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Divergences sénégalo-maliennes sur les rails

by sur 28 novembre 2015

Alors qu’ils s’apprêtaient à participer à des rencontres sur l’avenir du rail reliant Dakar à Bamako, trois techniciens chinois ont été tués dans l’attentat du Radisson Blu. Le président leur a rendu hommage et les a décorés à titre posthume.

Sur le terrain juridique, et concernant l’avenir de Transrail, on peut dire, sans faire de jeux de mots, que Sénégal et Mali ne sont pas sur la même ligne…

Le Sénégal et le Mali en désaccord sur le futur de Transrail

Jeune Afrique – 26 novembre 2015 à 15h39 – Par Amadou Oury Diallo – à Dakar

Alors que Transrail, concessionnaire de l’exploitation de la ligne ferroviaire Dakar-Bamako, est en pleine crise, le Sénégal et le Mali ainsi que les organisations syndicales de l’entreprise ne parviennent pas à s’entendre sur un schéma de sortie de crise.

Pour les autorités sénégalaises, la résolution de la crise que traverse Transrail depuis plusieurs années passe par le départ de son actionnaire de référence, le groupe Advens (de l’entrepreneur franco-sénégalais Abbas Jaber) qui détient 51 % du capital de la société en charge de l’exploitation de la ligne ferroviaire Dakar-Bamako.

C’est le souhait clairement affiché par Amadou Ba, le ministre de l’Économie et des Finances, devant les députés sénégalais en fin de semaine dernière à Dakar. « Avec Transrail nous sommes dans un processus de rupture même s’il y a un niveau de complexité majeur avec le Mali. L’option du gouvernement est irrévocable et irréversible. On va se séparer d’Abbas Jaber, mais il y a une transition à gérer », a-t-il expliqué.

Le « niveau de complexité majeur avec le Mali » tient au fait que Bamako ne serait pas favorable à cette séparation. Le Mali et le Sénégal détiennent chacun 10 % du capital de Transrail, des opérateurs privés des deux pays se partagent à parts égales 20 %, les 9 % restants devant en principe revenir aux employés de la société.

Déficit chronique

Transrail est dans une situation difficile. Selon Mame Mbaye Tounkara, patron de l’organisation syndicale sénégalaise Sutrail, « sur un parc de 13 machines de tractions convoyeuses de marchandises, Transrail en est maintenant à 6 machines fonctionnelles », a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Pour le leader syndical, « l’entreprise souffre d’un déficit d’exploitation cumulé de 30 milliards de F CFA (45,73 millions d’euros), pour un niveau d’endettement évalué à 50 milliards de F CFA ainsi que des arriérés de cotisations sociales de 23 milliards. Les comptes de l’entreprise sont saisis par les créanciers aussi bien à Dakar qu’à Bamako ».

Pour autant, parmi les travailleurs de Transrail, les positions sont loin d’être homogènes en ce qui concerne le maintien ou non de l’actionnaire majoritaire. Si Sutrail souhaite le départ de ce dernier, l’Union des travailleurs de Transrail/Sénégal conduite par Mamadou Madiodio Diagne et la section syndicale unique UNTM/Transrail/Mali d’Abdoulaye Berthé sont, elles, pour le statu quo.

Dans une déclaration commune et faute d’un plan viable proposé par les États, les deux organisations syndicales proposent d’accorder « à l’actionnaire majoritaire un délai de 4 ans pour qu’il puisse amortir les investissements qu’il aura réalisés et financer les besoins immédiats de réhabilitation du matériel roulant ».

Une concession « inopérante »

Dans une interview publiée dans l’édition n°2863 de Jeune Afrique, actuellement en kiosques, le patron d’Advens – qui a trouvé un accord avec l’État, fin octobre, pour sortir du capital de leader sénégalais de l’arachide Suneor – a rappelé avoir pris le contrôle de Transrail « à la demande de la Banque mondiale, au moment où l’entreprise était à genoux ».

« Le Sénégal et le Mali se sont engagés à plusieurs reprises à amender la concession, qui est inopérante, a-t-il ajouté. Ce n’est toujours pas fait et cela fragilise énormément l’entreprise. Des médiateurs ont été nommés de part et d’autre, ils doivent rendre leur rapport dans les jours qui viennent. »

 

Attaque terroriste à Bamako : le président malien décore les trois victimes chinoises travaillant pour la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako

Source: Agence de presse Xinhua – Mis à jour le 26-11-2015

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé mercredi l’attribution de médailles de commandeur ou d’officiers de l’ordre national du Mali aux trois Chinois tués vendredi dernier dans l’attaque terroriste contre l’hôtel Radisson de Bamako.

Le chef de l’Etat a souligné que les trois ressortissants chinois (qui travaillaient dans le cadre de la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako) ont servi la Chine et le Mali et la coopération sino-malienne de toutes leurs forces jusqu’à l’ultime sacrifice.

Ils ont été « lâchement fauchés par des balles traitresses, inattendues », alors même qu’ils « s’apprêtaient à apporter une pierre nouvelle, une très belle pierre de celles qui nous ont fait tant aimer et respecter votre grand et glorieux peuple, une pierre de taille, pour permettre aux peuples frères malien et sénégalais de communiquer pour le plus grand bonheur de leur peuple respectif », a affirmé le président malien.

« Dormez en paix serviteurs intrépides de l’humanité. Votre nom même est un glorieux triomphe contre les forces obscures du mal. Vive la coopération sino-malienne que vous avez servie de toutes vos forces jusqu’à l’ultime sacrifice », a ajouté le président malien qui a présenté ses « condoléances émues, attristées à toi, Chine, grande Chine, éternelle amie du Mali ».

Ces trois Chinois sont arrivés le jeudi 19 novembre pour une réunion de validation du protocole quadripartite relatif à la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako, a indiqué le ministre malien de l’Energie et de l’Eau, Mamadou Frankaly Kéïta lors de la cérémonie de décoration.

« Ce voyage, après de l’étape de Dakar, était motivé par leur désir de faire avancer dans l’intérêt de notre pays le dossier du chemin de fer Dakar-Bamako aux fins de signature lors du sommet Afrique-Chine de Johannesburg prévu pour la semaine du mois de décembre », a-t-il précisé.

« Cette réunion de validation devait se tenir le 20 novembre, malheureusement, le destin en a décidé autrement », a conclu le ministre.

Le même mercredi, les cinq victimes maliennes (3 membres du personnel, 2 membres du service de sécurité) ont été élevées au grade de chevaliers de l’ordre national du Mali à titre posthume par le président malien.

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