Skip to content

IBK à Paris : diaspora et « gaou »

by sur 28 octobre 2015

Retour sur la visite d’IBK à Paris : les réactions de la diaspora malienne en France et d’autres à Bamako.

Rencontre IBK-diaspora malienne à Paris : le bal de l’insouciance et de la petitesse

Boubacar SOW – boubacarsow@hotmail.fr – Le Reporter du 28 octobre 2015

IBK n’a pu déroger à la tradition instaurée par le président Alpha O. Konaré, suivie par la suite par ATT. IBK a reçu malgré lui la communauté malienne de France samedi 24 octobre 2015 à l’hôtel Westin de Paris.

En lieu et place d’une véritable convivialité, ce fut une occasion manquée pour IBK d’expliquer les raisons de sa mollesse dans le redressement du Mali.

Le choix du lieu

Alpha O. Konaré avait osé venir à Montreuil en son temps plus précisément à Rue Bara rencontrer la communauté malienne de France. Rue bara fut remplie en son temps. ATT avait osé venir rencontrer les Maliens de France au palais des Congrès de Montreuil dans la salle aux  3000 places. Elle fut remplie. IBK, en dépit de la manière royale de son élection, a rencontré les Maliens de France dans une salle de 400 places.

Sur les 400 places, 120 étaient au moins occupées par des officiels. Les  90% restants de la salle étaient constitués des associatifs et autres membres de la mouvance présidentielle. Plus de 200 Maliens au moins qui ont fait le déplacement n’ont pu accéder à la salle. Pour ceux qui y ont eu accès, point de toilettes. Les plus fragiles sortaient pour leurs besoins naturels dans les WC des bars-tabacs environnants. Trois bus avaient été affrétés par la mouvance présidentielle pour transporter les Maliens. Comment peut-on appeler les gens qu’on dit respecter et les laisser à la marge ? Bonjour le respect.

Pour se défendre, les organisateurs ont affirmé que ce sont les Français qui ont tout organisé. Quel culot ? La visite d’Etat d’IBK était terminée depuis le jeudi 22 octobre 2015. La mouvance présidentielle avait peur d’une très grande salle afin qu’elle ne reste pas vide. Ils ont donc fait le choix de louer une petite salle, de faire une large publicité de l’événement jusqu’à l’ORTM.

Conséquence, IBK a vu sa salle pleine de 400 personnes et croit désormais que localement la mobilisation est réelle. Il n’est pas interdit de rêver, mais, est important de garder les pieds sur terre.

Sur les intervenants

Cinq personnes ont intervenu. Il s’agit d’inféodés qui sont avec tous les pouvoirs. Ils ne méritent pas d’être cités. Imposteurs en grand. Jamais dans notre vie, nous avons assisté à un pareil bal des courtisans. De  l’ambassadeur au dernier intervenant, tous ont dit la même chose. IBK fut glorifié à l’extrême. Il aurait juste manqué à nos braves gars de dire qu’IBK est leur Dieu créateur. C’est la seule chose qui leur manquait. Pour combien de temps encore ? Dans l’assistance, il y avait quelques rares cadres du RPM historiques sinon la plupart sont des transfuges. Anciens ennemis jurés d’IBK en France même, ils sont aujourd’hui en première loge. Adieu la dignité.

Lors de la rencontre, IBK a tiré sur tout ce qui bouge. Traitant les uns d’apatrides, les autres d’égoïstes. Les Maliens lambda n’ont pas eu droit à la parole comme il est de coutume en France. Ils devaient écouter, entendre, se taire et applaudir.

Sur les diplômes d’IBK

Contrairement à ce qu’IBK a dit, nous n’avons jamais dit, je n’ai jamais écrit qu’il n’avait pas de diplômes. Nous avons décrit les conditions laborieuses dans lesquelles IBK a obtenu ses diplômes. Nous signons, insistons et persistons qu’IBK a mis 13 ans après son bac pour décrocher l’équivalent de la maîtrise et 14 ans pour son DEA.

Nous reproduisons la carrière d’IBK du bac à la dernière année d’études universitaires en y mettant les dates. IBK sait très bien d’où viennent ces renseignements incontestables.

Voici en détail la vie universitaire d’IBK : Baccalauréat : Option « Philo-Lettres Classiques » 1965, Diplôme d’Études, équivalent de la Maîtrise. Option « Politique Internationale » Paris I PANTHEON-SORBONNE Département des Sciences Politiques -1978- Mention Bien- Directeur : Pr. Marcel MERLE.  Diplôme d’Études Approfondies

Option  » Histoire des Relations Internationales Contemporaines  » Paris I PANTHEON-SORBONNE- Institut d’Histoire des Relations Internationales Contemporaines (IHRIC)  1979- Mention Bien. Directeur : Pr. Jean Baptiste DUROSELLE.

Direction de recherche : Hélène Carrère D’ENCAUSSE et Michel LESAGE. Sous la direction des professeurs LESAGE et Carrère D’ENCAUSSE : travaux de recherche sur  » Les relations soviéto-maliennes de 1960 à 1968 « .

Des remarques s’imposent : premièrement, en France, pratiquement dans toutes les classes où il y a présentation de mémoire ou de thèse, tous les étudiants admis ont mention bien. Les plus brillants ont mention très bien ou plus. Deuxièmement, IBK a juste été chargé de T.D  à Paris I Panthéon-Sorbonne. Il faut comprendre que c’est le professeur qui recrute son chargé de T.D obligatoirement vacataire pour une période déterminée. C’est Hélène Carrère D’ENCAUSSE qui avait choisi IBK. Même aujourd’hui, des considérations autres qu’académiques peuvent guider ces recrutements obligatoirement temporaires.

Nul ne nous dira qu’un DEA obtenu après 14 ans d’études vaut quelque chose. Nous avons tous été à la même Sorbonne. Un peu de modestie Mandé Massa. Troisièmement, IBK a 2 diplômes : sa maîtrise et son DEA. Tous les enseignants cités et leur matière créent de la confusion, de l’équivoque. C’est tout le contenu de l’enseignement qui est exposé. Par exemple, quand on réussit son DEF, on a fait des cours d’anglais, de bio, de maths, de physique, de chimie, qu’on peut détailler. Mais, on a juste  le DEF.

Sur le projet d’ouverture d’autres consulats généraux    

Nous insistons, persistons et signons encore. Le consulat général  actuel suffit. Il est même en sureffectif. Avec des individus, comme Djibril Traoré, le journaliste sportif, qui ne foutent rien. Un service de protocole avec 8 agents. Mieux, des dignes Maliens ont demandé à être désignés consuls honoraires en provinces. Leurs dossiers, une vingtaine, sont en souffrance.

Les cadres du Haut conseil des Maliens de France, notamment son président, les cadres des partis politiques qui sont de la mouvance présidentielle en France militent pour ces ouvertures de consulats généraux parce que c’est le moyen le plus sûr pour eux d’être agents de bureau tout en restant en France ou de placer leurs rejetons. Leur liste est connue. Nous ne doutons pas qu’IBK accède à leurs revendications applaudies de concert. Après tout, IBK a déjà créé une délégation permanente du Mali à l’Unesco, aujourd’hui summum des emplois louches pour amis et alliés d’Oumar Keita, sous-ambassadeur.

IBK a dit qu’il sait des choses mais qu’il se tait. Nous disons aussi que nous connaissons des choses. La seule chose qui vaille est l’édification du Mali dans la droiture. Nul mais absolument nul ne nous fera taire.

Un certain Diallo a voulu parler, poser des questions. Il a été littéralement ramassé par IBK. C’est dans ce hurlement à hue et à dia que la rencontre s’est terminée. Un officiel très bien inspiré m’a alors dit : «Sow, ton président a pété les plombs.»

Un Gaou à Paris

B.S. Diarra- La Sentinelle du 26 Octobre 2015

Que nenni ! Le président malien n’est guère ce péquenaud chanté par le groupe musical ivoirien « Magic System » ! Par contre, le contexte géopolitique à l’origine de sa visite d’Etat et surtout les retombées pour le pays d’accueil indiquent clairement que le grand gagnant de cette randonnée présumée historique n’est pas forcément le visiteur. Au contraire, l’hôte a beaucoup plus de raisons de se réjouir.

Tout semble désormais oublié, pardonné, ou en tous cas, mis en veilleuse : affaires Tomi Michel, de l’avion présidentiel ; du FMI, de l’engrais présumé « frelaté », des 1000 tracteurs… Et mieux : à l’issue de cette visite véritablement historique, le président malien se réconcilie non seulement avec cette France qui lui cherchait noise, mais aussi avec les Fonds monétaire international qui se montre subitement magnanime et conciliateur.

En marge de la donation de la France, soit 360 millions d’euros d’aide avec, à la clef, la cessation des hostilités au Nord et réunification définitive du pays, le président malien a toutes les raisons de se réjouir. A l’issue de cette visite aux mille et une retombées, il a désormais l’opportunité de se racheter auprès de ses concitoyens après deux années gouvernance chaotiques et de porter l’estocade à l’opposition dans la perspective des prochaines joutes présidentielles. Et pour cause.

L’on se souvient que la seule mission à lui confiée par ses électeurs reste sans conteste la gestion définitive de la crise du Nord et par conséquent, la réunification du pays. Il est donc évident qu’en réussissant cette opération et en amorçant un véritable décollage économique, il prend une sérieuse option dans la perspective du prochain scrutin présidentiel. Toute chose de nature à réduire les chances des candidats d’une opposition qui, visiblement, éprouvent du mal à comprendre la volte-face de l’Elysée face un chef d’Etat qu’il donnait portant impression de honnir dans un passé très récent.

En clair, vu sous ces différents prismes, la visite d’Etat en question s’avère une réussite, loin de celle effectuée en Chine et… Enfin !

Et pourtant !

A l’instar de l’opposition malienne, nombreux s’interrogent à propos de ce changement de cap de Paris vis-à-vis d’un homme que ses services s’appliquaient pourtant à outrager dans un si proche passé. L’affaire des écoutes téléphoniques l’atteste. Les raisons ? Elles sont nombreuses et surtout, beaucoup plus importantes que ne le sont les retombées de la visite d’Etat pour IBK et pour son pays.

D’abord les socialistes français manqueraient cruellement d’« ambassadeur » dans cette partie du continent pleine d’avenir. Le départ musclé de Blaise Compaoré (Burkina) a quelque peu bouleversé les augures. Le Sénégalais Macky Sall et l’ivoirien Alassane Ouattara sont d’obédience américaine ; Le Niger s’enlise toujours un peu plus dans la crise ; Alpha Condé ne semble pas inspirer confiance… Bref, le président malien s’avère visiblement le moindre mal, non seulement au regard de la présence très visible de la France et son implication très profonde dans la crise sécuritaire. Et après tout, le président malien est socialiste et Français, deux atouts majeurs.

Ces facteurs ne suffisent évidemment eux seuls pour passer l’éponge sur toutes les maladresses du Malien. Il en faut, en effet mieux. La France, on le sait, est aujourd’hui en crise et Hollande craint pour sa réélection. A quelques encablures de la fin de son mandat, les chiffres ne le donnent malheureusement guère favori.

On estime que le chômage n’a pas baissé en France depuis maintenant 7 ans (source : le Figaro). Quant à la dette publique, elle prend l’ascenseur : « au premier trimestre 2015, la dette publique a augmenté de 51,6 Milliards d’euros pour atteindre 2.089,4 Milliards d’euros (soit 97,5 % du PIB)… Depuis la prise de mandat de François Hollande, elle a grimpé de 262,7 Milliards d’euros soit 14,4%, résultat d’une croissance atone et d’un déficit public répété (4,0% du PIB pour 2014 contrairement au 3,0% demandé par le traité de Maastricht) obligeant l’Etat français à se financer sur les marches obligataires »… Et « à un rythme de 100 milliards de dette additionnelle, la tension sur les taux pourrait être endogène et le surcoût de financement s’appliquer à l’ensemble de la dette française. La France devient de moins en moins crédible dans ses négociations financières sur la scène Européenne » (source : le Monde).

 

Et pour Gérard Filoche, une figure de la gauche du Parti socialiste, invité de France Info le vendredi 25 septembre dernier, « la suppression de 132.000 fonctionnaires est sur la table des négociations sociales »… Bref, ce n’est pas la période des vaches grasses pour la France à l’heure actuelle. Non plus la fin du monde selon les économistes qui préconisent de réagir vite en vue de contrôler le dérapage. Et c’est là qu’interviennent le Président malien et son pays. Le premier aidera à préserver l’influence dans la sous-région et le second ouvrira ses marchés et surtout, l’accès de ses ressources minières que l’on sait très importantes.

A l’issue de la rencontre avec l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et de la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, de nombreuses décisions ont en effet été prises. Mais, même si les résultats ne seront visibles que dans les six mois à venir, l’on retiendra d’ores et déjà que plus d’une trentaine d’opérateurs français sont déjà arrivés à Bamako en vue de postuler pour les différents marchés, dont l’appel d’offres sera lancé dès cette semaine.

En clair, le Mali d’IBK est bien susceptible d’aider la France à sortir de la mauvaise passe dans laquelle elle se trouve, nonobstant les discours politiques minimisant la part des Etats africains dans la consolidation de l’ancienne métropole. Et les retombées de la visite du Président Malien semblent être seulement une goutte d’eau dans cet océan d’avantages que Paris est susceptible d’en tirer, aussi bien sur le plan géopolitique qu’économique. Mais bien entendu, le visiteur Malien lui, n’a encore d’yeux que pour son acquis. Mais tout indique que Monsieur Hollande se frotte les mains au même moment. Comme pour dire qu’on est toujours le « Gaou » de l’autre.

 

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :