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Entre « experts » et « spécialistes »…

by sur 28 novembre 2015

Un confrère malien fait mouche en parlant des pratiques journalistiques des médias occidentaux, particulièrement des télévisions.

Pas une semaine où, sur les plateaux télés, on nous présente un nouveau « spécialiste », « expert » du terrorisme, de l’islamisme, des touaregs, de l’Afrique, du Sahel, des mouvements terroristes, de la défense, des troupes spéciales, de l’espionnage, du renseignement, émanant de cabinets de consultants, d’offices, de groupes, d’ONG, retraités des services ou de l’armée,  tout aussi spécialistes et experts.

Ils foisonnent, se multipliant au fil des événements.

Et de poser la question : et si on interrogeait des Africains sur leurs propres pays ?

Crise malienne : Les occidentaux et leurs pseudo-spécialistes

Aliou Hasseye – © maliactu.net – 26 novembre 2015

Mali France 24 -La crise malienne est devenue le gagne-pain de nombre d’occidentaux qui se sont convertis en « spécialistes » du Mali, du Sahel ou du terrorisme.

L’inculture de certains occidentaux à propos de l’Afrique n’a jamais été aussi flagrante que ces dernières années où par la force d’un destin malheureux notre pays se trouve sur le feu des projecteurs. Tout le monde a été un jour pris de surprise quand sur une carte de l’Afrique diffusée par une chaine américaine, anglaise ou même souvent française, il découvre que le Mali a miraculeusement immigré en Afrique de l’est ou du sud.

Depuis 2012, les plateaux de télévisions occidentales grouillent de personnes de tous ordres de métiers se targuant d’être des fins connaisseurs du Mali ou de ses problèmes actuels. On retrouve ainsi des journalistes, des professeurs d’université, des écrivains, des fonctionnaires retraités, etc. qui n’ont jamais foulé le sol africain, à plus forte raison malien, n’hésitant pas à évoquer les sources intrinsèques de la crise malienne.

Au plus fort de la rébellion, les thèses véhiculées par ces pseudo-spécialistes défendant une certaine persécution des « minorités blanches » maliennes par la « majorité noire » a changé la perception du monde sur le Mali, un pays paisible et légendairement hospitalier.

Une adaptation permanente à l’évolution de la crise.

Après le foisonnement de « spécialistes » du Mali et de la question touareg au début de la rébellion au nord, nous assistons maintenant à une prolifération de « spécialistes » du Sahel et du terrorisme.

Si de rares vrais connaisseurs du dossier malien et sahélien, à l’image d’André Bougeot, se détachent du lot d’imposteurs, la plupart de ceux qui évoquent notre sort ne s’en imprègnent que via internet et la part d’informations douteuses qui y circulent. La technique est effet simple : il suffit pour certains de faire un tour sur les groupes de discussions d’internautes maliens ou suivre des communautés à obédience terroristes pour s’arroger le label de « spécialistes » de ces questions. Parfois, il n’en faut même pas davantage pour faire un livre entier sur le Mali.

Les approximations et raccourcis qui consistent à calquer les mêmes réalités d’un pays africain à un autre ou à considérer l’Afrique comme un grand ensemble homogène sont des pratiques courantes chez nos chers pseudo-spécialistes. Mais l’Afrique n’est pas un pays et les réalités divergent à bien des égards d’un Etat à un autre. Peu savent cela. Et manifestement, le souci permanent de vérification reconnu aux medias occidentaux dans d’autres domaines ne s’impose pas quand il s’agit de l’Afrique.

Pourquoi ne pas inviter des maliens pour parler du Mali ?

Les maliens sont présents en nombre en France comme dans la quasi-totalité des pays occidentaux, parmi lesquels, on peut trouver des sans-papiers, des ouvriers, des étudiants, des universitaires, des diplomates, des cadres, etc. Bref, une diversité à l’image de la société malienne. Pourtant, ce beau monde est magnifiquement ignoré quand il s’agit de trouver d’interlocuteurs fiables pour évoquer la question malienne et ses corolaires. Cette situation ne découle-t-elle pas d’un mépris ?

Quoi qu’il en soit, vu du Mali, les innombrables « spécialistes » qui prétendent connaitre tout de la crise malienne nous paraissent bien souvent ridicules dans leurs analyses.

Cependant, il existe quelques uns qui ont le mérite d’avoir non seulement étudié le Mali mais aussi d’avoir côtoyé les maliens des zones les plus reculées du pays. Ces rares spécialistes révèlent souvent des aspects de la crise que le malien lambda lui-même ignorait. Le dur labeur de ces amoureux du Mali est malheureusement terni par la prolifération des imposteurs qui, travaillant sur la base de fantasmes, ravirent de plus en plus la place aux fins connaisseurs.

 

 

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