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Sécurité, terrorisme, réconciliation, réfugiés…

by sur 12 novembre 2015

Non, il ne s’agit pas d’un inventaire à la Prévert, mais tout simplement des différents échos émanant du terrain.

Les observateurs notent, avec inquiétude, les connexions entre jihadistes et mouvements religieux dans la sous-région.

Les réfugiés maliens sont toujours plus nombreux à prendre les chemins vers le Niger, en raison des exactions commises par les bandes armés.

Et pourtant les cérémonie d’entente entre tribus n’ont jamais été aussi nombreuses : simple poudre aux yeux pour ne pas effrayer les donateurs ou véritable réconciliation ?

Terrorisme en Afrique de l’ouest : des connexions jihadistes qui font peur

Alpha Mahamane Cissé – L’Indicateur du Renouveau du 12 Novembre 2015

Pendant que les pays ouest-africains et du Sahel hésitent à s’organiser pour faire face à la menace sécuritaire, les connexions terroristes se multiplient. Malgré l’échec du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le jihad se reprend progressivement.

Les nouveaux visages que présente le terrorisme dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel échappent aux Etats. En l’absence d’une coopération franche, les connexions terroristes se multiplient et tentent de s’étendre sur un bon nombre de pays jusque-là épargnés par le phénomène.

L’arrestation au Sénégal la semaine dernière d’un groupe de religieux est la preuve de cette nouvelle forme d’expansion du terrorisme. Ici, nous ne parlons pas de cellules dormantes qui existent et que les forces de sécurité ont du mal à démanteler. Mais, ce qui est inquiétant, c’est désormais la connexion qui existe et qui se renforce entre milieux jihadistes.

Non loin de chez nous, les leaders religieux extrémistes arrêtés au pays de la Terranga ont eu des activités à la frontière de notre pays, ce qui renforce la suspicion. Est-ce qu’ils font partie de ce noyau qui s’organise entre les différentes frontières avec le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ?

Les enquêteurs sénégalais tentent néanmoins de percer le mystère, en attendant que notre pays dresse le portrait-robot des présumés jihadistes repérés dans ces localités. Si c’est connu qu’Aqmi a des ramifications avec Boko-Haram, que Mourabitoune et Forces de libération du Macina travaillent ensemble, un grand flou entoure la nature de la collaboration entre les autres entités terroristes éparpillées dans les pays ouest-africains.

Kouffa ou le mystérieux jihadiste du Macina

Désormais, tous les regards sont tournés vers le cerveau des Forces de libération du Macina Hamadoun Kouffa. Difficile de savoir où il se cache, toutefois de nombreux observateurs estiment qu’il bénéficie d’un soutien de taille dans un pays voisin.

La preuve, à chaque fois que ses éléments mènent une attaque, ils se replient en direction de ce pays dont nous préférons, pour l’heure, taire le nom.A la différence de ses homologues terroristes, le FLM communique peu au téléphone. Ses éléments opèrent soit à moto, à dos d’âne et à pieds en sillonnant villages et hameaux. Ce qui rend leur traque périlleuse pour les forces armés et de sécurité.

Une chose fondamentale, Boko-Haram du Nigeria est devenu depuis un moment une filiale de l’Organisation de l’Etat islamique (EI). Certes, le Mali connaît ce que certains appellent ironiquement Mogo Haram (individu proscrit par l’islam), les Forces de libération du Macina. Son chef de guerre s’appelle Hamadoun Kouffa dont le grand public ne connaît pas vraiment les origines ni les repères.

La seule identité, il réclamerait la paternité d’un Mouvement de libération du Macina. Apparemment, il aurait un adepte, un certain Souleymane Ahmed, né ex-nihilo, qui avait revendiqué la prise d’otages de Sévaré. Tous deux seraient proches du démoniaque Iyad Ag Ghaly, fondateur et gourou du mouvement jihado-terroriste Ançar Eddine.

Le hic est que malgré la présence des Forces armées maliennes (FAMa), françaises et onusiennes, Hamadoun Kouffa prospère dans le Centre du pays comme Iyad Ag Ghaly sévit dans le Nord. D’où cette épineuse question : comment, avec tous les moyens mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international, des terroristes locaux continuent-ils de glisser entre les mailles des filets ?

Nord du Mali : La situation sécuritaire vue par les populations

Réalisé par Bakary SOGODOGO – Le Prétoire du 12 novembre 2015

En marge de la Caravane «Azalaï Kayes-Kidal pour la paix et la réconciliation» qui s’est déroulée du 20 octobre au 5 novembre dans les régions de Gao et Tombouctou, nous avons donné la parole aux populations sur la situation sécuritaire du Nord. Si beaucoup d’entre elles notent une légère amélioration de la situation sur le terrain depuis la signature de l’Accord en mai et juin derniers, plusieurs autres s’inquiètent face aux actes de banditisme dont elles disent être victimes de façon presque quotidienne. Nos vous proposons ici notre micro-trottoir !

Aboubacar Alassane, Combattant du Mouvement Ganda Koy (Ansongo)

«La situation sécuritaire mérite que nous conjuguions nos efforts»

Vraiment, la signature de l’Accord de paix et de réconciliation a été une bonne chose. Mais jusque-là, nous doutons,  pour la simple  raison que la situation sécuritaire n’est pas bonne sur la route de Gao. Chaque fois, il y a des mines qui explosent ou des attaques sur l’axe Gao-Ansongo. Cette situation ne nous rassure pas. Il y a juste quelques jours, une mine a explosé sur la route. Elle n’a pas fait, heureusement, de victime, mais cela inquiète tout de même la population. La situation mérite que nous conjuguions les efforts, mais nous attendons de voir ce que l’Etat va faire.

Aboubacrine Ag Mohamed Elmoctar, Dipômé sans emploi (Bourem)

«La population se déplace sans difficulté»

Depuis la signature de l’Accord de paix et de réconciliation en mai et juin derniers, nous remercions vraiment le bon Dieu. La situation sécuritaire s’est nettement améliorée ici à Bourem, comparée à celle d’avant signature. Plus d’attaque, plus d’agression entre militaires et civils. Nous remercions le Tout-Puissant. La population se déplace sans difficulté aucune.

Amadou Kipsi Maïga, Agent de développement communautaire (Gourma-Rharous)

«Nous risquons d’être victimes d’insécurité alimentaire»

Ma vision de la situation, c’est que la situation sécuritaire d’avant signature de l’Accord de paix vaut mieux que celle que nous connaissons présentement. Cela est clair. Je le dis parce que tous les jours, nous voyons des exactions. Les populations qui habitent dans le Haoussa ont vraiment de sérieux problèmes.

A Rharous, on risque d’être victimes d’une insécurité alimentaire, parce que la population du Haoussa, majoritairement des agriculteurs, n’a presque plus accès aux champs à cause de l’insécurité qui règne dans la zone. Cette année, il n’y a même pas eu de culture là-bas. A longueur de journée, il y a des enlèvements de motos et autres menaces.

Halassane Ould Omar, membre influent de la communauté arabe (Gourma-Rharous)

«La situation s’est améliorée, mais…»

Ici, depuis qu’on a signé l’Accord de paix et de réconciliation nationale avec les mouvements armés, ça va. Il n’y a plus d’attaque, plus d’embuscade. La situation s’est améliorée, mais elle n’a pas atteint le niveau d’avant signature de l’Accord. Tout ce que nous demandons, c’est l’application de ce document, tel qu’il a été signé par les différentes parties et la communauté internationale. C’est à ce prix que la paix, à notre avis, va revenir au Mali. Les gens sont fatigués.

Bocari Cissao, Artisan (Tombouctou)

«Nous avons l’impression d’être en prison»

A l’intérieur de la ville de Tombouctou, il y a la sécurité, mais difficile de se déplacer hors de la ville. A titre illustratif, pour aller à Goundam ou à Diré, le mieux c’est de se déplacer par voie fluviale, sinon on vous tracasse. Et tout le Mali le sait. Personne ne connait le nombre des personnes qui ont été attaquées sur ces routes-là, tellement elles sont nombreuses. Et la situation continue. Nous avons l’impression d’être emprisonnés, parce que nous ne pouvons pas nous déplacer. Cela entrave beaucoup nos activités. Il faut que les autorités remédient à cette situation.

Souleymane Sidibé, Directeur régional de l’Artisanat et du Tourisme et membre de la Commission adhoc de réconciliation des populations du Nord (Gao)

«Tout ce qui se dit, c’est de la démagogie»

Rien n’a pratiquement changé depuis la signature de l’Accord. A 5 ou 10 km de la ville, la vie est impossible. Pour nous qui sommes fonctionnaires, pour aller en mission, il faut se faire escorter. La Minusma, des fois, ne répond pas à nos attentes. Nous, on vit de cela. Tout ce qui se dit maintenant, en toute sincérité, c’est de la démagogie. En dehors de 10 km, rien ne va.

Fatalmoudou Agomir Touré, Elève (Bourem)

«On peut dire que Bourem est en Sécurité»

Nous remercions le bon Dieu, parce que depuis la signature de l’Accord de paix et de réconciliation nationale, on peut dire que Bourem est en sécurité. Il n’y a pas d’attaque, sauf qu’il y eut récemment un cas de banditisme jusque derrière la ville, mais il n’y a pas eu de victime. La population se déplace partout, sans problème.

Fadimata Walet Abdallah, Logisticienne PAT-Mali (Gao)

«Ça va, mais beaucoup reste à faire»

Depuis la signature de l’Accord de paix, je pense que ça va, sauf que tout n’est pas résolu. Il reste beaucoup d’autres choses à faire. Mais le fait que les mouvements armés sont en train de se mettre d’accord, cela est une bonne chose. Et on attend de voir la suite. Je dois par ailleurs noter qu’il y a beaucoup de banditisme dans la zone. Cela est vraiment inquiétant pour ceux qui habitent la région de Gao.

Mme Cissé Fatoumata Adama Maïga, femme leader (Ansongo)

«Je dirai plutôt qu’il y a la sécurité»

Avec l’arrivée des militaires, je dirai plutôt qu’il y a la sécurité. A part la justice, tous les autres services de l’administration sont revenus. Mais, quelques fois, il y a des engins qui explosent sur la route de Gao. Ce fut le cas, il y a quelques jours, à Tacharane.

Mme Touré Bintou Traoré, Présidente régionale de la Cafo (Tombouctou)

«Tant que nous entendons un seul coup de fusil, il n’y a pas de sécurité»

Je dois dire que l’Accord de paix et de réconciliation nationale est une belle initiative, du fait que les populations du Mali, de façon générale, et particulièrement celles du Nord, ont assez souffert. Cet accord sera peut être le remède à beaucoup de maux auxquels nous sommes confrontés. Pour ce qui concerne la situation sécuritaire, je me réserve vraiment. On n’est pas totalement en sécurité. Jusqu’à présent nous avons des inquiétudes, car tant que nous entendons un seul coup de fusil, pour nous il n’y a pas de sécurité. Tant qu’on ne peut pas se déplacer librement, on n’est pas non plus en sécurité. Il ne peut pas avoir de déplacement, même entre les villes proches les unes des autres. C’est pourquoi je dis qu’il n’y a pas de sécurité. Mais, ça va un peu quand même.

Niger : Augmentation du nombre de réfugiés maliens selon le HCR

Source Centre d’actualités de l’ONU – 12 novembre 2015

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré mardi que le nombre de réfugiés maliens au Niger a atteint son plus haut niveau depuis que le conflit a éclaté en 2012 dans notre pays. Des déclarations contestées par les leaders locaux qui estiment plutôt que l’amélioration de la situation sécuritaire favorise des retours des réfugiés.

Malgré la signature d’un accord de paix en juin dernier entre le gouvernement, une milice loyaliste et une coalition rebelle menée par les Touaregs, des milliers de personnes ont fui le Mali vers le Niger voisin au cours des dernières semaines, a indiqué un porte-parole du HCR, Leo Dobbs, lors d’un point de presse à Genève.

“La signature de l’accord d’Alger a apporté des progrès importants vers la paix dans certaines régions du Mali, mais il n’a pas enrayé le flux en direction du Niger et c’est une évolution et un sujet de préoccupation inattendus qui met une pression sur notre opération au Niger”, a déclaré le porte-parole, précisant que ceux qui arrivent dans le pays disent fuir l’anarchie, l’extorsion, les pénuries alimentaires, les rivalités tribales, les combats entre éleveurs et agriculteurs et un vide du pouvoir en l’absence d’un gouvernement malien fort et d’une présence militaire dans l’Est.

Selon le HCR, le nombre de réfugiés maliens au Niger se situait autour de 50 000 durant la guerre civile (2012-2013), qui a pris fin lorsque les troupes françaises et maliennes ont vaincu les forces rebelles. Après les élections présidentielles de 2013, le HCR a par ailleurs aidé à rapatrier environ 7000 réfugiés maliens.

“Au début de cette année, il y avait 47449 réfugiés maliens enregistrés résidant au Niger, dont environ 5000 d’entre eux à Ayorou et dans la capitale Niamey, et le reste dans cinq camps dans les régions de Tillabéry et Tahoua”, a déclaré M. Dobbs, ajoutant que le nombre des arrivées a commencé à augmenter durant l’année, notamment en octobre et début novembre, durant lesquels environ 4000 réfugiés maliens ont traversé la frontière vers le Niger.

Cela porte le nombre total de réfugiés maliens au nombre record de 54000 personnes au début novembre, a déclaré le porte-parole du HCR, ajoutant que 3000 réfugiés supplémentaires attendent actuellement d’être enregistrés.

“Dans les camps au Niger, les gens qui vivaient dans des tentes ont commencé à les remplacer par des maisons faites de boue, ce qui indique qu’ils ne comptent plus sur un retour rapide”, a précisé M. Dobbs, ajoutant que malgré le rapatriement volontaire de 953 réfugiés au cours des 10 premiers mois de l’année, le nombre des nouveaux arrivants et la croissance naturelle de la population a augmenté la population totale de réfugiés de plus de 10%.

Ce nouvel afflux présente des défis majeurs pour le HCR et intervient alors que l’agence a précisément connu une réduction progressive de son budget opérationnel dans le pays, a indiqué le porte-parole. Des déclarations contestées par les leaders locaux qui estiment plutôt que l’amélioration de la situation sécuritaire favorise des retours des refugies. Du côté du gouvernement, on s’interroge aussi sur les chiffres du HCR.

Mali: des rencontres entre communautés pour renouer le dialogue

Par RFI Publié le 11-11-2015 Modifié le 11-11-2015 à 23:33

En dépit des retards que connaît la mise en œuvre de l’accord de paix au Mali, le processus de réconciliation poursuit son avancée. Après le périple de la Caravane Azalaï de la paix la semaine dernière, le ministère de la Réconciliation nationale poursuit sa campagne dans le nord du pays. Mercredi 11 novembre prenaient fin des rencontres intercommunautaires à Ansongo et à Gao à l’initiative du gouvernement et des populations locales. Objectif : réapprendre à se parler.

Sédentaires, nomades, arabes, Kel Tamasheq, Songhois, Bambaras, Bellas. Des centaines de membres de ces communautés de Gao étaient représentées aux rencontres de Gao et Ansongo. Des rencontres telles qu’il en fleurit au nord du Mali sous l’égide du ministre de la Réconciliation nationale.

« Vous savez que la région de Gao, c’est le berceau de l’empire songhois. Ils ont donc l’intelligence de vivre ensemble depuis des millénaires, rappelle Moussa Hari, conseiller technique du ministre. C’est ça le sens de ces rencontres intercommunautaires. Toutes les communautés sont mobilisées, elles sont là dans leurs différences, mais dans leur unité également. »

Aliou Al Mahri, notable arabe de Gao, assure que la réconciliation a déjà été scellée entre les communautés par des rencontres tribales antérieures.

Impliquer les communautés dans la sécurisation

Mais alors que la situation sécuritaire reste préoccupante, il est important selon lui d’impliquer à nouveau les communautés dans les processus de prévention et de règlement des conflits.

« Vous savez ça fait un moment que les communautés ne se sont pas vues, n’ont pas discuté de leurs problèmes entre elles et là ça permet vraiment aux différentes communautés de se voir, d’échanger, explique-t-il. C’est surtout des mesures de sécurité qu’il faut prendre, et là je vois qu’il y a vraiment l’intention de part et d’autre de toutes les communautés à s’investir pour aller vers la paix. »

Plusieurs centaines de personnes ont répondu présentes à Gao et Ansongo. Prochaine étape des rencontres Menaka et le Sac de Bourem.

Mali : L’anarchie et les combats inter-tribaux au nord ont causé une augmentation record du nombre de refugiés maliens au Nige

A.H. – © maliactu.net – 11 novembre 2015

Le quotidien des habitants du nord du Mali est en déphasage totale avec les images miroitant la fin des combats inter-tribaux. Dans la région de Gao, par exemple, les conflits armés entre certaines tribus touaregs perdurent et ont déjà causé une augmentation sans précédent du nombre de réfugiés maliens au Niger.

Le nombre de maliens fuyant les violences intercommunautaires ne cesse de croître notamment dans les cercles de Ménaka et d’Ansongo où les populations sont contraintes de prendre le chemin de l’exil. Environ 4.000 maliens ont récemment franchi la frontière avec le Niger, ramenant le nombre total de réfugiés maliens dans ce pays à 54000 personnes.

Le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) tire la sonnette d’alarme face à ce record de réfugiés maliens qui n’avait été enregistré au Niger, même au plus fort de la crise en 2012.

« Ce nouvel afflux et un nombre sans précédent de réfugiés maliens présentent des défis majeurs pour le HCR, qui a vu une réduction régulière de son budget opérationnel. L’évolution de la situation est à l’opposé de ce que nous avions prévu et de ce à quoi nous nous étions préparés », a déclaré, mardi, le porte-parole du HCR, Leo Dobbs, lors d’un point de presse à Genève.

Selon l’organisation onusienne, les personnes interrogées imputent leur choix à l’exil à l’anarchie régnant dans les zones où elles vivaient, l’absence de l’administration et de l’armée nationale, les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les extorsions, les pénuries alimentaire et les rivalités entre tribus.

Dans une région nigérienne qui a accueilli plus de 2000 nouveaux réfugiés maliens, certains ont expliqué avoir fui leurs localités afin d’échapper aux combats opposant les tribus Idourfane et Daoussak.

Quid des réconciliations intercommunautaires tous azimuts intervenues au nord ?

Cinq mois après la signature de l’accord de paix et de réconciliation, la situation demeure précaire au nord du Mali. Pourtant, d’importantes initiatives avaient été amorcées dans le domaine de la réconciliation.

C’est à la faveur des efforts allant dans ce sens que la Plateforme et la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) avaient annoncé en grande pompe avoir réussi à sceller, le mois d’octobre à Anéfis, une réconciliation historique engageant les différentes tribus touaregs et arabes en conflit. La réalité sur le terrain décrite par le HCR vient ternir l’image reluisante jusque-là montrée à l’opinion.

Parallèlement aux rencontres d’Anéfis qui ont abouti au fameux « pacte d’honneur » conclu entre les groupes armés rivaux et les tribus touaregs et arabes rivales, le gouvernement mène également des actions similaires dans tout le nord malien. Des voix commencent à soutenir que ces rencontres ne concerneraient en réalité que quelques individus nullement représentatifs de quelconques communautés qui agiraient dans le seul but de bénéficier des financements alloués pour leur organisation.

Cette malheureuse évolution de la situation était à craindre

L’application de l’accord pour la paix et la réconciliation traîne depuis sa signature par les différentes parties. Les mesures urgentes comme le retour des services sociaux de base étatiques ou les patrouilles mixtes sont restées au stade de déclaration de bonnes intentions. Globalement, quasiment aucune échéance prévue dans la mise en œuvre de l’accord n’a encore été respectée par les parties et aucun processus d’accélération n’est envisagé pour rattraper le temps perdu.

L’accroissement du nombre de réfugiés maliens constitue un sérieux frein au retour à la normale. Les élections municipales et régionales qui avaient subi de nombreux reports à cause de l’insécurité vont encore être impactées. A défaut de les reporter éternellement, c’est probablement une grande partie du nord qui pourrait finalement en être privée jusqu’à l’instauration de conditions plus propices à leur tenue.

En attendant, au Niger, le HCR crie son impuissance à gérer le flux de réfugiés maliens qui continue de croître contrairement aux prévisions motivées par la signature de l’accord de paix. La solution, évidemment, se trouve en interne, ici au Mali. Il faut tout simplement que l’accord de paix soit appliqué à la lettre et permettre le retour de l’Etat pour mettre fin à l’anarchie toujours d’actualité au nord du pays.

AG AZAMANE  (commentaire)

11 NOVEMBRE 2015 À 15 H 15 MIN

Si, comme le dit le HCR, je cite: « Les personnes arrivées au Niger citent, comme motif de leur fuite en exil, l’anarchie, les extorsions, les pénuries alimentaires, la rivalité intertribale, les combats entre éleveurs et agriculteurs, un vide du pouvoir en l’absence d’un gouvernement fort et la présence militaire dans l’est du Mali », a-t-il ajouté. », je dirais que les accords et pactes d’honneur signés en Octobre 2015 par les chefs tribaux du côté d’Anefif (Kidal-Gao) et de Talataye (Ansongo) ne sont que de la poudre aveuglante jetée aux yeux des autorités maliennes et des organisations internationales médiatrices pour l’Accord de paix, sinon des appâts pour empocher l’argent des valises plaines remises par 3 ministres maliens aux chefs tribaux qui ont menti lors des assises tenues sous les Acacias dans le Tilemsi de Gao.

Le devoir de résultat, ou tout au moins la dénonciation du mensonge de ceux qui ont signé la cessation de leurs conflits inter tribaux – ce sont bien eux qui les avaient occasionnés – doit être réclamer au vu de ce que cet excellent article de presse décrit.

Rencontres communautaires : Le nouveau fonds de commerce

Alpha Mahamane Cissé – L’Indicateur du Renouveau

            Les rencontres communautaires ont la côte ces derniers temps dans le Nord du Mali. Pourtant, elles sont loin d’être l’approche idéale pour le retour de la cohésion. Et pour cause, les financements qu’engrangent ces activités ont pris le pas sur la cohésion sociale recherchée.

C’est un fonds de commerce auquel l’on assiste sur le terrain.

Censée concourir au retour de la paix et de la réconciliation, la multiplication des rencontres communautaires produit plutôt l’effet contraire. En plus de diviser les communautés, elles sont devenues de plus en plus un fonds de commerce pour certains acteurs du processus de paix et des fonctionnaires de l’Etat.

Ici, c’est un marché à ciel ouvert qui se développe où chaque projet mobilise des millions. Un système de rente où des individus s’associent et utilisent les noms d’innocentes communautés pour se faire de l’argent facile. Ainsi, depuis quelques mois, le ministère de la Réconciliation nationale est devenu le centre névralgique de ce nouveau concept. En un mois, ce sont plusieurs rencontres communautaires qui ont eu lieu dans les localités du Nord.

De la rencontre d’Anefis à celui de Gao en cours, en passant par celle qui s’est déroulée à Tombouctou, c’est la face cachée de la crise qui est plutôt visible : le manque de confiance entre les différentes communautés alors que l’objectif de ces foras est de briser la grâce. Car, en amont, elles ne sont pas consultées par les organisateurs de ces regroupements le plus souvent improvisés.

Le hic est que l’impact de ces assises sur le retour de la paix reste mitigé et les populations sont imprégnées de la question de réconciliation et du vivre-ensemble prôné par les plus hautes autorités.

En d’autres termes, l’idéal aurait été d’associer les communautés de base, les acteurs du processus de paix (CMA, Plateforme) afin de garantir l’inclusivité. Ce principe a été occulté par bon nombre d’initiateurs de rencontres communautaires qui s‘enferment dans des thématiques à la mode.

Aujourd’hui, c’est un constat patent : la réconciliation, la paix et autres thèmes ayant trait au processus sont vite financés par les partenaires. La seule condition est que le ministère de tutelle donne sa caution qui est devenu le cœur de cette mafia organisée sur le dos des populations.

Pour toutes ces raisons, des voix se sont élevées pour demander à ce que ce volet puisse être confié à la commission vérité justice et réconciliation.

 

 

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