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Radisson Blu : le point sur l’enquête

by sur 24 novembre 2015

Ci-dessous, le point sur l’enquête de l’attaque du Radisson Blu; des complicités sont évidentes et des éléments, notamment un sac de grenades abandonné par les assaillants commencent à parler.

Mais une fois passé l’attentat auquel on a réchappé, il faut continuer à vivre : témoignage d’un varois.

De retour du Radisson au Mali, il faut continuer à vivre

Jeune Afrique – 24 novembre 2015 à 13h33 par Léon Lucide,  président du Centre international d’opportunités d’affaires, une entreprise varoise.

Léon Lucide était à Bamako pour l’inauguration de la filiale Malienne de son groupe, Centre international d’opportunités d’affaires. Il séjournait au Radisson et a vécu l’attaque de l’intérieur. Il a finalement été exfiltré par les forces armées maliennes et l’ONU, aujourd’hui sain et sauf, il témoigne.

La vie c’est cadeau ! Oui, la vie c’est vraiment cadeau. C’est l’enseignement que j’ai tiré de ce tragique épisode, une fois évacué de l’hôtel Radisson de Bamako.

Nos amis Africains sont habitués à entendre cette vérité. Chez eux, elle exprime le peu de valeur qu’a la vie humaine au regard de tout ce qui peut si facilement l’enlever : maladie, fait du prince, banditisme, difficulté économique, maraboutage…

J’ai intégré que pour moi aussi la vie était cadeau, lorsque, reclus dans ma chambre, j’espérais que les rafales à proximité n’étaient pas pour moi, que les pas dans le couloir n’étaient pas en direction de ma porte, que ces fous ne viendraient pas jusqu’à moi.

Je veux dire à mes amis Maliens, eux que j’ai vus désespérés, contrits, honteux même, que nous savons qu’ils ne sont pour rien dans ces folles actions qui ne sont pas d’eux. Qu’ils sachent que notre volonté d’agir à leur coté dans leur pays est intacte. Car pour nous aussi, la vie c’est aussi cadeau, désormais.

La vie c’est cadeau, oui, et pas seulement pour les seuls africains démunis face aux difficultés du quotidien.  Je le sais parce que Dieudonné, ce jeune juriste du Parlement Belge, mon voisin de vol à l’aller qui m’expliquait deux jours avant ce drame, la mission pour laquelle il se rendait auprès  du Parlement Malien : il  est tombé sous les balles de ces usurpateurs de Dieu dont il ignorait tout et qui ignoraient tout de lui. Paix à son âme et courage à sa famille et ses enfants. Pareil pour tous les autres tombés, Maliens, Sénégalais, Canadiens, Chinois…

La folie se fiche maintenant de tout puisqu’elle ne craint même pas la mort

Nous devons désormais prendre conscience que, qui que nous soyons, la vie peut désormais nous être enlevée en un clin d’œil, sans raison, même dans l’hôtel le plus protégé de la ville la plus sûre, de l’État le plus sécuritaire. La folie se fiche maintenant de tout puisqu’elle ne craint même pas la mort. C’est le nouveau paradigme qui s’impose brutalement à nous tous. Nous devrons désormais faire avec.

La vie c’est cadeau, pour nous tous, où que nous soyons, au Radisson Blu, à Bamako ou à Mopti, mais aussi, à Abidjan, à Lomé, à Madrid, à Bruxelles, à Paris…partout.

lors, puisque la vie est à ce point cadeau, pourquoi, avant qu’elle nous soit enlevée aussi gratuitement qu’elle nous a été donnée, ne pouvons nous pas la mettre à profit pour faire don d’un tout petit peu des talents dont elle nous a gratifiés ? Pourquoi donc ne pas saisir la moindre parcelle de notre existence pour améliorer, agir, faire le bien, partager un tout petit peu de ce qu’elle nous a donné, simplement sourire sincèrement à celui que nous croisons. Nous le faisons déjà ? Faisons le encore plus !

Ainsi, à défaut d’éradiquer les terroristes, coupons leur l’herbe sous les pieds !

Nous améliorerons ainsi l’environnement autour de nous, contribuerons à redonner un tout petit peu d’espérance à ceux que nous ne connaissons pas, surtout les plus faibles que nous, gratuitement, sans rien attendre en retour. Ainsi, à défaut d’éradiquer les terroristes, coupons leur l’herbe sous les pieds ! Mettons tout simplement un peu d’humanité dans la vie. Car, en procédant ainsi, chacun aura le pouvoir d’appeler à la désertion, les futurs soldats de leur armée qui pourraient, sinon demain voler la vie d’autres Dieudonné dans d’autres Radisson, d’autres Bataclan ou d’autres terrasses de café, n’importe où dans le monde.

La vie c’est cadeau. Sachons l’apprécier.

Pour ma part, déjà impliqué avec le Centre international d’opportunités d’affaires (CIOA) dans le développement humain par l’initiative économique, je vois encore plus, encore mieux comment orienter nos capacités et nos actions vers cette utopie inscrite il y a 20 ans dans notre charte et qui devient tous les jours davantage une réalité : « Créer un réseau qui soit capable de permettre à chacun de développer ses capacités pour atteindre une autosuffisance financières dans un cadre favorisant les échanges et la solidarité », pour « donner à tous le moyen d’accéder à l’autosuffisance, sans regard à la race, la religion ou la situation économique et sociale ».

Mali : ce qu’il faut savoir de l’enquête sur l’attentat du Radisson Blu

24 novembre 2015 à 09h10 – Par Jeune Afrique avec AFP 

L’enquête progresse au Mali après l’attaque de l’hôtel Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre. Appuyés par des experts français et l’ONU, les autorités maliennes ont mené des perquisitions pour débusquer les complices des auteurs de l’attentat qui a fait au moins 22 morts. Le point sur l’enquête.

Les drapeaux sont en berne à Bamako où la sécurité a été ostensiblement renforcée aux abords des grands hôtels, et plus discrètement devant des mairies d’arrondissement et des banques. Le deuil national de trois jours se poursuit dans tout le pays, mais aussi au Sénégal, en Mauritanie et en Guinée, en mémoire des victimes.

Après le chef de l’État sénégalais, Macky Sall, président en exercice de la Cédéao, le président béninois, Thomas Yayi Boni, s’est rendu lui aussi lundi à Bamako ainsi que le Premier ministre burkinabè, Yacouba Isaac Zida, pour marquer leur soutien au Mali.

Parallèlement aux manifestations internationales de solidarité, l’enquête se poursuit, en collaboration avec des éléments de la police française et de la Minusma. Voici ce qu’il faut retenir des investigations à ce stade.

« Deux terroristes, pas plus », selon le procureur

« Vingt personnes ont péri dans cette attaque avec prise d’otages vendredi, outre les deux assaillants », a affirmé lundi 23 novembre au soir le procureur chargé de l’enquête à la télévision publique malienne.

« Tous les témoins s’accordent pour dire qu’il y avait deux terroristes, pas plus. Je suis catégorique », a assuré Boubacar Sidiki Samaké, alors que certains clients de l’hôtel et l’un des groupes jihadistes qui a revendiqué l’attentat ont fait état d’un chiffre supérieur de participants. Dans le hall de l’hôtel, les enquêteurs ont mis la main sur une valise contenant des grenades et appartenant aux assaillants, a également indiqué le procureur.

La télévision publique, l’ORTM, a diffusé des photos de deux hommes noirs, apparemment morts, présentés comme les assaillants tués, avec un numéro d’appel pour des témoignages les concernant. Des spécialistes français en criminologie sont arrivés pour aider à l’identification des corps. La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) participe aussi à l’enquête.

Des rescapés de la prise d’otages ont affirmé avoir entendu, sans les voir, les assaillants se parler en anglais, sans pouvoir identifier leur accent.

Des complicités locales

« L’enquête avance », a encore assuré le procureur Samaké. Les assaillants ont « bénéficié de complicités pour venir à l’hôtel » mais aussi « pour commettre le forfait », a-t-il assuré.

D’après une source au sein du renseignement malien, les deux assaillants tués n’étaient « pas seuls », c’étaient « bien des étrangers » à la peau noire – de nationalité indéterminée – que « trois à quatre complices » locaux auraient aidés avant leur opération. Au moins trois suspects, complices présumés, étaient activement recherchés, selon le procureur. Mais on ne sait pas encore avec certitude si ces derniers ont été vus ou non le jour de l’attentat au Radisson.

Deux revendications

L’attentat a été revendiqué le jour même par le groupe jihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, « avec la participation » d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Contrairement aux intuitions des enquêteurs, un porte-parole d’Al-Mourabitoune a laissé entendre dimanche 22 novembre que les deux assaillants étaient maliens, en les identifiant par le nom « al-Ansari » qui désigne dans la terminologie jihadiste des combattants autochtones.

Un groupe jihadiste du centre du Mali, le Front de libération du Macina (FLM), a également revendiqué dimanche l’attentat. Selon lui, il a été exécuté « avec la collaboration d’Ansar Eddine », groupe jihadiste d’Iyad Ag Ghaly, par un commando de cinq membres dont « trois sont sortis sains et saufs ». Une collaboration entre plusieurs groupes terroristes n’est pas à exclure, même si la double revendication vise peut-être avant tout à brouiller les pistes. L’attaque s’est en tout cas déroulée le jour où avait lieu, à N’Djamena, une importante rencontre des chefs d’État du G5 Sahel visant à officialiser la création d’une force internationale conjointe.

Belmokhtar ou Ag Ghali, même combat

Dans un entretien avec l’AFP, le chef de la Minusma, Mongi Hamdi, a estimé que « les terroristes sont très bien implantés au Mali malgré les efforts » pour les mettre hors d’état de nuire depuis l’intervention internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France.

Selon le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, Mokhtar Belmokhtar, régulièrement donné pour mort, est toujours vivant. « Il circule », a-t-il dit au sujet du jihadiste algérien réputé séjourner en Libye.

« Tous les jihadistes ont pour colonne vertébrale Mokhtar Belmokhtar. Iyad Ag Ghali est le coordinateur au Mali. Selon la mission, un nom de groupe est utilisé mais les acteurs restent sensiblement les mêmes », a affirmé une source au sein du renseignement malien.

Mali : les assaillants ont eu des complices dans l’attaque du Radisson blu de Bamako

23 novembre 2015 à 11h29 — Mis à jour à 17h09 – Par Jeune Afrique avec AFP

L’enquête se poursuit alors que le Mali entame un deuil national de trois jours après l’attaque meurtrière du Radisson blu de Bamako, qui a fait au moins 21 morts selon le bilan des autorités maliennes et 22 selon la Minusma et des sources hospitalières. Les enquêteurs en sont désormais certains : les auteurs de l’attaque « ont bénéficié de complicités ».

 « L’enquête avance » et elle permettra de « débusquer rapidement les auteurs [de l’attaque] et les traduire devant la justice », a déclaré Boubacar Sidiki Samaké, procureur du pôle juridique spécialisé dans la lutte contre le terrorisme à Bamako, qui dirige les investigations. « Ce qui est évident, c’est qu’ils ont bénéficié de complicités pour venir à l’hôtel, […] et ils ont bénéficié de complicités pour commettre le forfait », a ajouté Boubacar Sidiki Samaké.

Une valise remplie de grenades découverte

Dans le hall de l’hôtel, les enquêteurs ont mis la main sur une valise contenant des grenades et appartenant aux assaillants, a-t-il indiqué. Selon lui, des spécialistes français en criminalité sont arrivés au Mali pour aider à l’identification des corps. La mission de l’ONU au Mali (Minusma) participe également à l’enquête.

Le Radisson Blu a été attaqué le 20 novembre au matin par des hommes armés qui y ont retenu quelque 170 clients et employés. Les forces maliennes, appuyées par les forces spéciales françaises et par des agents des États-Unis et de la Minusma, sont intervenues et ont « exfiltré » 133 personnes, selon le ministère malien de la Sécurité.

Deux revendications 

D’après des sources policière et de sécurité maliennes, l’enquête s’oriente vers « plusieurs pistes », sans certitude sur le nombre et la nationalité des auteurs de l’attaque. Deux groupes jihadistes distincts l’ont successivement revendiquée : le groupe jihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, « avec la participation » d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le groupe jihadiste du centre du Mali, le Front de libération du Macina (FLM).

Au moins trois suspects, complices présumés, étaient activement recherchés. Interrogé sur d’éventuelles arrestations, le procureur Samaké a refusé de se prononcer. Il a tout de même indiqué, sans plus de détails, que des perquisitions et « fouilles domiciliaires » ont été effectuées à Bamako dans le cadre de l’enquête.

 

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