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La Chine sur les rails Bamako-Dakar

by sur 10 décembre 2015

On parle depuis des lustres de la rénovation du chemin de fer construit par la France à partir de la fin du 19ème siècle afin de faciliter la pénétration militaire, la ligne de chemin de fer de Dakar au Niger.

Véritable colonne vertébrale économique qui, en plus du transport de marchandises assurait la vie des villqages situés le long de la voie, sa privatisation, loin de la développer l’a achevée. Aujourd’hui on compte un train par semaine, alors qu’il n’y a pas si longtemps, la liaison était quotidienne.

On a parlé à plusieurs reprises de l’implication de la Chine. L’attentat du Radisson Blu vient la confirmer puisque trois responsables de haut niveau de la compagnie nationale des chemins de fer chinois ont été assassinés alors qu’ils devaient participer à une importante rencontre le week-end suivant l’attentat.

Réhabilitation de la liaison ferroviaire Dakar- Bamako : une compagnie chinoise offre ses services

Par SENEWEB – Date: 06 Décembre 2015  

La compagnie nationale des chemins de fer chinois est disposée à offrir son savoir-faire et son expertise au Sénégal, dans le cadre de la réhabilitation de la liaison Dakar-Bamako, a indiqué, samedi à Johannesburg, son vice-président, Weï Wanz.

Les parties sénégalaises et chinoises sont sur le point de finaliser un accord portant sur le projet de réhabilitation de la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako, a laissé entendre M. Wanz.

Il s’adressait à des journalistes sénégalais, au sortir d’une audience avec le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, en marge du Forum de coopération Afrique-Chine.

Ce projet de réhabilitation pourrait connaître un début d’exécution en 2016, selon le responsable chinois.

 

Réhabilitation du chemin de fer Bamako-Dakar : Le rail disons Blues

Amadou KA « malistrategique.overblog.com » pour Mali Actu – 4 décembre 2015

Alors que le serviteur que je suis, s’apprêtait à s’interroger avec vous sur la lenteur d’exécution du projet de réhabilitation de la ligne de chemin de fer Bamako Dakar et du manque d’information des autorités maliennes à ce sujet, la terrible prise d’otage du Radisson Blu vient de nous apporter des éclairages décisifs dans un contexte particulièrement tragique.

En effet, alors que depuis Novembre 2013, un mémorandum d’entente était signé entre le Gouvernement Malien et la China Railway Construction Corporation (CRCC), qui prévoyait des études de faisabilité technique aujourd’hui terminées depuis le mois de Juillet 2014, l’on s’attendait à la conclusion d’un accord final entre les parties Malienne, Sénégalaise et chinoise. Raison de la visite apprend on aujourd’hui, des trois hauts responsables chinois de la CRCC, tués dans l’attaque du Radisson Blu. Pourtant, au cours de ces derniers mois, que de signaux contradictoires lancés par nos autorités et notamment le Ministère de l’Equipement et des Transports qui donnaient le sentiment de ne plus savoir où aller.

A vous dire vrai, votre serviteur se perdait également en conjoncture, qu’avaient donc les acteurs ferroviaires Maliens et Sénégalais à s’inquiéter de l’avenir de Transrail, au point de vouloir la recapitaliser à hauteur de 5 milliards de FCFA ? Cette société n’est elle pas vouée avec ses salariés à être absorbée au sein d’une nouvelle entité gérée en définitive par la CRCC ?

Pourquoi les ministres Maliens et Sénégalais ne l’exprimaient t’ils pas publiquement et ouvertement, pourquoi continuaient-ils à tourner autour du pot ? Certes, il y’avait le problème juridique posé par l’actionnaire de référence de Transrail (Abaas JABER) qui dit-on, se montre récalcitrant à céder ses parts en faisant ainsi une sorte de chantage aux deux Etats, désireux de créer une Société de Patrimoine dans le cadre d’un nouveau schéma, mais cette raison ne suffit pas pour autant à expliquer les causes de ce black out au niveau de l’information.

En effet, il est difficile de s’y retrouver pour un non averti lorsque :

– Un jour, on vous annonce ​qu’une réunion se tiendra au Sénégal pour la recherche de financement pour le Bamako-Dakar (avec des partenaires comme la Banque Mondiale et le NEPAD en Juin 2014).

– un autre jour, que la Chine financera pour 750 milliards de FCFA la réhabilitation du Bamako Dakar et pour 4000 milliards de FCFA la réalisation du chemin de fer Bamako Conakry (et ceci au retour du Président IBK de son fameux voyage de TIANJIN en Septembre 2014) .

– ou un autre jour encore, que les gouvernements travaillent à trouver une solution à l’avenir de Transrail et de ses travailleurs (Avril 2015).

Tout ceci comme si les autorités nous disaient, certes nous avons de multiples engagements mais nous ne croyons pas en ce que nous avons signé auparavant, raison peut être de l’inquiétude des travailleurs et syndicalistes de Transrail.

Pourtant, les négociations continuaient en parallèle avec la partie chinoise, le Journal « Le Monde » nous apprenait ainsi en Juin 2015, que « des avocats français étaient derrière les contrats de la Chine Afrique » et décrivant avec fort détail, le travail de négociation d’un cabinet d’avocat parisien pour le compte du Mali et du Sénégal, le journal nous précisait que la valeur du contrat se montait à 3 milliards de dollar.(http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/29/des-avocats-francais-derriere-les-contrats-de-la-chinafrique_4664133_3212.html).

Il faudra donc attendre ce fatidique 20 novembre 2015 pour obtenir avec douleur, les dernières nouvelles concernant l’état d’avancement du projet de réhabilitation du chemin de fer Bamako-Dakar.

En effet, les trois employés de la CRCC étaient venus régler les derniers détails permettant la signature du contrat de réhabilitation du chemin de fer Bamako-Dakar, et ce, à l’occasion du sommet Chine-Afrique prévu en ce début décembre à Johannesburg. On peut donc imaginer qu’il était prévu une signature en grande pompe entre les Etats, la CRCC et la banque chinoise EXIMBANK (chargée du financement).

Ils voulaient aller vite dit on, quel cruel destin !!! Le malien lui continue à son rythme de sénateur. Pour preuve, dans le même domaine, c’est la Côte d’Ivoire qui a signé récemment avec l’opérateur publique Italien, ITALFER, un protocole d’accord sur la réalisation d’une étude concernant le projet de chemin de fer San Pedro – Bamako. Aucune mention des autorités maliennes n’y est faite bien qu’elles soient on l’imagine, nécessairement impliquées d’une manière ou d’une autre.

(http://www.acturoutes.info/page.php?p=1&id=5022)

Moi qui m’interrogeait sur la lenteur de l’Afrique de l’Ouest par rapport à l’Afrique de l’Est, car le saviez-vous ? l’Ethiopie et Djibouti s’apprêtent à inaugurer leur nouvelle liaison ferroviaire électrifiée et à écartement standard. Ainsi bientôt, les trains circuleront à 120 km par heure entre Djibouti et Addis Abeba. Le Kenya quant a lui, a lancé son « chantier du siècle » avec la construction de sa ligne de chemin de fer moderne à écartement standard Nairobi-Monbassa. Pour ces trois pays, tout est allé très vite, en moins de trois ans, ils sont passés de la négociation et de la signature des accords de financement avec la China EXIMBANK aux premières poses de rail sur les voies. Des réussites sino-africaines en somme.

(https://www.youtube.com/watch?v=lY2KE89bo8U)

(https://www.youtube.com/watch?v=nMHgWmVmOs4)

Concernant le Mali et le Sénégal, depuis plus de 10 ans, on parle de modernisation du Dakar-Bamako mais en modifiant curieusement les options techniques à retenir. Ainsi, les anciens Présidents WADE et ATT avaient clairement opté pour un nouvel écartement de 1.435 mm conforme aux standards internationaux. Hors aujourd’hui, contre toute attente, le Sénégal et le Mali ont finalement choisi de maintenir l’écartement métrique.

Mieux que rien me direz-vous, vu l’état piteux du chemin de fer actuel, mais nous vous répondrons à quoi bon remettre à demain ce qui pourrait être réalisé dès maintenant ? (le Sénégal et le Mali ayant un autre projet de chemin de fer à écartement standard Bamako-Dakar dit par le Sud). Une curiosité Ouest Africaine dira t’on, puisque BOLLORE a lui aussi fait le choix de l’écartement métrique pour sa boucle ferroviaire, censée relier à terme le Bénin à la Côte d’Ivoire en passant par le Niger ou le Burkina Faso notamment.

Certes, BOLLORE est à féliciter pour l’apport du financement nécessaire et indispensable à la réalisation de cette infrastructure stratégique, mais le choix de cet écartement métrique demeure discutable d’autant plus qu’il est abandonné petit à petit et partout à travers le monde.

Car pour information, il faut savoir qu’avec un écartement métrique, les performances sont nettement en deçà de ce qui est réalisable en écartement standard (vitesse commercial des trains voyageur réduit à 90 km au lieu de 120 km/h par exemple, capacité de transport de fret moindre). Par contre, il est faux de dire qu’il s’agit de vieux rail, car techniquement, il s’agit de rails neufs semblables à ceux posés sur les autres lignes internationales standards (norme UIC).

Pour en revenir à notre bon vieux Bamako-Dakar, on peut raisonnablement s’attendre désormais aux premiers coup de pioche d’ici quelques mois, un moment que l’on souhaiterait le plus proche possible, et où il faudra garder à l’esprit le sacrifice de trois hommes venus de loin pour nous accompagner à pas de géant vers notre développement. Ils sont devenus pour nous, un des symboles de la coopération sino-malienne, toujours porteuse de grandes avancées. Oui, les noms de Zhou Tianxiang, Wang Xuanshang et Chang Xuehui devront être rappelés aux maliens et aux futurs voyageurs afin que personne n’oublie qu’ils ont voulu le meilleur pour nous.

Aujourd’hui, malgré le fait que nous ayons le rail disons blues intimement lié à la tristesse consécutive à la tragédie du Radisson Blu et de toutes ces victimes innocentes, il s’agit de ne pas se laisser abattre et de rebondir.

Et sans doute qu’en plus du volet économique, la Chine et le Mali devraient renforcer leur coopération militaire en vue de la protection des citoyens maliens et des expatriés chinois qui seront forcément plus nombreux sur les chantiers du développement.

Le Mali pourrait ainsi par exemple, bénéficier de l’expertise chinoise en matière de renseignement stratégique à travers des drones très abordables et assez performant qu’il ne pourrait acquérir autrement via ses partenaires occidentaux traditionnels (en raison des coûts ou de restrictions). Mais ceci est un tout autre sujet.

 

 

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