Skip to content

Au forum de Dakar sur la sécurité

by sur 10 novembre 2015

Mis à jour le 13 novembre à 20h20

La suite des débats

Carnet de voyage : le débat fait rage actuellement à Dakar sur le port du voile intégral

Abdoulaye Diakité, de retour de Dakar –  MaliJet – 13-11-2015

Forum_international_de_Dakar_sur_la_paix_et_la_s__curit___en_Afrique_638453820

C’est le sujet qui occupe actuellement le devant de la scène médiatique à Dakar, au Sénégal. Le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique tenu les 9 et 10 novembre derniers a été l’élément déclencheur d’un débat qui divise la société sénégalaise d’une manière générale et la classe politique en particulier.

Avant le début du forum, les forces de sécurité sénégalaises ont mené un coup de filet dans certains milieux islamistes, accusés de vouloir commettre des attentats dans la capitale. Une version que ne partagent pas certains sénégalais notamment les opposants qui ont tenu un discours désapprobateur sur l’opération. Des critiques qui n’ont pas été du goût du chef de l’Etat. Le lundi 9 novembre 2015, lors du panel de haut niveau qu’il a animé avec les Premiers ministres du Togo, Gabon, Tchad et le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, Macky Sall s’est montré très intolérant face au port du voile intégral, et ses adversaires politiques qu’il accuse de vouloir faire de la récupération politicienne.

« Nous ne saurions accepter, chez nous, qu’on vienne nous imposer une autre forme de religion; on n’a pas connu jusque-là qu’un Islam modéré et tolérant. C’est une question de la société toute entière, ce n’est pas seulement celui des Etats. Lorsqu’on voit des formes nouvelles par exemple le port du voile intégral dans la société alors que cela ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions, ni même à notre conception de l’Islam, nous devons avoir le courage de combattre cette forme excessive de nous imposer une manière d’être », a martelé le président sénégalais avant de poursuivre en ces termes : « C’est la même logique que je pose également à d’autres modèles que l’on veut nous imposer. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas accepter que des modèles qui viennent de je ne sais d’où soient imposés en Afrique parce que simplement, les africains sont pauvres. Nous devons le refuser en tant qu’africains. Et c’est le modèle d’Islam que nous avons adopté depuis que l’Islam a pénétré en Afrique, en tout cas dans la sous-région de l’Afrique de l’Ouest».

Le président sénégalais est allé loin en indiquant qu’on ne saurait tolérer le discours de certains hommes politiques (sénégalais) qui veulent faire de la récupération politicienne autour de ce coup de filet des forces de sécurité. Macky Sall a fait savoir qu’il n’était pas question de tolérer une quelconque récupération politique de la menace terroriste. Ces propos tenus par le président Sall lors du forum ont encore suscité une indignation de la part de ses adversaires.

« Le port du voile intégral fait partie de l’islam. Dans un de ses hadiths, le prophète Mouhammad (psl) dit: ‘’la femme qui fait la sacralisation à la Mecque n’a ni le droit de porter des gants, ni le droit de porter la burqa’’. Donc cela suppose que la femme qui n’a pas fait la sacralisation doit porter le voile intégral», théorise l’imam de la grande mosquée de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), par ailleurs membre de la coordination des musulmans de Dakar.

L’imam minimise l’apport de l’interdiction du voile intégral à la lutte contre le terrorisme. «Le Tchad a interdit le port du voile intégral et les attentats continuent toujours dans ce pays», constate le religieux dans les colonnes de l’Observateur.

L’imam de l’Ucad est conforté dans cette position par le vice-président de l’ONG Jamra, qui suggère aussi une large concertation avec la classe religieuse. «Le port du voile, rappelle-t-il, est un commandement divin. Une recommandation d’Allah. Dans le livre saint, Dieu a expressément prescrit: ‘’Oh prophète, dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs grands voiles, elles en seront plus vite reconnues et elles ne seront pas offensées’’».

Du côté de la majorité présidentielle, on approuve et justifie

« Les déclarations du Président sont très à propos, puisque notre pays n’est pas à l’abri du terrorisme. Il est de son ressort, en tant que président de la République, de tirer la sonnette d’alarme, d’interpeller la classe politique et appeler à une posture plus responsable dans le sens d’une mobilisation collective pour ne pas fragiliser notre pays. C’est un thème qui ne doit pas faire l’objet de débat politicien, puisqu’il est question de notre sécurité collective », argumente le porte-parole de l’Alliance pour la république (APR), Seydou Guèye. A son avis,  le président Sall est dans son rôle et à sa place quand il appelle de façon anticipée à un comportement plus responsable et plus patriotique.

Zator Mbaye, un membre de la coalition présidentielle, a le même point de vue. « Nous soutenons le président dans sa déclaration. Nous pensons que les uns et les autres doivent faire preuve de plus de solidarité sur cette question. Nous avons entendu la déclaration très légère et très irresponsable de notre collègue Mamadou Diop Decroix qui a tenté de mettre en mal le président de la République et le mouvement islamique. Je pense que ce sont des déclarations qu’il faut condamner et réprimer de la manière la plus sévère possible », déclare le porte-parole de l’AFP.

Coordonnateur du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr), une coalition regroupant des partis de l’opposition, Mamadou Diop Decroix est à mille lieux de la vision des deux premiers. Son interprétation est tout autre. Il ne voit autre chose qu’une sortie qui ressemble à bien d’autres qui l’ont précédée. « Ce que j’ai constaté, c’est que depuis qu’il est là, son discours en direction de l’opposition n’a jamais été autre chose qu’un discours de menace et de mise en garde », regrette Decroix.

A son avis, la menace terroriste est assez problématique et devrait plutôt amener le Président à tenir un discours qui fasse partager ses préoccupations par les autres acteurs politiques, y compris l’opposition ; ‘’plutôt que de faire des discours de menace, d’exclusion, de mise en garde’’. L’ancien camarade de Landing reste formel : ‘’La menace ne sert à rien.’’ Il se permet même de lui donner un petit conseil au président Sall. ‘’À sa place, j’aurais abandonné ce type de discours qui n’est pas du tout productif, puisque ça ne peut pas amener ses adversaires à se dédire ou à avoir peur. Il faut arrêter ce type de discours et essayer d’entrevoir une autre approche’’, suggère-t-il.

Quant à Mamadou Bamba Ndiaye, il renvoie les deux parties dos à dos. Pour lui, ce n’est pas responsable d’essayer d’exploiter politiquement la question du terrorisme. Seulement, il trouve que cette pratique n’est pas l’apanage d’un camp. ‘’Les politiciens sont tous pareils. Ils exploitent les situations. Ce sont des attitudes opportunistes que nous récusons. Mais ce que nous disons est valable à la fois pour la majorité et l’opposition.’’

‘’Il ne revient pas au Président de dire à chacun l’islam qu’il doit pratiquer’’

Par ailleurs, Macky Sall a aussi exprimé son hostilité vis-à-vis du port du voile intégral. Sur cette question, les alliés reprécisent la pensée du chef de l’Etat, alors que les autres dénoncent une intervention dans la vie confessionnelle. Si l’on en croit Seydou Guèye et Zator Mbaye, le Président n’a fait que poser un débat et rappeler les fondements qui doivent guider la nation sénégalaise. ‘’Le Président ne s’est pas prononcé principalement sur un principe d’interdiction du port du voile intégral. Il a dit que nous avons un modèle d’islam modéré, tolérant.

Nous avons une tradition musulmane qui s’appuie sur des pratiques confrériques. Et donc prenons appui sur ce qui nous ressemble et ne faisons pas dans le radicalisme ou le mimétisme. C’est ça le sens de son message et non la dimension anecdotique d’un accoutrement’’, relativise le ministre, porte-parole du gouvernement. Seydou Guèye précise par ailleurs que si une interdiction doit avoir lieu, elle le sera par le biais d’une loi. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Cependant, Mamadou Diop Decroix et Mamadou Bamba Ndiaye eux sont moins positifs dans l’interprétation. Dans leur compréhension, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une violation des droits du citoyen. ‘’Il (le chef de l’Etat) ne peut pas imposer aux Sénégalais la manière dont ils doivent s’habiller. Il y a un certain nombre de mesures, quand vous les prenez, vous aggravez le problème que vous voulez résoudre. Il faut faire confiance aux Sénégalais et faire ce que l’Etat doit faire’’, préconise Decroix qui, par ailleurs, appelle à la sérénité, à la mesure et à la retenue.

De son côté, Bamba Ndiaye, ancien ministre des Affaires religieuses sous Me Abdoulaye Wade, estime que le Président est allé trop loin sur la burqa. ‘’Il ne revient pas au Président de dire à chacun l’islam qu’il doit pratiquer et le mode vestimentaire à adopter. Ce sont des domaines sacrés qu’il ne peut pas remettre en cause. Il ne doit pas outrepasser ses prérogatives de chef d’Etat’’, prévient-il. Pour lui, ce qu’on peut interdire, c’est l’usage de la violence afin d’imposer aux autres ce à quoi on croit. Sinon chacun est libre de penser comme il veut.

Le Sahel craint la contagion de l’extrémisme religieux via la Libye

Les Echos – ANNE BAUER / JOURNALISTE AÉRONAUTIQUE DÉFENSE | LE 11/11 À 17:09

La France, dont la force militaire est plus que jamais présente au Sahel et en Afrique de l’Ouest, compte sur une mobilisation accrue des Etats africains pour enclencher de réelles coopérations militaires entre eux afin de lutter contre le terrorisme.

Réunis pour la deuxième édition du Forum de Dakar sur la sécurité et la paix en Afrique, nombre de ministres, de militaires et de chercheurs africains ont fait part de leur inquiétude face à la progression de l’insécurité au Nigéria, en Afrique de l’Ouest et dans la zone du Sahel, et de leur désarroi face à la radicalisation d’une partie de la jeunesse séduite par les mouvements terroristes, notamment par Boko Haram.

Le chaos libyen et les routes qu’il a ouvert à tous les trafics (drogue, arme, êtres humains, etc…) est aussi la préoccupation numéro un des Etats voisins du Sud. Avec une crainte sourde, une descente de djihadistes de Daech, installés près de Syrte sur la côte libyenne vers le Sahel et une possible jonction avec les mouvements de Boko Haram du Nord Nigéria qui utilisent de plus en plus les pays du bassin du lac Tchad comme base de repli.

« Les forces de maintien de la paix de l’ONU sont devenues un modèle inefficace face à des groupes sans foi, ni loi et surarmé », a mis en garde le président du Sénégal Macki Sall, en ouverture du Forum, une rencontre initiée par la France et son ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, qui compte sur ce lieu de débat pour créer peu à peu une « culture de la sécurité », afin que les Africains s’emparent eux-même des enjeux de la lutte contre le terrorisme.

5.000 soldats maliens formés

Car pour l’heure, au Sahel, la France n’est pas en position de repli, bien au contraire. Plus que jamais, elle a besoin de l’appui des forces militaires nationales (Tchad, Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie,…), pour que l’opération Barkhane déployée au Sahel (environ 3000 hommes) parvienne à lutter contre l’extension du terrorisme. A Dakar, Jean-Yves Le Drian s’est montré optimiste, en listant l’ensemble des progrès accompli depuis l’intervention française au Mali il y a deux ans. Et de souligner qu’une importante cache d’armes avait été découverte il y a peu au Nord du Mali, « ce qui arrive très régulièrement mais dont on ne parle pas tous les matins ». Avec la mission de formation de l’Union Européenne au Mali, quelque 5.000 soldats maliens ont été formés.

Mais c’est surtout en mobilisant les forces locales, que les efforts de lutte contre le terrorisme pourront avoir des résultats. La mise sur pied du « G5 Sahel « (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Burkina-Faso), pour coordonner le suivi des opérations, échanger du renseignement et réunir les chefs d’Etat-major des armées avec la France est un progrès.

Boko Haram aurait fait 17.000 morts

Une grande partie des espoirs repose à présent sur la Force multinationale mixte (FMM) qui se met sur pied entre le Nigéria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin pour lutter contre Boko Haram et qui pourrait mobiliser jusqu’à 8000 hommes. « Cette force, dont nous parlions il y a un an ici à Dakar, est en train de se matérialiser », s’est félicité Jean-Yves Le Drian. En août, elle s’est dotée d’un Etat-major à N’Djamena tandis qu’un accord politique a été signé le 16 octobre dernier pour débloquer des financements de 50 millions d’euros de l’Union Européenne.

« Nous avons bon espoir de pouvoir débloquer ce financement rapidement », a promis Alain Le Roy, secrétaire général du service d’action extérieur européen. Une centaine de militaires du renseignement français est mobilisé en soutien. « Si cette force avance, et c’est l’intention du nouveau président du Nigéria, Muhammadu Buhari, qui a fait de la lutte contre Boko Haram une priorité, ce sera une étape décisive pour que les Africains prennent en compte eux-même leurs problèmes », se félicite un haut-gradé français. D’ores et déjà, Boko Haram (à qui on attribue la responsabilité de 17.000 morts et 2,5 millions de déplacés) serait en recul, selon les forces françaises. «D’un mode d’action militaire, ils sont revenus à un mode d’action terroriste», observe-t-on au ministère de la défense, « leur base territoriale se restreint, mais le combat sera long et difficile ».

300 soldats américains au Cameroun

Comme l’a souligné Jean-Yves le Drian, plus que jamais, il faut du soutien des pays en renseignement et en logistique. Tandis que la France a établi à N’Djamena un véritable centre de renseignements, les Etats-Unis viennent d’annoncer le déploiement de 300 soldats au Cameroun pour du renseignement. Une enveloppe de 300 millions de dollars vient d’être débloquée à Washington pour la lutte contre le terrorisme en Afrique et « la collaboration entre le Pentagone et Paris n’a jamais été aussi intense », confie un militaire. Très vite, les Etats-Unis devraient fournir des avions de transport, de ravitaillement en vol et des drônes pour venir en appui de la France sur le théâtre sahélien.

Dans l’immédiat, la France est confrontée à un test clé en République Centre Africaine. Pas question comme prévu de diminuer encore les forces de Sangaris (900 hommes) au vu de la recrudescence des violences. A Dakar, Jean-Yves le Drian a confirmé que la présence des troupes françaises était encore nécessaire au côté de la Minusca, la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique, le temps des élections présidentielles et législatives, dont le premier tour aura lieu le 27 décembre, après un référendum pour doter le pays d’une constitution le 13 décembre. D’ici là, le ministère de la Défense s’inquiète de la visite du pape François programmée à la fin du mois, en soulignant qu’elle soulève de nombreux risques dans une région encore en proie aux conflits religieux.

Forum international de Dakar : « aucun pays seul ne peut vaincre le terrorisme… le tout militaire ne suffit pas aussi…. »

Abdoulaye Diakité, envoyé spécial à Dakar   – Malijet – 10 novembre 2015

Les travaux de la 2e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique se sont ouverts ce lundi 9 novembre 2015 au King Fadh Palace de Dakar, au Sénégal. C’est le président de la République du Sénégal, Macky Sall, qui a ouvert le forum dans l’après-midi. Selon le numéro un sénégalais, le terrorisme a tendance à se sanctuariser en Afrique car, les cerveaux qui agissent en réseau, considèrent l’Afrique comme le ventre mou du système international. Pour Macky Sall, la nature actuelle de la menace fait que les méthodes traditionnelles de lutte sont inopérantes, en témoigne le cas malien. Il a souligné la nécessité pour le monde entier d’aider l’Afrique à lutter contre le terrorisme car, ce qui touche l’Afrique, touche aussi le monde. « La promotion de l’Etat de droit, l’éducation, la prospérité sont les moyens avec lesquels il faudra combattre le terrorisme car, il se nourrit du terreau de la pauvreté, de l’ignorance ».

Mais avant cette ouverture officielle, les travaux avaient débuté dans la matinée par le premier panel : ‘’ Les défis du terrorisme en Afrique’’. Cheick Tidiane Gadio de l’Institut panafricain des stratégies ( IPS) ; et le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur N’diaye dans leurs propos introductifs ont tous fait remarquer l’intérêt croissant que suscite le forum qualitativement et quantitativement (il accueille cette année 800 participants contre 400 attendus) et la nécessité que ses réflexions permettent aux pays africains de faire face à l’insécurité et développer la paix sur le continent.

Ce premier panel, sous la présidence du ministre de la Défense du Mali, Tiéman Hubert Coulibaly, a été animé par des personnalités de premier plan que sont : Mohammed Babagana Monguno de la sécurité nationale du Nigeria ; Masakazu Hamachi, vice-ministre parlementaire pour les Affaires étrangères du Japon ; le général Pierre de Villiers, chef d’Etat-major des armées françaises ; Elissa Slotkin, assistante à la sécurité au département de la Défense des Etats-Unis ; et Mongi Hamdi, chef de la Minusma.

Le ministre malien de la Défense, Tiéman Hubert Coulibaly a souligné dans ses propos liminaires que le terrorisme est une réalité, le produit d’une sédimentation qui a pour projet politique, l’asservissement de la démocratie en construction dans les pays post-coloniaux avec aujourd’hui le prétexte religieux. Le ministre Coulibaly a pris l’exemple sur son pays, le Mali.

Le terrorisme n’a pas de frontière

Un cas très intéressant qui offre à la communauté internationale l’opportunité d’analyser la turbulence politique pouvant s’allier au projet terroriste. « Ce projet politique des terroristes nous pose un défi économique parce que ces groupes négatifs en s’attaquant à nos démocratie, veulent détruire nos manières de vivre », a souligné le ministre malien qui a ajouté en ce qui concerne son pays que l’installation d’AQMI a produit des groupes locaux.

Le général Nigérian, Mohammed Babagana Monguno, a abordé dans le même sens en rappelant que le terrorisme est un défi à la paix et la sécurité en Afrique. Pour ce paneliste, le terrorisme voyage librement entre les Etats, comme c’est le cas avec Boko Haram que le nouveau gouvernement de son pays en partenariat avec les pays de la sous-région, s’engage à combattre de toutes ses forces. Mohammed Babagana Monguno d’ajouter que la lutte contre le terrorisme doit se faire aussi dans le respect des droits de l’homme. Il souligné la nécessité d’assurer une bonne gouvernance et la construction d’institutions fortes sur le continent.

Masakazu Hamachi, dans un message du gouvernement de son pays, le Japon, a parlé des différentes mesures législatives adoptées par les autorités de son pays pour permettre au Japon de participer aux différentes opérations de l’ONU et certaines initiatives sur le continent africain.

Le chef d’Etat-major des armées françaises, le général Pierre de Villiers, a dégagé deux lignes de force. La première, c’est que les groupes terroristes profitent de la porosité des frontières pour s’implanter à cheval entre les Etats. Il faut donc les déloger.

La deuxième ligne de force, c’est l’évolution de la variété des attaques, avec une utilisation des nouvelles technologies par les terroristes. Le général français a développé trois approches pour lutter contre la menace : maintenir l’attention au temps long, c’est-à-dire développer des actions dans la durée. La deuxième, c’est le respect du droit international et en troisième position l’approche globale qui permet de mettre les efforts en synergie.

Le général de Villiers a expliqué que le tout militaire ne suffit pas. L’action militaire doit être soutenue par les actions de développement afin que les jeunes désespérés ne soient pas tentés par la sirène des terroristes. « Lorsque la force avance, la violence recule, et quand le dialogue avance, la paix avance », a-t-il conclu.

Elissa Slotkin, assistante à la sécurité au département de la Défense des Etats-Unis a été un peu plus claire : un seul pays ne peut combattre le terrorisme. La preuve c’est que son pays a dû former une coalition de 62 pays pour combattre Daesh en Iraq et Syrie. Aussi, selon l’américaine, il n’y a pas une solution universelle dans la lutte contre le terrorisme.

A chaque cas, son approche.

Macky Sall : « Il faut imposer la paix au Nord du Mali, sinon ce sont des cercueils qui vont continuer à revenir dans les pays contributeurs »

C’est à la suite d’un panel de haut niveau qu’il a animé ce lundi soir lors du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique que le président sénégalais a fait cette déclaration courageuse devant le secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous ; les Premiers ministres du Togo, du Tchad et du Gabon ; le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian etc.

Pour le numéro un sénégalais, il n’y a pas une paix à maintenir au Nord du Mali, il faut imposer la paix. Il a clairement signifié aux participants que le mandat n’est pas adapté et il faut le renforcer. « Nous avons des jeunes qui sont prêts à mourir pour la paix, mais quand on va au Nord du Mali, c’est pour aller se battre. Donc il faut donner les moyens nécessaires pour ce faire, sinon ce sont des cercueils qui vont revenir aux pays contributeurs », a souligné le président sénégalais.

Des caches d’armes découvertes dans le nord du Mali (Le Drian)

 AFP – vl/sst/sba – 9 novembre 2015

Dakar- L’armée française a découvert des caches d’armes lors d’une “importante opération” dans l’Adrar des Ifoghas (nord-est du Mali), a annoncé lundi le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

“Nous sommes dans une opération importante en ce moment, en relation avec les forces armées maliennes et qui a permis pendant le week-end de découvrir des caches significatives”, a-t-il dit devant la presse en marge du Forum international de Dakar sur la sécurité en Afrique.

Ces caches contenaient des armes, a-t-il seulement dit.

L’opération, qui se poursuit, vise des “zones de trafic identifiées et des zones de cache que l’on pouvait supposer”. Elle a donné lieu à “une action assez forte”, a-t-il ajouté, sans plus de détails, précisant seulement qu’il n’y avait pas eu de combats.

L’armée française, qui compte encore quelque 1.500 soldats français stationnés au Mali, mène régulièrement des opérations de ce genre dans le nord du pays.

Elle intervient aussi à la sortie de la passe de Salvador entre le sud de la Libye, devenu un repaire de jihadistes et trafiquants depuis la chute du leader libyen Mouammar Kadhafi, et le nord du Niger, afin de perturber les flux logistiques à destination de groupes armés au Mali et au sud du Sahel.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les groupes jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés de cette région à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :