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21 morts dont 14 étrangers; 3 suspects recherchés

by sur 22 novembre 2015

Mis à jour dimanche 22 à 11h45

Le Président de la République a finalement annoncé le chiffre de 19 victimes dans la prise d’otages au Radisson Blu, dont 14 étrangères.

Deux assaillants auraient également été tués et on recherche activement trois suspects, sans que l’on sache exactement s’ils ont directement participé à l’attaque de l’hôtel où s’ils en ont facilité la logistique.

Le choc de témoins et de rescapés, au lendemain de l’attentat de Bamako

Par Cyril Bensimon (Bamako, envoyé spécial) – Le Monde.fr – Mis à jour le 21.11.2015 à 22h12

Ils sont revenus. Certains sont encore sous le choc, d’autres semblent prendre l’événement avec fatalisme. Au lendemain de l’attaque de l’hôtel Radisson Blu de Bamako, dont le sol du hall d’entrée est encore jonché de verre brisé et de gants chirurgicaux, clients et employés de l’établissement sont de retour sur les lieux, samedi 21 novembre.

Les premiers pour récupérer leurs biens abandonnés à la hâte, les seconds pour prendre des nouvelles de leurs collègues, savoir de quoi sera fait leur avenir. Appuyé sur la barrière tenue par des policiers qui bloquent l’accès à l’hôtel, René Clément se dit « tout nu », sans passeport, sans argent, sans vêtement, mais le plus important n’est pas là, il est sain et sauf.

Selon un dernier bilan de la Minusma, fourni samedi, vingt-deux personnes, dont deux assaillants, ont été tuées dans l’attaque perpétrée vendredi, et six sont gravement blessées. Parmi elles, figurent un Belge, une Américaine, trois Chinois et six Russes. « J’étais dans ma chambre au cinquième étage, et peu avant 7 heures, j’ai entendu une ou deux explosions. Je me suis mis au balcon et j’ai vu dans la rue un homme habillé en jeans et T-shirt en train de tirer. Puis les tirs se sont intensifiés. On entendait le crack des kalash des terroristes et les boums des fusils à pompe des vigiles » raconte cet entrepreneur français qui était arrivé deux jours plus tôt dans la capitale malienne.

Traumatisme de certains

« Après, je me suis caché dans ma chambre, j’ai mis les téléphones sur silencieux et tenté de rester le plus tranquille possible », poursuit cet homme placide, secouru environ quatre heures plus tard par les forces de l’ordre maliennes. « Vers 11 heures, ils ont frappé à ma porte et m’ont dit que c’était stabilisé, même si ça ne l’était pas tant que ça. »

L’assaut s’est terminé en fin d’après-midi. Le chanteur guinéen Sekouba Bambino, lui, est encore traumatisé. « Au début, dit-il, je n’ai pas osé retourner dans ma chambre. Voir le sang de mes voisins par terre, les mots me manquent pour expliquer ce que je ressens. » « Je me suis réveillé avec des tirs de gauche à droite. J’ai cru au début que c’étaient des pétards, mais après j’ai compris que c’était la guerre. Je me suis caché sous le lit et je croyais que c’était fini pour moi. Les policiers ont dû taper pendant quinze minutes avant que je leur ouvre. Maintenant, je n’ai plus le cœur à monter sur scène, mais quand on est né pour chanter, alors on va continuer à chanter », poursuit l’artiste, qui devait se produire samedi soir à Bamako.

Les assaillants parlaient anglais

Selon lui, les deux assaillants qu’il a entendus dans les couloirs parlaient anglais. « L’un a dit “Go, go, go” [“allez, allez, allez”], puis “you understand ?” [“tu comprends ?”]. L’autre lui a répondu “OK”. » D’autres rescapés disent également avoir entendu les djihadistes s’exprimer en anglais.

L’identité, le nombre des auteurs du massacre, revendiqué par le groupe Al-Mourabitoune, fondé par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, « avec la participation de [leurs] frères d’Al-Qaida au Maghreb islamique » sont toujours sujets à interrogation.

Officiellement, deux ont été tués lors de l’intervention conjointe des forces de l’ordre maliennes, de casques bleus de la Minusma et de forces spéciales françaises, mais plusieurs témoins racontent avoir vu quatre assaillants.

Baïda et Penda Cissé tiennent une échoppe de cigarettes au coin de la rue perpendiculaire à l’entrée du Radisson. Le premier dit avoir tout d’abord vu « un homme, teint noir, en tenue militaire, tirer sur les gardes de l’hôtel. Quand j’ai vu un premier garde, puis un second à terre, je suis parti me mettre à l’abri ».

Puis, quelques instants plus tard, son épouse est partie récupérer leur gagne-pain. « J’ai vu trois autres messieurs habillés en Touaregs, avec une tunique noire et un turban. Ils étaient eux aussi teints en noir », dit-elle. Tambacouye Diarra, le maître d’hôtel qui a épaulé les forces de l’ordre pour évacuer les clients cachés dans leurs chambres, raconte avoir croisé « un terroriste ». « C’était un jeune homme simple, noir, qui était habillé d’une casquette bleue, d’une chemise bleue et d’un jeans. »

Les assaillants seraient arrivés à pied

Selon plusieurs témoignages recueillis aux abords de l’hôtel, les assaillants ne sont pas venus à bord d’un véhicule muni de plaques diplomatiques, comme cela avait été évoqué vendredi matin, mais à pied, quelques instants après le passage de cette voiture.

Ont-ils également trié les clients de l’hôtel sur une base confessionnelle, épargnant ceux qui étaient capables de réciter la chahada, la profession de foi musulmane ? Aucun témoin interrogé ne le confirme désormais.

En revanche, Ali Yazbeck, un pâtissier de l’hôtel, blessé de deux balles, l’une au cou, l’autre dans le dos, raconte sur son lit d’hôpital cette scène hallucinante. Après que l’assaillant à la casquette entourée d’un turban lui eut tiré dessus, puis « sur des blancs, des Chinois, des Arabes », M. Yazbeck est parti se réfugier dans un bureau avec deux serveuses. « Il nous a retrouvés et a tiré sur Awa (1), qui a été tuée, et sur Sarah, qui a été blessée. Il n’a rien dit, mais après il est reparti dans la cuisine, où il a pris un morceau de viande, qu’il s’est fait griller avant d’ouvrir le gaz dans toute la cuisine. »

 

  • – NDR : Il s’agit d’Awa Soumaré, jeune mariée de 5 mois, enceinte, nièce de Youssouf Diakité, directeur administratif de l’Association des Municipalités du Mali, que nous avions l’habitude de rencontrer aux réunions de Cités-Unies France.

Le Mali recherche activement 3 suspects au lendemain de l’attaque sanglante à Bamako

21 novembre 2015 sd-sr-hk-sst/cs/sba

Le Mali recherchait activement trois suspects au lendemain de la prise d’otages dans un grand hôtel de Bamako, qui a fait au moins une vingtaine de morts alors que l’état d’urgence décrété par les autorités est entré en vigueur dans le pays.

L’attaque, qui a été revendiquée par le groupe jihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, en coopération avec Al-Qaïda, s’est terminée par l’intervention conjointe des forces maliennes et étrangères, notamment françaises. Elle a été menée une semaine après les attentats qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris, revendiqués par le groupe Etat islamique (EI).

Dans un discours à la Nation diffusé par la télévision publique dans la nuit de vendredi à samedi, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a fait état d’un bilan de 19 morts et de sept blessés, et deux assaillants tués. « Le terrorisme ne passera pas », a-t-il assuré.

Une source militaire malienne avait fait état auparavant d’au moins 27 morts parmi les quelque 170 résidents et employés de l’hôtel Radisson Blu présents au moment de l’attaque et d’ « au moins trois terroristes tués ou qui se sont fait exploser ».

« Nous recherchons activement trois suspects qui pourraient être impliqués dans l’attaque vendredi de l’hôtel Radisson », a déclaré samedi à l’AFP une source de sécurité malienne qui participe à l’enquête, refusant cependant de fournir des précisions « pour ne pas gêner » les investigations.

De même source, l’établissement « est actuellement totalement sous contrôle ». Après l’attaque, les forces de sécurité – des Maliens, avec l’appui de Français, d’Onusiens et d’Américains – avaient ratissé l’hôtel, prisé par la clientèle étrangère.

Un important dispositif de sécurité y demeurait en place, selon des journalistes de l’AFP. Le président Keïta doit se rendre sur le site samedi, selon une source policière malienne.

Le gouvernement malien a instauré l’état d’urgence pour 10 jours à compter de vendredi minuit, lors d’un Conseil des ministres extraordinaire présidé par le chef de l’Etat, rentré précipitamment d’un sommet de pays du Sahel au Tchad en raison de l’attaque.

Cette mesure « permettra de renforcer les moyens juridiques des autorités administratives et compétentes » dans la recherche « des terroristes qui seraient en cavale et d’éventuels complices », selon un communiqué officiel.

Un deuil national de trois jours sera observé à partir de lundi.

– Un samedi presque normal à Bamako –

Après s’être calfeutrés chez eux vendredi, par crainte pour leur sécurité ou sur recommandation de leurs employeurs, de nombreux Bamakois avaient renoué samedi avec leurs activités habituelles: la circulation semblait normale, les commerces avaient rouvert et dans certains quartiers, des jeunes jouaient au football sur des terrains nus…

Un renforcement discret de la sécurité était cependant constaté devant certaines mairies et banques, mais plus important aux environs de certains hôtels, selon des journalistes de l’AFP et des résidents.

Des Russes, trois Chinois, deux Belges, un Américain et figurent parmi les morts de l’attaque, selon leurs pays respectifs. Un Sénégalais employé d’une société pétrolière y a aussi été tué, d’après le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye.

Des étrangers d’au moins 15 nationalités faisaient partie des clients de l’hôtel, dont vingt Indiens et 15 Français – parmi lesquels 12 membres d’équipage d’Air France – qui en sont tous sortis vivants.

L’attaque a été revendiquée par le groupe de Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, précisant qu’il s’agissait d’une opération conjointe avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dans un communiqué lu au téléphone au site mauritanien Al-Akhbar et à la chaîne de télévision panarabe Al-Jazeera.

Elle a suscité une vague de condamnations à l’intérieur du pays mais aussi à l’étranger, notamment par l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali et les groupes armés progouvernementaux, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, les présidents français François Hollande, américain Barack Obama, chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, qui a appelé à une « large coopération internationale » contre le terrorisme.

Cette attaque rappelle la prise d’otages du 7 août dans un hôtel à Sévaré (centre), qui avait fait 13 morts.

Le 7 mars, le premier attentat anti-occidental meurtrier à Bamako, visant un bar-restaurant, avait coûté la vie à cinq personnes, dont un Français et un Belge. Il avait déjà été revendiqué par Al-Mourabitoune.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l’année vers le centre, puis le sud du pays.

Attaque contre le Radisson de Bamako : 14 victimes étrangères

21 novembre 2015

L’attaque sanglante contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako, revendiquée par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune, proche d’Al-Qaïda, a fait 19 morts selon le bilan officiel donné par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta dans la nuit de vendredi à samedi.

Parmi les morts, il y a au moins 14 étrangers de six nationalités différentes :

– Six Russes. Ils étaient employés de l’entreprise de fret aérien Volga-Dnepr, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères, et viendraient tous de la région d’Oulianovsk, où se trouve le siège de la compagnie, selon l’agence Interfax, citant les autorités de la région.

– Trois Chinois. L’entreprise publique chinoise China Railway Construction a confirmé la mort de trois de ses cadres qui étaient en visite au Mali pour discuter de projets de coopération avec des gouvernements africains.

– Deux Belges. L’un d’eux, Geoffrey Dieudonné, 39 ans, était haut fonctionnaire au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ont annoncé les autorités belges. L’identité de la deuxième victime n’a pas été divulguée.

– Une Américaine. Le décès d’Anita Ashok Datar a été annoncé par le département d’Etat, sans plus de précisions.

– Un Sénégalais. Il était employé d’une société pétrolière, d’après le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye.

-Un Israélien a été tué ont indiqué samedi les autorités municipales de la ville de Tsur-Hadassah où il résidait. Shmel Benalal était le président du groupe de consultants Télos, spécialisé dans le développement international de l’éducation, selon l’école Mandela où il avait dirigé des programmes. Il conseillait le gouvernement malien en matière d’éducation, selon des officiels israéliens qui ont souhaité garder l’anonymat.

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