste à la dilapidation des ressources de l’Etat. Achat d’avion de commandement, contrat d’armement, connexion avec un parrain de la mafia, sanctions des bailleurs de fonds notamment le Fmi, infestation du pouvoir par la famille, rénovation de résidence privée, surfacturations, scandale de l’engrais frelaté, affaire de 1000 tracteurs, tout y passe. En deux ans de pouvoir IBK, le Mali est ainsi devenu le pays des malversations, des surfacturations, des scandales financiers… François Hollande a promis hier, jeudi 22 octobres 2015, 360 millions d’euros d’aide au Mali lors de la visite du président malien IBK à Paris. Notre confrère Libération se pose des questions sur la destination de cette aide française, car, ajoute le journal, « au Mali, l’argent des donateurs a pris souvent, dans un passé récent, le chemin d’une tuyauterie administrative malienne qui ne donnait qu’un goutte-à-goutte confondant d’étonnement ces mêmes donateurs, aujourd’hui légèrement refroidis. » Nous vous proposons l’intégralité de l’article de Libération sur la question. Lisez !

La France aide le Mali… sans trop savoir où va l’argent
François Hollande a promis ce jeudi 360 millions d’euros d’aide au président malien IBK, en visite à Paris. 

Que retenir des allocutions des présidents Keïta et Hollande en ouverture ce jeudi matin, à Paris, sous l’égide de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), de la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali ? Que les convulsions qui ont tordu le Mali depuis 2013 seraient derrière nous. C’est en substance la teneur des propos présidentiels. Les deux hommes se sont donnés du «François» et du «Ibrahim», affichant une grande proximité. Hollande, répondant à un discours d’IBK qui, comme le Niger sort de son lit lors de l’hivernage, est sorti lui aussi de son texte en laissant le verbe, qu’il a riche, déborder.

IBK en chef militaire

Il fut question de reconstruction du Nord, du soutien appuyé d’Alger aux accords de paix de juin dernier, de 360 millions d’euros d’aides de la part de la France jusqu’en 2017 – dont 80 pour les régions du Nord –, de nouvelles politiques publiques, de lois sur le blanchiment de l’argent sale et aussi d’une mise en garde d’IBK envers «quiconque viendrait remettre en cause les accords de paix». Ibrahim Boubacar Keïta s’est voulu martial et a endossé son uniforme de chef militaire. La salle a alors acquiescé d’un air grave.

Reste qu’avec une armée nationale humiliée en 2013 et mise en déroute l’an dernier à Kidal, comment pourrait-elle faire respecter ces mêmes accords ?
Hollande, après avoir chaudement remercié à son tour Alger et le «président Bouteflika» pour son rôle actif dans la conclusion de ces accords, a toutefois modéré l’enthousiasme de son «cher Ibrahim» : «Si la pauvreté continue, alors les mêmes causes provoqueront les mêmes effets. C’est pourquoi nous voulons intensifier les politiques de développement. »

Où va l’argent ?

Une source sur place faisait quand même la moue : « Il faudra être encore plus attentifs que nous l’avons été aux décaissements des sommes et vérifier si elles ont bel et bien été dirigées vers ces programmes.»

Et c’est là justement que le bât blesse. Car si IBK a évoqué «de nouvelles lois sur l’évaporation fiscale», l’argent des donateurs a pris souvent, dans un passé récent, le chemin d’une tuyauterie administrative malienne qui ne donnait qu’un goutte-à-goutte confondant d’étonnement ces mêmes donateurs, aujourd’hui légèrement refroidis.

Cela écrit, il convient de ne pas se laisser totalement emporter par les échanges cordiaux entre les deux hommes. Hollande s’est montré brillamment ironique, parlant «de brièveté» à propos d’un discours interminable d’IBK et lui rappelant, avec cette morsure câline qui est sa marque de fabrique : «Si demain, il y a un Mali démocratique et qui relève les défis, alors vous pourrez être fier de vous.»

Histoire de rappeler que Paris sera extrêmement attentif au pognon décaissé et aussi, de manière subliminale, que l’opposition malienne n’avait pas été consultée lors des accords. Cette dernière pointe d’ailleurs IBK sur sa gestion, disons assez personnelle, des deniers de l’Etat.

 

Depuis paris, IBK répond a ses détracteurs : « Je souffre qu’on n’aime pas IBK, je ne souffre pas qu’on n’aime pas le Mali… »

Issiaka M Tamboura (maliweb.net)

En visite d’Etat depuis mardi dernier à Paris, le Président Ibrahim Boubacar Keïta a, au cours d’une conférence de presse conjointe le jeudi avec le Président français François Hollande, profité de la question que lui a posée un confrère à savoir la nature des relations qu’il entretient avec Tomi Michel, le « parrain des parrains », pour répondre à ses détracteurs.

Pour le Président IBK qui semblait bien à l’aise aux côtés de François Hollande ce jeudi, face à la presse nationale et internationale, aucune des manouvres orchestrées et par la presse et par le politique ne le fera dévier de son chemin. Se croyant mordicus, sur le bon chemin, IBK, l’heur d’une victime innocente, s’explique, s’exprime de manière tranchée et met surtout en garde.

Sur ses relations avec le « parrain des parrains », IBK rassure d’abord qu’il reste droit dans ses bottes, avant d’expliquer les circonstances qui ont fait croiser son destin à celui de Tomi qui, un an plutôt, il disait n’avoir jamais connu avant de revenir sur ses propos.

« Ce Monsieur dont vous avez parlez, explique le Président, m’a été présenté par un homme que je respecte, le Président  feu El Hadj Oumar Bongo. De ce jour à aujourd’hui, il s’est tissé des relations d’amitié et de fraternité. Au-delà desquelles  relations, il n’y a jamais eu de relations d’affaires. »

«Monsieur Tomi a un casino à Bamako qui a été ouvert dans des conditions absolument claires transparentes et vérifiables », a-t-il défendu.

Le Président d’ajouter, que Tomi Michel a Beaucoup d’affaires en Afrique.  Et tranche, qu’ « au-delà du casino, il (Tomi) n’en a aucune au Mali, et aucune sous IBK… bien évidemment…». Sur ce chapitre, il n’en dit pas plus.

S’agissant certainement de ses détracteurs, IBK se veut là aussi imperturbable.

«Quelqu’un a dit que certaines choses doivent mourir de leur propre venin. Ces choses-là, sont  connues, celles que vous évoquez, et de celles-là », réplique-t-il au confrère qui complimentait «d’imperturbable un homme d’Etat soutenu dans sa démarche par son peuple».

Le concernant lui qui est « connu par son peuple », selon sa propre expression, « pensez-vous qu’au sortir d’une crise de trois ans, s’il (IBK) a été celui-là que l’on essaie de noyer sous la souillure, aura été plébiscité par le peuple malien qui est un peuple qui sait les vertus de l’honneur et la dignité, qui tient à l’intégrité de ses hommes d’Etat », renvoie-t-il en interrogeant.

Si depuis son élection, les travaux de réhabilitation qui se tiennent dans sa concession privée ont aussi défrayé la chronique au pays, le Président Keïta n’est pas pour cautionner certains jugements là-dessus. Mécontent de ce fait, il s’exprime à suffisance, tout en prenant le peuple malien en témoin que « depuis deux ans, IBK Président du Mali, vit dans la maison de son père, et les Maliens le savent. Et là aussi il a été dit des choses monstrueuses. Cette maison a été construite (…) par moi et mon épouse et par prêts bancaires traçables ! » A dire le contraire, il met quiconque à défi.

Musulman de croyance, celui qui est surnommé Ladji Bourama pour avoir effectué le pèlerinage à la Mecque, prêche que « même le prophète n’a pas été à l’abri de la calomnie la plus odieuse. » « Qui suis-je, moi ? », s’interroge-t-il « Simple mortel ! » s’exclame-t-il.

N’en déplaise à ceux qui croient lui montrer le chemin et ceux qui lui ont même étalé avec preuves à l’appui qu’il a des liens avec une mafia corse, Ladji affirme qu’il suit son chemin, après tout.

« J’ai mon cap, personne ne me fera dévier ! Et j’ai le bonheur de compter sur l’estime de mes amis, dont certains (que je ne citerai pour ne pas gêner) dès le lendemain ce à quoi vous faites allusion me l’ont dit avec la plus vive amitié, et j’en ai été vivement soulagé. Voilà pourquoi je suis à l’aise. Je continue mon vol. »

Il faut noter dès mercredi, jour où il est reçu en grande pompe à l’Elysée, le site français Médiapart qui avait publié des conversations qu’IBK a eues avec Tomi, écrivait «  que même intouchable par le fait de jouir d’une immunité internationale, IBK, le Président malien est cerné par des juges anti-corruption et que son nom s’est retrouvé dans plusieurs rapports d’enquêtes de la Police de Paris. A cela, IBK fulmine, « ça continue d’ailleurs ! ». « On a même essayé de saboter cette visite à Paris, mais, se réjouit-t-il, Peine perdue ! »

Et spécifiquement, comblé sur la chaleur de cet accueil et les honneurs rendus à lui et son pays, le Président Keïta interroge : «  Qui au Mali, digne de la qualité de malien, n’est pas fier de ce qui a été réservé au Mali ? »  A François Hollande, « je vous le dis, cher ami François, j’en suis le récipiendaire, mais c’est bien mon pays que vous avez fait l’honneur, qui est rare ici en France dans la hiérarchie du protocole d’Etat. C’est au Mali que vous avez fait cet honneur. Votre ami IBK de manière incidente… »

Et conclut-il : « Je souffre qu’on n’aime pas IBK, je ne souffre pas qu’on n’aime pas le Mali… »

CONFERENCE DES DONATEURS SUR LE MALI : Assortir les aides financières d’une exigence de résultats

 Boundi OUOBA – Le Pays (Burkina Faso) du 23 au 25-10-2015

Après avoir été reçu en grandes pompes sur le perron de l’Elysée, le 21 octobre dernier,  le président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a pris part, hier, à la conférence des donateurs, impulsée par Paris, afin de relancer l’économie malienne. Au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) où a eu lieu ladite conférence, on notait la présence, aux côtés d’IBK, des représentants des groupes signataires de l’accord de paix du 20 juin 2015 signé à Bamako.

Par ce signe, les acteurs de la crise malienne veulent prouver aux partenaires techniques et financiers qu’ils sont disposés à aller vers la paix et qu’ils attendent d’eux tout le soutien qu’il faut pour reconstruire leur pays en ruines depuis l’invasion des djihadistes. Et pour un coup réussi, c’en est un. Car, peu avant l’ouverture de la conférence des donateurs, le président français, François Hollande, a craché au bassinet en annonçant le décaissement de 360 millions d’euros d’aide sous forme de prêts et de dons, au pays de Soundjata Keita.

Cette manne s’ajoutera aux quelque 300 millions d’euros que Paris avait déboursés pour la période 2013-2015. Et ce n’est pas tout. De nombreux autres investisseurs et partenaires internationaux ont manifesté leur volonté de soutenir le Mali. Pourvu que tout cela ne soit pas un simple effet d’annonce, car, deux ans après la conférence de Bruxelles, en 2013, marquée par l’engagement des bailleurs de fonds, les besoins du Mali, notamment dans la partie Nord du pays, restent  énormes : infrastructures à reconstruire, écoles à réhabiliter, centres de santé à rééquiper, alimentation électrique à rétablir, sécurisation des routes, la liste des urgences est longue.

Pourquoi alors ce statu quo ? De deux choses l’une. Soit les promesses faites n’ont jamais été suivies d’effets, soit les fonds alloués pour la reconstruction du pays ont été détournés par une minorité qui roule carrosse, tandis que le peuple croupit dans la misère totale.

Il faut en finir avec l’incurie politique

C’est pourquoi la communauté internationale doit se montrer plus regardante dans la gestion des fonds investis au Mali où la mal gouvernance le dispute à la corruption. Car, quand dans un pays, un Boeing  présidentiel peut s’acheter à coup de milliards de F CFA sans aucune traçabilité, quand dans un pays tout se fait par copinage et par affinités, il y a lieu de savoir raison garder en assortissant les aides financières d’une exigence de résultats, et ce pour plus de transparence.

Dans le cas contraire, le Mali deviendrait un tonneau des Danaïdes, qui s’adonne à des dépenses prodigieuses au fur et à mesure qu’on lui donne de l’argent. Pour un pays comme le Mali où tout est prioritaire, certaines dépenses ressemblent plus à un luxe qu’à une nécessité. Il faut donc en finir avec cette incurie politique pour aller vers la reconstruction du pays, surtout au Nord, en passe de devenir une région déshéritée. Peut-être, à la décharge de Bamako, était-ce parce que les conditions de l’exercice de son autorité dans cette zone sous contrôle des groupes  armés, ne sont pas réunies.

Car, en dépit de sa bonne foi, Bamako aurait du mal à entreprendre quoi que ce soit à Kidal que la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a mis sous coupe réglée. La preuve en a été donnée le 19 octobre dernier, où le ministre de l’Education nationale qui devrait présider une cérémonie de la rentrée des classes, a été déclaré personna non grata par la CMA.

Toute chose qui n’est pas de nature à calmer les esprits et qui est susceptible de remettre le feu aux poudres. Car comme le disait bien l’ex-président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, « la paix n’est pas un vain mot, c’est un comportement ».

Et ce comportement, certains protagonistes maliens ne l’ont pas.

 

Mali: à Paris, le président IBK plaide pour la reconstruction du pays

Par RFI Publié le 22-10-2015 Modifié le 22-10-2015 à 17:00

Deuxième et dernière journée en France pour le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Il se rend ce jeudi après-midi au mémorial de Douaumont, près de Verdun, où reposent plusieurs milliers de soldats maliens mobilisés auprès des troupes françaises lors de la Première Guerre mondiale. Mais avant ce déplacement, le président malien était ce matin à Paris aux côtés de son homologue François Hollande. Il a participé à une conférence internationale pour la relance et le développement du Mali. Ce jeudi matin, le président IBK s’est offert un long plaidoyer pour la reconstruction du Mali au point d’ailleurs, pour l’anecdote, d’être prié amicalement de raccourcir son intervention. Ibrahim Boubacar Keïta a insisté en particulier sur la nécessité de poursuivre l’effort politique, qui a abouti à la signature de l’accord de paix en juin dernier, par un effort aujourd’hui économique.

Une paix qui n’est pas sous-tendue par des mesures de développement n’est pas digne de ce nom, a-t-il expliqué : « La paix n’a pas de sens s’il n’y a pas de développement dans la paix. Quelle ne serait pas cette paix-là qui ne ferait pas l’eau potable de nos enfants ? Qui n’ouvrirait pas d’écoles à nos enfants ? Qui ne ferait pas que Kidal soit une capitale à l’instar de toutes les capitales aujourd’hui avec un aérodrome, avec une aérogare, digne du XXIe siècle et digne du Mali ? Et quelle serait également cette singulière paix qui n’assurerait pas désormais une liaison régulière et rapide entre les différentes régions du Mali, entre le Sud et le Nord, entre Kidal, Gao et Tombouctou ? »

La France promet 360 millions d’euros d’aide

« Notre chance aujourd’hui est unique, a insisté le président IBK, ne la perdons pas ». Ibrahim Boubacar Keïta a donné également des gages financiers. Il s’est tourné directement ce matin vers son ministre des Finances, qui était dans la salle, pour lui demander de trouver toutes les contributions nécessaires pour alimenter le fonds de développement durable que le pays s’est engagé à créer.

François Hollande a rappelé de son côté que la France resterait en « première ligne » aux côtés du Mali, avec l’octroi de 360 millions d’euros dont 80 pour le Nord, sous forme de prêts et de dons.

« Nous voulons intervenir sur tout le territoire », a souligné le président français qui a cité plusieurs projets : la santé à Mopti, l’éducation à Gao, le développement rural à Ségou ou encore le développement local à Kidal. L’accompagnement économique est fondamental a aussi rappelé le président français, sinon, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Lamamra exhorte la communauté internationale à prendre « rapidement » en charge le développement du Mali

Algérie Presse Service du Jeudi, 22 Octobre 2015 15:54

PARIS – Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a indiqué jeudi à Paris que la paix au Mali « demeure fragile et ne saurait être solidement installée si les aspects économiques et de développement ne sont pas rapidement et systématiquement pris en charge ».

« Cependant, il faut se rendre à l’évidence que cette paix demeure fragile et ne saurait être solidement installée si les aspects économiques et de développement, qui sont indispensables pour le succès de l’oeuvre de paix et de réconciliation dans son ensemble, ne sont pas rapidement et systématiquement pris en charge », a averti M. Lamamra, lors de son intervention inaugurale à la conférence pour le développement du Mali.

Le ministre, qui a co-présidé la séance matinale, a précisé, dans ce sens, que l’Accord pour la paix et la réconciliation « exhorte les partenaires du Mali à accorder la priorité requise aux besoins des régions du Nord du Mali et à l’importance que revêt leur stabilisation rapide pour la paix et la sécurité régionales ».

La conférence, un « témoignage supplémentaire »

Il s’est réjouit que les travaux, avec pour thème « Les régions du Nord au coeur de la consolidation de la paix et de la relance économique », s’inscrivent dans ce cadre et visent à renforcer la mobilisation internationale pour la sortie de crise du Mali, notamment, à travers la mise en place d’un Fonds destiné au financement de la Stratégie spécifique de développement durable pour le Nord », relevant sa satisfaction que la Mission d’évaluation conjointe au Nord du Mali, « se soit employée à la réactualisation des données disponibles depuis 2013, après avoir identifié les besoins des populations du Nord qu’elle quantifie actuellement avant de soumettre les résultats de ses travaux à un processus de validation incluant les populations concernées ».

Pour le ministre, la tenue de cette conférence constitue un « témoignage supplémentaire » de l’intérêt soutenu de la communauté internationale à la stabilité du Mali et à sa partie septentrionale « perturbée par des problèmes structurels dans une conjoncture régionale compliquée par la prolifération de réseaux de criminalité transnationale organisée et de groupes terroristes fanatisés, avec des liens avérés, qui ont fait de la bande sahélienne un théâtre d’opérations privilégié ».

Il a rappelé aux participants que c’était devant l’urgence de la situation, à la demande du président de la République du Mali et avec l’assentiment des mouvements concernés, que « l’Algérie s’est engagée, en 2014, dans la conduite d’une médiation transparente et inclusive, encadrée par des principes directeurs intransgressibles consacrés par la Constitution du pays », soulignant que « c’est cette persévérance de paix qui a abouti à l’Accord issu du Processus d’Alger que toutes les parties maliennes et la Communauté internationale ont soutenu ».

Le MAE a souligné l’urgence que « les conditions socio-économiques dans lesquelles évoluent les populations des régions du Nord connaissent rapidement une amélioration perceptible et que soit mise en £uvre la réinsertion des membres des mouvements politico-militaires bénéficiaires des opérations de démobilisation, de cantonnement et de désarmement, comme il faut organiser, avec diligence, le retour des populations réfugiées et déplacées dans leurs localités d’origine et dans la vie sociale et économique locale ».

Les populations du Nord Mali fondent beaucoup d’espoirs

« Dans cette perspective, a-t-il dit, des efforts soutenus doivent porter sur l’accès à l’eau potable, à des réseaux d’assainissement fonctionnels, à l’électricité et aux télécommunications ainsi que sur la réouverture des unités de santé, des services sociaux de base et des écoles comme sur la disponibilité des médicaments, des vaccins et des denrées alimentaires ».

Affirmant que les régions du Nord du Mali disposent « d’atouts importants » pour leur développement, il a recommandé que il serait « judicieux » d’adapter « notre approche au développement au rythme d’évolution de ces régions et d’éviter l’enlisement dans une approche par petits projets éparpillés qui ne répondraient qu’à des besoins ponctuels ».

Cette approche « qui ne peut être que pragmatique et graduelle », a-t-il expliqué, « gagnerait à être diligente pour donner à ces populations éprouvées l’assurance que l’engagement de la communauté internationale à aider le gouvernement malien à travailler à la mise en oeuvre scrupuleuse de l’Accord, dans sa lettre et son esprit, ne sera pas un vain mot ».

En conclusion, le ministre a indiqué que les populations des régions du nord du Mali, en particulier et le peuple malien dans son ensemble, « fondent beaucoup d’espoirs sur les temps forts, comme celui-ci, de la solidarité de la communauté internationale pour accompagner leur propre sursaut collectif afin de pouvoir sortir de la précarité  sécuritaire et de la détresse économique qui sont leur lot ».

« L’inclusivité institutionnelle et la bonne gouvernance, la sécurité et la stabilité, la relance de l’économie et l’amorce du développement devraient pouvoir mettre progressivement tout le peuple malien à l’abri de la peur et à l’abri du besoin. Le voisinage proche et lointain, la Communauté internationale dans son ensemble y gagneront », a-t-il dit.

 Reconstruction : Hollande annonce une aide de 235 milliards de FCFA pour le Mali

L’Indicateur du Renouveau – 22 octobre 2015

François Hollande a annoncé mercredi le déblocage par la France d’une nouvelle aide pour le Mali de 360 millions d’euros pour la période 2015-2017, dont 80 millions destinés au nord du pays.

Le président français l’a fait savoir lors d’une conférence de presse à l’Elysée aux côtés de son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta, en visite d’Etat en France.

Une partie de l’aide sera constituée de dons et une autre sera versée sous forme de prêts bonifiés, à taux préférentiel, a précisé l’entourage du président français.

“C’est dire si nous sommes conscients de ce qu’il convient de faire pour appuyer le développement économique, lorsqu’il est particulièrement dynamique, et c’est déjà le cas dans une bonne partie du Mali”, a souligné François Hollande.

Durant les deux années qui ont suivi l’intervention militaire française contre les islamistes au Mali, qui a débuté en janvier 2013, la France a engagé 300 millions d’euros, a précisé le président.

 Coopération Mali-France : Le défi de l’efficacité de l’aide au développement

Jean-Louis Le Touzet – Libération du 22 octobre 2015

IBK, presque plébiscité en 2013 contre la promesse d’un changement dans un pays alors profondément en crise, a fini de décevoir ses concitoyens qui ont vite déchanté en apprenant les graves scandales financiers de son magistère.  En effet, de son investiture à maintenant, on assiste à la dilapidation des ressources de l’Etat. Achat d’avion de commandement, contrat d’armement, connexion avec un parrain de la mafia, sanctions des bailleurs de fonds notamment le Fmi, infestation du pouvoir par la famille, rénovation de résidence privée, surfacturations, scandale de l’engrais frelaté, affaire de 1000 tracteurs, tout y passe. En deux ans de pouvoir IBK, le Mali est ainsi devenu le pays des malversations, des surfacturations, des scandales financiers… François Hollande a promis hier,  jeudi 22 octobres 2015, 360 millions d’euros d’aide au Mali lors de la visite du président malien IBK à Paris. Notre confrère Libération se pose des questions sur la destination  de cette aide française, car, ajoute le journal, « au Mali, l’argent des donateurs a pris souvent, dans un passé récent, le chemin d’une tuyauterie administrative malienne qui ne donnait qu’un goutte-à-goutte confondant d’étonnement ces mêmes donateurs, aujourd’hui légèrement refroidis. » Nous vous proposons l’intégralité de l’article de Libération sur la question. Lisez !

La France aide le Mali… sans trop savoir où va l’argent

François Hollande a promis ce jeudi 360 millions d’euros d’aide au président malien IBK, en visite à Paris.

Que retenir des allocutions des présidents Keïta et Hollande en ouverture ce jeudi matin, à Paris, sous l’égide de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), de la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali ? Que les convulsions qui ont tordu le Mali depuis 2013 seraient derrière nous. C’est en substance la teneur des propos présidentiels. Les deux hommes se sont donnés du «François» et du «Ibrahim», affichant une grande proximité. Hollande, répondant à un discours d’IBK qui, comme le Niger sort de son lit lors de l’hivernage, est sorti lui aussi de son texte en laissant le verbe, qu’il a riche, déborder.

IBK en chef militaire

Il fut question de reconstruction du Nord, du soutien appuyé d’Alger aux accords de paix de juin dernier, de 360 millions d’euros d’aides de la part de la France jusqu’en 2017 – dont 80 pour les régions du Nord –, de nouvelles politiques publiques, de lois sur le blanchiment de l’argent sale et aussi d’une mise en garde d’IBK envers «quiconque viendrait remettre en cause les accords de paix». Ibrahim Boubacar Keïta s’est voulu martial et a endossé son uniforme de chef militaire. La salle a alors acquiescé d’un air grave.

Reste qu’avec une armée nationale humiliée en 2013 et mise en déroute l’an dernier à Kidal, comment pourrait-elle faire respecter ces mêmes accords ?

Hollande, après avoir chaudement remercié à son tour Alger et le «président Bouteflika» pour son rôle actif dans la conclusion de ces accords, a toutefois modéré l’enthousiasme de son «cher Ibrahim» «Si la pauvreté continue, alors les mêmes causes provoqueront les mêmes effets. C’est pourquoi nous voulons intensifier les politiques de développement.»

Où va l’argent ?

Une source sur place faisait quand même la moue : « Il faudra être encore plus attentifs que nous l’avons été aux décaissements des sommes et vérifier si elles ont bel et bien été dirigées vers ces programmes.»

Et c’est là justement que le bât blesse. Car si IBK a évoqué «de nouvelles lois sur l’évaporation fiscale», l’argent des donateurs a pris souvent, dans un passé récent, le chemin d’une tuyauterie administrative malienne qui ne donnait qu’un goutte-à-goutte confondant d’étonnement ces mêmes donateurs, aujourd’hui légèrement refroidis.

Cela écrit, il convient de ne pas se laisser totalement emporter par les échanges cordiaux entre les deux hommes. Hollande s’est montré brillamment ironique, parlant «de brièveté» à propos d’un discours interminable d’IBK et lui rappelant, avec cette morsure câline qui est sa marque de fabrique : «Si demain, il y a un Mali démocratique et qui relève les défis, alors vous pourrez être fier de vous.»

Histoire de rappeler que Paris sera extrêmement attentif au pognon décaissé et aussi, de manière subliminale, que l’opposition malienne n’avait pas été consultée lors des accords. Cette dernière pointe d’ailleurs IBK sur sa gestion, disons assez personnelle, des deniers de l’Etat.

Visite d’État du président Ibrahim Boubacar Keita à Paris : solennité et émotion à l’arc de triomphe

D.Djiré – L’Essor du 22 octobre 2015.

Costume bleu marine, cravate assortie sur une chemise blanche, le président de la République Ibrahim Boubacar Keita respirait la forme, hier matin, en recevant les honneurs militaires de la République française sur un des sites les plus emblématiques de la ville de Paris : l’Arc de triomphe. Ce monument n’avait reçu la visite d’un chef d’État étranger depuis 12 ans, depuis en fait la dernière visite de la reine d’Angleterre à Paris.

Protocole impeccable, séance photos, rituel des grands jours suivi d’une montée des marches recouvertes d’un tapis rouge. Le long des Champs Élysées totalement dégagés et pavoisés de drapeaux maliens et français, la centaine de cavaliers de la garde républicaine jalonnant de l’itinéraire présidentiel, témoignait de la solennité de l’évènement du jour.

Fièrement dressé sur la place de l’Étoile, à l’extrémité de l’Avenue des Champs-Élysées, l’Arc de triomphe est l’un des plus grands monuments au monde. Sa construction date de 1806, à la demande de Napoléon, pour célébrer la victoire de l’empereur à Austerlitz. Il a été réalisé par les architectes Chalgrin, Joust et Blouet. Les sculptures sont signées Cortot, Rude, Etex, Pradier et Lemaire. Sous l’Arc se trouve la tombe du soldat inconnu, dont la flamme est ravivée tous les soirs à 18h30.

Au sommet du monument, le visiteur profite d’une vue panoramique de Paris, de jour comme de nuit, et de deux tables d’orientation. Un musée retraçant l’histoire de l’Arc de triomphe est situé à l’intérieur de l’édifice.

La visite officielle du monument, dans l’organisation protocolaire française, est seulement réservée aux visites d’État.

C’est donc à 11h15, heure locale, que le cortège du président Ibrahim Boubacar Keita fit son entrée à l’intérieur du monument. Le président Keita traversera la haie d’honneur formée par les gardes républicains, sabre au clair, avant d’être accueilli sur le perron du monument par le chef d’État major de l’Élysée. Le chef de l’État recevra ainsi les honneurs militaires, accompagné de l’hymne national joué à la perfection sous l’œil des caméras et photographes.

Le président Keita déposera alors une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative, observera une minute de recueillement, avant de lire la Fatiha à la mémoire des martyrs de la Guerre de libération de la France.

Avant de signer le livre d’or, le président de la République fera le tour du monument pour s’incliner sur les tombes des anciens combattants qui reposent sous cet arc de triomphe. A la fin de la cérémonie, le cortège présidentiel longera les Champs Élysées, accompagné d’une forte escorte de 28 motos et 130 chevaux qui l’encadrera jusqu’au Sénat français.

A son arrivé au palais du Luxembourg, situé dans le 6è arrondissement de Paris, Ibrahim Boubacar Keita a été accueilli par le président de la chambre haute, Gérard Larcher. Les deux personnalités s’entretiendront sur la situation de notre pays, le développement de la coopération bilatérale entre le Mali et la France, ainsi que l’accompagnement de la France au processus de paix et de réconciliation. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

De Bamako à Paris: Dernière chance pour un funambule

HABI SANKORE – Le Soft – 22 octobre 2015

Quoiqu’orgueilleuses, certains nationalistes prétendus sont obligés, par faiblesse, d’avaler leur chapeau de révolté, pour tendre la main. Elles sont dans ce schéma, assujetties aux règles dictées par ceux qui leur donnent. Cette sentence sied bien au Président Ibrahim Boubacar qui, après avoir incongrument tout tenté, s’est retrouvé dans une situation financière ne lui permettant guère de tenir tête à Paris qu’il aurait préféré bouder dans d’autres circonstances.

Après les discours, c’est un IBK bien conscient de la position stratégique que détient la France dans le dossier malien après avoir orchestré une crise de toutes pièces. Notamment, quand il s’est agi de demander des résolutions au niveau du conseil de sécurité pour le Mali, c’est Paris qui est allé devant. Quand il s’est également agi d’organiser une conférence de donateurs en main 2013 en faveur du Mali à Bruxelles, c’est Paris encore en tête.

Le concernant, avant de parvenir au pouvoir, Ibrahim Boubacar Keïta que les Maliens prenaient pour un homme à poigne, paraissait nationaliste autant que ses prédécesseurs. L’on se rappelle de sa mélancolie face au déploiement en vue des forces étrangères sur le sol malien au lendemain du putsch de mars 2012. Etait-il véritablement sincère ? Rien n’est moins sûr, car 24 mois après son accession au pouvoir, IBK dont le discours varie en fonction de l’auditoire peine à prendre ses responsabilités pour se fixer un cap assez clair.

Mais tout ceci peut bien avoir une explication : En venant aux affaires, celui qui est élu pour sortir son pays de la crise avait déjà des atouts qu’il a préféré délaisser pour se « frayer le chemin », selon sa propre expression. Non seulement il trouvait toute la communauté internationale (à commencer par la diplomatie sous régionale) autour du dossier Mali, mais aussi, la transition qui venait de lui laisser la place était parvenue à  un accord qui permit de tenir des élections et de déployer l’armée malienne dans des zones septentrionales du pays autrefois.

En outre, une conférence de donateurs tenue à Bruxelles en 2013 avait permis à la transition de léguer au régime qui venait de s’installer une pluie d’argent à s’en servir pour remettre le pays sur les rails. Il faut dire qu’à ce stade, les indicateurs laissaient les Maliens sentir le cauchemar s’estomper en attendant la finalisation du processus par les nouvelles autorités. Et avec pour missions, réconcilier les Maliens, ramener la paix définitive et orienter le pays vers un développement harmonieux.

Fier de son plébiscite ( ?), tout autonome avec un pays largement assisté, le Président Keïta décide dès son installation de redresser la barre du navire Mali avec une stratégie particulière. Autrement, fermer les yeux sur le climat dans lequel il est élu pour renforcer les acquis et suivre la voie tracée par son prédécesseur, IBK décide de délocaliser le processus des pourparlers inter maliens. Une situation qui a froissé la diplomatie sous régionale qui vit en cela, un souhait d’IBK de lui retirer les mérites de bon médiateur. Dans la sous-région, certains chefs d’Etat se méfient de l’homme et modèrent leur engagement autour du dossier qui chutera, contre le gré de Paris, entre les mains algériennes.

Concernant les 3.2 milliards d’euros promis par les bailleurs de fonds, ce fut un désaveu. Les bailleurs de fonds décidèrent cependant, face aux folles dépenses orchestrées par le régime, de financer directement des projets à travers le pays. Pour les partenaires, le mode de Gouvernance instauré par le régime ne leur offre aucune garantie pour virer des fonds colossaux dans les caisses de l’Etat malien.

Assailli par l’option adoptée des partenaires, le Président Keïta a plus d’une fois tenté de résister. En prélude, il met la France en cause pour avoir refusé le redéploiement avant dialogue d’importantes unités de l’Armée à Kidal. Les lendemains ne lui seront pas faciles avec des révélations que des médias français feront sur ses relations occultes avec une mafia corse. En plus, après son refus de retourner à Ouagadougou, sur le plan diplomatie, c’est le ministre français des Affaires étrangères qui l’accusera de n’avoir « rien fait pour ramener la paix dans le nord du Mali ». Entre Bamako et Paris, les relations tournent à la méfiance. Pis, lorsque Moussa Mara effectuait sa visite risquée à Kidal, c’est avec un « oui » probablement acquis de Paris qui voyait en l’initiative, la volonté malienne de récupérer la région sans engager des pourparlers tel que prévus dans l’accord préliminaire.

A la signature de l’accord d’Alger à Bamako, Paris n’a daigné envoyer ni son ministre des affaires étrangères ni celui de la Défense. C’est une secrétaire d’Etat qui représentera Paris.

Cinq mois après la signature de l’accord d’Alger, Paris qui ne veut pas froisser Alger, n’accorde manifestement pas grand crédit à leur document. A l’épreuve, Bamako est en mal de mettre son accord en œuvre, pour faute de moyens. Il s’agit en clair d’un accord qui prévoit d’importants projets de développement du nord du Mali avec du début à la fin, des reformes intentionnelles et administratives à entreprendre. Chose qui  rend Bamako nécessiteux et oblige son homme fort à oublier ses grands discours de révolutionnaire tenus durant les 24 derniers mois.

Au terme, c’est un IBK presque désavoué à Bamako qui se retrouve à Paris. L’occasion sera aussi pour lui,  de tendre une énième fois, la main à Paris et à ses amis européens, américains et asiatiques.

Mais, une chose est claire : Paris qui ne veut pas d’une autre crise au Mali, tente de donner une énième fois, un coup de pouce au Président malien. L’occasion lui permettre de se rapprocher de Paris après une longue période de mini crise. Ce sera également la dernière chance pour IBK, dont le mythe du personnage s’effondre de jour en jour

 

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