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Gros coup de vent ou tempête annoncée ?

by sur 1 novembre 2015

En s’en prenant nommément à un membre de l’opposition au retour d’une visite d’Etat présentée comme très réussie, IBK ne s’attendait certainement pas à cette tempête.

Alors, tempête dans un verre d’eau ou première passe d’armes sérieuses d’une opposition rassemblée hier au CCIB pour dénoncer l’attitude du pouvoir ?

Il faut dire que le communiqué gouvernemental en a rajouté un peu, mettant davantage d’huile sur le feu que d’eau pour calmer l’incendie…

L’ensemble des réactions ci-dessous.

Face à la presse ce samedi : « L’opposition réaffirme toute sa détermination à combattre les prédateurs »

01/11/2015   

20125-10-31 Opposition

Au cours d’une conférence de presse qu’ils ont tenue au centre international de conférence de Bamako ce samedi matin, les chefs des partis politiques de l’opposition malienne, ont exprimé toute leur indignation face aux propos du Président IBK à Paris comme à Bamako, suivis du dernier communiqué du Gouvernement.

Avec l’honorable Soumaïla Cissé en tête, l’opposition qui tient le président de la République et le Gouvernement pour responsables de la détérioration du climat politique dans ces derniers temps, se veut aussi déterminée à combattre les acteurs de la corruption qu’elle appelle « prédateurs », dont les actes, de scandale en scandale, ont défrayé la chronique depuis deux ans au bord du Niger.

Tout d’abord, c’est sur la visite d’Etat qu’a effectuée le Président IBK à Paris que l’honorable Soumaïla Cissé introduit, dans une salle du CICB pleine comme un œuf.

Pour ceux qui voient en cette visite un engagement de la France à accompagner le Mali vers une sortie de crise, tout en honorant le pays, la visite tant vanté « a été malheureusement ternie par les propos du président de la république Ibrahim Boubacar Keita qui s’est livré à une attaque personnelle, de façon gratuite, malencontreuse et injurieuse à l’encontre de M. Tiébilé Dramé, président du PARENA, parti politique membre de l’opposition démocratique et républicaine », introduit l’honorable Cissé.

« Dans un communiqué insipide, rappelle l’opposition, le Gouvernement de Monsieur Modibo Keita a continué à alimenter les invectives et proférer des menaces sur les libertés démocratiques, conduisant ainsi l’opinion nationale dans une polémique stérile et inopportune», ce, avant de condamner fermement le comportement du Président de la république et de son Gouvernement.

Et parce qu’elle considère les agissements du Président et son Gouvernement comme étant de manœuvres tendant à bâillonner la liberté d’expression, l’opposition se veut légaliste et fait recours à la loi fondamentale malienne en vigueur : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

« Il y a deux conquêtes auxquels les Maliens tiennent beaucoup : la conquête de notre souveraineté et la liberté de parole, où on a refusé l’unanimisme, commente Modibo Sidibé des Fares avant d’ajouter, qu’il faut défendre la liberté de parole. Ce n’est pas la première fois qu’il y a eu des menaces de la part de majorité, mais ni les injures, ni les menaces et les diffamations ne feront taire l’opposition. Le conseil que nous donnons à la majorité, c’est de mieux s’organiser pour répondre à l’opposition.».

C’est pourquoi l’opposition républicaine et démocratique refuse de se laisser distraire et continue d’exiger du gouvernement que la lumière soit faite sur tous les scandales qui caractérisent le régime en place. En même temps, l’opposition se dit « reste convaincue que la vie publique, dans son ensemble, doit être marquée du sceau de la morale et de la transparence. » A cet effet, elle ne veut rien lâcher comme on le dit si bien au bord de La Seine: ‘’le Président de la république et son Gouvernement se sont énervés parce que l’opposition dénonce les détournements à la pelle, les surfacturations, les scandales et le pillage des ressources publiques. ’’Ndlr.

En conséquence, « l’opposition réaffirme sa détermination, toute sa détermination, à combattre les prédateurs et à défendre les libertés, toutes les libertés des Maliens au nombre desquelles la liberté d’expression et d’opinion acquise de haute lutte dans notre pays au prix de centaines de morts », a déclaré le Député Soumaïla Cissé.

Quant à Djiguiba Keïta dit PPR qui fait allusion aux circonstances qui ont poussé IBK à s’attaquer à Tiébilé, « il se trouve que, arrivé à Bamako, le Président de la République,  ivre de haine (comme il était ivre de bonheur le 20 juin)  lâche, dans une attaque gratuite, personnelle, malencontreuse et injurieuse à l’encontre de M.Tiébilé Dramé, président du PARENA ».

Dans le communiqué luminaire, l’opposition, « considère que les injures de personnalités politiques sont indignes de la fonction présidentielle ;  considère que les termes du Communiqué du Gouvernement sont inacceptables en tant qu’ils constituent une remise en cause des libertés publiques et une attaque contre l’ensemble des patriotes et des forces démocratiques de notre pays, » avant de tenir le président de la République et le Gouvernement pour responsables de la détérioration du climat politique du pays. Ainsi, l’ébullition continue au Mali.

Sabotage de la visite d’IBK en France : Des faits et gestes qui confondent Tiébilé Dramé

Oumar KONATE – Le Prétoire – 01-11-/2015 

Après avoir été mis en garde pour sa tentative de vendre le Mali au diable par le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, à son retour de France, Tiébilé Dramé a eu une réaction malencontreuse à l’endroit du Chef de l’Etat. Dans sa plaidoirie, il a traité le Président de «menteur». Ce qui est condamnable et inacceptable. Car ses faits et gestes à Paris prouvent qu’il pourrait bien être à l’origine de la tentative de sabotage de cette visite.

N’est pas Président de la République qui le veut, dit-on. Au delà de son statut de Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta est un homme intègre et suffisamment renseigné pour ne pas diffamer un citoyen lambda comme Tiébilé Dramé. Sa mise en garde contre le Président du Parena est bien fondée. Les faits et gestes de ce dernier attestent qu’il s’est rendu à Paris pour dit-on saboter cette visite aussi importante pour notre pays.

Parlant des faits, il n’est pas surprenant que Tiébilé ait tenté de mettre en mal toute la République à des fins personnelles. Mais c’est plutôt stupéfiant qu’il cherche à redorer son blason après son présumé forfait.

Faut-il le rappeler, remis en selle lors de la transition par le Président Dioncounda Traoré pour conduire les négociations avec les rebelles à Ouagadougou, Tiébilé Dramé avait le vent en poupe. Avec l’arrivée d’IBK à la tête du pays, Dramé a  été écarté du processus et la direction de la médiation a été confiée à Alger. A en croire nos sources, malgré cela, il continuait à émarger sur le budget de la présidence après le départ de Dioncounda Traoré. Ayant découvert cette tricherie, en loyaliste, IBK a ordonné de mettre fin à cela. Dès lors, il s’est toujours montré amer envers la présidence de la République, notamment le Président Keïta. Aveuglé par la haine, Dramé s’agite et ne voit que  du noir partout.

Sa dernière agitation est celle des 1000 tracteurs subventionnés par l’Etat pour révolutionner l’agriculture. Remis dans ses petits souliers par le Département du Développement rural à travers la diffusion des informations saines relatives au respect des procédures du marché public, il était perdu dans ses idées.

N’ayant plus de sujet pour nourrir sa haine, il s’est précipité ce lundi 19 octobre pour se rendre à Paris. Objectif, expliquer à l’envers l’accord pour la paix issu du processus d’Alger à la Diaspora malienne avant la rencontre de celle-ci avec IBK. Histoire de pomper nos compatriotes vivant en France. Comme si cela ne suffisait pas, Dramé serait à l’origine de la diffusion d’un tract contre le régime en place.

Dans sa tentative de démenti, il dira qu’il est  arrivé à Paris, le lundi 19 octobre pour des raisons strictement privées. «De mon arrivée au retour du président au Mali,  je n’ai pris contact avec aucune autorité française avec aucun homme politique français, de gauche comme de droite, avec aucun journaliste africain ou français, avec aucun homme politique malien (pas même les dirigeants du PARENA à Paris). Je n’ai participé à aucune réunion, à aucune concertation», affirme-t-il.

Faux, rétorquent des sources proches de la présidence. Comme le dirait notre confrère « Mao de Koulouba», qui se justifie s’accuse.  Tiébilé a eu des contacts non seulement avec les dirigeants du Parena à Paris mais aussi avec son ami, un célèbre journaliste de RFI, Boniface Vignon. La preuve, ce dernier a été le seul journaliste parmi une trentaine à vouloir mettre en mal le Président IBK lors de la conférence de presse co-animée par nos deux Chefs d’Etat.  Ce dernier est revenu sur un sujet qui ne fait plus l’actualité. Il s’agit de l’affaire dite «Tomi Michel» et l’achat de l’avion présidentiel. Le principal fonds de commerce de son ami Tiébilé Dramé.

«Si j’avais voulu saboter votre visite M. le président, je ne me serais pas limité à la diffusion d’un tract, je me serais organisé autrement», indique le président du Parena dans sa réaction. Effectivement, contre-attaquent nos sources, il a voulu s’organiser autrement. Car ses collaborateurs projetaient de faire une marche. Mais ils ont été empêchés par les autorités françaises qui ont jugé irresponsable cette démarche.

« Demandez aux Maliens de France ce qui s’est réellement passé. Demandez-leur pourquoi la rencontre n’a plus eu lieu dans un foyer à Montréal (NDLR : sans doute Montreuil) comme il avait été prévu », argumentent nos interlocuteurs.

Si l’on s’en tient à l’assertion « le plus honnête d’un politicien en quête de popularité dit que la prostituée est vierge», il serait impossible de croire à un seul mot du président du Parena, Tiébilé Dramé.

Tentative de sabotage de la visite d’Etat du président de la république en France : Les éléments qui accablent Tiebilé Dramé

Nouhoum DICKO – Le Prétoire – 01/11/2015 

            La Présence de Tiebilé Dramé à Paris au moment même où le Président de la république effectuait une visite d’Etat en France du 20 au 24 octobre 2015, la marche avortée de certains Maliens et un tract rédigé par le Parena, l’Urd, CMF Paix, Mddm, FNC sont autant d’éléments qui plaident contre le Président du Parena Tiebilé Dramé.

Un homme qui, au-delà de l’activité politique, s’est résolument engagé à inscrire toutes ses actions dans un arrière-plan de sabotage du pays, de sabotage de l’action gouvernementale, mais aussi et surtout de l’action du Président de la République.

Dans sa réaction aux propos du Président de la République, Tiebilé Dramé ne se trahit-il pas lui-même en affirmant que « si j’avais voulu saboter » votre « visite », M. le Président, je ne me serais pas limité à la diffusion d’un tract, je me serais organisé autrement ».

Pour qui connait Tiébilé Dramé, un pêcheur en eaux troubles, cette petite phrase constitue tout un aveu extrajudiciaire. Avait-il en effet besoin de se mouiller lui-même sachant bien que ses hommes de main ne manquent pas dans la diaspora malienne à Paris pour ne pas dire en Europe ?

Le ton n’a-t-il pas d’ailleurs été donné par un de ses amis journalistes de RFI lors de la conférence de presse co-animée par François Hollande et le Président de la République du Mali ? N’est-ce pas à la même période que la marche de protestation organisée par certains agitateurs maliens a été purement et simplement annulée par les autorités françaises ? Curieusement, au même moment, certains partis politiques du Mali (Parena, URD, CMF Paix, Mddm, FNC), tous de l’opposition avaient concocté un tract intitulé ‘’Le drapeau du Mali doit flotter à Kidal, D’abord !…

Depuis la signature de l’accord de paix, l’injustice et la partition du Mali sont en marche. Non à l’injustice !!!’’ Un tract qui a circulé dans le Hall de l’Hôtel Westin situé 3 Rue de Castiglone 75001 à Paris dans le 1er Arrondissement où se tenait la rencontre d’IBK avec la communauté malienne de France. Ledit tract n’a finalement été circonscrit que grâce à la vigilance des forces de sécurité françaises. Un tract qui porte la marque du Parena tant dans la forme que dans le fonds. Et pour une fois, c’est le style utilisé dans la rédaction du tract qui a trahi Tiebilé Dramé et les cadres du Parena. Autant d’éléments donc qui accablent Tiebilé Dramé malgré toutes ses dénégations.

Que prévoit l’arsenal juridique malien en la matière ? 

En apportant le démenti le plus catégorique aux déclarations faites par le Président de la République à son arrivée à Bamako, le dimanche 25 octobre 2015, et en affirmant que ‘’accuser gratuitement, mentir est susceptible du ‘’Hakè’’, punition divine sanctionnant l’injustice et le mensonge’’, Tiebilé Dramé manque du respect à la 1ère Institution du pays, notre Président de la république. Et en la matière, le droit positif malien est sans équivoque. L’auteur encourt purement et simplement des sanctions pénales.

Le Procureur Général près la Cour d’appel de Bamako peut lui flanquer non pas une procédure judicaire pour diffamation mais pour ‘’délation et dénigrement’’. L’offense au chef de l’Etat étant tombée dans la désuétude, ce sont ces deux chefs d’inculpation qui sont les mieux indiqués. En outre, retenir contre lui le grief de ‘’l’offense au chef de l’Etat’’ c’est lui donner l’occasion de faire de ce procès un tremplin.

En fin politicien, Tiebilé Dramé cherche à être inquiété judiciairement parlant. C’est pourquoi, en parlant de Dieu, de ‘’Hakè’’ il tombe résolument dans un mysticisme brodé de préceptes religieux qui n’enlèvent en rien aux reproches pertinents qui lui ont été faits par le chef de l’Etat. Est-il besoin de rappeler qu’il est libre de dire ce qu’il veut.

En effet, en démocratie, il est dans son rôle. On ne lui reproche pas de mener des activités, de parler des activités de son parti politique. Ce qu’on lui reproche, par contre, c’est un activisme débordant au sein des structures de l’Etat où il fait état de documents qui ne lui sont pas destinés. Des dénonciations qui peuvent lui coûter un procès pénal. En effet, n’importe quel procureur de la république peut engager une procédure pénale contre lui pour ‘’détention et utilisation frauduleuse de documents administratifs non destinés au public’’.

Est-il besoin de rappeler que Tiebilé Dramé ne cesse de produire des documents dont il n’est pas destinataire. On sent en effet que son parti, le Parena, a des relais dans l’administration. C’est dire donc que l’administration de l’Etat est victime de vol et de soustraction frauduleuse de ses actes par un réseau dont il est membre. Ce qui n’est pas le comportement d’un homme politique qui doit être en conformité avec les règles de la démocratie.

Visiblement, Tiebilé Dramé veut se faire passer pour une victime. Il cherche coûte que coûte à ce que la machine judiciaire se mette en branle contre lui et qu’il crie à la victimisation. Il n’est en réalité qu’un saboteur. Il fait un aveu de son comportement déloyal.

Le nombrilisme dont il fait preuve en ce qui concerne la démocratie ne peut plus continuer à prospérer. En effet, la quasi-totalité des acteurs du mouvement démocratique de 1991 sont des acteurs d’aujourd’hui. Et en la matière, les anonymes sont les plus nombreux.

Tiebilé Dramé est quelqu’un qui souffre de ne pas être. Il continue à infantiliser les Maliens en s’accrochant à des stéréotypes que lui-même crée et entretient dans son esprit. Il est évident qu’un homme politique doit innover, s’adapter au contexte politique de son pays et du monde.

Dommage que Tiebilé Dramé soit encore dans le combat aujourd’hui dépassé de l’eternel étudiant qu’il n’a cessé d’être. Ceux qui furent de ce combat avec lui sont aujourd’hui sur tous les fonts baptismaux du développement économique, social, politique et culturel de notre pays.

Menaces contre l’opposition : faut-il s’inquiéter ?

Aliou Hasseye – © maliactu.net – 30 octobre 2015 

La passe d’armes entre IBK et Tiébilé Dramé a mué en une confrontation entre le gouvernement et l’opposition. Le communiqué du gouvernement sur le sujet envenime davantage la situation et installe une certaine préoccupation exprimée par l’opposition à propos de sa liberté de critique.

Après la sortie inopportune du gouvernement dans ce qu’il convient de qualifier de clash entre IBK et Tiébilé Dramé, c’est désormais toute l’opposition qui est entrée dans la danse en dénonçant les termes utilisés par le gouvernement dans son communiqué qu’elle qualifie d’« inacceptables » et constituant « une remise en cause des libertés publiques et une attaque contre l’ensemble des patriotes et des forces démocratiques de notre pays ».

Les faits qui fondent l’inquiétude de l’opposition sont notamment les mots virulents et les mises en garde du président lors de sa rencontre avec les maliens de France. Pour ne rien arranger à la polémique, le gouvernement, par un communiqué, a ajouté de l’huile sur le feu en qualifiant ses détracteurs d « esprits mal intentionnés » et en affirmant par ailleurs se réserver « le droit de tirer toutes les conséquences des agissements qui corrodent la démocratie, la liberté d’expression…»

Il n’en fallait pas davantage pour sortir l’opposition toute entière de ses gonds. Selon son chef de file, qui s’était jusque-là retranché dans un mutisme assourdissant, les menaces du président et du gouvernement font peser un danger sur « la liberté d’expression des maliens ».

Le danger est-il réel ?

Il est certain que le président de la république qui s’était toujours voulu serein face aux critiques récurrentes de l’opposition est désormais éprouvé dans sa chair, à telle enseigne que les répliques à portée générale et impersonnelles ont cédé dernièrement à des attaques directes contre ses adversaires politiques. La virulence avec laquelle IBK a accusé puis mis en garde Tiébilé Dramé dénote de son exaspération à subir sans broncher les attaques du président du Parena.

De là à abuser de son pouvoir pour le faire taire, nous sommes sans doute encore loin d’un tel scénario qui serait catastrophique pour notre jeune démocratie qui, malgré l’épisode cauchemardesque de 2012, n’a jamais perdu ce principe fondamental qu’est la liberté d’expression.

Il est improbable que les démons du pouvoir aient raison de la lucidité des gouvernants actuels qui doivent se rappeler que c’est grâce à la pluralité des opinions qu’il ont pu constituer l’alternative plébiscitée par le peuple lors des dernières échéances électorales.

Cependant, l’inquiétude de l’opposition se justifie quelque part. Les réactions des maliens à propos de la contre-attaque violente de la majorité prouve à suffisance combien l’opinion désapprouve le fait que le gouvernement, en tant qu’institution, se mêle à cette querelle politicienne. Cette instrumentalisation du gouvernement au service d’un homme politique, au lieu d’une politique, pourrait être la porte ouverte à l’utilisation d’autres institutions pour régler les comptes à l’opposition.

L’autorité de l’Etat ne signifie pas autoritarisme

IBK est réputé être un homme à l’autorité affirmée. Cette qualité lui a valu la confiance de la majorité des maliens qui l’ont confortablement élu afin de rompre avec le laxisme de la gouvernance d’alors, cause des malheurs du Mali d’aujourd’hui. L’homme à poigne ainsi élu était chargé de lutter contre la liberté de corruption, la liberté d’abuser des prérogatives de l’Etat mais surement pas de restreindre la liberté d’expression si chèrement acquise.

Il serait une grave erreur que le président tombe dans la facilité que peut représenter l’autoritarisme. Un égarement qui ferait d’ailleurs l’affaire de l’opposition républicaine qui, malgré les innombrables insuffisances dans la gouvernance actuelle, n’arrive toujours pas à constituer une alternative viable.

Le président et son gouvernement sauront se ressaisir pour se concentrer sur l’essentiel. C’est en tout cas dans cela que repose leur salut. Les tiraillements politiciens doivent être laissés aux partis politiques qui sont dans leur rôle le plus absolu d’animer la sphère politique. Les actions du gouvernement doivent lui suffire comme arguments pour couper court aux critiques de l’opposition

Polémique IBK-TIébilé : l’opposition charge les autorités

L’Indicateur du Renouveau du 30 Octobre 2015

Dans un communiqué déposé hier à notre rédaction, l’opposition s’est prononcée sur la polémique en cours entre le président de la République et Tiébilé Dramé, président du Parena accusé par le premier d’avoir tenté de saboter son voyage d’Etat la semaine dernière en France. Elle dénonce « une remise en cause des libertés publiques et une attaque contre l’ensemble des patriotes et des forces démocratiques de notre pays ». Ci-dessus la déclaration en intégralité.

Le Président de la république du Mali a été invité à effectuer une visite d’Etat en France par le Président de la république française Monsieur François Hollande, témoignant ainsi l’engagement français dans l’accompagnement de notre pays vers la sortie de crise.

Cette visite qui a honoré notre pays a été malheureusement ternie par la sortie du président de la république Ibrahim Boubacar Keita qui s’est livré à une attaque personnelle, de façon gratuite, malencontreuse et injurieuse à l’encontre de M.Tiébilé Dramé, président du PARENA, parti politique membre de l’opposition démocratique et républicaine.

Dans un communiqué insipide, le Gouvernement de Monsieur Modibo Keita a continué à alimenter les invectives et proférer des menaces sur les libertés démocratiques, conduisant ainsi l’opinion nationale dans une polémique stérile et inopportune.

Le collectif des partis de l’opposition démocratique et républicaine :

➢ condamne fermement le comportement du Président de la république et de son Gouvernement,

➢ considère que les injures de personnalités politiques sont indignes de la fonction présidentielle,

➢ considère que les termes du Communiqué du Gouvernement sont inacceptables en tant qu’ils constituent une remise en cause des libertés publiques et une attaque contre l’ensemble des patriotes et des forces démocratiques de notre pays.

➢ tient le président de la République et le Gouvernement pour responsables de la détérioration du climat politique du pays.

En outre, l’opposition démocratique et républicaine refuse de se laisser distraire et continue d’exiger du Gouvernement :

  • de faire la lumière sur la tragédie de Mina,
  • de prendre des dispositions appropriées en vue d’organiser la solidarité nationale autour des familles endeuillées plutôt que de conduire le pays dans une polémique stérile.

L’opposition réaffirme sa détermination, toute sa détermination, a combattre les prédateurs et à défendre les libertés, toutes les libertés des Maliens au nombre desquelles la liberté d’expression et d’opinion acquise de haute lutte dans notre pays au prix de centaines de morts.

Dans cette perspective, elle organise dès samedi 31 octobre 2015 une conférence de presse et lance un appel à l’ensemble des forces patriotiques et démocratiques du Mali à se mobiliser pour la défense de la constitution.

Bamako, le 29 Octobre 2015

Pour les partis de l’Opposition

Le Chef de File de l’Opposition

Président de l’URD

Opposition : Tiébilé Dramé ravit la vedette à Soumaïla Cissé

Fombus – Le Débat du 30 Octobre 2015

De par ses sorties médiatiques, avec à la clé des critiques sans concession à l’encontre du régime d’IBK, le président du Parena Tiébilé Dramé est aujourd’hui l’opposant qui donne du fil à retordre au président IBK.

Le principe démocratique voudrait que la vie politique soit constamment animée par le parti au pouvoir et ses alliés, et ceux de l’opposition (parlementaire ou extraparlementaire). Un exercice qui donnerait plus de sens et de vivacité à la démocratie, si chacun restait dans son rôle. Malheureusement le principal parti de l’opposition, qui est l’Urd, ne semble pas pouvoir tenir cette animation démocratique, au regard de la mollesse de son chef, l’honorable Soumaïla Cissé, désigné chef de file de l’opposition.

En effet, battu à l’élection présidentielle de 2013, comme les autres candidats, Soumaïla Cissé a pris l’option d’aller à l’opposition. Un choix vite apprécié par bon nombre de Maliens. Car il le fallait pour contrebalancer le pouvoir, et les attentes des Maliens étaient énormes dans ce sens.

Mais, quelque temps plus tard, les Maliens, en tout cas les observateurs les plus avertis de la scène politique, se sont rendu compte que cette animation politique est plutôt assurée par le président du Parena, Tiébilé Dramé. Au constat, le président de l’Urd fait rarement des déclarations pour dénoncer les dérives du régime d’IBK. Excepté les traditionnelles conférences de presse et quelques communiqués distillés dans la presse. Soumaïla Cissé a tendance à se cacher derrière ses lieutenants, à l’instar de l’honorable Mody Ndiaye.

Par contre, le président du Parena est omniprésent. C’est lui qui assure cette animation de la vie politique malienne, à tel point que certains l’ont traité d’égoïste, d’apatride. Bref, le président du Parena a été traité de tous les maux d’Israël. Assurant ce rôle de sentinelle, le bélier en chef a bousculé, trimballé, et accablé IBK et son régime. En témoigne la réplique du président IBK, le dimanche dernier, pour régler ses comptes avec Tiébilé qu’il accuse d’avoir publié des tracts pour, dit-il, « saboter son voyage en France ».

À force de titiller IBK et son régime, le président du Parena, qui endosse bien le costume d’opposant, fait plus peur aujourd’hui au sommet de l’Etat que le président de l’Union pour la République et la démocratie (Urd).

Edito : nous sommes tous des “petits messieurs”

B . Daou – Le Républicain du 29 Octobre 2015

Un certain vendredi noir, 22 mars 1991, alors que les manifestants avaient cette longue journée durant, essuyé les tirs de ses forces lancées dans la rue à la recherche des « petits récalcitrants », le peuple malien croyait encore, à ce qui n’était qu’un mirage : la capacité d’écoute du chef de la Magistrature suprême, et ses qualités intrinsèques de réaliser le sursaut demandé, à la satisfaction générale.

Après de longues heures d’attentes et de vains espoirs, la déclaration attendue n’était que proportionnelle au courroux infernal du Général Moussa Traoré (Gmt), alors que tout un peuple était suspendu à ses lèvres : « je mettrai une couronne d’enfer sur vos têtes, si vous n’arrêtez pas… », disait le président Moussa Traoré aux opposants à son régime.

Les démocrates revendiquaient le pluralisme au Mali, qui n’est qu’une reconnaissance de la diversité des opinions, la conquête pour le pouvoir, alors que le président voulait tout faire à sa seule guise.

Samedi 24 Octobre, soit 24 années après, le président Ibrahim Boubacar Kéita, un produit du contexte démocratique, dit de ses opposants, et devant les Maliens de France, dans la salle de conférence de l’hôtel Westine : « ni tè politiki yé, malobaliya do ». Ces propos des présidents Ibk et de Moussa Traoré ont en commun de manquer de respect, de mépriser leurs opposants. Mais si cela pouvait se comprendre de la part de Moussa Traoré, qui n’était pas un démocrate, c’est incompréhensible de la part d’un homme qui prétend avoir mené « 50 années de combat démocratique » (Ibk à l’aéroport de Bamako Sénou).

Mépris et intolérance sont des caractéristiques de la gouvernance actuelle, et le président les a crachés à la face des Maliens à Paris et à l’aéroport de Senou. Traitant ses opposants de « Malobaliw », Ibk est allé trop loin, comme Moussa Traoré, son « grand républicain », qui était allé trop loin en promettant de descendre l’enfer sur la tête de ses manifestants.

Ibk n’a que transporté à Paris, sa bataille politique qui n’est qu’une réaction inappropriée aux demandes de clarifications des marchés douteux passés sur les tracteurs, pour mieux assujettir les masses paysannes ; d’explication des tripatouillages pour vendre la place du cinquantenaire ; ainsi que les concertations demandées par l’opposition autour de l’accord pour la paix. Cette diversité d’opinions, et cette liberté d’expression (lire article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme) usées de plein droit ont conduit à les traiter de « petits messieurs ».

L’indignation est à son comble au Mali, aujourd’hui sur cette question, le président et son gouvernement sont isolés. Et nous sommes tous des « petits messieurs », tous ceux qui se sont sentis insultés par ce malheureux propos présidentiel. Tous les Maliens et tous les démocrates à travers le monde, qui ont été choqués par cette « dérive affligeante », comme l’a si bien souligné, Souleymane Koné, vice président des Fares Ankawili, nous sommes « des petits messieurs ».

IBK le demon-crate

Par Seydou CISSE – Responsable de la Jeunesse-PARENA – Le Républicain du 29 Octobre 2015

Lors de l’élection présidentielle de 2013 le peuple du Mali voulait se choisir démocratiquement un Président démo crate et républicain. Mais en lieu et place de l’espéré c’est finalement l’inespéré qui fut au rendez-vous à travers IBK. Après tant d’années d’exercices de responsabilité publique au service de la démocratie , IBK vient de prouver une fois de plus qu’il est véritablement et définitivement un démo crate par son propos calomnieux proféré à l’endroit d’un homme d’honneur et républicain M. Tiébilé DRAME le président du PARENA.

Ne supportant pas la contradiction d’où sa peur bleue de débats contradictoires publics, pour rappel historique, IBK, PM , il a transformé ‘’LE POINT’’ l’émission phare de débats politiques de l’ère AOK en un espace de monologue à partir de son passage en celui-ci. Mieux et surtout on doit rappeler qu’IBK a tout eu au Mali par victimisation et démagogie, plébiscité par les électeurs en Août 2013. A chaque fois qu’on l’attendait par des décisions, mesures ou arguments bien élaborés par rapport aux déclarations ou dénonciations fouillées et argumentées de l’opposition, le démo crate IBK a toujours joué la carte de la victimisation sentimentale et populiste.

Le démocrate IBK, pour tant et d’ordinaire pédant, il est cependant toujours dans l’incapacité totale au double plan intellectuel et politique de répondre aux accusations gravissimes de mal gouvernance de l’opposition sans bouillie du cœur. Permanemment à cours d’arguments rationnellement élaborés, lBK et ses périphéries profèrent des injures et dénigrements de caniveau comme pirouette pour échapper au filet-critique des opposants afin d’envoyer le bateau Mali à l’iceberg, Cela ne marchera jamais avec les hommes et les femmes qui ont conséquemment choisi l’opposition politique à son régime.

Après avoir accédé au pouvoir par des moyens immondes du genre le reniement , la non reconnaissance du bien fait de l’autre, la démagogie et la victimisation , IBK est maintenant aux prises avec la réalité brutale de l’exercice du pouvoir , l’esquive, la calomnie, la démagogie sont des très légers et évanescents moyens qui ne tarderont plus à faire place au bilan politique de celui qui continue à vouloir cacher le soleil par son doigt.

Etre homme de Dieu ne se décrète pas a-t-on appris car ça se cultive par l’endurance et la persévérance dans la croyance et de tout ce qui y va comme entre autres l’élévation morale et éthique. L’homme de Dieu IBK vient de calomnier voire dénigrer M. DRAME en le traitant de « petit » pour « avoir tenté de saboter sa désormais visite d’Etat historique en France ».

Cette visite à y regarder de près laisse entrevoir une propagande pompeusement orchestrée par le régime relevant de la Grande Purge opérée dans l’Histoire par des régimes essoufflés en vue de divertir leurs peuples croupis dans le dénuement le plus total. Et il y a eu aussi de fautes diplomatiques et communicationnelles indignes de celui qui se veut l’égal du Président de la République française à savoir : l’expression du genre Mon ami HOLLANDE et la sortie indélicate de la cavalerie pour son accueil.

Sans aucune forme d’humilité ni intellectuelle ni spirituelle, le démo crate IBK s’en est pris faussement à M. Tiébilé DRAME sur la base du mensonge et du sentiment de vendetta car ce dernier est vraiment gênant pour lui. Mais à l’analyse psychanalytique de ce propos honteusement calomnieux d’IBK le grand contre M. Tiébilé DRAME, on comprend aisément que celui qu’il a traité de petit, a pu occuper un pan important de son champ psychologique par la force de ses arguments dans la dénonciation des dérives du régime actuel en République du Mali.

IBK doit fournir les preuves de son accusation grotesque à l’endroit de M. Tiébilé DRAME pour tentative de sabotage de sa visite d’Etat en France car il y va de sa crédibilité, si crédibilité il y en a encore, du démocrate IBK.

En tout cas ce propos calomnieux et honteux du démocrate IBK le grand à l’endroit de M. Tiébilé DRAME, s’il n’est pas étayé par des preuves irréfutables aussi longtemps que cela durera, il demeure la matérialisation la plus éloquente de l’une des trois fautes les plus redoutables retenues par la Charte de Kurukanfuga auxquelles tout Mandeka doit se préserver à savoir : le mensonge ou la calomnie, la paresse et le vol.

Sortie du porte-parole du gouvernement : on s’égare

Denis Koné – Les Echos du 29 octobre

Tous ceux qui ont suivi, mardi 27 octobre 2015, le journal télévisé de la chaîne nationale ORTM, ont dû se poser cette question : pourquoi le gouvernement, à travers son porte-parole tire-t-il sur la corde ?

Le mieux, c’était de se taire et de faire comme si de rien n’était. Mais, plus d’un Malien a été surpris de voir le porte-parole du gouvernement, dans un boubou blanc des grands jours, s’afficher sur le petit écran et livrer un message des plus inutiles . A l’analyse du communiqué, Choguel Kokalla Maïga se donne en spectacle, oubliant que lui, il a eu à combattre, dans les années 98-2000, celui qu’il adoube de nos jours.

« Des esprits mal intentionnés tentent par les temps qui courent de saboter les succès palpables et vérifiables des actions du gouvernement sous la conduite du président Ibrahim Boubacar Keita », annonce le communiqué de Choguel. Mais quels sont ces succès « palpables et vérifiables », serait tenté de se demander le Malien vivant au Mali ?

En deux ans de gestion du pouvoir, les Maliens auront retenu beaucoup plus de scandales financiers et économiques, vécu beaucoup plus d’injustices, qu’ils n’auraient cru avoir lorsqu’ils déposaient leurs bulletins de vote dans l’urne pour plébisciter le candidat Ibrahim Boubacar Keita.

Choguel k Maiga devrait davantage se rapprocher du peuple. Par exemple quitter le bureau douillet de son département et se rendre à Bintagougou, Saye, Maou, …. pour voir de visu le quotidien de ce bas peuple du Mali. L’insécurité reste un défi pour le pays tout comme l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, les routes…. Combien de ces différentes infrastructures ont été réalisées ?

La gouvernance au Mali doit changer et être au service du peuple, pour son bien-être. C’est le combat de tout démocrate, loin des querelles de personnes comme nous le fait voir ce communiqué, d’autres diraient à l’emporte pièces, du porte-parole du gouvernement.

IBK n’aurait-il pas su se mettre au-dessus de la mêlée ? La réponse est assurément positive, lorsque le président de la République doublé de sa qualité de chef de l’Etat s’engage dans une polémique avec un supposé opposant à lui, non pas dans un débat public télévisé, où le peuple aurait le loisir d’apprécier les points de vue de chacun, mais par de médias.

La République, dans ces conditions est inéluctablement mise à mal, où l’heure est à la reconstruction. Le débat démocratique tant réclamé par le peuple est vital pour notre pays. Nous n’avons plus besoin de débats de caniveaux.

Djiguiba Kéita, secrétaire général du Parena : « Les invectives et les doigts agités n’impressionnent personne au Parena et dans l’opposition »

Les Echos du 29 Octobre 2015 – Gabriel TIENOU/Stagiaire

Le secrétaire général du Parena Djiguiba Kéita réagit aux propos du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita. Lequel a accusé Tiébilé Dramé d’avoir voulu saboter sa visite d’Etat en France.

Que reproche le président de la République Ibrahim Boubacar Keita au président du Parena, Tiébilé Dramé ?

Djiguiba Kéita : En réalité, je ne sais pas exactement ce que le président nous reproche. Mais je me rends compte que nous l’empêchons de dormir. Singulièrement, le président du Parena doit absolument empêcher IBK de dormir. Tiébilé, en tant que responsable de l’opposition, il dénonce le régime. Il critique la gabegie dont le pays est victime. Il critique la privatisation de l’Etat par le régime d’IBK. Il fait son rôle d’opposant et il lui arrive de faire des propositions pertinentes sur la bonne gestion de notre pays. Je crois que c’est ce qu’on peut reprocher à Tiébilé Dramé. Or, de mon point de vue, il est pour le moins dans son droit en tant qu’opposant.

Le président de la République reproche à Tiébilé Dramé d’avoir voulu saboter sa visite d’Etat en France. N’est-ce pas ?

En fait, nous ne savons pas pourquoi le président IBK a paniqué en apprenant que Tiébilé était à Paris. Pour qui le connaît, en bon Maraka, Tiébilé est régulièrement à Paris, au Congo. Bref, il est régulièrement en voyage. Ce n’est pas parce qu’IBK va en France que Tiébilé va annuler une mission qu’il avait programmée d’effectuer. IBK dit que Tiébilé a travaillé à saboter sa visite.

Pourquoi ? Parce que des tracts auraient circulés, qui critiquent le régime, c’est la faute de Tiébilé qui était à Paris ? Bon Dieu ! Pourtant, IBK connaît très bien Tiébilé. Et s’il a oublié, il faut qu’il sache que c’est le même Tiébilé du mouvement démocratique, d’Amnesty international, du Cnid. C’est le même Tiébilé qu’il a connu à l’Assemblée nationale, président du Parena. Il n’a pas changé. Tiébilé reste collé aux intérêts fondamentaux du pays en tant qu’un des Bâtisseurs de la démocratie au Mali. IBK doit comprendre qu’il n’a pas contribué à la lutte démocratique de ce pays plus que Tiébilé.

Est-ce que Tiébilé n’aurait pas soulevé quelque chose de particulier à l’encontre du président IBK lors de sa visite d’Etat à Paris ?

Rien du tout ! Il se trouve que le Parena est représenté à Paris tout comme l’URD, les FARE. En somme, comme tous les partis de l’opposition. Le Mali étant un pays démocratique, quand le président va en voyage, si les partis de l’opposition ont des choses à dire, ils s’organisent pour le dire. Comme dans d’autres pays, les gens sortent avec des banderoles pour dénoncer la gabegie.

Les Maliens ont le droit de manifester leur désarroi face à la corruption dans l’achat de l’avion, des tracteurs, etc. Nous avons vécu le 26 mars 1991 pour ça. Que IBK comprenne que les Maliens de Paris, du Parena tout comme des FARE et d’autres partis de l’opposition, ont le droit de manifester contre lui.

Cela ne veut pas non plus dire qu’ils n’aiment pas leur pays. Tiébilé n’a rien fait et il n’a pas d’ailleurs peur d’IBK pour lui mentir. IBK a juste eu peur d’apprendre que Tiébilé était à Paris et il s’est mis en tête qu’il pourrait manigancer quelque chose contre lui. Et Tiébilé dans sa réponse lui dit : « Si je voulais porter ombrage à ta visite, j’aurais fait autre chose que de jeter des tracts ».

Nous avons fait et jeté des tracts contre le régime dictatorial de Moussa Traoré pour que les gens soient informés. Mais à l’ère de la démocratie, démocratie que nous avons conquise grâce à la révolution du 26 mars 1991, on n’a pas besoin de faire des tracts à Bamako, à fortiori à Paris.

À Bamako comme à Paris, quand les gens ne sont pas contents, ils font des banderoles pour dire : IBK combien à coûter ton avion ? Est-ce que c’est 7, 17 ou 21 milliards ? Ces questions Tiébilé les a posées à IBK à Koulouba. Il n’a pas besoin de se cacher à Paris pour le faire.

N’ayons pas la mémoire courte ! Les menaces d’IBK, comme Tiébilé l’a dit, les invectives et les doigts agités, ça n’impressionne personne au Parena et dans l’opposition. La démocratie que nous vivons, nous l’avons conquise de haute lutte. Et si jamais, IBK croit qu’avec les menaces nous allons nous taire, c’est peine perdue.

Il veut tenter de mettre quelqu’un en prison, la voix est libre. Tiébilé connaît les prisons du nord et cela ne peut se refaire aujourd’hui. Personne d’entre nous n’a peur d’exprimer son opinion sur le Mali.

Quelle lecture le Parena fait de cette visite d’Etat du président Ibrahim Boubacar Kéita à Paris ?

Nous n’avons pas compris tout le folklore autour de cette visite. Nous avons quand même constaté que, toute visite d’Etat que c’était, eh bien, c’est un préfet de France qui a été accueillir le président de la République du Mali à l’aéroport.

C’est comme si Hollande en visite d’Etat au Mali était reçu par le commandant de cercle ou le préfet de Koulikoro, tout au plus, par le gouverneur de Bamako. Nous avons vu la visite en Chine où on a fait sortir des centaines de millions pour que des citoyens sortent pour applaudir IBK, qui aurait amené 5.500 milliards de FCFA. Nous attendons de voir quelle suite nous donnera cette visite. Et Paris est venu après Pékin, et nous continuons d’attendre pour voir.

Un dernier commentaire, Monsieur Kéita !

Je finis par citer Tiébilé Dramé : « Les raisons de la colère du grand IBK, tout au long de sa visite en France, sont ailleurs ! Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, à sa gouvernance patrimoniale, à sa confusion entre l’État et sa famille, entre l’État et sa propriété privée. »

Réaction de monsieur Tiébilé Dramé aux propos du Président de la République

Chers amis, il ne manquait plus que ça !

Le musulman, le bon musulman, doit avoir peur du mensonge. Le musulman, le bon musulman, doit avoir peur de proférer des accusations gratuites contre son prochain. Car Allah Soub’hana watalla ne dort pas.

Je suis au regret d’opposer le démenti le plus catégorique aux déclarations faites par le président de la République à son arrivée à Bamako, le dimanche 25 octobre 2015. Dans la meilleure des hypothèses, le chef de l’État a été induit en erreur par ses informateurs. Même dans ce cas, il n’a aucune excuse. S’il avait pris le soin de vérifier ses informations, il ne se serait pas exposé au « hakè » !

Car, accuser gratuitement, mentir est susceptible du « hakè », punition divine sanctionnant l’injustice et le mensonge. Je suis, en effet, arrivé à Paris, le lundi 19 octobre pour des raisons strictement privées. De mon arrivée au retour du président au Mali, je n’ai pris contact avec aucune autorité française (vous pouvez vérifier, M. le président), avec aucun homme politique français, de gauche comme de droite, avec aucun journaliste africain ou français, avec aucun homme politique malien (pas même les dirigeants du PARENA à Paris).

Je n’ai participé à aucune réunion, à aucune concertation. Je n’ai, par conséquent, évoqué l’Accord d’Alger avec qui que ce soit, ni participé à la conception ou à la diffusion d’un quelconque tract. Si j’avais voulu  » saboter » Votre « visite » M. le président, je ne me serais pas limité à la diffusion d’un tract, je me serais organisé autrement. La vérité (Allah est témoin) est que je n’ai rien fait de tout ce que le président de la République a malencontreusement affirmé à Bamako-Sénou.

Je suis désolé et triste de constater que le président de mon pays ait pu faire des déclarations aussi légères sans se donner la peine de vérifier ses informations alors qu’il a tous les moyens de le faire. Il est utile que le président n’oublie pas que la démocratie malienne est antérieure à son accession au pouvoir, que cette démocratie résulte d’une longue lutte au cours de laquelle des sacrifices de tous ordres ont été consentis par le peuple malien, par nombre de patriotes et de démocrates : arrestations arbitraires, détentions illégales, tortures, procès-bidons, morts en détention, confinement intérieur et exil extérieur ont été le lot de beaucoup d’entre nous.

Par conséquent, les menaces d’IBK, ses invectives et ses doigts agités ne nous impressionnent guère.  » Anw taashi, a tè a shi kelen kari » comme l’a si bien écrit le poète-résistant Karamogo Mamadu Dukuré (Vzero) dans  » Jo ani nyangata » ! Les raisons de la colère du grand IBK, tout au long de SA visite en France, sont ailleurs ! Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, à sa gouvernance patrimoniale, à sa confusion entre l’État et sa famille, entre l’État et sa propriété privée.

Tiébilé DRAME

COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT

« Quand le soleil apparaît, même lorsqu’on est sous sa tente, les rayons nous parviennent », aime-t-on au Mali. En d’autres termes et pour coller à la culture malienne et universelle, la vérité finit toujours par triompher. Des esprits mal intentionnés tentent par les temps qui courent de saboter les succès palpables et vérifiables des actions du gouvernement sous la conduite du président Ibrahim Boubacar Keita.

Ils sont allés jusqu’à proférer des propos malveillants à l’adresse du président de la république. Ce qui apparaît au vu de notre culture, de notre éducation comme indigne de ceux qui ont appris à se respecter.

Ceux qui s’aventurent sur ce terrain juste pour nier les faits sont de mauvaise foi. Et cela est connu. Or, comme le disent les hommes de droit, les faits sont têtus. Un verbiage aussi soigné soit-il ne peut les effacer.

La visite d’Etat du président de la République en France du 20 au 24 octobre 2015 a été un franc succès reconnu par la communauté internationale, par la presse internationale et surtout par le peuple malien dans son immense majorité qui a réservé un accueil des plus grandioses au Président Ibrahim Boubacar Keita.

Cette visite d’Etat et la Conférence d’appel de fonds en faveur du Mali coprésidée à lOCDE par les présidents français et malien, leurs Excellences François Hollande et Ibrahim Boubacar Keita vont permettre au Mali de donner un coup d’accélérateur à son développement, à sa reconstruction et à la consolidation des acquis de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger signé le 15 Mai parachevé le 20 juin 2015. Tenter de nier ce fait c’est refuser l’évidence.

Les Maliens ne sont pas dupes et savent reconnaître le mérite. Leur servir en refrain déjà vu et déjà entendu depuis l’élection du président Ibrahim Boubacar Keita ne les détournera pas de la voie qu’ils ont choisie en le portant à leur tête pour les conduire vers un avenir meilleur.

Le gouvernement prend le peuple à témoin et se réserve le droit de tirer toutes les conséquences des agissements qui corrodent la démocratie, la liberté d’expression à laquelle il demeure profondément attaché et ramènent le débat démocratique à un niveau inacceptable qui ne reflète pas la maturité de la classe politique malienne. Les faits sont là. Ils sont têtus. On est mal fondé à vouloir à tout prix, à tout moment et en tout lieu donné des leçons de morale quand on n’est pas soi-même un exemple de vertu.

Bamako, le 27 Octobre 2015

Le gouvernement

 

 

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