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Corruption et conditions de vie

by sur 10 décembre 2015

C’était la journée contre la corruption et Dieu sait si c’est l’un des problèmes qui minent les  pays africains… mais pas seulement.

Cette année, le thème en était : la corruption comme frein au développement. Il n’a pas fait recette puisque seule une cinquantaine de personnes étaient présentes lors de l’ouverture par le premier ministre qui s’est montré particulièrement amer.

Le Mali est touché, comme l’indique l’agence Transparency International et, dans le même temps, l’Afrobaromètre livre le fruit de ses études sur les conditions de vie des Maliens.

Largement impactées par la corruption et la mauvaise gouvernance.

Lutte contre la corruption : L’amer constat du Premier ministre Kéïta

Ibrahim M. GUEYE – Par Le Prétoire – 10 déc 2015

Si le thème de la semaine de la lutte contre la corruption est «la corruption, un frein au développement», le Premier ministre, Modibo Kéïta, exprime sa peine et sa gêne d’avoir formulé en 2008 plus de 80 recommandations dont la mise en œuvre fait aujourd’hui défaut.

Invité à prononcer le discours d’ouverture de la semaine nationale de lutte contre la corruption, le Premier ministre Modibo Keïta a fait un plaidoyer accablant et sans complexe sur la question de la corruption en mettant en exergue les maux qui caractérisent ce fléau au Mali. Soulignant un certain laxisme au niveau de toutes les couches de la société,  le chef du gouvernement tire la sonnette d’alarme et pense qu’il est temps que la parole soit suivie d’effets.

Du 9 au 14 décembre 2015, les acteurs de la justice malienne tiennent, au Cicb, les travaux de la semaine consacrée à la lutte contre la corruption autour du thème : «La corruption, un frein au développement». Lors de la cérémonie de lancement, le premier constat du chef du gouvernement était la désaffection de la salle de 1000 places du Cicb.

En effet, sur près de 500 participants attendus pour ce grand rendez-vous, il n’y avait qu’une cinquantaine de personnes. Ce triste constat, selon le Premier ministre, s’explique tout simplement par le fait que des actions concrètes tardent à se manifester.

«Pourquoi se réunir chaque année pour parler de la lutte contre la corruption et la délinquance financière si les paroles ne sont pas suivies d’effets ? C’est décrédibiliser notre démarche. Le jour où on aura des exemples de ce genre, la salle sera remplie», rassure le PM.

Mais qu’à cela ne tienne, Modibo Keïta invite tous les acteurs à lever le tabou et à poser le vrai diagnostic afin que les causes réelles soient identifiées et que les solutions soient appliquées. Selon lui, quand on mesure l’importance du phénomène et la réalité qui est dominée par des pratiques qui se transmettent de façon formelle et informelle qui ont tendance à devenir comme un critère de réussite sociale, nous devons nous convaincre qu’il faut aller toujours de l’avant.

Modibo Keïta est toutefois convaincu que la lutte contre la corruption et la délinquance financière est complexe. A cet effet, il propose de mettre l’accent sur deux démarches. La démarche de la répression et celle de la prévention en provoquant un effet de dissuasion. Autrement dit, il ne faut pas que l’une des démarches exclut l’autre.

«Il faut que s’éloigne de nous l’impunité. Mais il faut surtout que nous ayons les voies et moyens de prévenir. Autrement dit, boucher le trou par lequel le phénomène passe», a souligné Modibo Keïta.

Le PM met en exergue les propos du chef de l’Etat

Pour le chef du gouvernement, nous vivons dans une situation où la considération est mesurée à l’ampleur de la puissance matérielle et monétaire et même au sein de nos familles. Mieux, il dira qu’au Mali les hommes ou les femmes les plus intègres sont considérés comme des personnes qui perdent leur temps.

Une pratique que, dit-il, nous avons même encouragée. «Qui n’a pas vu ici des billets de banque qu’on jette sur la tribune ? Aujourd’hui, dans les administrations, il y a trop d’intermédiaires, trop de courtiers et trop de ‘’coxers’’. Dans notre administration, nous avons des fonctionnaires humanistes extrêmement muets sur leurs droits mais extrêmement bavards et pointilleux sur leurs devoirs. Ceux-ci sont considérés comme des fous qui perdent leur temps, et à côté on joue à autre chose», regrette le Premier ministre.

S’adressant au ministre en charge de la Justice, il dira que pour espérer poser les bases d’une lutte convenable, il faut que la parole soit suivie des effets. Le triste constat, selon lui, se résume aussi en la non-application des recommandations issues des assises ou autres travaux relatifs à la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Le justificatif pour le Premier ministre est  d’avoir été en 2008 le président du Comité préparatoire des états généraux sur la corruption et la délinquance financière, pour avoir édicté plus de 80 recommandations. Il se pose la question de savoir si réellement ces recommandations ont été appliquées.

«Mais qu’est-ce que je peux dire si ce n’est recommander qu’on intensifie la lutte contre la corruption. Mais cela a des limites», déplore t-il. En outre, il met en exergue les propos du Président de la République, IBK qui, selon lui, a rappelé, il y a quelques jours, qu’il avait personnellement transmis plus de 200 dossiers à la justice et qu’il attendait que l’on puisse se manifester.

Pour terminer, le chef du gouvernement rappelle que certes nous sommes dans une société où les relations sont nombreuses, subjectives qui prennent le pas sur l’objectivité. Mais il faut, dit-il, que nous ayons conscience que si on ne fait pas attention, nous allons compromettre l’avenir des jeunes générations.

Mali : Enquête 2015 sur la corruption en Afrique : 18% des Maliens ont dû recourir au «surafèn» en 2014

Ramata Diaouré – Source: 22 septembre – 10 décembre 2015

Transparency International et Afrobaromètre viennent de rendre public le rapport final de l’enquête sur la corruption en Afrique menée auprès de plus de 43 000 personnes au sujet de leur perception et de leur expérience de ces mauvaises pratiques dans leurs pays respectifs.

Si une majorité de Maliens (46%) estime que la corruption n’a pas augmenté en pourcentage au cours de l’année écoulée, il n’en demeure pas moins qu’elle reste une dure réalité à affronter au quotidien.

Rappelons que l’étude a concerné 36 pays africains au total, dont 28 en Afrique sub-saharienne: Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Namibie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie et Zimbabwe.

Les enquêtes ont été menées au Mali par le GREAT, le Groupe de recherche en économie appliquée et théorique, du 1erjanvier au 14 décembre 2014, et ont intéressé des échantillons de 1 200 personnes à chaque fois, pour une population âgée de plus de 18 ans estimée à 6 837 482 habitants.

Il en ressort que, dans notre pays, 70% des sondés estiment que le monde des affaires est le plus corrompu, suivi des juges et autres magistrats (56%) et des forces de police (53%).

Viennent ensuite les agents des impôts, douanes et autres taxes (46%), ceux des services publics en général (45%), les élus locaux (44%) et les officiels gouvernementaux (43%).

Les six classes d’intervenants scrutées pour ce qui est du paiement éventuel de bakchichs ont été les responsables du monde scolaire, les acteurs du milieu médical et hospitalier, les agents de l’administration en charge de la délivrance des documents officiels, les responsable de la fourniture de services, les agents de police et les officiels des cours et tribunaux.

56% des Maliens interrogés estiment que notre gouvernement s’y prend mal en termes de lutte contre la corruption et 18% ont du payer un pot-de-vin à un service public au cours des 12 derniers mois, contre 22% en moyenne en Afrique sub-saharienne.

Ces paiements indus ont été effectués à des éléments de la Police (entre 31 et 45% des cas) et pour l’obtention de documents officiels (Carte d’identité, permis de conduire, etc.) de 16 à 30% des cas, 50% des enquêtés ayant été concernés.

Suivent, dans une moindre mesure, les professionnels des  établissements scolaires, de soins médicaux (fréquentés par 59% des sondés) et de fourniture de services divers (de 1 à 15% des fois).

Corruption au Mali : Comment endiguer un fléau érigé en « critère de réussite sociale » ?

A.H – © maliactu.net – 10 décembre 2015

Au Mali, la corruption tend « à devenir un critère de réussite sociale ». Cette vérité saignante est du premier ministre Modibo Keita. Elle révèle toute l’ampleur du challenge qui s’impose à tous les maliens pour lutter contre le phénomène.

Si la corruption était une maladie, elle serait de la nature de celles contagieuses tant elle se propage dans la société malienne, telle une épidémie. La corruption, propulsée par la culture de l’impunité, devient un phénomène de société dont tout le monde semble s’accommoder dans notre pays. Un fléau qui a atteint toutes les sphères de l’Etat et de la société.

Cette généralisation de la pratique ne laisse quasiment plus d’égard dans nos communautés aux gens valeureux qui s’y refusent. C’est dans cette société malienne où « la considération est mesurée à l’aune de la puissance matérielle et monétaire » que le premier ministre nous a fidèlement dépeind hier l’impact néfaste de la corruption sur nos valeurs.

« Des enfants n’ont plus aucune considération pour leur parent, parce que celui-ci est honnête. A côté de lui, ceux qui ne l’atteignent pas à la cheville parviennent dans la vie. On décrédibilise ainsi les parents consciencieux », a-t-il déploré mercredi lors de la cérémonie de lancement de la semaine nationale de lutte contre la corruption.

« Rompez la chaîne de la corruption », c’est le thème choisi cette année pour la journée internationale de lutte contre la corruption célébrée chaque 9 décembre. Le premier ministre recommande à cet effet deux stratégies indissociables qui, mises en œuvre, produiront certainement des résultats positifs.

Avant de penser répression, penser d’abord prévention. « Obstruer » la voie à la pratique, tel est le combat que s’est donné le gouvernement. Plus facile à dire qu’à réussir quand on mesure l’ampleur et les ramifications du phénomène dans notre pays.

Selon une récente étude de l’organisation Transparency International, 56 % des maliens portent un regard critique sur les actions du gouvernement dans la lutte contre la corruption. Des politiques inefficaces alors que les maliens estiment que tous les secteurs sont gangrenés. Des gouvernants aux responsables traditionnels et religieux, tous sont corrompus à des degrés différents.

On comprend dès lors que le combat est loin d’être gagné. Il en va pourtant de la crédibilité du président de la république qui ne cesse de réitérer les assurances dans ce sens.

Aujourd’hui, le recours à la corruption est une pratique banalisée à laquelle l’on s’adonne de plus en plus sans aucune crainte. L’impunité régnante en la matière encouragera la plupart des 18 % de maliens qui admettent avoir corrompu l’année dernière à récidiver. Il est plus que temps que les annonces du gouvernement soient suivies de résultats concrets pour rétablir la confiance des maliens en leurs gouvernants.

La fatalité pousse les courageux rares honnêtes maliens à simplement fermer les yeux sur les faits  de corruption quotidiens auxquels ils assistent. Elle motive, par ailleurs, de nombreux autres moins déterminés à ne jamais se priver d’un service conditionné au paiement de dessous-de-table : « si je ne le fais pas, d’autres le feront », se disent-ils.

C’est sans doute encore elle qui fait croire à 50 % des maliens interrogés dans l’enquête de Transparency International que le citoyen lambda ne peut pas être d’un grand apport dans la lutte contre la corruption.

L’effort personnel de tout un chacun est pourtant indispensable pour arriver à bout de l’épidémie de la corruption. Comme toute maladie contagieuse, un changement de comportement permet de limiter la propagation afin de mieux traiter les patients atteints. Alors qu’attendons-nous pour adopter les bonnes habitudes ?

 IBK : «Nul ne s’enrichira plus illégalement et impunément sous notre mandat, Inch’Allah», journée Internationale de lutte contre la corruption

Mr Séran SACKO – L’Informateur –  09 Décembre 2015 

À l’instar du reste du monde, le Mali célèbre ce mercredi la journée internationale de lutte contre la corruption pour sensibiliser le monde à ce problème qui a un impact notoire sur l’éducation, la santé, la démocratie, la prospérité et le développement.

Phénomène social, politique et économique complexe, elle sape les institutions démocratiques, ralentit le développement économique et contribue à l’instabilité gouvernementale et s’attaque aux fondements des institutions démocratiques en faussant les élections, en corrompant l’État de droit et en créant des appareils bureaucratiques dont l’unique fonction réside dans la sollicitation de pots-de-vin. Elle décourage les investissements directs à l’étranger et les petites entreprises qui n’ont pas de quoi à donner sont appelées à disparaitre.

La forme la plus connue est le pot de vin qui consiste à donner une certaine somme d’argent pour accélérer une affaire. Lutter contre ce fléau requiert une coopération internationale.

Dans son adresse à la nation à l’occasion de la fête du nouvel an, IBK a décidé de faire de la lutte contre la corruption sa priorité en 2014, année du grand nettoyage. Une façon de rassurer  les bailleurs de fonds internationaux pour qu’ils investissent au Mali.

Annonce circonstancielle ou non, le bilan reste plus que mitigé. En tout cas il est conscient du fait  que les fonctionnaires sont mal payés, ce qui contribue au phénomène mettant le pays à la 127e place sur 177 des pays les plus corrompus selon Transparency International.

Pour combattre ce phénomène le Canada a aidé le pays à mettre en place le bureau du Vérificateur Général. Ainsi depuis des années, des dossiers de malversation sont produits, mais les poursuites comme l’arrestation du patron du PMU Mali sont rares.

ATT disait qu’il ne veut pas humilier un chef de famille, n’est-ce pas là un feu vert aux bandits de grand chemin dont beaucoup sont devenus milliardaires ?

IBK aime dire que nul n’est et ne sera au dessus de la loi, pourtant nous sommes restés sur notre faim.

Même le FMI a dénoncé les surfacturations de matériels militaires et tout ce qui a entouré l’achat de l’avion présidentiel, pourtant les présumés coupables s’en sont tirés à bon compte, un exemple parmi tant d’autres. Il faut reconnaitre qu’en Afrique c’est très dangereux de s’attaquer à la corruption car le plus souvent les plus grands acteurs se mettent à l’abri en finançant les campagnes des partis politiques.

Dans les rapports 2013 et 2014 le Vérificateur Général a fait état d’un manque à gagner de plus de 153 milliards de FCFA égarés dans les méandres de l’administration. Des sous du contribuable malien et l’aide de la communauté internationale.

Mr le Président, les maliens vous observent, et attendent le décret d’application de la loi sur l’enrichissement illicite adoptée en mars 2014, que ces 200 dossiers ne connaissent pas le même sort, finir dans un tiroir.

Surtout ne les décevez pas. Faites appliquer la loi pour finir avec ces pratiques illégales qui ont pour noms la non-application à dessein des textes  législatifs et réglementaires, la multiplication injustifiée des contrats de gré à gré pour éviter les appels d’offres, la réception de biens non conformes aux commandes, l’octroi d’avantages  injustifiés, la fabrication et l’usage de faux documents pour justifier des dépenses fictives, les manipulations des offres par les commissions de dépouillement et d’évaluation dans les opérations de passation des marchés publics, le non-reversement au Trésor Public de ressources collectées, la réalité et l’effectivité de certaines missions administratives,…

Faites appliquer des sanctions administratives, des amendes et des poursuites pénales. La réconciliation pour une paix définitive se saurait signifier l’enrichissement illicite et l’impunité.

Beaucoup a été dit et peu a été fait, les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous. Même le Procureur Général est sceptique à propos de l’annonce de la lutte contre la corruption. Tout réside dans un changement de comportement et une réelle volonté politique. Selon lui une catégorie de fonctionnaires maliens et quelques hommes politiques se sont appropriés de toute la fortune du pays.

Une impunité sans égale entoure ces crimes de détournement de deniers.

A se demander à quoi servent les Pôles économiques et financiers qui coûtent de surcroit des centaines de millions par an au contribuable malien. À tout cela il faut ajouter des nominations qui continuent de susciter des polémiques. Prenons conscience du phénomène, engageons-nous à le combattre.

Là où il y a corrompu, il y a corrupteur. Que les décideurs facilitent les poursuites judiciaires tout en procédant à une gestion rigoureuse de nos deniers. Pardonnez, oui, mais remboursez tout d’abord. À bon entendeur, salut.

 Gouvernance : Une enquête inquiétante sur la corruption au Mali

Source: L’indicateur du Renouveau – 8 décembre 2015

Transparency International vient de rendre public le rapport de son sondage sur la corruption en Afrique et au Mali. Selon ce document, 30% des personnes interrogées au Mali affirment avoir versé des pots de vin à des agents publics et en l’occurrence à des policiers.

56% des personnes interrogées pensent que « le gouvernement ne lutte pas suffisamment contre le phénomène ». Pour un certain nombre d’économistes, « ce rapport est inquiétant et démontre l’échec des politiques mises en œuvre pour lutter la corruption au Mali ».

Les chiffres ont été révélés par le dernier rapport People and Corruption «Africa Survey 2015». Le document a été rendu public le 30 novembre dernier. Selon ce rapport, 75 millions d’Africains déclarent avoir versé un pot-de-vin au cours de l’année dernière.

Au Mali, la police est présentée comme le secteur le plus corrompu. Les membres du Gouvernement arrivent en troisième position, suivis à la cinquième place par les juges et les magistrats.

Les parlementaires arrivent en 6ème position, alors que la Présidence de la République se classe au 8ème rang. Les chefferies traditionnelles et les leaders religieux ne sont pas épargnés. Et le rapport de constater que « les victimes, restent les populations ».

Au Mali, 58 % des personnes affirment que « la corruption a augmenté au cours des 12 derniers mois et 56% pensent que le gouvernement ne lutte pas suffisamment contre le phénomène », révèle le rapport de Transparency.

Toujours au Mali, environ 30% des personnes interrogées disent avoir versé des pots de vin à des agents publics et en l’occurrence des policiers.

Au niveau des écoles et hôpitaux entre 31 et 41%, ont eu recours à ces pratiques. Entre 18 et 30% des personnes ont pratiqué la corruption pour obtenir « des documents administratifs : cartes d’identité, permis de conduire».

Pour un certain nombre d’économistes, « ce rapport est inquiétant et démontre l’échec des politiques mises en œuvre pour lutter la corruption au Mali ». Selon eux, « il faut activer les mécanismes de répression contre la corruption » pour témoigner d’une réelle volonté politique dans la lutte contre ces pratiques.

Au micro du Studio Tamani, Etienne Fakaba Sissoko économiste, chargé de cours à l’Université de Bamako, a confié: « Lorsque vous prenez les agents de la police qui viennent en tête de ce classement, ce sont ceux là qui sont responsables de la petite corruption. Les membres du gouvernement arrivent en 3ème position.

Cela montre bien évidemment que les politiques qui ont été mises en place, notamment la loi contre l’enrichissement illicite votée par l’Assemblée nationale, ne peut pas être appliquée. Lorsque vous prenez les mesures de lutte contre la corruption, vous avez principalement deux mécanismes : c’est d’abord la sensibilisation à travers le vote d’une loi réglementaire. Cette sensibilisation n’a pas porté ses fruits. Il faut passer à la seconde étape qui est la répression. Dans les mécanismes de répression ce sont les magistrats qui doivent jouer un rôle primordial.

Et les juges sont malheureusement cités dans ce rapport. Cela montre que les acteurs qui doivent intervenir dans la lutte contre la corruption, sont ceux-là qui sont responsables de cette situation de corruption. Donc aujourd’hui le citoyen malien se pose véritablement la question de savoir si on a une politique cohérente de lutte contre la corruption, si les acteurs qui sont en charge de cette lutte sont honnêtes dans la mise en œuvre de cette politique, et troisièmement si la volonté politique qui doit être mise en avant dans cette lutte est vraiment affichée par nos autorités ».

Résultats d’enquête d’Afrobaromètre sur les conditions de vie des populations maliennes: Seulement 5% des Maliens estiment vivre dans des conditions idéales

Daniel KOURIBA – Tjikan – 8 decembre 2015

Le Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique (GREAT) en collaboration avec l’Institut de Recherche Statistique, Sociale et Economique (ISSER) a présenté les résultats de son enquête de référence sur la perception des Maliens sur leurs conditions de vie ainsi la distribution des services sociaux de base.

C’était à la faveur d’un atelier organisé à cet effet, le vendredi 4 décembre 2015 à l’Hôtel Olympe de Bamako, en présence du directeur du GREAT, Mansa Coulibaly, des représentants de la société civile, des services techniques de l’Etat et des hommes de média.

Selon cette enquête qui a été réalisée en décembre 2014 auprès de 1.200 participants, la majorité des Maliens pensent que leurs conditions de vie sont mauvaises comparativement  à celles des autres. L’étude a révélé que 41% de Maliens pensent avoir des conditions de vie identiques à celles de leurs compatriotes.

Alors que 34% pensent que leurs conditions sont pires par rapport à celles des autres Maliens, contre 25% qui estiment que leurs conditions de vie sont meilleures par rapport à celles des autres Maliens.

Pour le directeur exécutif de GREAT, Mansa Coulibaly, il y a seulement 5% des Maliens qui estiment vivre dans des conditions idéales, c’est-à-dire avec tout ce dont ils ont besoin. A l’en croire, c’est à Kayes et à Tombouctou que les citoyens sont plus nombreux à penser que leurs conditions de vie sont mauvaises, soit un taux de 64%, suivies de la région de Mopti  (58%).

Quant à la région de Sikasso, la majorité des citoyens pensent que leurs conditions de vie sont bonnes. Dans la capitale Bamako, l’enquête révèle pour des raisons évidentes  que, plus de gens estiment que leurs conditions de vie sont bonnes avec un taux de 38% légèrement supérieur à ceux qui pensent le contraire.

Par ailleurs, l’enquête  montre que  des Maliens n’ont pas de réseau électrique, de système d’adduction d’eau, de système d’évacuation d’eau et de réseau GSM disponible à proximité.

Aussi, ces mêmes Maliens souffrent de la non disponibilité d’écoles, de postes de police, de centres de santé, de marchés, de banques, de moyens de transport payant. A ces difficultés, s’ajoutent l’absence de routes pavées, goudronnées ou en béton et la privation d’une majorité écrasante d’au moins un bien ou service.

L’enquête révèle également que pour accroitre leur bien-être, les Maliens préconisent une augmentation des dépenses d’investissement liées au développement agricole.

Rappelons qu’Afrobaromètre est un réseau de recherche non partisan qui mène des enquêtes d’opinion publique sur la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques et d’autres questions connexes dans plus de 30 pays en Afrique. Six séries d’enquêtes ont été réalisées entre 1999 et 2014 et les préparatifs des enquêtes de la Série 7 sont actuellement en cours.

Afrobaromètre mène des entretiens face-à-face dans la langue du répondant avec des échantillons représentatifs à l’échelle nationale de 1.200 à 2.400 répondants.

Restitution de deux enquêtes Afrobaromètre : Les conditions de vie des Maliens et la gouvernance scrutées

Adama Bamba – Source: 22 septembre – 7 décembre 2015

Le Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique (GREAT), dirigé par son Directeur Exécutif, le Pr Massa Coulibaly, était une fois de plus à pied d’œuvre pour deux jours d’atelier de restitution de deux enquêtes Afrobaromètre, les vendredi 4 et le samedi 5 décembre 2015, à l’Olympe Hôtel de Bamako.

La première journée a été marquée par la présentation de deux thématiques, à savoir les conditions de vie des Maliens et à la distribution des infrastructures et services sociaux dans notre pays et la seconde a abordé le déficit de gouvernance.

Rappelons qu’Afrobaromètre est un réseau de recherche non partisane qui mène des enquêtes d’opinion publique sur la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques et d’autres questions connexes dans 35 pays en Afrique, par le biais d’entretiens dans la langue du répondant, avec des échantillons représentatifs de 1 200 à 2 400 personnes.

Moussa Coulibaly, dans la première présentation, a indiqué que, selon l’enquête Afrobaromètre menée en 2014, neuf Maliens sur dix (94%) estiment vivre dans un  mauvais cadre de vie et deux Maliens sur dix trouvent leurs conditions de vie identiques à celles des autres Maliens.

Toujours selon Moussa Coulibaly, 32% des Maliens voient le développement agricole comme la première priorité et préconisent que le gouvernement augmente ses dépenses d’investissement dans ce secteur. Pour l’approvisionnement en énergie, 3% seulement le voient comme première priorité, tandis que la santé se place comme la deuxième priorité, pour 23% des sondés.

Concernant la distribution des infrastructures et services sociaux de base, selon le second intervenant, François Koné, les plus fortes privations de réseau électrique sont ressenties à Tombouctou, 87%, et Mopti, 86%, tandis que la plus forte privation d’adduction d’eau concerne Koulikoro, 82%, puis Sikasso, 79%.

En outre, très peu de Maliens ne ressentent aucune privation, soit 5%. Par rapport à la solidarité, 6% reçoivent un transfert de l’extérieur au moins une fois par an, tandis que 70% ne reçoivent rien sous cette forme.

Boubacar Bougodogo, dans la présentation de la 3ème thématique, dira que des institutions internationales comme la Banque Mondiale et le FMI ont élaboré depuis quelques années des indices pour mesurer la gouvernance.

Toujours selon lui, les Maliens sont toujours insatisfait de l’offre de gouvernance, dont la demande se chiffre à 59%. La moyenne nationale en matière de citoyenneté se situe à 74%, avec des scores plus grands pour la région de Sikasso et un déficit à Bamako.

Boubacar Bougoudogo ajoutera que, malgré des progrès notables, le Mali demeure toujours en deçà des attentes de ses citoyens avec un déficit de gouvernance de 18 points d’écart. Les Maliens éduqués ne sont pas satisfaits à 56%.

Les régions du nord sont plus sévères avec la gouvernance à elles fournie par les pouvoirs publics. Ceux qui ont un niveau post secondaire sont plus exigeants en la matière que les non éduqués, avec un taux de 75% de déficit contre 54%.

 Société Malienne : Great fait le point des conditions sociales

Mai Diallo – Le Pouce – Date: 07 Décembre 2015 

La présentation des résultats de cette enquête a fait l’objet d’un atelier de dissémination, tenu le vendredi 04 décembre 2015 à l’Hôtel Olympe de Bamako. C’était sous la présidence du directeur exécutif de GREAT, Pr Massa Coulibaly, en présence des représentants de la société civile, des collectivités et de l’administration. Il ressort de cette enquête que seuls 06%des Maliens estiment vivre dans un bon cadre de vie tandis que 60% sont privés d’au moins un bien de service, durant les douze mois. En décembre 2014, le réseau Afro baromètre menait pour son round 6, une enquête sur les conditions de vie des Maliens, sous la direction du Groupe de Recherche en Economie Appliquée et Théorique(GREAT).

L’objectif  recherché, selon le directeur exécutif de GREAT est d’attirer l’attention des autorités sur les réalités des concitoyens afin de mieux, orienter leur politique et corriger les erreurs. Pour le professeur Massa Coulibaly les conditions de vie des gens déterminent en réalités les conflits.

Deux thématiques ont été présentées au cours de cet atelier par deux chercheurs de GREAT, Moussa Coulibaly et François Koné, respectivement sur la perception des maliens sur leurs conditions de vie et la privation de biens.  L’enquête menée révèle que plus de neuf maliens sur dix estiment vivre dans un mauvais cadre de vie. Deux maliens sur trois sont privés de réseau électrique pendant que seuls 14% ont un habitat de bonne qualité.

Dans ce même cadre, il faut noter que 75% des Maliens sont privés de routes goudronnées. Quant au système d’adduction d’eau, ils sont 82% de populations dans la région de Koulikoro et 79% dans la région de Sikasso à être privé. En ce qui concerne le domaine sanitaire, 75 % de la population de la région de Mopti, y sont est privée. Pour ce faire, 32%, des maliens préconisent le développement agricole comme première priorité si le gouvernement devait augmenter ses dépenses d’investissement.

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