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L’après « visite d’Etat » : réactions

by sur 24 octobre 2015

Dernière mise à jour dimanche 25 octobre à 05h40

Réactions, commentaires, inquiétudes,  enthousiasmes, attente prudente ou optimisme, exigences aussi, il y a de tout après la visite d’Etat du président malien à Paris.

Les leçons de Paris

Adam Thiam – Le Républicain du 23 octobre 2015

Si seule la vérité historique a droit de cité, il est important que les Maliens ne s’étripent pas sur les concepts de visite officielle, visite d’Etat ou visite d’amitié. Ibk est le président du Mali, c’est en cette qualité qu’il s’est rendu en France, c’est en cette qualité qu’il y a reçu les honneurs que nous avons vécus.

A travers lui, chacun d’entre nous doit se sentir honoré car c’est le Mali qui a été mis sur le podium. La visite parisienne du président ne doit donc être ni dévaluée ni exaltée plus que de raison.

Il ne faut pas la dévaluer car elle intervient dans un contexte que nous savions tendu entre notre pays et la France à propos de la gestion de la crise du Nord. Un accord  est signé, sur le terrain les mouvements s’embrassent, l’Etat ne peut toujours pas unilatéralement se déployer à Kidal. Mais pour Hollande, le Mali est un des symboles de ses rares réussites. Et c’est pourquoi le bémol est nécessaire pour le triomphalisme à tout va : la France ne peut pas tuer le symbole.

Hollande et Keita ne pouvaient donc que tourner une page d’autant plus désolante qu’elle était totalement surréaliste. C’était cela la portée et l’enjeu de sagesse de la visite parisienne. Elle a des implications pour Ibk, une fois retourné au pays. C’est d’abord celle d’accélérer la reconstruction et le développement du Nord  même si  nous sommes loin de l’approche Marshall requise pour que Gao, Tombouctou, Kidal s’émancipent mais que Mopti, leur principal partenaire ne s’effondre pas. Il s’agira ensuite de s’assurer de l’usage le plus intègre et le plus rationnel de ressources nationales d’un des pays les plus pauvres de la planète.

Enfin, la performance publique et la qualité de vie : parce que les maquillages et la propagande ont l’espérance vie du beurre au soleil et parce que les frustrations dues à l’exclusion sont des prémices de violence.

 En un mot : Paris annonce un grand remaniement

Dramane Aliou Koné (DAK) – L’Indicateur du Renouveau du 23 octobre 2015

La visite d’IBK en France va sans nul doute marquer un tournant décisif dans son quinquennat. Il faut espérer qu’elle tournera la page de la crise au nord, tout au moins qu’elle marquera la fin de la belligérance des mouvements armés. Il faut espérer la fin de la gouvernance qui a jusque-là prévalu dans la conduite du pays. C’est justement pour cela qu’un remaniement ministériel est annoncé tout juste après le retour de la délégation présidentielle à Bamako.

Si certains parlent d’un simple élargissement de l’équipe pour faire de la place aux deux principaux mouvements, la Coordination des mouvements de l’Azawad et la Plateforme des mouvements d’autodéfense (la liste de cette dernière a été déposée depuis plusieurs semaines avec le nom de son porte-parole Me HarounaToureh), d’autres évoquent un grand chamboulement. Cela correspondrait à la volonté du Premier ministre qui voudrait se séparer de 7 à 8 ministres pour incompétence pour certains et mauvaise gestion pour d’autres.

En tout cas, l’heure du changement a sonné et elle ne fera pas le bonheur de tout le monde.

France : Le Mali à l’honneur

Ousmane THIÉNY KONATÉ –  © maliactu.net – 23 octobre 2015

IBK-Hollande3

Le Président IBK accueilli à l’Elysée par son homologue français François HOLLANDE

Le Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar KEITA, vient d’effectuer une visite d’Etat de trois jours en France, sur invitation de François HOLLANDE. Jamais dans l’histoire du Mali moderne un chef d’Etat n’aura été chaleureusement accueilli à Paris, avec tous les honneurs rendus par les plus hautes institutions de la République française. Il n’y a pas de doute, les relations franco-maliennes se sont nettement améliorées depuis l’intervention française le 11 janvier 2012.

Il appartient maintenant aux autorités maliennes de tirer profit de cette embellie.

En effet, c’est à la faveur de l’opération Serval qui a bouté hors du territoire national les terroristes, qui en avaient occupé les deux-tiers, que les relations franco-maliennes se sont réchauffées. Pendant les premiers mois de l’intervention française, la majorité des Maliens ne juraient que par François HOLLANDE.

En témoigne la visite du Président français à Bamako où une foule immense scandait le nom de celui qui était alors considéré comme le sauveur. Car l’offensive terroriste lancée sur Konan ne pouvait être arrêtée par des forces armées maliennes alors affaiblies et sous-équipées. Bamako était à portée de canon.

Cette sympathie pour la France et son Président va petit à petit évoluer quand les Maliens, à tort ou à raison, soupçonneront la France de privilégier les rebelles de Kidal. En effet, on s’attendait à ce que Serval entre dans la ville rebelle pour réaliser ainsi l’intégrité du territoire après la proclamation de la république fantomatique de l’Azaouad.

Or non seulement Serval épargnera Kidal mais il empêchera les forces maliennes d’y pénétrer au grand dam de tous les Maliens. Un grand froid s’installera qui se renforcera lorsque les forces françaises seront soupçonnées d’avoir servi de couverture au MNLA et ses alliés terroristes lors de l’attaque malienne du 21 mai 2014. On vit alors des manifestations anti-françaises dans tout le Mali car les Maliens avaient le sentiment d’avoir été trahis par ceux-là mêmes qu’ils avaient porté dans leurs cœurs il y avait peu de temps.

Le grand public ne saura jamais ce qui s’est passé réellement passé à Kidal, ce 21 mai 2014. Cependant, il faut reconnaître que ces événements ont poussé les deux parties à la négociation, de longues et dures négociations qui aboutirent à la signature de la paix, le 20 juin 2015, une paix qui reste à bâtir. Il y avait peu de chance que le Mali gagne la guerre contre les terroristes. De toutes les façons la guerre n’aurait résolu le conflit qu’en partie car on ne serait pas à l’abri d’une énième rébellion dans les années à venir.

La présente visite d’Etat d’IBK en France est de nature à sceller la réconciliation entre le Mali et la France. Beaucoup de nos compatriotes se réjouissent de l’honneur qui a été fait à notre pays ces trois derniers jours. En plus, ce ne fut pas une simple visite d’Etat car la France accorde à notre pays 360 millions d’Euro, soit plus de 2000 milliards de FCFA pour relancer notre économie qui sera en croissance de 5% en 2015.

De cet argent, 80 millions d’euro seront consacrés au nord, de quoi satisfaire une partie des revendications des rebelles. Il faut espérer qu’on saura tirer les leçons du passé et que cette somme ne sera pas remise directement aux groupes armés et aux chefs de tribus du nord. 3 autres milliards d’euro ont été promis à notre pays par les partenaires financiers, ce qui constitue une manne financière inespérée.

Soyons lucides.

L’intérêt que la France porte à notre pays est fondé sur une géostratégie bien pensée et sur des retombées économiques certains. Le Mali est essentiel dans la stabilisation de la sous-région. Les récentes attaques terroristes contre le Burkina Faso et contre le sud du Mali montrent combien la menace est réelle pour toute l’Afrique de l’ouest, donc contre les intérêts politiques et économiques de la France.

Les ressources minières inestimables du Mali sont un atout majeur dans l’intérêt que porte la France à notre pays. Il n’est un secret pour personne que le nord de notre pays regorge d’uranium et de pétrole essentiels à l’économie française. Comme l’a dit Charles De Gaulle : «La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ».

L’amitié des pays est fondée sur des intérêts. Les grandes puissances vivent aux dépens des petites nations dont elles pillent les ressources. Il appartient au Mali de tirer des avantages de cette nouvelle amitié avec la France. Comme le disent les économistes, il faut que ce soit un partenariat « gagnant-gagnant », ce qui ne signifie pas à parts égales. IBK devra veiller à ce que notre peuple ne soit pas oublié, un peuple dont l’attente est grande depuis 1960, une attente jamais satisfaite.

Visite d’IBK à Paris : pourquoi l’armée française et l’ONU ne sont pas près de quitter le Mali

Par Atlasinfo – 23-10-2015

Philippe Hugon est directeur de recherche à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), en charge de l’Afrique. Professeur émérite, agrégé de Sciences économiques à l’université Paris X, il est notamment l’auteur de Les Suds dans la crise (Armand Colin, 2009)

François Hollande reçu par le Président malien. Crédit Reuters

Le Président malien effectue depuis mercredi 21 octobre une visite d’état de deux jours en France. L’enjeu : accélérer la reconstruction du Mali et la sécurisation du nord du pays. Un objectif très loin d’être atteint.

Atlantico : Alors que le Président malien effectue une visite à Paris et quatre mois après la signature d’accords de paix, quelle est la situation au nord du Mali ?

Philippe Hugon : La crise n’a pas été totalement réglée puisqu’il il y a encore des groupes djihadistes comme Ansar Eddine ou liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Ces groupes sont capables de commettre des opérations suicides et des attentats terroristes non seulement dans le Nord mais aussi dans le reste du Mali. La zone sahélienne n’est donc à l’évidence pas complètement sécurisée. Ceci étant dit, il y a quand même eu des avancées, même s’il reste des divisions importantes au sein des mouvements touaregs.

De manière sous-jacente, on trouve toujours deux des problématiques essentielles du conflit : tout d’abord la question de la hiérarchie au sein de la société touarègue entre les castes nobles et les non-nobles, et la question du contrôle des trafics divers. 

PH : Aujourd’hui la revendication de l’indépendance de l’Azawad – qui n’avait aucune légitimité historique – n’a plus vraiment cours. Cependant, le problème latent au Mali depuis la création de son Etat reste toujours d’actualité : la question de l’autonomie relative de la zone du Nord, habitée non seulement par des Touaregs, mais également par des Peulhs, des Songhays ou encore des Arabes. Cet état de fait délégitime l’idée même d’une autonomie touarègue.

Qui sont les responsables de l’absence de règlement du conflit ?

Le premier responsable c’est la situation socio-économique observable dans tout le Sahel : le terreau du terrorisme n’a pas été éradiqué. Ce terreau c’est cette jeunesse sans emploi, la vulnérabilité écologique de cet espace, l’absence de contrôle territorial, ou encore l’existence de trafics pour le contrôle desquels des milices se battent.

S’il faut désigner des responsabilités personnelles, on peut citer par exemple le Touareg Iyad ag Ghali, chef du groupe islamiste Ansar Eddine, encore assez puissant pour nuire à l’amélioration de la situation.

Quelle est la raison de la visite du Président malien en France ?

Il y a actuellement une négociation sur l’aide que peut apporter la communauté internationale au Mali. La France a fortement soutenu l’Etat malien dans cette crise et est encore présente par la force Barkhane. La situation de cette région concerne donc l’influence française au premier plan.

Quel est donc l’avenir des forces internationales de la MINUSMA (ONU) et françaises de Barkhane sur le sol malien, elles qui ont déjà connu de lourdes pertes depuis leur arrivée ?

La MINUSMA est là pour longtemps, malgré ces pertes régulières. Tout comme pour l’opération française Barkhane présente au Mali, on peut prévoir qu’elles seront présentes pour encore de nombreuses années dans la région.

La France devra également rester de longues années. Si elle n’avait pas été là, cela aurait été une catastrophe. Cependant on sait très bien que la bataille contre le terrorisme ne pourra jamais être gagnée.

L’Afghanistan n’a jamais été pacifié, le Sahel risque de ne pas l’être non plus. La bataille ne pourra être gagnée que le jour où il y aura un contrôle territorial sur la région, où les trafics seront remplacés par une économie légale, où les jeunes auront des perspectives d’emploi, où les questions environnementales de désertification seront réglés etc.

La bataille ne pourra donc être gagnée que le jour où il y aura une reprise du tissu économique et social. Mais on en est loin…

LA CMA DEMANDE LA MISE EN PLACE D’UN MÉCANISME DE GESTION DES FONDS

Studio Tamani – Vendredi 23 octobre 2015 15:07

Les pays et les organisations internationales, partenaires, du Mali ont annoncé des aides pour le développement du pays. La CMA a apprécié ces appuis. Mais elle demande «la mise en place d’un mécanisme de contrôle pour la bonne gestion de ces fonds ». C’était au cours de la visite d’Etat du président IBK en France.

Pour la fin de sa visite, le président IBK a rendu hommage à ses compatriotes tombés en France. Il s’est rendu avec le secrétaire d’État aux anciens combattants, à Douaumont dans l’est du pays où il s’est incliné devant les soldats maliens tombés lors de la Première Guerre mondiale.

La cérémonie s’est déroulée sous une pluie fine et un ciel brumeux. Après avoir passé en revue les troupes, le président malien s’est recueilli sur la tombe d’un compatriote enterré au cimetière chrétien, puis a rendu hommage à 51 autres Maliens enterrés au carré musulman.

 » C’est le courage et la bravoure que nous saluons, ce sont les fils de la civilisation « , a déclaré le président au cours d’une allocution, en évoquant le sort des Maliens morts durant la Grande Guerre. 80.000 Maliens ont été mobilisés dans les rangs de l’armée française dans les deux conflits mondiaux du vingtième siècle.
Parmi eux se trouvait l’arrière grand-père d’IBK qui n’a jamais été retrouvé. Le président a ensuite rallumé la flamme de l’Ossuaire de Douaumont, qui abrite les ossements de 130.000 hommes non identifiés tombés à Verdun.

C’est l’heure du bilan de la visite notamment sur le plan de l’aide au développement et des échanges lors du sommet de l’OCDE. La plateforme estime que le bilan de la visite d’Etat d’IBK en France est « positif ». Selon elle, il faut maintenant commencer l’application de l’accord de paix pour que les populations aient confiance en tout ce qui a été dit.

Mohamed Ould Mettaly, député de Bourem membre de la Plateforme est joint au téléphone par Mouhamadou Touré. « Le bilan est très positif et prometteur, parce que beaucoup de pays amis et des banques se sont prononcés. Il s’agit maintenant d’aller à une application directe de l’accord et beaucoup de programmes vont démarrer. Il faut harmoniser tout ça pour qu’ensembles on voit qu’il y a un changement sur le terrain, concernant tout ce qui a été dit avant. Donc on n’est plus au temps des négociations, on n’est plus au temps d’attente.

« Aujourd’hui il faut commencer pour que les populations aient confiance en tout ce qui a été dit et ça je crois que le plus tôt est le mieux. Nos inquiétudes ont été prises en compte par beaucoup des intervenants. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, tout le monde sait que, quand on fait la paix il faut rassurer la population et la seule façon de rassurer les bénéficiaires, c’est une intervention rapide. Dans des situations pareilles, il faut être très optimiste, mais avant toute chose il faut d’abord commencer ».

La CMA aussi est satisfaite des annonces faites par les partenaires pour aider le Mali. Toutefois la Coordination demande « la mise en place d’un mécanisme de contrôle pour la bonne gestion de ces fonds ». Almou Ag Mohamed est un des porte-parole de la CMA. Il est joint au téléphone par Intalla Ag Billal. « Cette table ronde des bailleurs de fonds est prévue dans l’accord, car dans l’accord il est prévu de mettre en place un fonds spécial de développement durable des régions du nord. Mais une chose est de recevoir ces fonds, l’autre chose pour nous, en tout cas au niveau de la Coordination des Mouvements de l’Azawad, est de les utiliser à bon escient.

« Parce que pour nous il s’agit de fonds destinés exclusivement pour le développement des régions du nord. Et aujourd’hui, il va falloir mettre en place un mécanisme de contrôle d’utilisation à bon escient de ces fonds. Ces questions doivent être logées au niveau du fonds intégré du développement durable des régions du nord et qui doit être sous la supervision, à notre entendement, du président de l’assemblée inter-régionale comme prévu dans l’accord ».

Plus de quarante pays et quinze organisations internationales ont pris part au sommet de l’OCDE et la plupart de ces participants ont promis d’appuyer le Mali dans la mise en œuvre de l’accord de paix. Étienne Fakaba Sissoko professeur d’économie qui participait à la réunion espère que les annonces ne seront pas à l’image de celles de Bruxelles.

Il était l’invité de notre émission « grand dialogue », hier. « Aujourd’hui plus de quarante quatre pays et quinze organisations dont la banque mondiale, la BAD, la BID et toutes les autres institutions qui accompagnent le Mali. La majeure partie de ces pays ont fait des annonces.

« Entre-autre, il y a l’Arabie Saoudite, qui a annoncé 107 millions d’euros dont 90 millions de prêts sur deux ans. Il y a le Japon qui a aussi annoncé 19 millions d’euros et la Suisse également avec 45 millions d’euros. Mais l’ensemble de ces manifestations vont en priorité aux régions du nord.

« Le gouvernement du Mali s’est engagé lui aussi à décaisser 150 milliards dans le cadre de la mise en place de ce qu’ils appellent l’agence de développement des régions du nord. Donc économiquement on peut dire que les annonces ont tenu, maintenant il reste à savoir est-ce-que ça ne va pas être à l’image de Bruxelles, où ça va être des annonces vaines ».

Par ailleurs, dans une interview accordée à RFI, le chef de la Minusma est revenu sur la situation scolaire à Kidal. Mongi Hamdi a annoncé « l’organisation très prochaine d’une fête pour célébrer la rentrée de l’école à Kidal en compagnie de membres du gouvernement et d’autres représentants de la communauté internationale ». Il explique que ‘‘le système d’éducation appartient au gouvernement malien et affirme l’aider à participer à cet événement pour célébrer le retour des enfants à l’école ».

Ibrahim Boubacar KEITA et les médias français: de l’acharnement au chantage

Par Sambi TOURÉ – Info-Matin – 24-10-2015    

Comme sur un air de déjà vu, les médias français, abreuvés à certaines officines, viscéralement hermétiques et allergiques à tout progrès et succès de notre peuple, dans le processus de redressement post-crise, ont remis ça.

Saisissant l’occasion de la visite d’État du président de notre pays en France, une presse, foncièrement anti-malienne, telle en mission commandée des forces revanchardes (Médiapark, Libération en attendant Le Monde) a choisi de déverser encore sa bile sur notre pays, sur son président, hôte de leur pays. Dans une partition, bien connue, remise au goût du jour, ces Médias français ne voient le renouveau du Mali qu’à travers leurs lunettes, disons à travers une prophétie dantesque complaisamment reprise, comme un « bilan décevant » d’un président IBK « cerné par les juges anticorruption en France » dont le crime à leur goût est d’être « le symbole écorné de la politique africaine de Hollande ».

Suivant le même casting qu’à la suite de la signature, en mai dernier, de l’accord pour la paix et la réconciliation, les mêmes médias ont entrepris, dans leurs colonnes, à travers une provocation coutumière, de saboter et torpiller la visite d’État du président de notre pays. Quoi de neuf ? Rien ! On fait du réchauffé avec Tomi Michel, on fait tabula-rasa de tous les efforts accomplis et tous les résultats engrangés (notamment derniers développements sur le processus de paix), on tente piteusement de noircir le tableau.

Si le président IBK était « cerné par les juges anticorruption en France », si le « symbole de la politique africaine de Hollande » était si écorné que ça, le bilan d’IBK si « décevant » que ça, comment et pourquoi la France, dans sa rigueur et dans sa vertu, a déballé le tapis rouge au président de notre pays à l’occasion d’une visite d’État, « la plus prestigieuse réception » que la France accorde à un chef d’État étranger ? Ne serait-ce pas cet honneur insigne (et ses retombées diplomatiques), accordé à notre pays, à travers le président IBK, qui est dans le viseur, et pose problème à ces médias et à leurs commanditaires ?

En effet, il ne peut relever du simple hasard pour ces médias que de revenir sur des dénonciations improductives, à la limite de la versatilité, sur les rapports entre le président IBK et Michel Tomi, au moment où notre pays réunit, à Paris, en marge de la visite d’État de notre président, une conférence d’appel de fonds pour le développement de nos régions du nord, durement affectées par trois ans de crise. L’acharnement connu tend à virer au chantage. Plaise à Dieu que la grande famille de la presse française n’ait pas à gérer une autre affaire de chantage sur un dirigeant étranger.

Et pour cause ! Les trois articles, loin d’apporter des éléments tangibles sur le dossier de Tomi, ne font que ressasser les mêmes invectives, les mêmes supputations sur les relations connues entre le président IBK et le Français, Tomi Michel.

Médiapart et Libération n’ont-ils pas d’autres chats à fouetter que d’ergoter sur des affaires que le Mali et ses partenaires ont longtemps tourné la page. Pourquoi ces médias n’ont-ils jamais évoqué par exemple le marché de gré à gré de plusieurs milliards de francs passé (dans quelles conditions) entre la Mission onusienne au Mali et une entreprise française ? Mais voilà, comme on le dit en France : vérité à l’intérieur des Pyrénées, erreur au-delà.

Au pays de la « Diatiguiya », chez nous ici au Mali, « il n’y a pas de plus grand bonheur que la venue d’un hôte dans la paix et l’amitié ». Au pays de la liberté et des droits de l’homme, en France, l’hôte n’est pas roi, mais il a droit à des égards, au respect pour ce qu’il représente. Le temps de l’inquisition est longtemps révolu en France !

Mais, pour ces médias français, notre peuple ne mérite pas de répit, notre pays n’a droit au respect et surtout d’aligner de résultats ; nos dirigeants ne peuvent être que salis et mis au bûcher. Leur crime ? Vouloir gérer au mieux les intérêts de leur peuple et s’affranchir de toute tutelle.

Le président IBK fait partie de cette liste noire de dirigeants africains estampillés « intransigeant(s) » et « ingérable(s) ». Le sachant sans aucune concession sur son intégrité, mission est donnée à ces médias de ternir son image en le faisant passer comme un mafieux qui s’acoquine et trinque avec les mafieux.

Les Maliens connaissent désormais la chanson servie par les mêmes chaque fois que quelque chose de bon arrive à leur pays. Ce disque est raillé suffisamment.

 

 

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