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Terrorisme : entre essaimage et infestation !

by sur 4 décembre 2015

Même si l’Algérie estime que le processus issu des accords de paix avance correctement, un certain nombre de clignotants sont au rouge concernant le terrorisme dans le pays.

Les groupes terroristes armés, se revendiquant de l’islamisme salafiste ou takfirisme sont désormais à l’oeuvre dans le centre et le sud du Mali, sans avoir ralenti leurs actions néfastes au Nord.

Et alors que se profilent de nouveaux dangers dans la sous-région.

Au Nord du Mali, deux dangers pointent le nez : l’infiltration de combattants de l’EI par le biais des réfugiés syriens accueillis par les groupes armés ; et l’infiltration d’éléments de l’EI  qui se déploient actuellement en Libye, sur le type de ce qui s’était passé après l’effondrement du régime de Khadafi.

Une partie des combattants issus de la scission du MUJAO a déjà fait allégeance à Daesh. Celui qui semble bien faire le lien entre tous, c’est l’insaisissable Iyad Ag Ghali, dont il est désormais acquis qu’il possède des protections à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières du Mali… et qui s’est juré d’éradiquer tous ceux qui ont signés les accords de paix!

Bref, il urge que les accords de paix s’appliquent rapidement et concrètement sur le terrain, car si les Etats de la sous région encore à peu près structurés veulent oeuvrer ensemble pour combattre le terrorisme, ils peinent encore à coordonner leurs efforts; notamment en matière de renseignements où c’est toujours le principe du « donnant-donnant ».

Détails ci-dessous.

Keïta et Koufa, l’inquiétant duo terroriste du Sud

Publié le 03 décembre 2015 — Mis à jour  à 18h42 – Par Rémi Carayol

Souleymane-Keïta-à-la-tête-de-la-katiba-Khalid-Ibn-Walid-et-Amadou-Koufa-chef-du-Front-de-libération-du-Macima

Souleymane Keïta, chef de la katiba Khalid Ibn Walid  (« Ansar Eddine Sud ») et Hamadou Koufa, leader du Front de Libération du Macina.

Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Le flou qui entourait il y a encore quelques mois les deux derniers nés de la galaxie jihadiste au Mali, le Front de libération du Macina (FLM) et la katiba Khalid Ibn Walid, plus connue sous le nom d’« Ansar Eddine Sud », se dissipe peu à peu.

Au fil des semaines et des arrestations, les services de renseignements maliens se sont fait une idée assez précise de ce que représentent ces groupes. Pour eux, comme pour les services de renseignements français, pas de doute : aujourd’hui, en dépit du danger que représentent les autres milices jihadistes qui sévissent dans le pays depuis plusieurs années et qui pourraient être derrière la prise d’otages du Radisson de Bamako, le 20 novembre (on ignore encore l’identité exacte des assaillants même si l’attaque a été revendiquée par Al-Mourabitoune et Aqmi), ce sont ces deux entités qui font peser la plus grande menace tant sur le Mali que sur ses voisins méridionaux, qui, jusque-là, pensaient pouvoir échapper au terrorisme salafiste.

Un rapport des services de renseignements maliens daté du mois de septembre, dont J.A. a obtenu une copie, est sans ambiguïté. « Les opérations militaires ont conduit au morcellement de la scène jihadiste », peut-on y lire. Mais « la menace terroriste persiste et s’est quasiment propagée sur toute l’étendue du territoire national avec l’apparition de nouveaux groupes au centre et au sud ».

Selon ce document, Al-Mourabitoune et Aqmi, les deux groupes les plus puissants en 2012, ont été amoindris depuis l’intervention de l’armée française en janvier 2013. Ce n’est pas le cas d’Ansar Eddine, le groupe commandé par Iyad Ag Ghaly.Ce dernier est aujourd’hui le plus influent des jihadistes opérant au Mali – il se terre quelque part entre ce pays et l’Algérie – et pas seulement parce qu’il reste une autorité au sein de la communauté des Ifoghas. Depuis quelque temps, il a entrepris de porter le jihad dans le sud du pays.

La DGSE malienne le présente ainsi comme le parrain des « deux nouvelles franchises » – FLM et katiba Khalid Ibn Walid – qui ont vu le jour cette année. Un des membres de ce dernier groupe, Souleymane M. (arrêté le 8 juillet dans les environs de Sévaré), aurait ainsi effectué trois missions auprès de Iyad afin de se faire remettre de l’argent. Selon la DGSE malienne, qui se fonde sur une lettre interceptée du chef d’Ansar Eddine, le Touareg inciterait les katibas du Sud à « multiplier les attaques contre les postes isolés des forces de sécurité ».

Le FLM, « problème majeur du Mali »

Le premier groupe opère au centre, dans la région de Mopti, sous les ordres d’Amadou Koufa, un prêcheur peul dont on a longtemps pensé qu’il était mort lors de l’attaque de Konna, en 2013. Le FLM a mené des attaques sanglantes contre les forces armées maliennes et a semé la terreur dans plusieurs villages, tuant tous ceux qui s’opposaient à lui. Selon un bon connaisseur de la région, ses hommes font passer le message suivant partout où ils passent : « Ne vous mêlez pas de nos affaires. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. » Le FLM a également mené l’assaut contre un hôtel de Sévaré en août (13 morts).

La DGSE malienne estime à environ 170 le nombre de combattants du FLM, tous – ou presque – de jeunes Peuls. Selon un spécialiste du monde peul, « ce groupe dispose d’un grand vivier de combattants car cette région est délaissée depuis très longtemps par l’État et par les ONG ». Ses hommes « évoluent en moto », « disposent d’armes d’infanterie » et « jouissent de complicités locales ». Koufa, dont les liens avec Iyad sont avérés, revendique « le rétablissement du califat peul d’El Hadj Sékou Amadou » (un empire théocratique qui a prospéré au XIXe siècle) et appelle à faire de Mopti sa capitale. Selon un haut responsable des renseignements militaires français, le FLM est aujourd’hui « le problème majeur au Mali ».

Les liens entre le FLM et le deuxième groupe opérant dans le Sud, la katiba Khalid Ibn Walid, qui revendique l’application de la charia au Mali et qui compte en son sein de nombreux anciens membres de la police islamiste qui a régné sur Tombouctou en 2012, sont extrêmement étroits. « Les deux agissent de façon imbriquée dans la conduite de leurs opérations », indique la note des renseignements. Selon la DGSE, ils auraient « conjointement réalisé sept opérations », dont deux ont été déjouées par les forces de l’ordre. L’une d’elles visait à attaquer un club nautique de Bamako fréquenté par des Occidentaux.

Selon la DGSE, l’homme qui faisait le lien entre les deux groupes se nomme Hassan Dicko (ou « Abou Leila »). Ce Peul de 35 ans est né au Mali et a été élevé dans le Sud, à Kadiolo, mais ses parents sont originaires du Burkina. Cet ancien de la police islamique de Tombouctou est présenté comme le bras droit de Koufa. Il a été arrêté le 5 septembre.

Les combattants d’Ansar Eddine Sud ne sont pas tous maliens

Ansar Eddine Sud a également mené des opérations « en solo », comme les attaques en juin de Fakola et de Misseni, deux villages situés près de la frontière avec la Côte d’Ivoire. Selon une source sécuritaire malienne, la katiba a été considérablement amoindrie en juillet, lorsque l’armée a attaqué sa position dans la forêt de Sama, à l’extrême sud du Mali. Sur la trentaine de combattants qui s’y étaient réfugiés, cinq ont été abattus, quatorze ont été arrêtés par les forces maliennes, puis sept autres, quelques jours plus tard, par les forces ivoiriennes.

Les autres ont fui. Depuis, la DGSE, qui parle de « débandade », a recueilli de nombreux éléments sur ce groupe. Et ce qu’elle a découvert a de quoi alarmer tous les voisins du Mali. « La stratégie est d’autant plus inquiétante que ces moudjahidine, en plus du bénéfice de la couleur de peau, de la langue et de la connaissance du terrain, jouissent de continuités familiales dans toute la zone ouest-africaine, leur donnant la facilité de s’infiltrer, de s’équiper et d’atteindre les positions isolées des forces armées loyalistes sans risque d’être dénoncés », indique le rapport de la DGSE.

L’organigramme d’Ansar Eddine Sud tel qu’établi par les renseignements maliens démontre que ses combattants ne viennent pas du septentrion malien, mais du sud du pays, voire de Côte d’Ivoire et du Burkina, et qu’ils ont des liens un peu partout dans la sous-région. Son émir, Souleymane Keïta, est né au Mali, à Kangaba, à moins de 50 km de la frontière guinéenne, en 1968. Il serait passé, au fil des ans, par le Sénégal, la Gambie, l’Égypte et l’Arabie saoudite, et aurait fait la connaissance de Iyad au milieu des années 2000 à Bamako.

Après l’attaque de ses positions dans la forêt de Sama, il aurait fui vers la Guinée. En juin, il aurait été signalé en Sierra Leone. Son bras droit, Amadou Niangadou (qui est aussi son gendre), a été arrêté en Côte d’Ivoire après la bataille de la forêt de Sama, et transféré au Mali le 19 août. Ce jeune homme de 25 ans, surnommé Djogormé, aurait participé à l’attaque de Konna avec les hommes de la katiba Al-Forkane (Aqmi).

Un autre des lieutenants de Keïta, Mohamed S., est un Peul originaire de Sikasso dont les parents sont ionstallés dans le nord de la Côte d’Ivoire, à Tengréla. Cet homme de 42 ans, surnommé Tiembal, a été arrêté le 1er août à Sévaré. En mai, il se serait rendu à Abidjan, à la demande de Keïta, pour acheter à un Ivoirien d’origine malienne six pistolets mitrailleurs, pour une valeur de 1 million de F CFA (environ 1 500 euros).

Parmi les autres membres de cette katiba, arrêtés ou en fuite, on trouve des Ivoiriens, des Burkinabè, des Maliens du Sud. Ainsi, c’est Sékou T., un Ivoirien de 30 ans, qui aurait planifié l’attaque déjouée contre un club nautique à Bamako. Selon une source sécuritaire ouest-africaine, ces informations ont causé l’émoi dans les pays concernés. « Nous sentions monter la menace depuis quelques années. Aujourd’hui, elle est à nos portes », constate un militaire burkinabé. En octobre, trois gendarmes ont été tués dans l’ouest du Burkina, au cours de ce qui est considéré comme la première attaque d’un groupe jihadiste dans ce pays.

AU NORD, DES GROUPES AMOINDRIS … MAIS TOUJOURS MENAÇANTS

Selon le document des services de renseignements maliens dont J.A. a obtenu une copie, Al-Mourabitoune, le groupe né de la fusion en août 2013 de la katiba Al-Moulathamine (les « Signataires par le sang ») et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), serait « déstructuré ».

« Sa chaîne de commandement a été brisée, plusieurs cadres ont été éliminés, et d’autres [sont] retranchés de façon pérenne en Libye. » En outre, « Al-Mourabitoune apparaît aujourd’hui divisé » entre d’un côté les combattants évoluant en Libye sous les ordres de Mokhtar Belmokhtar, et de l’autre une partie de sa branche malienne dirigée par Adnan Abou Walid al-Sahraoui. Ce dernier a prêté allégeance à l’EI en mai. Mais quelques semaines plus tard, Belmokhtar réitérait depuis la Libye, où il s’est retranché depuis deux ans, son allégeance à Al-Qaïda.

Aqmi, un des deux autres groupes qui sévissent dans l’extrême Nord, a perdu plusieurs de ses cadres et la plupart de ses caches ont été découvertes. L’organisation n’évolue plus qu’aux confins du Sahara, sous les ordres de l’Algérien Yahia Abou el-Hammam, l’émir du « Grand Sahara ». Selon la note de la DGSE malienne, « son effectif total est estimé à 200 combattants, répartis entre trois katibas ».

La première, Tarik Ibn Ziyad, est commandée par un Algérien, Shouaib Abou Abdallah. Elle est basée au nord-est de Kidal. La deuxième, Al-Forkane, qui opère au nord-ouest de Tombouctou, est dirigée par un Mauritanien, Talha al-Libi. Quant à la troisième, Al-Ansar, elle a été « absorbée » par Ansar Eddine.

Mais ces groupes « s’organisent » et « s’adaptent » : ils restent dispersés, changent constamment de position, ne se déplacent plus qu’à moto ou à dos de chameau, n’utilisent que des messagers humains (plus de téléphone) et peuvent toujours mener des opérations kamikazes à Bamako ou ailleurs. L’attaque de l’hôtel Radisson le 20 novembre dans la capitale malienne, a été revendiquée par les deux groupes. Al-Mourabitoune, composé en majorité de combattants peuls (maliens ou nigériens), paraît notamment « déterminé à frapper le Niger ».

Libye, nouveau terreau de l’EI : Un gros risque d’infestation du nord du Mali

Daouda T Konaté – Par Le Challenger – 3 déc 2015

L’organisation de l’Etat Islamique (EI), situé à cheval entre l’Irak et la Syrie est dans l’œil du cyclone. Après les attentats de Paris, une grande coalition mondiale, avec à sa tête la France, s’apprête à passer à l’offensive (dans les airs et au sol) pour son éradication. Se sentant menacé, l’EI à tout point de vue, semble décidé à envahir la Libye et à en faire son nouveau territoire.

De plus en plus, dans les discours des grandes puissances (USA, France, Allemagne, Grande Bretagne, Chine et même la Russie), l’EI est déclaré ennemi N°1 du monde et doit être détruit. C’est dans ce but qu’après les attentats du 13 novembre à Paris qui ont fait 130 morts, le Président français, François Hollande, s’est revêtu de son uniforme de chef de guerre pour faire le tour des capitales occidentales (Washington, Berlin, Moscou, Rome etc.) pour constituer une coalition la plus large possible.

L’EI qui subit déjà de lourdes pertes, a, selon plusieurs observateurs, décidé de migrer vers la Libye, son nouveau terreau. C’est le premier ministre français qui a tiré la sonnette d’alarme. Sur le plateau d’Europe 1, le 1er  décembre dernier, Manuel Valls a déclaré que « la Libye est le futur grand dossier ». Pour Manuel Valls, « La situation en Libye est incontestablement le grand dossier des mois qui viennent ». Il a pointé le fait qu’aujourd’hui sans doute des combattants qui sont en Syrie et en Irak vont en Libye. « Ce terrorisme, cette idéologie totalitaire, mute en permanence », a mis en garde le Premier Ministre. Les risques terroristes, selon lui, vont durer, pas uniquement à cause de ce qui se passe en Syrie et en Irak, mais parce qu’il y a la situation en Libye, en Afrique de l’Ouest.

L’EI qui contrôle de vastes pans de territoire en Syrie et en Irak, a profité du chaos ambiant en Libye pour s’y implanter depuis 2014, d’abord à Derna (est) puis à Syrte en février 2015. Selon des experts de l’ONU, « la Libye, carrefour entre le Proche-Orient, l’Afrique et l’Europe, “a une importance stratégique” pour les dirigeants djihadistes qui y voient “la meilleure occasion d’étendre leur prétendu califat” ».

Le nombre de combattants de l’organisation de l’Etat Islamique en Libye est estimé selon un rapport de l’ONU entre 2.000 et 3.000 dont 1.500 à Syrte, la ville natale de Kadhafi. Ce nombre est sans cesse croissant avec l’arrivée de nouveaux combattants venant de la Syrie et de l’Irak. On signale un mouvement des terroristes de l’EI vers la Libye qui est perçue comme le nouveau terreau apte pour la propension de son sinistre idéologie.

Le Nord du Mali, en phase de stabilisation, est encore une zone fragile où il existe des abris non sécurisés pouvant accueillir ces bandits.

D’ores et déjà, des syriens apparemment des combattants de l’EI sont signalés à In Khalil dans le cercle de Tessalit vers la frontière algérienne. Si des dispositions ne sont prises par les forces présentes au Mali, cette mutation de l’EI vers la Libye est un danger pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

 Nord Mali : Des djihadistes syriens accueillis par des groupes armés maliens

Hachi Cissé – Par Le Matin – 3 déc 2015

Des groupes armés maliens non identifiés accueillent actuellement ce qu’ils appellent refugiés venus de la Syrie. La question taraude et fait grincer des dents au nord du Mali et à Bamako, d’autant que le gouvernement malien n’est apparemment pas au courant.

La télévision Aljazira, images à l’appui, a diffusé en début de semaine des « refugiés » syriens accueillis à Inhalid, au Mali, localité située vers la frontière maliano algérienne. Venus de l’Algérie selon la télévision Aljazira, ces « refugiés » syriens ont semé la peur au Mali tant leur provenance est sujette à caution. Du coup, une question s’impose : que sont-ils réellement ? Des djihadistes sous couvert de refugiés ? Rien n’est moins sûr.

Dans tous les cas, notre source précise qu’ils (les Syriens) ont été accueillis par des groupes armés maliens signataires de l’accord de paix issus du processus d’Alger. Quoique rien d’étonnant quand on sait cette partie du pays est encore un no man’s land qui échappe à l’autorité de Bamako.

« La communauté internationale doit s’occuper des refugiés syriens qui sont venus chez nous. Ce sont nos frères… », a lancé un enturbanné au micro d’Aljazira.

Dès lors, au nord, certains craint l’intrusion du groupe Etat islamique au Mali. Il y’a vraiment de quoi s’inquiéter. Affaire à suivre

Recrudescence des attaques terroristes au Mali : Un coup de poignard dans le dos des artisans de la paix

Boubacar  SIDIBE  – Source: Le Prétoire – 3 décembre 2015

Avec  l’attaque terroriste de l’hôtel Radisson-Blu et celle de Kidal, les terroristes agissant au compte d’Iyad Ag Ghaly et Al-Mourabitoune de  Mokhtar Belmokhtar  veulent remettre en cause un processus de paix qui n’est pas loin d’atteindre le bout du tunnel. Il urge pour que les acteurs du processus revoient leur copie en tenant en échec toute tentative de sabotage afin de préserver les acquis.

En effet, depuis la signature définitive de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le 20 juin dernier, un vent nouveau avait commencé à souffler sur le Mali. Car, la symbolique était forte. Elle marquait la fin d’une ère de tourmente dans notre pays. Alors, tous les regards étaient orientés vers la reconstruction de l’édifice commun pour que jaillisse enfin un océan de bonheur partagé. Il a fallu que l’Accord soit signé pour que les démons de la terreur se réveillent  de leur sommeil. Ainsi, ils ont perpétré une série d’attaques à l’encontre de la population aussi bien du Nord que du Sud.

Ces attaques sporadiques avaient quasiment commencé à donner du fil à retordre aux artisans de la paix.  Un tant soit peu, le retour à la normalité se dessinait à l’horizon. Tout semblait marcher comme sur des roulettes. Car, les protagonistes de la crise malienne se sont vite  rendus à l’évidence  en faisant  la paix. Même si, au demeurant, des promesses d’argent auraient, semble t-il, lourdement pesé dans la balance, le plus important était de regarder vers la même direction. «Guerre sans bonne provision d’argent n’est qu’un soupirail de vigueur.

Les nerfs de la guerre sont les pécunes» disait l’autre. Leurs rêves de se voir attribuer largement de l’argent a été confirmé à l’issue de la visite d’Etat du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, à l’Elysée  au cours de laquelle d’importantes sommes ont été promises, notamment dans le cadre de la reconstruction des régions du Nord.

Au-delà, des dissensions qui plombaient le fonctionnement  normal du  Comité de suivi de l’Accord  (CSA) se sont aplanies; la Commission vérité, justice et réconciliation a été rendue effective, les sites devant servir de lieu de cantonnement des ex-combattants des groupes armés continuent avec un léger retard; des projets à impact rapide lancés par la Minusma à l’attention des populations continuent leur bonhomme de chemin, les rencontres inter et intracommunautaires se poursuivaient et bien d’autres belles initiatives tendant  au règne de la paix et du vivre-ensemble.

Les ennemis de la paix signent leur retour

Au moment où on  s’y attendait le moins, la capitale malienne a été frappée en plein cœur par un attentat terroriste le 20 novembre dernier, avec comme cible privilégiée le huppé hôtel, «Radisson-Blu », où séjournaient plus de  130 personnalités étrangères.

Ce fut une journée horrible qui s’est soldée par la mort de 22 personnes dont  13 de nationalités étrangères. Une première du genre dans la capitale. Elle survient  une semaine après l’attaque de Paris qui a fait 130 victimes.

Le sol de  Paris, tout comme Bamako, a été tâché de sang des innocents. Leur seul crime, c’était de se retrouver au mauvais moment et au mauvais endroit.  L’attentat  terroriste de Paris a été revendiqué par le groupe Etat islamique et celui du Mali par le groupe Al-Mourabitoune de  Mokhtar Belmokhtar.

C’est par ces horreurs innommables que les ennemis de la paix ont signé leur retour au Mali au moment où le processus de sortie de crise a enregistré des avancées importantes sur bien de plans. Comme si cela ne suffisait pas, le samedi dernier, la Minusma a encore subi des pertes en vies humaines. Le camp de la mission onusienne de Kidal  a été  la cible d’une  attaque  terroriste, causant la mort de trois personnes et faisant plusieurs blessés. Cette recrudescence des attaques terroristes tombe comme un cheveu dans la soupe de tous les acteurs engagés au Mali afin de rétablir la grandeur de notre pays.

Si l’attaque de l’hôtel Radisson-Blu a été revendiquée par Mokhtar Belmokhtar, via la chaîne Qataris Al Jazzera, celle de Kidal a été revendiquée par un responsable d’Ansar Dine  d’Iyad Ag Ghaly. «Nous revendiquons au nom de tous les moudjahiddines l’attaque contre le camp de Kidal, qui est une réponse à la violation de nos terres par les ennemis de l’Islam», a confié Hamadou Ag Khallini à un journaliste de l’AFP.

Sans conteste, tout  porte à croire qu’avec  l’attaque terroriste de l’hôtel Radisson-Blu et celle de Kidal, les terroristes agissant au compte d’Iyad Ag Ghaly  et d’ Al-Mourabitoune de  Mokhtar Belmokhtar  veulent remettre en cause un processus de paix qui n’est pas loin d’atteindre le bout du tunnel.

Tenir à tout prix le pari  de la réunification

En dépit des actes de sabotage posés par les groupuscules terroristes, les autorités maliennes aussi bien que la communauté internationale engagée au chevet du Mali sont condamnées à tenir le pari de la réunification du Mali à travers la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Ayant compris implicitement le message, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Mongi Hamdi a, après avoir condamné fermement ces attaques, réaffirmé toute sa détermination à soutenir le Mali. «Je souhaite réaffirmer que ces attaques n’entameront pas la détermination des Nations Unies à soutenir le peuple malien et le processus de paix, y compris à travers son assistance à la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali», a-t-il déclaré.

De son côté, Pierre Buyoya, le Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, a condamné ces différentes attaques perpétrées.        Toutefois, il a estimé que ces attaques témoignent la gravité de la menace que les groupes terroristes font peser sur la mise en œuvre de l’Accord. « Dans ce contexte, aucun effort ne doit être ménagé pour approfondir la coopération sécuritaire et assufrer la mutualisation des moyens, tel qu’envisagé par les pays du processus de Nouakchott»,  a-t-il précisé. En tout cas, l’épée de damoclès des djihadistes  qui plane sur le processus de paix au Mali n’est pas de nature à favoriser le retour définitif de la paix. Il urge que les artisans du processus revoient leur copie en tenant en échec toute tentative de sabotage afin de préserver les acquis.

Terrorisme : au sein du G5 Sahel, c’est « donnant-donnant »

Jeune Afrique Publié le 03 décembre 2015 — Mis à jour à 19h43 – Par Christophe Boisbouvier

Un système de communication informatisé et sécurisé pour échanger du renseignement sur les terroristes de la sous-région : c’est le projet ambitieux du G5 Sahel, la nouvelle organisation qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Ce 20 novembre, à N’Djamena, les présidents Michel Kafando, Ibrahim Boubacar Keïta (quelques heures seulement puisqu’il a dû rejoindre Bamako en urgence après l’attaque de l’hôtel Radisson), Mohamed Ould Abdelaziz, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby Itno se sont réunis en sommet pour faire avancer le projet. Vont-ils être capables de surmonter leur égoïsme national et de partager l’un des marqueurs de leur souveraineté respective, la collecte du renseignement ? Entre le Mali et la Mauritanie, les relations ont été en dents de scie ces cinq dernières années.

En revanche, entre le Mali et la Côte d’Ivoire – un autre pays menacé par les terroristes -, l’échange de renseignements fonctionne déjà. C’est grâce à cela qu’en août sept jihadistes maliens présumés ont été arrêtés en Côte d’Ivoire puis extradés vers leur pays d’origine. Pour que cette coopération soit efficace, « l’échange d’informations doit se faire de manière instantanée, pratiquement en temps réel », précise le ministre nigérien de l’Intérieur, Hassoumi Massaoudou.

Dans le monde du renseignement, c’est « donnant-donnant ». Pour recevoir de l’information de la part de son partenaire, il faut être capable de lui en donner. À ce jeu, plusieurs spécialistes disent que le Niger et la Mauritanie sont les meilleurs. « Les services nigériens ont fait un gros effort d’infiltration dans les milieux jihadistes du Nord-Mali », confie l’un d’entre eux.

Le Mali en retard par rapport à ses voisins

Le Mali, en revanche, est à la traîne. Pas de maillage systématique du territoire par les services spécialisés – il n’y a que 4 000 policiers et 4 000 gendarmes pour un pays de plus de 1,2 million de kilomètres carrés… Pas de collaboration avec des associations comme Tabital Pulaaku – l’« Internationale peule » – afin de neutraliser les terroristes du Front de libération du Macina, dans la région de Mopti-Sévaré.

Aujourd’hui encore, quelques chefs jihadistes qui se livrent à de juteux trafics transsahariens parviennent à établir des connexions avec certaines autorités maliennes, commente un haut fonctionnaire malien

Par ailleurs, « beaucoup de nos agents sont mobilisés pour espionner le camp politique d’en face et pas les milieux terroristes », regrette un haut fonctionnaire malien. Qui plus est, le professionnalisme laisse à désirer. « Il y a un gros problème d’étanchéité et de préservation du secret, poursuit-il. À la fin du régime du président ATT [Amadou Toumani Touré], des gens liés à Aqmi avaient réussi à se rapprocher de l’état-major particulier de la présidence.

Aujourd’hui encore, quelques chefs jihadistes qui se livrent à de juteux trafics transsahariens parviennent à établir des connexions avec certaines autorités maliennes. Et quand les militaires français de Barkhane découvrent que les gens qu’ils ont arrêtés se retrouvent en liberté, ils s’arrachent les cheveux. »

Dans ce « donnant-donnant », les services français et américains sont censés apporter du renseignement technologique – images et écoutes obtenues par drones, avions et satellites -, tandis que les services africains doivent fournir du renseignement humain, à l’aide d’espions infiltrés dans les zones jihadistes.

Une méthode payante sur le front anti-Boko Haram

Officiellement, ça marche, notamment sur le front anti-Boko Haram. En mai, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a rencontré cinq de ses homologues africains à Niamey. Grâce à ses avions Rafale, la France fournit à l’armée nigériane de l’imagerie analysée.

Les États-Unis, de leur côté, ont annoncé l’envoi dans le Nord-Cameroun de quelque trois cents militaires, spécialisés notamment dans le renseignement. Mais en réalité, l’échange d’informations est loin d’être optimal. « Apporter du renseignement utile aux forces sur le terrain, ça n’existe pas vraiment dans les armées africaines », souffle un spécialiste français. « Nos partenaires occidentaux ne nous disent pas tout », regrette notre haut fonctionnaire malien.

Pas d’échange sans confiance. Et en attendant, les jihadistes continuent de circuler sur toute la bande sahélienne.

Terrorisme: La Nébuleuse Jihadiste Au Mali

Tiébilé Dramé, ancien ministre des Affaires étrangères – Jeune Afrique –  Seneweb  2 décembre 2015

L’attaque du 20 novembre contre le Radisson Blu n’a pas encore livré tous ses secrets.

Elle a d’abord été revendiquée par le groupe Al-Mourabitoune (qui aurait agi conjointement avec une katiba d’Aqmi, Al-Forqane), puis par les Forces de libération du Macina (FLM), dont le leader serait le prêcheur malien Hamadoun Kouffa Diallo.
Qui sont les principaux acteurs de l’islamisme radical qui continuent d’ensanglanter le Mali, le delta intérieur du fleuve Niger et la lisière du Sahel occidental ?

Al-Mourabitoune : dirigé par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, surnommé le « Ben Laden du Sahara », ce groupe est composé de Maliens et d’étrangers. Sa marque de fabrique : les attentats kamikazes et les attaques spectaculaires contre des objectifs identifiés.

Sariat al-Ansar : c’était la seule phalange d’Aqmi dirigée par un Touareg malien, Hamada Ag Hama, alias Abdelkrim le Targui, membre de la tribu des Ifoghas, qui a trouvé la mort en mai dernier lors d’une opération des forces françaises de l’opération Barkhane. Les assassinats ciblés, les attaques contre les Occidentaux, le business des otages sont les spécialités de ce groupe… malien, responsable de l’exécution des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Sariat al-Forqane : cette branche d’Aqmi aurait, selon la première revendication, co-réalisé l’opération contre le Radisson. Dirigée par l’Algérien Yahia Abou el-Hammam, le Forqane s’était notamment illustré par l’enlèvement spectaculaire, le 25 novembre 2011, de touristes occidentaux devant une auberge de Tombouctou. Jusque dans un passé récent, ce groupe exerçait un grand attrait sur de jeunes Maliens originaires du sud.

Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) : pendant l’occupation jihadiste (2012-2013), ce groupe avait beaucoup recruté parmi les Arabes du Tilemsi, les Peuls et les Songhaïs des régions de Gao, Tombouctou et Mopti.

Affaibli par l’opération Serval – ses chefs étrangers ayant disparu –, le Mujao s’est scindé : les uns, sous la conduite d’Ahmed Tilemsi, ont fondé, avec Belmokhtar,
Al-Mourabitoune ; les autres se sont recyclés au sein du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), devenu, à  partir de la défaite de l’armée malienne à  Kidal (mai 2014), un acteur majeur de la crise du Nord.

D’anciens membres du Mujao se sont regroupés dans le triangle Ansongo-Ménaka-Frontière du Niger. Se déplaçant en motos, équipés d’armes automatiques, ils ont semé la terreur pendant des mois dans le Nord-Est. Ils seraient à  l’origine de l’attentat du 1er janvier 2015 qui a coûté la vie à  Aroudeïn Ag Hamatou, maire d’Anderamboukane et frère cadet de l’Amenokal (chef) des Oullimindènes. Enfin, des rescapés du Mujao ont rejoint le mouvement du Macina.

Les Forces de libération du Macina (FLM) : contrairement à  ce que de nombreux anthropologues et journalistes ont écrit çà  et là , le référent de ce groupe n’est nullement l’empire théocratique fondé au XIXe siècle dans l’actuelle région de Mopti. Car un des principaux faits d’armes des FLM est l’attaque, début mai 2015, du mausolée de Sékou Amadou Barry, le fondateur de l’empire théocratique, à  Hamadallaye, dans la droite ligne des salafistes qui ont détruit, en 2012, les mausolées des saints de Tombouctou.

Le fondateur des FLM serait Hamadoun Koufa Diallo, connu dans tout le delta du fleuve Niger pour ses prêches virulents. Il aurait participé aux combats contre l’armée malienne à  Konna (janvier 2013). Il est réapparu en janvier 2015. Les attaques contre Nampala, région de Ségou (12 militaires tués en janvier), contre Tenenkou (3 militaires tués en janvier), Dioura (incendie de la mairie), Diafarabé (1 agent des Eaux et Forêts assassiné, le drapeau national incendié en avril), le meurtre du chef religieux de Barkedji portent la signature des fidèles de cet imam dont les liens avec Iyad Ag Ghaly semblent avérés.

Iyad Ag Ghaly : chef historique des rébellions touarègues, cet Ifoghas est la pièce centrale de la galaxie jihadiste au Mali et le fondateur d’Ansar Eddine, en relation étroite avec Aqmi, notamment la branche malienne de son cousin Abdelkrim le Targui. Son récent appel à  intensifier le jihad dans le pays et sa prise de position contre l’Accord de paix d’Alger intriguent et inquiètent à  Bamako. Si certains de ses lieutenants, dont le commandant Ibrahim g Inawelene, dit Ibrahim Binna, ont été éliminés par Barkhane, son influence dépasse largement le Nord.

Nord du Mali: Al Qaïda menace des tribus

Le Temps (Algérie) – M. A./ Agence – 2 DÉCEMBRE 2015

Des terroristes d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) menacent des tribus du nord du Mali dans une tentative de les dissuader de participer à toute initiative contre cette organisation.

Des membres cette dernière ont, en pleine réunion des membres de la tribu «Oulad Iche» dans la localité de Bouajbi au nord-Est de Tombouctou, arraché le micro et tenu un discours anti-français.

Il s’agit, d’après des médias, dont le journal mauritanien Al Akhbar, de combattants de la katiba «El Fourkan» commandée par le chef extrémiste mauritanien Talha El-Liby. Ce dernier, s’adressant aux participants à la réunion, a affirmé : «Aqmi n’a pas de  ^problème avec les tribus arabes. La France par contre cherche à vous diviser et à vous opposer les uns aux autres», écrit Al Akhbar qui dit disposer de la vidéo à ce sujet.

Les terroristes d’Aqmi ont ensuite lu un communiqué dans lequel ils mettaient en garde les tribus qui tenteraient de collaborer avec la France.

Le communiqué a également accusé la France de «chercher à créer un conflit tribal après l’échec de son intervention» au nord du Mali. L’organisation terroriste Al Qaïda au Maghreb islamique tente de se redéployer au nord du Mali où un attentat perpétré contre la mission onusienne au Mali (Minusma) à Kidal, a tué trois personnes, dont deux Casques bleus.

Un précédent attentant terroriste, revendiqué par la phalange «El Mourabitoune», a ciblé l’hôtel Radisson, à Bamako, faisant une vingtaine de morts. Aqmi cherche des buts par ces attentats. L’un des buts de cette organisation est de mettre en échec l’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali. L’autre but est la recherche de la médiatisation qui ferait croire que Aqmi dispose toujours d’une capacité de nuisance, face à la branche libyenne de Daech. Les deux organisations «rivales» tentent, chacune de son côté, d’attirer le maximum d’extrémistes dans ses rangs. Daech qui occupe une partie du territoire libyen a l’ambition d’étendre sa présence jusqu’au Mali. Perspective refusée par Aqmi qui «concurrence» Daech en Libye en instaurant des camps d’entraînement et tentant de frecruter» dans ce pays où des éléments des forces de sécurité, de l’armée, des civils, des aéroports et des champs pétroliers sont ciblés par des attentats terroristes.

«L’Accord d’Alger se déroule dans un climat serein»

Le processus de mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du Processus d’Alger, «se déroule dans un climat de plus en plus serein et fructueux», a affirmé hier à Alger le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, cité par l’APS.

«Après quelques difficultés de lancement, le processus de mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger, signé les 15 mai et 20 juin 2015, se déroule dans un climat de plus en plus serein et fructueux», a déclaré M. Lamamra dans une allocution à l’ouverture du séminaire de l’Union africaine sur les initiatives de développement dans le Sahel et les perspectives de mise en œuvre de l’Accord.

Il a indiqué, à cet égard, que «des initiatives notables ont été enregistrées comme la tenue des rencontres intra et intercommunautaires d’Anefis, l’absence d’incidents majeurs sur le terrain, la tenue de la conférence de Paris d’aide au Mali, le début du rétablissement des services sociaux de base dans le Nord et le lancement du processus de cantonnement et de déploiement des patrouilles mixtes».

 

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