Skip to content

L’immigration au sommet européen de La Valette

by sur 12 novembre 2015

Dernière mise à jour le 13 novembre à 08h30 (heure de Paris)

De A à Z, on vous dit tout sur le sommet européen de La Valette consacré à l’immigration.

Ci-dessous, un large tour d’horizon, avec beaucoup d’avis concordant, bien résumés par le représentant de la fédération des associations des migrants de la région de Kayes.

Avec une constatation amère pour les pays Africains : leurs ressortissants ne sont pas les bienvenus en Europe !

SOMMET DE MALTE SUR L’IMMIGRATION : Il faut trouver une solution juste

 Le Pays (BF) du 13 novembre

Les travaux du sommet européo-africain sur l’émigration à Malte ont pris fin hier avec le lancement du fonds fiduciaire de 1,8 milliard d’euros, pour financer des projets de développement et de gestion de la migration en Afrique. Si le consensus s’est fait sur l’urgence et la nécessité d’agir, les divergences sont vite apparues sur les moyens à mettre en œuvre pour tarir le flot des départs.

Fait inédit, les Africains si prompts à bondir sur « l’argent frais », tant la ressource peut être rare sur le continent du fait de la multiplicité des priorités, ne font pas preuve de grand enthousiasme. Le président sénégalais Macky Sall et le président nigérien Mahamadou Issoufou n’ont pas fait dans la dentelle pour dénoncer l’iniquité et le caractère inapproprié  des solutions préconisées par les Européens. Agissant dans un instinct de survie face à la montée des groupes politiques de l’extrême droite, les décideurs politiques européens  optent pour la stigmatisation, la politique des barricades et le repli sur soi.

Pour les leaders politiques africains, « ce n’est pas la voie de l’avenir ». Il faut saluer ce sursaut de courage des chefs d’Etat africains, qui rompt avec l’image d’une Afrique béni-oui-oui face à l’Europe. Il faut aussi et surtout saluer la justesse de vue des Africains. Pour aboutir à une solution juste et durable sur la question de l’immigration africaine, estiment-ils, il faut l’appréhender dans sa globalité et  la remettre dans son contexte historique.

L’Europe ne peut facilement se dédouaner

L’immigration, en effet, n’est pas le propre des seuls Africains et il y a une justice à rendre à l’histoire. Les groupes humains depuis l’aube de l’humanité, se sont essaimés à travers la planète pour diverses raisons, réussissant le pari de la conquête de l’œkoumène.

Dans l’histoire récente de l’humanité, les plus grands mouvements migratoires ont été le fait des Européens et se sont soldés par la colonisation de l’Afrique et de l’Amérique pour ne citer que ces deux continents. Les clichés sur ces pauvres hères noirs embarqués sur de frêles esquifs dans la Méditerranée, participent donc de la déformation de l’histoire et de la stigmatisation. Ensuite, la présence africaine en Europe, à l’origine, n’est pas volontaire.

La Traite des Noirs puis les deux Guerres mondiales ont été les premiers facteurs de l’immigration africaine en Europe. Cette première vague migratoire a été bien bénéfique à l’Europe car elle a créé de la valeur ajoutée à l’économie de traite européenne et a contribué activement et de façon définitive, au combat de liberté du continent européen. L’immigration moderne, quant à elle, a des fondements économiques et politiques. Et là, l’Europe ne peut non plus facilement se dédouaner.

En mettant l’économie africaine à l’asphyxie par le pillage des ressources naturelles, la détérioration des termes de l’échange, l’Europe a créé les conditions de la paupérisation du continent.

Les multiples soutiens aux dictatures au nom des intérêts économiques, ont développé la pratique des détournements, de la corruption et de l’affairisme, au détriment de l’emploi des jeunes et du progrès. L’Afrique exsangue est devenue répulsive pour les jeunes générations africaines qui, appâtées par les images de l’eldorado européen, pensent qu’il vaut mieux aller voir ailleurs. Quand bien même conscients des dangers qui les guettent, les jeunes migrants se sont fait une philosophie : « Avancer, c’est mourir; reculer, c’est mourir. Alors, mieux vaut avancer et mourir. »

L’Afrique a aussi sa part de responsabilité

 La responsabilité de l’Europe ne fait aucun doute et elle ne peut moralement pas se contenter d’acheter la fixité des Africains et se barricader derrière de hautes murailles tout en fournissant l’arsenal répressif aux Africains pour exécuter la basse besogne. Mais l’Afrique a aussi sa part de responsabilité.

L’absence d’une gouvernance économique et politique vertueuse est à l’origine de l’injustice sociale et de la grande précarité qui poussent les jeunes Africains sur les chemins de l’émigration. Les responsabilités étant partagées, il faut trouver une solution juste au fléau, où chacun des protagonistes accepte de s’assumer. Et une solution juste passe d’abord par le respect des textes en la matière. « Migrer, quitter son pays, quel qu’en soit le motif, est toujours un choix douloureux, mais un choix » dont le droit est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à l’article 13.

Migrer est un choix personnel, aucune mesure étatique dans un monde où existe la liberté de circulation des marchandises, des services et des capitaux, ne pourra empêcher les personnes de circuler. S’il est légitime que les Etats contrôlent les entrées et les sorties à leurs frontières, il n’est pas légitime que les Etats considèrent les personnes qui se présentent à leurs frontières comme des criminels.

Ensuite, il faut aller au-delà de la modique somme du 1,8 milliard du fonds fiduciaire pour envisager une aide sincère pour la reconstruction du continent. Une telle aide ne peut être efficace que si l’on rend à l’Afrique sa  liberté économique pour en faire un partenaire véritable  à même de valoriser à son profit son immense potentiel de ressources naturelles et humaines.

Et c’est toute la justesse du discours de Macky Sall qui estime que « la voie de l’avenir pour nous, c’est celle de la collaboration et du partenariat». Et il faut enfin un engagement des Européens à mettre fin à leur soutien aux dictatures, qui crée les injustices sociales à l’origine des conflits qui mettent les populations sur les chemins de l’errance.

Aucune solution qui ne prenne en compte ces aspirations, ne pourra dissuader des hommes qui ont faim d’aller dans les pays où ils pensent qu’on ne connaît ni la faim ni l’arbitraire.

Malte : Deux poids, deux mesures

Ousmane THIÉNY KONATÉ –  © maliactu.net – 12 novembre 2015

2015-11-11 Sommet de La ValetteLa mauvaise gouvernance est le plus grand fléau en Afrique.

L’union européenne et les pays africains sont réunis depuis ce mercredi pour tenter, non pas de trouver une solution consensuelle à l’émigration vers le continent européen, mais d’imposer la voie européenne en obligeant les Chefs d’Etats africains à s’engager à couper la route à leurs ressortissants. Pendant le même temps, ce sont des milliers de migrants syriens, irakiens et d’autres nationalités qui sont accueillis à bras ouverts. Il ne faut pas avoir peur de le dire : les Africains ne sont pas les bienvenus en Europe.

Ce qui se passe ces jours-ci à la Valette ressemble fort à la proposition aux Chefs d’Etats africains d’alors d’un certain Nicolas SARKOZY. En effet, pour limiter le flux des migrants africains en France, l’ancien Président français avait sorti le concept de l’immigration dite « choisie ». Il s’agissait pour les présidents africains de signer un accord qui les obligeait à contenir le flot des migrants économiques et ne laisser passer que les étudiants, intellectuels, artistes, ouvriers qualifiés.

Ces émigrés de première classe ne constitue qu’une infime partie de la migration africaine. Les centaines de milliers d’Africains qui tentent chaque jour de franchir les portes de l’Europe sont des jeunes dont la moyenne d’âge pourrait se situer autour des 25 ans. Ils empruntent si jeunes les routes de l’exil car leurs pays d’origine ne leur donnent aucun espoir, confrontés qu’ils sont aux pires difficultés économiques et de gouvernance.

La politique occidentale, en général, et européenne, en particulier, a été de mettre l’Afrique sous perfusion à travers les aides bilatérales aux gouvernements pour faire fonctionner l’appareil d’Etat. Les aides directes au développement quoique significatives parviennent difficilement aux populations concernées à cause de la corruption qui sévit dans la quasi-totalité des pays africains.

En effet, l’Afrique manque très souvent du minimum vital pour faire partir son économie. Les infrastructures sanitaires, l’eau potable, les écoles, les routes et surtout l’électricité, tout manque sur le continent noir. Plus de 50 ans après les indépendances, les pays africains vivent dans une précarité inquiétante car la plupart des dirigeants entretiennent un climat de corruption qui fait que des milliards de dollars qui auraient dû être injectés dans des projets de développement sont détournés. Comme le dit un éditorialiste africain, l’Afrique est le seul continent où les fonctionnaires et les hommes politiques sont aussi riches sinon plus riches que les hommes d’affaires.

Par ailleurs, et corollaire de cette mauvaise gestion, les jeunes africains sont des millions à la recherche d’un premier emploi. Au Mali, par exemple, ils sont plus de 150000 à frapper en vain chaque année aux portes de l’emploi. Ce chiffre ne prend pas en compte les jeunes ruraux qui sont particulièrement touchés par le chômage car n’ayant aucune qualification professionnelle. C’est justement cette fange de la jeunesse qui constitue le gros lot des candidats à l’émigration.

La migration africaine est la réponse à toutes ces politiques économiques qui ont échoué sur le continent. Cependant il y a quelque chose de vicié à vouloir faire de la migration africaine un problème particulier. En effet la migration est un phénomène mondial qui a toujours existé. Elle découle du désir des hommes d’aller chercher ailleurs le bonheur qu’ils n’ont pas chez eux.

Les causes de l’émigration sont nombreuses : conflits, famine, épidémies, mauvaise gouvernance. Mais c’est surtout la pauvreté grandissante qui en est la cause principale en ce qui concerne l’Afrique. Cette paupérisation est le résultat de l’injustice généralisée qui frappe le monde. Lorsque 20% de la population mondiale concentrent 80% des ressources économiques, il n’y a pas lieu d’être spécialiste de quoi que ce soit pour réaliser que notre monde est totalement injuste et inhumain, d’autant plus que les notions de solidarité et de partage sont considérés comme du parasitisme.

Notre monde a donc besoin de plus de justice. Aussi longtemps que la majorité de l’humanité sera plongée dans la misère la plus inhumaine, les candidats à l’émigration ne manqueront pas. Un pays comme le Mali ne peut pas lutter contre la migration de ses citoyens car il y va de sa survie.

En effet les centaines de milliards de FCFA que la diaspora malienne envoie chaque année sont des ressources indispensables à la survie de la nation. Cette manne financière sert à construire les infrastructures que le pays est incapable de mettre à la disposition des populations et de permettre à ceux qui sont restés de manger à leur faim.

C’est pourquoi le sommet de la Valette a peu de chance d’aboutir à un résultat satisfaisant. Il y a quelques années, le Président ATT a dit non à SARKOZY pour des raisons évidentes. Aussi longtemps que les pays occidentaux refuseront aux Africains le droit d’entrer légalement sur leurs territoires, les candidats à l’émigration clandestine seront de plus en plus nombreux. C’est une question de survie. Ceux qui veulent partir au risque de leur vie n’ont pas d’alternative car ils ont longtemps cessé d’espérer vivre décemment dans leurs pays qui n’ont rien à leur offrir.

Pour la majorité des jeunes qui partent, rester c’est mourir à petit feu. Ils ne peuvent pas rester car il n’y a rien pour eux. Le sommet de la Valette a quelque chose d’indécent car au moment où l’Europe ouvre ses portes aux centaines de milliers de migrants syriens et autres, elle voudrait que les Africains contiennent les leurs. C’est pourquoi on ne peut s’empêcher de croire qu’il y a deux poids deux mesures. Ce n’est pas l’immigration qui fait peur, c’est l’immigration d’origine africaine qui ne plaît pas. L’Europe se protège avec les idées racistes qu’elle attribue généralement à ses extrémistes et autres groupuscules populistes. Ce n’est certainement pas la meilleure voie à suivre.

Qu’est-ce que 1,8 milliards d’euro par rapport à la misère de l’Afrique ? Une goutte d’eau dans l’océan. Ce qu’il faut, c’est d’aider le continent noir à pacifier ses terres pour qu’on puisse y investir de manière à booster l’économie. Il s’agit, comme l’a dit un politique africain, d’arriver à l’aide qui aide à se passer de l’aide. Ce ne sont pas les miettes jetées au contient noir qui l’aideront à se développer.

Si l’aide à l’Afrique est indispensable, il n’en demeure pas moins vrai que c’est aux dirigeants africains, à travers des programmes de développement bien réfléchis et à une bonne gouvernance, de jeter les bases du décollage économique du continent. C’est très dur de le dire mais les dirigeants africains n’aiment leurs pays.

Les différentes tentatives qui sont en cours actuellement et qui visent à changer les constitutions pour se maintenir au pouvoir sont la preuve que les dirigeants d’Afrique ont peu d’égards pour leurs pays.

La question de la migration est aussi politique. Et de cela il ne sera malheureusement pas question à la Valette.

 Malte: accord (insuffisant) sur la crise des migrants

Source: BBC du 12 novembre 2015

Les dirigeants européens et africains réunis à Malte ont trouvé un accord pour endiguer l’afflux de migrants qui arrivent en Europe.

L’Union européenne a mis en place un fonds d’aide à l’Afrique de 1,8 milliard d’euros destiné à convaincre les pays africains de contribuer à cet effort visant à mettre fin à la crise migratoire.

Le président sénégalais a estimé que ce fonds d’urgence pour l’Afrique était insuffisant pour aider les pays africains à faire face aux problèmes migratoires du continent.

Macky Sall a ajouté que l’Europe « insiste beaucoup trop » sur la nécessité pour les pays africains de réadmettre davantage de migrants renvoyés d’Europe.

« Cette question concernant le retour d’Africains en situation irrégulière en Europe est déjà traitée par les accords qui lient l’UE et les Etats africains », a ajouté M. Sall.

Sommet de Malte : de nouveaux ponts ou d’autres murs ?

Adam Thiam – Le Républicain du 12 Novembre 2015

L’Europe encore à la manœuvre et l’Afrique à l’écoute : le sommet eurafricain sur la migration qui prendra fin aujourd’hui à la Valette n’inaugure pas le dialogue sur l’immigration africaine en Europe. De Addis-Ababa à Bruxelles en passant par les exercices sois régionaux ou bilatéraux, les discussions n’ont jamais été rompues. Et ce que l’Europe n’a pu obtenir par les accords des palais africains que les rues dakaroise, bamakoise ou brazzavilloise auraient considéré comme de la plate capitulation, les consulats français, britannique ou belge s’en sont occupé.

Par une humanisation certes du système d’attribution de visas là où il y a deux décennies,les demandeurs risquaient leur dignité voire leur intégrité physique sous les coups de fouets de services d’ordre paradoxalement africains. Mais par un verrouillage plus féroce même si plus subtil.

Mais en réponse à Schengen, ce qu’on a vu ce sont des milliers de migrants escaladant les murs, affrontant les barbelés et la mer pour forcer les portes closes des illusoires eldorado. Ces dernières années, ce sont ainsi près de 3000 migrants qui ont ainsi brisé leurs ambitions d’avenir dans la Méditerranée. On ne parle pas des nuées recalées, généralement sans moyens de retourner chez eux, constituant ainsi un véritable cauchemar pour les pays de transit. Algérie, Tunisie, Lybie, Maroc. Lesquels ne sont pas d’une compassion excessive, à l’exception du Royaume chérifien dont le souverain est très en pointe sur la solidarité avec les migrants.

Mais peut-on les en blâmer ? À chaque grande tragédie dans la Méditerranée les palais africains sont silencieux, laissant au Pape l’initiative fort heureuse et touchante de condamner logis des nantis. Alors pourquoi les présidents d’Afrique se sont-ils rendus au sommet de Malte ?

D’abord plus personne ne peut faire semblant : la question migratoire est devenue un drame mondial. Les chefs d’Etat africains ne peuvent plus sous- traiter aux bonnes consciences européennes et aux sociétés civiles africaines leur devoir d’indignation ainsi que l’obligation de trouver une solution à la nouvelle tragédie du monde. Malte est une étape vers cet impératif car il parlera à des leaders européens se trouvant désormais face aux conséquences de leurs politiques africaines toutes plus ringardes les unes que les autres. Il devra aussi interpeller le leadership africain sur la nécessité de vraiment tirer profit de ce que peut-être le dividende démographique du continent.

Autant dire la nécessité de réformer une gouvernance globalement prédatrice qui confisque l’avenir de jeunesses capables mais sans autre alternative que de voter par les pieds ou s’oublier dans le cannabis.

Histoire de rappeler que la responsabilité première de sa jeunesse incombe d’abord à l’Afrique. C’est à ce seul prix que la Valette n’aura pas été pour nos chefs une promenade de plus. C’est à ce seul prix enfin que le tète à tête n’aura pas été une manière de bloquer l’immigration africaine pour l’ouvrir aux Syriens et autres États démolis par les petites analyses- boomerang des maîtres du monde. Car l’Allemagne ouvre ses portes à près d’un million de Syriens et Schengen se ferme à bien moins d’Africains.

Sommet sur les migrations à Malte: consensus sur l’urgence d’agir

Par RFI Avec notre envoyé spécial à La Valette, Léonard Vincent – 12/11/2015

La réunion se poursuit ce jeudi avec le lancement d’un fonds fiduciaire de 1,8 milliard d’euros pour financer des projets de développement et de gestion de la migration en Afrique.

L’ouverture a été marquée par un consensus sur la nécessité de stopper la tragédie des morts en mer ou dans le désert.

Une soixantaine de dirigeants africains et européens, tête baissée à la nuit tombée, rendant hommage aux naufragés de la Méditerranée. A l’image de cette minute de silence observée par les chefs d’Etat avant les discussions, cette première journée de sommet à Malte était d’abord une journée de consensus.

Consensus sur la tragédie refusée, sur le refus des morts sur les routes. Consensus, ensuite, sur le fait que seule l’amélioration des conditions de vie en Afrique, que ce soit politiquement ou économiquement, pourra tarir le flot des départs.

Pour les moyens à mettre en œuvre en revanche, les positions ont été différentes. Dès les premiers discours, côté européen, on en a appelé à un engagement plus ferme des pays de départ pour développer leurs économies et améliorer leur gouvernance, notamment en matière d’Etat de droit et de respect des droits de l’homme.

Les Africains tapent du poing sur la table

Côté africain, en revanche, à l’image de la présidente de la Commission africaine, on a voulu remettre l’émigration africaine dans le contexte de l’histoire longue des relations entre les deux continents.

« L’Afrique aussi a été un lieu d’accueil pour la migration européenne, même avant la colonisation, a déclaré Nkosazana Dlamini-Zuma. Pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, des réfugiés européens, des demandeurs d’asile et des aventuriers se sont réfugiés jusqu’à la pointe sud de l’Afrique pour des raisons commerciales ou pour s’installer. Ils ont été les bienvenus. A l’époque, il n’y a pas eu de crise des migrants européens en Afrique. »

Le président sénégalais Macky Sall, au nom de la Cédéao, ainsi que le président nigérien Mahamadou Issoufou, ont également fait comprendre que le bon vouloir était une chose, mais que les ressources financières pour répondre aux demandes européennes en étaient une autre.

Et de plaider pour une aide plus importante de l’Europe à l’Afrique, mais aussi plus intelligente. « Ensemble, refusons la stigmatisation, la politique des barricades et le repli sur soi, a plaidé Macky Sall. Ce n’est pas la voie de l’avenir. La voie de l’avenir pour nous, c’est celle de la collaboration et des partenariats. »

Une réunion autour de François Hollande

Au programme de cette seconde journée, ce jeudi matin, une rencontre de François Hollande avec les dirigeants africains autour de la COP21. Le président français devrait une nouvelle fois rappeler le lien entre climat et crise des migrants.

Une cérémonie doit ensuite lancer officiellement le fonds fiduciaire qui doit servir à financer des projets de développement et de gestion des réfugiés en Afrique. Un fonds de 1,8 milliard d’euros qui vient s’ajouter à l’aide au développement des pays européens.

Hier, la plupart des chefs d’Etat africains ont exprimé leur gratitude, mais ils ont aussi estimé que ce montant était bien insuffisant pour faire face aux problèmes. C’est aussi l’avis exprimé par François Hollande.

La journée doit se terminer par un Conseil européen extraordinaire convoqué ici à La Valette pour un dernier tour de table sur les accords conclus et l’agenda de l’année qui vient. 

Accord de réadmission au centre des débats à la valette : Une affaire délicate

Nabila Sogoba Avec RFI – 12-11-2015

Les Européens cherchent à obtenir des pays africains qu’ils reprennent plus facilement leurs ressortissants déboutés du droit d’asile. La réadmission est un sujet délicat. Il faut avoir à l’esprit que ces personnes ont bravé la mort, traversé des déserts et la Méditerranée, a insisté le président sénégalais.  « Des milliers sont morts, certains sont rescapés, moi je pense que pour ceux qui sont déjà en Europe on devrait avoir une discussion franche. Voir ceux que l’on peut régulariser et pour le reste, nous étudierons en fonction des accords qui nous lient à l’Union européenne quelle est la meilleure manière de gérer cet aspect.»

Le  refus historique d’ATT

Voilà qui ouvre le débat et qui promet des discussions pas toujours faciles ce mercredi soir pour les participants au sommet. On attend le discours du président français François Hollande, ensuite les dirigeants africains et européens se mettront au travail à huis clos pour leur première réunion avant d’entamer leur dîner de travail. Mais s’il est clair qu’aujourd’hui l’objectif est identique, pour l’instant les moyens d’y parvenir ne sont pas totalement partagés.

En tous cas, pour le Mali, l’accord de réadmission est un sujet très délicat. Jusqu’ici, notre pays a refusé de le signer. Ce qui est considéré par beaucoup comme l’une des raisons du désamour entre les anciens présidents Nicolas Sarkozy et Amadou Toumani Touré dont le renversement serait intimement lié à ce dossier. Donc, un dossier délicat à gérer pour IBK qui sait les enjeux pour notre pays dont des dizaines de milliers de ressortissants vivent en France et en Espagne.

Les droits des Maliens de l’extérieur risquent d’être totalement spoliés avec les accords de réadmission que l’État français veut faire signer à l’État malien. Certes l’État français fait de fortes pressions sur l’État malien comme sur tous les États africains pour qu’il signe cet accord, mais l’État malien doit résister, notamment lors de la 8ème réunion du comité franco malien qui se tiendra à Paris du 17 au 19 mars 2008. Nous devons résister. Le Mali ne doit pas s’agenouiller”. C’est en substance, la synthèse de l’appel rédigé par l’association malienne des expulsés et son collectif de soutien, à l’issue du forum sur l’émigration organisé du 15 au 16 mars 2008, au centre Djoliba.

La grande hostilité des Maliens

A l’appel de plusieurs associations maliennes, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à l’époque pacifiquement à Bamako et à Kayes (ouest, région d’origine de l’écrasante majorité des Maliens vivants en France) pour demander que Bamako ne signe pas cet accord. “Il n’est pas question de signer. Signer, c’est vendre nos parents en France. Nous n’accepterons jamais. Nous resterons mobilisés”, avait déclaré à l’AFP, Tahirou Bah, président du “Mouvement des sans-voix”, principal organisateur de la manifestation à Bamako.

Plusieurs organisations non gouvernementales françaises s’étaient mobilisées contre cet accord. Pour Attac (altermondialiste), “cet accord consacrerait la coopération des autorités maliennes à la politique française de chasse aux sans-papiers, en facilitant la délivrance de laissez-passer permettant l’expulsion effective des Maliens en situation irrégulière en France”.

Quelque 4 millions de Maliens vivent à l’étranger, essentiellement en Afrique (Côte d’Ivoire, Sénégal…) et quelque 200.000 en Europe. L’argent des Maliens de l’extérieur représente 10% du PIB de ce pays de 12 millions d’habitants en grande partie désertique, classé parmi les plus pauvres du monde mais bénéficiant d’une image positive auprès de la communauté internationale en raison de sa stabilité et de ses institutions démocratiques.

La communauté malienne en France, ancienne puissance coloniale, totalise 120.000 personnes, dont 45.000 en situation régulière, généralement dans des emplois peu qualifiés. Les transferts d’argents des “Maliens de France” vers leur pays d’origine est supérieure à l’aide publique au développement (APD) versée chaque année par Paris à Bamako. La France a déjà signé sept accords de gestion concertée des flux migratoires (Cap Vert, Sénégal, Gabon, République démocratique du Congo, Bénin, Tunisie et Ile Maurice). Cinq autres accords de ce genre sont en gestation (Mali, Burkina, Cameroun, Haïti et Egypte)

Crise des migrants: L’Union européenne débloque 1,8 milliard pour l’Afrique

Source: 20minutes du 12 novembre 2015

Les Européens ont lancé jeudi à Malte un fonds d’aide à l’Afrique de 1,8 milliard d’euros pour tenter de convaincre les pays africains de les aider à endiguer l’afflux de migrants, qui met à mal la cohésion de l’UE. Le sommet de la Valette, ouvert mercredi, doit également aboutir à un plan d’action commun.

Il devait être suivi d’un sommet entre seuls dirigeants européens, qui feront le point sur les tractations en cours avec la Turquie, à qui l’UE demande de freiner le flux de réfugiés syriens. Dans ses discussions avec les pays africains, l’UE a déjà mis sur la table 1,8 milliard d’euros, pour financer des projets luttant « contre les causes profondes des migrations ». Mais elle exhorte les Etats membres à apporter en plus leur propre contribution pour doubler la mise.

Des barbelés en Slovénie

Or, on est encore loin du compte. Les promesses des pays européens n’ont atteint qu’un total de 78 millions d’euros, selon un décompte de la Commission. C’est « loin d’être suffisant », a réitéré jeudi le président nigérien Issoufou Mahamadou.

En dépit de l’hiver qui approche, le flux de migrants vers l’Europe ne faiblit pas et a conduit mercredi la Slovénie à installer des barbelés le long de sa frontière avec la Croatie. Quelques heures plus tard, la Suède annonçait qu’elle rétablissait des contrôles à ses frontières, dans l’espoir là aussi de freiner les arrivées.

Les migrants africains vers l’Europe « ne sont pas aussi nombreux qu’on le dit »

« Il ne s’agit pas d’une barrière (…) mais nous devons être sûrs que nous avons des contrôles » aux frontières, a expliqué jeudi à Malte le Premier ministre suédois, Stefan Lovfen. Dans leur déclaration commune, qui doit être signée dans la journée, Européens et Africains s’engagent à « gérer ensemble les flux migratoires dans tous leurs aspects ».

La cinquantaine de dirigeants européens et africains présents à La Valette doit également souscrire à un plan d’action comportant une série de mesures visant à freiner les flux de migrants. Certains dirigeants africains se sont néanmoins agacés de la pression européenne sur l’Afrique. Les migrants africains vers l’Europe « ne sont pas aussi nombreux qu’on le dit. Pourquoi toute cette énergie sur les migrants africains », a demandé jeudi le président sénégalais Macky Sall.

La question de la protection des réfugiés

Son homologue ivoirien, Alassane Ouattara s’est également montré agacé, soulignant que son pays, avec 25 % de ressortissants étrangers était un « modèle d’intégration ». Les Européens, avec leur fonds d’urgence, espèrent convaincre leurs partenaires en Afrique de les aider à renvoyer chez eux les migrants en situation irrégulière.

« On ne peut pas insister à réadmettre les Africains chez eux pendant qu’on parle d’accueillir les Syriens et d’autres. C’est un traitement différencié que nous condamnons, parce que c’est discriminatoire », s’est insurgé le président sénégalais. « Le retour dans le pays d’origine ne saurait être la seule réponse de l’Europe aux migrants Africains. En effet, (certains d’entre eux) ont besoin, à l’instar des migrants venus d’autres régions, de protection », a rappelé de son côté le président ivoirien.

Sommet international sur la migration : L’Europe a-t-elle les moyens de sa politique?

Mohamed Naman Keita    – 22 septembre du 12 novembre 2015

Une promesse de renforcement de l’Aide Publique au Développement, à hauteur de 1,8 milliards d’Euros, contre le rapatriement des immigrants irréguliers africains, c’est ce qu’ont proposé les dirigeants européens aux Chefs d’Etat de notre continent à La Valette, le 11 novembre 2015.

Ce qui n’est pas du tout du goût du Président de la Fédération des Associations d’Immigrés du Mali, Mamadou Bathily. Il faut rappeler que ce sommet de La Valette, sur l’Ile de Malte, a été initié par les dirigeants européens le 23 avril dernier, lors d’un Conseil extraordinaire, suite aux drames survenus sur les côtes libyennes, grecques et italiennes, au printemps dernier, avec des naufrages de chalutiers qui ont fait des centaines de victimes.

Au moment où l’hiver pointe son nez en Europe, plusieurs centaines de migrants, essentiellement Africains, mais aussi Syriens, continuent chaque jour d’affluer vers le Vieux continent. Les solutions face à cet afflux divisent beaucoup les dirigeants Européens. Pendant que certains pays préconisent la construction de murs de séparation, d’autres essayent d’accueillir un grand nombre de ces réfugiés, comme l’Allemagne.

Cette question s’inscrit dans le cadre de l’Approche globale de la question des migrations et de la mobilité (AGMM), et est aussi liée à l’asile. Relue en 2012, ce programme complète la politique étrangère et de coopération au développement de l’Union Européenne avec les pays africains dans plusieurs domaines.

Les problèmes que connaissent déjà les pays de premier accueil des migrants en Europe, notamment la Grèce et l’Allemagne, sont bien connus. L’Allemagne enregistre plus de 10 000 entrées par jour et, selon l’ONU, plus de 75 000 migrants seraient déjà arrivés en Europe depuis le début de l’année.

Au cours du sommet, les 28 dirigeants de l’UE entendent, à travers des moyens financiers, mettre en place un fond fiduciaire de 1,8 milliards d’Euros, afin d’aider les pays africains à créer les conditions de vie idoines pour donner envie aux jeunes de rester au pays et de ne pas tenter l’aventure.

Pour le Mali, cette solution passe, entre autres, par le développement des zones dites réservoirs d’immigrés potentielles, par la formation et par l’éducation. Les questions liées à l’immigration sont importantes pour notre pays, pour qui connait le soutien apporté par les immigrés à leurs familles.

Les chiffres officiels parlent de plus de 33 milliards d’Euros, soit plus que ce que l’Aide Publique au Développement de l’UE accorde chaque année aux pays africains, 20 milliards d’Euros environ. D’ores et déjà, certains responsables de la société civile malienne se disent pessimistes. C’est le cas du Président de la Fédération des Associations d’Immigrés du Mali, Mamadou Bathily. Selon lui, ce sommet n’apportera rien de nouveau, tout comme les 5 autres auxquels il a pris part.

Cependant, au regard de toutes les difficultés que connaissent les pays européens, et vu l’apport inestimable de ces braves fils du Mali en Europe, les dirigeants africains, et plus particulièrement maliens, doivent se poser certaines questions avant d’engager leur pays dans quoi que ce soit.

Il s’agit surtout de savoir si les 28 pays de l’UE ont les moyens de mettre 1,8 milliards d’Euros à la disposition des Africains, quand on sait que beaucoup de ces pays sont réticents à cette idée ? Enfin, cette solution suffira-t-elle à ralentir, voire arrêter, le fléau, et sera-t-elle pérennisée ?

SOMMET DE MALTE SUR L’IMMIGRATION : Instinct de conservation de l’Europe ou volonté réelle d’aider l’Afrique ?

 Le Pays (BF) du 12 novembre 2015

Un sommet Europe-Afrique consacré au phénomène migratoire, s’est ouvert hier 11 novembre à Malte. Il réunit les chefs d’Etat et de gouvernement d’une quinzaine de pays des deux continents. L’objectif recherché par la Commission européenne est d’échanger avec les pays d’origine et de transit des migrants, pour fermer les routes de l’exil vers le Vieux continent, de dizaines de milliers d’Africains.

A cet effet, les Européens se proposent d’agir dans 5 domaines.

D’abord, l’investissement en Afrique pour offrir des emplois à la jeunesse, soutenir les agricultures locales, inciter les diasporas africaines à investir dans leur pays d’origine. Deuxièmement, l’ouverture de voies d’accès légales plus faciles aux étudiants, aux chercheurs, aux artistes et aux personnels qualifiés. Troisièmement, l’assistance des pays africains qui accueillent déjà de nombreux réfugiés sur leur sol. Quatrièmement, la lutte contre les trafiquants. Et cinquièmement, la mise en place d’un cadre légal et d’accompagnement pour le renvoi dans leur pays, des recalés du droit d’exil.

L’argent des Européens finira dans la poche sans fond des dictateurs africains

Tout cela est bien beau. Mais les Européens ont-ils pris la peine de diagnostiquer les vraies causes du mal avant de proposer ce traitement aux Africains  ?

L’on peut en douter. Car, si cela avait été fait, ils s’y seraient pris autrement. En effet, la majorité des Africains qui défient au quotidien la mort en bravant les eaux tumultueuses et les requins de la Méditerranée, entassés dans des bateaux de fortune pour rallier l’Europe, sont dans une situation tellement désespérée qu’ils sont convaincus que le moindre mal pour eux est de fuir leur pays pour aller voir ailleurs.

Et cet ailleurs, quoi qu’on dise, ne peut pas être pire que ce qu’ils vivent chez eux. Et comme le dit l’adage africain selon lequel « cabri mort n’a pas peur de couteau », les candidats à l’immigration du continent noir préfèrent jeter leur dévolu sur l’Europe, quitte à disparaître à jamais dans les entrailles de la Méditerranée que de rester en Afrique où leurs dirigeants leur servent invariablement la dictature, la guerre et l’absence de toute perspective d’épanouissement.

Tant que les Européens ne vont pas franchement aider les peuples d’Afrique à s’attaquer à ces maux, ils peuvent être sûrs que ce n’est pas un sommet du genre de celui qui se tient actuellement à Malte, qui pourra réduire le phénomène migratoire

Or, tout porte à croire que les pays européens ont tout à gagner dans le maintien des dictateurs africains à la tête de leur pays pour la raison suivante. Il est plus aisé de pomper les richesses d’un pays gouverné par un dictateur que par des démocrates. Dans le premier cas, c’est un homme fort et son clan qui décident à la place de tout le monde. Dans le second, la force des institutions fait que tous les contrats passés avec l’extérieur obéissent à des procédures transparentes.

C’est cette logique qui amène les pays européens à caresser les satrapes d’Afrique dans le sens du poil. L’exemple le plus emblématique pour étayer ce point de vue, est l’attitude de François Hollande vis-à-vis de Denis Sassou Nguesso.

De toute évidence, l’odeur du pétrole du roi « Sassou 1er » a eu raison des exigences en matière de démocratie de la « patrie des droits de l’Homme ». La cause de la fuite éperdue des Africains vers l’Europe réside donc essentiellement dans la mauvaise gouvernance que l’on peut facilement observer dans bien des pays africains. Injecter par conséquent des millions d’euros dans ces conditions en Afrique avec la prétention de créer des emplois, renvoie à l’image du tonneau des Danaïdes de la mythologie grecque.

De ce point de vue, l’argent des Européens finira dans la poche sans fond des dictateurs africains puisqu’ils sont insatiables. Et ils n’auront aucun scrupule à s’en servir pour consolider leur pouvoir. Les peuples à qui cet argent est destiné, n’en verront pas la couleur. Et c’est cette gouvernance exécrable qui crée les conditions objectives des guerres en Afrique.

Les Européens sont gagnés par la peur de l’envahissement

A l’analyse, on peut même être tenté de dire que celles-ci font l’affaire des Européens. Ils en profitent pour vendre à prix d’or leurs armes, convaincus qu’en la matière, les dictateurs n’hésitent pas à délier les cordons de la bourse en vidant les caisses de l’Etat.

Pendant ce temps, ce sont les populations qui paient le prix fort et qui finissent par se tirer de la misère en envisageant la seule alternative qui s’offre à elles : partir ne serait-ce que pour espérer avoir la liberté de respirer. Et la mort que pourrait représenter la traversée de la Méditerranée n’est rien à leurs yeux par rapport à leur besoin de liberté.

Aux causes domestiques du phénomène des migrations, l’on peut ajouter celle liée à l’ordre économique mondial. En effet, tant que celui-ci ne sera pas revu de manière à permettre aux Africains de vendre sur le marché international leurs produits à des prix intéressants, l’on peut parier que ce ne sont pas les « aides » que les Européens déversent sur l’Afrique, qui vont positionner ce continent sur le chemin du développement.

C’est pourquoi l’on peut affirmer que la véritable motivation du sommet de Malte tient plus de l’instinct de conservation des Européens que de leur volonté réelle d’aider l’Afrique à se développer pour mieux prendre en charge, par elle-même, le phénomène migratoire. En effet, de plus en plus, les Européens sont gagnés par la peur de l’envahissement. Et ils sont aidés en cela par la campagne de conditionnement des opinions à laquelle se livrent tous les partis d’extrême droite qui, aujourd’hui, ont du succès sur le Vieux continent.

L’on peut avoir l’impression que même les dirigeants européens sont dans la même posture. C’est pourquoi ils sont prêts à financer les dirigeants africains mais à condition que ces derniers les aident en empêchant leurs compatriotes de franchir la Méditerranée pour les envahir et perturber leur banquet. Des Noirs, ils commencent à en avoir marre. Jean Marie Le Pen n’a pas dit plus.

Sommet de Malte : dirigeants européens et africains cherchent des solutions à l’immigration de masse

12 novembre 2015 à 09h02 Par Jeune Afrique avec AFP

Les dirigeants européens et africains sont réunis ce jeudi à Malte pour un sommet extraordinaire sur l’immigration. L’objectif des Européens : éviter d’apparaître comme une « forteresse » aux yeux d’Africains avec lesquels ils vont signer un plan d’action censé endiguer l’afflux de migrants.

Une lourde tâche attend donc les chefs d’État européens à La Valette, à Malte, ce jeudi 12 novembre. En dépit de l’hiver qui approche, le flux de migrants ne faiblit pas et il a conduit mercredi la Slovénie à installer des barbelés le long de sa frontière avec la Croatie. Quelques heures plus tard, la Suède annonçait quant à elle qu’elle rétablissait des contrôles à ses frontières.

Dans leur déclaration commune, qui doit être signée dans la journée, Européens et Africains s’engagent à « gérer ensemble les flux migratoires dans tous leurs aspects », selon un projet de texte obtenu par l’AFP. La cinquantaine de dirigeants européens et africains présents à La Valette doit également souscrire à un plan d’action comportant une série de mesures visant à freiner les flux de migrants.

La Commission européenne met sur la table 1,8 milliard d’euros, un montant qu’elle espère voir doubler avec la contribution des 28 États membres de l’UE. « Nous ne devrions pas voir cette crise migratoire comme une menace. Nous devrions reconnaître les opportunités offertes par les migrations », a déclaré mercredi le président de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, à l’ouverture de ce sommet entre Européens et Africains.

Davantage de visas

Ces derniers ont pris les Européens au mot en réclamant davantage de visas dans le cadre d’une migration légale. « La situation actuelle interpelle nos partenaires européens sur l’urgence de promouvoir la migration légale et la mobilité entre nos deux continents », a ainsi déclaré devant ses pairs le président ivoirien Alassane Ouattara.

Les Européens ont timidement répondu en acceptant le doublement du nombre de visas en faveur des étudiants et chercheurs africains, selon le projet de plan d’action consulté par l’AFP. En contrepartie, les pays de l’UE veulent que leurs homologues africains les aident à renvoyer les migrants africains jugés indésirables sur le Vieux Continent.

Un sujet qui a posé problème pour la plupart des dirigeants africains. La réadmission « dépend aussi des conditions qui seront mises en place », selon le président nigérien Issoufou Mahamadou. « Le retour dans le pays d’origine ne saurait être la seule réponse de l’Europe aux migrants Africains. En effet, (certains d’entre eux) ont besoin, à l’instar des migrants venus d’autres régions, de protection », a rappelé le président ivoirien.

Les départs forcés, un « pré-requis »

Le plan d’action proposera de favoriser la venue en Europe d’officiers d’immigration africains, chargés d’aider leurs collègues européens à mieux déterminer la nationalité des migrants en situation irrégulière. L’objectif est de mettre en place des expérimentations dès l’an prochain avec au moins dix pays africains volontaires.

« Pour garder les portes ouvertes pour les réfugiés et les migrants légaux, les migrants illégaux doivent être renvoyés de manière effective et rapide », a insisté le président du Conseil européen, Donald Tusk. Les départs volontaires doivent être privilégiés, mais quand ce n’est pas possible, les départs forcés sont un « pré-requis pour une politique migratoire efficace », a-t-il ajouté.

Le sommet doit prendre fin à la mi-journée et sera immédiatement suivi d’un autre, entre seuls Européens, surtout focalisé sur les discussions en cours avec la Turquie, visant à limiter les arrivées de réfugiés syriens.

Crise des migrants : les enjeux du sommet de La Valette expliqués

Amadou Sidibé -Les Echos du 12 Novembre 2015

La coopération avec les pays africains sur l’immigration sera au menu du sommet de La Valette qui se tiendra du 11 au 12 novembre. Le Mali sera présent.

Le sommet de La Valette à Malte sur la migration se tiendra du 11 au 12 novembre. Plusieurs chefs d’Etats et de gouvernement des pays européens, africains et autres sont attendus à ce sommet.

En vidéo conférence de presse hier dans les locaux de l’Union Européenne, depuis Bruxelles, et suivi dans onze pays africains, un haut fonctionnaire européen est revenu largement sur les enjeux du sommet.

De son exposé liminaire, on retient que le sommet trouve ses explications dans la montée ces derniers mois d’un nombre sans précédent de migrants et de réfugiés en Europe.

Ces migrants et réfugiés viennent des pays asiatiques, du Moyen orient, d’Afrique et se déplacent pour différentes raisons : « Ils fuient les conflits, l’instabilité politique et économique, les violations des droits de l’Homme et la pauvreté ».

Pour faire face aux problèmes crées par les migrations, le Conseil européen, selon le conférencier, a demandé la tenue d’un sommet international pour examiner les questions relatives aux migrations avec les pays africains et d’autres pays concernés au premier plan.

La conférence s’appuiera sur les processus de coopération existant entre l’Europe et l’Afrique, en particulier les processus de Rabat et de Khartoum sur les migrations et sur le dialogue UE-Afrique sur la migration et la mobilité.

« L’UE et l’Afrique travailleront dans un esprit de partenariat afin de trouver des solutions communes aux défis et d’intérêts communs », a laissé entendre le haut fonctionnaire européen.

Le sommet portera sur les enjeux, mais également sur les opportunités que représentent les migrations. Il sera également l’occasion de reconnaître que la gestion des migrations relève de la responsabilité commune des pays d’origine, de transit et de destination. A en croire le conférencier, les discussions entre les participants porteront essentiellement sur cinq domaines spécifiques : remédier aux causes profondes du problème en s’efforçant de contribuer à établir la paix, la stabilité et le développement économique, intensifier les travaux visant à promouvoir et organiser les voies de migration légales, renforcer la protection des migrants et des demandeurs d’asile, en particulier des groupes vulnérables, s’attaquer plus efficacement à l’exploitation et à la traite des migrants, coopérer plus étroitement pour améliorer la coopération en matière de retour et de réadmission.

L’une des mesures phares du Sommet sera la mobilisation des moyens financiers. Et le Mali compte beaucoup sur la mobilisation des fonds d’affectation spéciale d’urgence de l’UE pour la stabilité et la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique. Ce fonds fiduciaire faut-il le noter, permettra de financer des projets à créer des possibilités d’emploi et à soutenir les services de base pour les populations locales.

La rencontre sera l’occasion pour le chef de l’Etat, IBK de défendre la politique malienne de migration. 120 milliards de F CFA sont a mobilisé « pour faire de la migration un facteur de développement ». La politique nationale de migration, un ambitieux projet de 120 milliards F CFA s’articule autour de deux volets essentiels : la gestion des migrations dans le cadre des normes internationales et la volonté de mettre un lien entre la migration et le développement. Il s’agit à travers cette politique de mettre en œuvre tout un ensemble de mécanismes pour favoriser l’investissement de la diaspora et organiser la migration légale. Les autorités maliennes sont conscientes que pour qu’il y ait une gestion équilibrée de la migration, « il y a une nécessité impérieuse de stimuler une approche commune entre les partenaires des pays de départ, de transit et d’accueil et avoir comme priorité la mise en œuvre de mesures concrètes et la mobilisation des ressources humaines et matérielles ».

 

Migrations : Près de 1,6 million de Maliens à l’extérieur, selon l’OIM

Avec Tamani

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, participe depuis hier après-midi au sommet euro-africain de La Valette (Malte) sur la migration. Une conférence importante pour notre pays qui, selon  l’Organisation internationale des migrations (OIM), compte 1 578 695 ressortissants à l’extérieur du pays, dont 32 % en Côte d’Ivoire, 28 % au Burkina Faso, 10 % en Guinée, 6 % au Nigeria et 5 % au Ghana…

Selon le communiqué, le sommet portera sur les enjeux, mais également sur les opportunités que représentent les migrations. Il sera également l’occasion de reconnaître que la gestion des migrations relève de la “responsabilité commune des pays d’origine, de transit et de destination”.

Les discussions entre les participants porteront sur les moyens de remédier aux causes profondes de la migration, d’intensifier les travaux visant à promouvoir et à organiser les voies de migration légales, de renforcer la protection des migrants et des demandeurs d’asile, de s’attaquer plus efficacement à l’exploitation et à la traite des migrants et, enfin, de coopérer plus étroitement pour améliorer la coopération en matière de retour et de réadmission.

Pour le Mali, pays d’émigration par excellence, ce sommet est d’une importance capitale compte tenu du fait que les Maliens ont été très nombreux dans les récents naufrages de migrants. Par ailleurs, en 2014, selon le ministère des Maliens de l’Extérieur, 225 migrants croupissaient dans les geôles libyennes, alors que de nombreux autres sont privés de leur liberté en Angola, en Guinée équatoriale, au Gabon, etc.

Au total 54719 migrants maliens ont été rapatriés de 2002 à 2010, selon des chiffres officiels.

Sur la base des données des recensements pour la période 1995-2005, l’Organisation internationale des migrations (OIM) estime que 1 578 695 Maliens vivaient à l’extérieur du pays, dont 32 % en Côte d’Ivoire, 28 % au Burkina Faso, 10 % en Guinée, 6 % au Nigeria et 5 % au Ghana…

Selon les données disponibles, le montant des transferts d’argent des émigrés maliens étaient estimés à 431 milliards de FCFA en 2012.

Les enjeux de l’émigration sont énormes pour le pays et dans les zones rurales des régions comme Kayes, une grande partie des infrastructures sociales de base (centres de santé, adduction d’eau, écoles…) est réalisée par des émigrés.

Pour faire face à l’émigration clandestine, le gouvernement a doté le pays en mai dernier, d’une Politique nationale de migration, qui nécessite la mobilisation de 120 milliards de F CFA.

Cette politique s’articule autour de la gestion des migrations dans le cadre des normes internationales et de la volonté de mettre en lien la migration et le développement.

A Malte, le président malien va faire le plaidoyer en faveur de cette politique afin de mobiliser les ressources nécessaires à sa réalisation.

Bakary Doumbia est le représentant de l’OIM au Mali. Au micro de Studio Tamani, il explique : “Aujourd’hui quand on parle des pays qui fournissent le plus grand nombre de migrants dans le circuit des migrants irréguliers, il y a le Mali, la Gambie, le Sénégal, le Nigeria. Ceux-ci sont les plus grands pays. Et il se trouve que le Mali se situe sur la route des Sénégalais, des Gambiens qui utilisent le Mali pour rejoindre le Niger et ensuite ils vont en Libye. La Libye est devenue maintenant le point de départ principal pour l’Europe. Donc le Mali est un pays de départ des migrants mais le Mali est aussi un pays de transit pour beaucoup de migrants. Donc sur 10 migrants qui traversent le Mali, il y a environ 25 à 30% qui sont Maliens et le reste, c’est aussi d’autres personnes qui traversent le Mali mais qui ne sont pas de nationalité malienne”.

Sommet de Malte sur la migration : DANS UN ESPRIT DE DIALOGUE ET DE SOLIDARITE

Envoyé spécial – M. KEITA – Essor  – 12/11/2015 

La rencontre offre une opportunité à l’Europe et l’Afrique de trouver une solution efficace au drame de l’émigration illégale

Plusieurs dirigeants européens et africains ont participé hier à Malte à l’ouverture du Sommet international consacré à la migration. L’enjeu de cette rencontre est la création par l’Union européenne d’un fonds fiduciaire destiné à maîtriser les flux migratoires des Africains vers l’Europe. Estimé à 1,8 milliard d’euros, ce fonds permettra notamment aux pays d’origine des migrants d’initier des projets de développement durable pour pouvoir maintenir sur place les futurs candidats à l’immigration risquée.

Pays d’émigration par excellence, le Mali est représenté à ce sommet par une forte délégation conduite par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita qui est accompagné du ministre des Maliens de l’extérieur, Abdramane Sylla, du ministre de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Cheickna Seydi Hamadi Diawara, du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Salif Traoré et du président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur, Habib Sylla.

Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a indiqué que cette rencontre offrait une opportunité pour l’Europe et l’Afrique de trouver une solution efficace au drame de l’émigration illégale. Pour cela, il a appelé les dirigeants des deux continents à unir leurs efforts, afin de réduire rapidement les flux migratoires et surtout de sauver la vie des milliers de personnes qui tentent chaque jour de traverser les mers.

De son côté, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé qu’il faut mettre l’accent sur le développement dans les pays de départ des migrants pour pouvoir maîtriser le phénomène. Il a aussi évoqué les guerres et l’insécurité qui poussent également les populations africaines et d’ailleurs à immigrer vers le vieux continent.

En sa qualité du président en exercice de la CEDEAO, le chef de l’Etat sénégalais a déclaré que les Etats ouest-africains sont venus à ce sommet avec un esprit de dialogue et de solidarité pour qu’ensemble une solution soit trouvée à la question de la migration illégale. Il a rappelé que seulement 20 kilomètres séparent l’Europe et l’Afrique avant de saluer la particularité des relations des deux continents.

Le président sénégalais a également salué le voisin européen pour avoir accueilli dans la dignité des réfugiés. En même temps qu’il faut sauver les vies, il faut également lutter contre les réseaux criminels de migration qui opèrent dans les pays de transit, a-t-il dit.

Pour le président en exercice de la CEDEAO, la solution à la migration illégale dans nos pays passe par l’éducation, la formation et l’employabilité des jeunes. Il a cité l’exemple de son pays qui a lancé l’opération « terre ferme » basée sur l’exploitation du domaine agricole. Par ailleurs, Macky Sall a indiqué que la CEDEAO a pris acte de la création d’un fonds fiduciaire par l’Union européenne, afin d’atténuer la pression migratoire. Il a souhaité que les conditions d’accès à ce fonds soient inclusives et flexibles pour les pays bénéficiaires. Il a aussi souhaité que la proposition de l’UE de créer des centres de rétention en Afrique soit examinée pour éviter qu’il y ait d’autres frustrations sur le continent.

Après la cérémonie d’ouverture, les travaux se sont poursuivis à huis clos. Les discussions portent sur les causes profondes du problème de migration ; sur la promotion et l’organisation des voies de migration légales ; sur le renforcement de la protection des migrants et des demandeurs d’asile ; sur l’exploitation et à la traite des migrants et sur l’amélioration de la coopération en matière de retour et de réadmission.

 

LE MALI EST L’UN DES PAYS QUI FOURNIT LE PLUS GRAND NOMBRE DE MIGRANTS IRRÉGULIERS

Studiotamani – 2015-11-11

C’est aujourd’hui en fin d’après-midi que va débuter le sommet de Malte consacré à la migration vers l’Europe. Débordée par l’afflux de réfugiés, l’UE va notamment demander à l’Afrique d’accepter davantage de retours de ses migrants irréguliers indésirables en Europe, contre la promesse d’une aide au développement renforcée.

Les dirigeants des 28 États membres de l’UE et de 35 pays africains, à commencer par le Mali, veulent s’attaquer ensemble aux « causes profondes » qui poussent encore autant d’Africains à quitter le continent.

« Ce sommet est un sommet pour agir« , a déclaré mardi le président du Conseil européen. Le sommet a débuté en fin d’après-midi ce mercredi et se prolongera demain jeudi. Cette année, selon les statistiques les plus récentes, un million deux cents mille personnes sont entrées illégalement dans l’UE, principalement par la mer.

Contrairement à l’afflux de réfugiés syriens, les migrations en provenance d’Afrique sont un « problème de long terme » selon les autorités européennes. Aussi veulent-elles, « prendre en compte tous ses aspects: l’instabilité, le climat, la pauvreté, la lutte contre les passeurs, les retours et réadmissions« .

Le sommet devrait déboucher sur un « plan d’action« , avec des projets concrets à réaliser d’ici la fin 2016. Pour inciter certains pays africains à « réadmettre » sur leur territoire davantage de migrants renvoyés d’Europe, des aides financières mais aussi logistiques seront proposées, avec des plans de réinsertion ciblés.

Alors que les fonds envoyés par la diaspora en Afrique sont bien supérieurs aux montants de l’aide au développement, le plan devrait se pencher aussi sur les moyens de réduire les frais facturés sur ces transferts. Les pays africains demandent aussi que soient développés des « canaux de migration légale », tourisme, études et travail, mais les dirigeants européens, inquiets des réactions de leurs opinions publiques, restent très frileux sur ces questions.

Le Mali est l’un des pays qui génère le plus grand nombre de migrants irréguliers. Selon l’Organisation Internationale pour la Migration, le Mali est un pays de départ et de transit. L’OIM estime que sur 10 migrants qui traversent le Mali, entre 25 et 30% sont Maliens.

Bakary Doumbia est le représentant de l’OIM au Mali. Il est au micro de Mahamane Almaïmoune. : « Aujourd’hui quand on parle des pays qui fournissent le plus grand nombre de migrants dans le circuit des migrants irréguliers, il y a le Mali, la Gambie, le Sénégal, le Nigeria. Ceux-ci sont les plus grands pays. Et ils se trouve que le Mali se situe sur la route des Sénégalais, des Gambiens qui utilisent le Mali pour rejoindre le Niger et ensuite ils vont en Libye. La Libye est devenue maintenant le point de départ principal pour l’Europe. Donc le Mali est un pays de départ des migrants mais le Mali est aussi un pays de transit pour beaucoup de migrants. Donc sur 10 migrants qui traversent le Mali, il y a environ 25 à 30% qui sont Maliens et le reste, c’est aussi d’autres personnes qui traversent le Mali mais qui ne sont pas de nationalité malienne ».

Sommet de Malte: l’Algérie veut aussi régler son problème migratoire

Source: RFI – 11-11-2015

L’Algérie voit aujourd’hui arriver un nombre de plus en plus important de migrants sur son territoire. A l’instar des pays africains « frontaliers » de l’Europe, ceux à qui l’Union européenne demande de tout faire pour bloquer les routes de la migration, l’Algérie compte se faire entendre au sommet de Malte, par la voix de son Premier ministre Abdelmalek Sellal.

Sans titre de séjour, les difficultés sont importantes. Cela n’empêche pas des milliers de migrants de vivre en Algérie, comme Aïcha, qui est arrivée à Alger il y a trois ans : « L’Algérie était d’abord quand même une étape, essayer de gagner un peu d’argent et peut-être aller en Europe. Je ne savais pas que j’allais faire jusqu’à trois ans. L’étape a été longue. »

Si le travail des femmes sert surtout la communauté migrante, les hommes construisent parfois des quartiers entiers pour les Algériens, comme le raconte Thierry, Camerounais, qui vit ici depuis dix ans : « Ici je compte plus de dix-huit maisons dans lesquelles j’ai fait les toilettes, la douche, la salle de bain».

Au mois d’octobre, Il y a eu un viol d’une rare violence. Une migrante camerounaise que l’hôpital d’Oran et la gendarmerie ont d’abord refusé de prendre en charge. L’effet d’une claque pour des associations oranaises réunies ce soir-là. « On doit travailler à ce que les pouvoirs publics algériens comprennent que nous sommes devenus une terre d’accueil. Il faut qu’ils se préparent à l’être dans les conditions où les gens seront accueillis en Algérie avec dignité », explique une femme, membre de l’association.

Selon les associations, plus de 4 000 migrants vivent rien que dans la ville d’Oran. Ils s’installent en moyenne pour trois ans en Algérie. Mais tous ces chiffres sont en augmentation constante. Mais la position que le Premier ministre algérien devrait défendre à Malte est qu’un seul type de mesure est envisageable pour l’Algérie : aider au développement des pays de départ.

Sommet de l’UE a malte sur l’immigration : La Fédération des associations des immigrés de Kayes pessimiste

Maliki avec Tamani – L’Indicateur du Renouveau – 11-11-2015

La Fédération des associations des immigrés de la région de Kayes se dit pessimiste quant à l’aboutissement de ce sommet de Malte. Pour son président, « depuis 5 ans, aucun sommet sur l’immigration n’a pu aboutir à quelque chose ». Selon Mamadou Bathily, « avant de parler d’immigration, il faut d’abord développer notre pays ».

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, va participer aujourd’hui au sommet des Etats membres de l’Union européenne à Malte. Ce sommet devrait permettre aux pays de l’UE de se coordonner face à la crise migratoire qui continue à la veille de l’hiver. Plus de 750 000 réfugiés et migrants sont déjà arrivés depuis le début de l’année en Europe, selon l’ONU. La Fédération des associations des immigrés de la région de Kayes se dit pessimiste quant à l’aboutissement de ce sommet de Malte.

Ce sommet permettra au Mali de proposer des solutions pour lutter contre l’immigration. Parmi les propositions du président de la République, la formation des jeunes et leur insertion dans les milieux économiques. Selon le chef de la communication présidentielle, “les risques pris par les jeunes pour l’aventure sont une perte énorme pour le pays”.

“Actuellement nos jeunes partent beaucoup à ce qu’on appelle l’aventure. Ils prennent énormément de risques. Beaucoup d’entre eux meurent dans le désert ou dans la mer, ce qui est une perte énorme pour des pays qui ont besoin de leur jeunesse vaillante pour travailler à l’essor économique du pays…

Le pessimisme de la Fédération des associations des immigrés de Kayes

… C’est un problème pour l’Europe, parce que sous les vagues d’immigration, ils sont arrivés à un point de saturation. Tout ceci concoure à dire qu’il faut trouver des solutions et les solutions préconisées par le Mali sont le développement des zones qui sont les réservoirs d’immigrés potentiels. Il faut y travailler sérieusement avec l’aide de toute la communauté internationale pour donner envie aux jeunes de rester. Ça passe par la formation, ça passe par l’éducation, ça passe par l’aide à l’insertion dans des milieux économiques dans leurs zones.

Et tout ceci sera discuté et le président de la République est mandaté par l’ensemble du peuple malien, par la diaspora (cela a été fait à Paris) pour effectivement mettre en exergue le point de vue du Mali lors de ce sommet”, a expliqué Racine Thiam.

La Fédération des associations des immigrés de la région de Kayes se dit pessimiste quant à l’aboutissement de ce sommet de Malte. Pour son président, “depuis 5 ans, aucun sommet sur l’immigration n’a pu aboutir à quelque chose”.

Selon Mamadou Bathily, “avant de parler d’immigration, il faut d’abord développer notre pays”.

Aujourd’hui ce que nous demandons d’abord, c’est un développement réel de notre pays avant de parler d’immigration. Il est vital pour nous aujourd’hui. Parce que vous savez très bien qu’aucun pays ne peut se développer sans ses bras valides. Or le drame aujourd’hui, c’est que tous ces jeunes qui quittent leur ville n’est pas une bonne chose pour le Mali. Donc ça c’est la première des choses. La deuxième des choses, c’est que pour moi c’est un sommet pour un sommet. Parce que tous les sommets que j’ai suivis depuis 5 ans n’ont abouti à rien. C’est des palabres, et puis une fois rentré chacun chez soi les problèmes demeurent les mêmes. Donc moi je ne vois pas grand-chose pour ce sommet, certainement c’est mon point de vue personnel. Maintenant s’il y a des améliorations par rapport à la situation, tant mieux. Mais je n’ai pas grand espoir, franchement parlé”, a conclu M. Bathily au micro de Studio Tamani.

Sommet de la Valette : Au cœur de la migration irrégulière

Soumaila T. Diarra – source : Le Républicain – 10-11-2015

Un sommet international sur la migration entre l’Union Européenne (UE) et les pays africains et d’autres pays concernés au premier plan se tiendra à La Valette, en Malte, les 11 et 12 novembre 2015. Lors d’une vidéoconférence, un haut responsable européen a indiqué lundi 9 novembre que  le sommet aura des retombées positives pour la prise en charge du développement local en Afrique.

Le sommet portera sur les enjeux, mais également sur les opportunités que représentent les migrations. Selon le responsable européen, il sera question de reconnaitre que la gestion des migrations relève de la responsabilité commune des pays d’origine, de transit et de destination des migrants. Cinq domaines vont être discutés par les participants.

Il s’agit notamment de remédier aux causes profondes du problème en s’efforçant de contribuer à établir la paix, la stabilité et le développement économique. Une bonne partie des migrants africains se déplace pour des raisons économiques.

Malgré une forte croissance, le continent n’arrive pas à offrir suffisamment d’opportunités pour les jeunes. A cela s’ajoutent les dérèglements climatiques caractérisés par les mauvaises récoltes et les sécheresses qui déciment les économies locales.

Autres causes de la migration irrégulière : les nombreux conflits qui secouent l’Afrique depuis plusieurs années. «Regardez ce qui se passe entre les frontières Cameroun-Nigéria-Niger ou le Sahel », a déclaré le responsable européen, faisant allusion à l’insécurité liée aux mouvements djihadistes qui écument l’Afrique de l’Ouest.

Le sommet s’attèlera à intensifier les travaux visant à promouvoir et organiser les voies de migrations légales. Dans ce cadre, l’UE mettra l’accent sur la migration de personnes dont son économie a besoin, notamment à travers l’octroi des bourses pour les étudiants qui auront moins de difficultés à se procurer des visas.

Les participants vont aussi parler de la protection des migrants et des demandeurs d’asile, en particulier des groupes vulnérables. Ainsi, les personnes fuyant les conflits et les persécutions politiques verront une attention particulière à leur situation. Enfin, il faudra que le sommet élabore un plan de lutte contre la traite humaine qui enrichit les passeurs.

Les pays africains et européens pourraient aussi jeter les bases d’une coopération étroite pour améliorer les dispositifs d’aide au retour volontaire des migrants. Le retour volontaire est déjà expérimenté par certains migrants africains qui reviennent dans leurs pays avec un soutien financier en vue d’exercer un métier ou de développer une entreprise.

Migrants: 800.000 « entrées illégales » dans l’UE depuis début 2015

Source: Yahoo Actu – 4 – 11- 2015

Quelque 800.000 « entrées illégales » dans l’Union européenne ont été dénombrées depuis le début de l’année, a déclaré Fabrice Leggeri, le patron de l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex, au quotidien allemand Bild de mercredi.

P.Leggeri, avertissant que l’afflux de migrants en Europe n’a probablement pas « atteint son paroxysme », appelle les Etats européens à placer en rétention les candidats malheureux à l’asile pour les renvoyer « rapidement » dans leur pays d’origine.

Ce chiffre dépasse les dernières estimations du Haut commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), mais le mode de comptage de Frontex permet de recenser la même personne plusieurs fois, avait précisé l’agence mi-octobre.

« Les Etats européens doivent se préparer à l’idée qu’une situation très difficile nous attend dans les prochains mois », alerte M. Leggeri, rappelant que Frontex est chargée de la « surveillance » des frontières mais n’a pas le pouvoir de refouler les migrants.

Il a jugé que les « hotspots », centres d’accueil et d’enregistrement prévus sur les îles grecques et en Sicile, ne permettraient pas de résorber l’afflux de demandeurs d’asile, puisqu’ils ne permettent pas un « séjour prolongé » sur place.

« Celui qui est entré illégalement et n’a aucun droit à l’asile doit être rapidement renvoyé dans son pays », a insisté M. Leggeri, estimant que l’UE a besoin « de structures d’accueil » où les migrants « doivent au besoin être enfermés ».

Le patron de Frontex appelle donc les Etats européens à « faire usage de manière plus conséquente » de leur droit, prévu par les textes européens, de placer en rétention « jusqu’à 18 mois » un étranger en situation irrégulière pour « organiser son retour ».

Ce sujet est le principal point de discorde au sein de la coalition gouvernementale en Allemagne, premier pays d’accueil des candidats à l’asile: les conservateurs souhaitent la création de « zones de transit » le long de la frontière permettant de retenir les migrants pendant l’examen accéléré de leur dossier, comme dans les aéroports.

Les sociaux-démocrates s’y refusent, dénonçant des « camps de masse » ou des « zones de détention » dont ils contestent de surcroît l’utilité.

 

Advertisements
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :