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Un ministre prône la désobéissance civile à Siby

by sur 10 décembre 2015

Surprise à Siby, lors du onzième Forum des Peuples, qui se tenait en marge de la COP 21, on a entendu un ministre de la république du Mali, prôner la désobéissance civile face à des fonctionnaires d’Etat corrompus.

Et rappeler que sans un régime foncier assurant la justice, la sécurité alimentaire ne serait qu’un leurre

Face à l’accaparement des terres et l’inertie de la justice : Le Ministre Bathily appelle à la désobéissance civile

Harber MAIGA – Source: Le Prétoire -10 décembre 2015

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Mohamed Ali Bathily, a appelé les populations à la désobéissance civile et à la révolte face à l’accaparement des terres et l’inertie de la justice à dire le droit dans les affaires foncières au Mali. C’était le samedi 5 décembre dernier, dans le village de Siby, cercle de Kati.

Qui aurait cru qu’un ministre de la République puisse inciter à la révolte populaire. Aux yeux du ministre Bathily, la spéculation foncière est une véritable bombe à retardement que les autorités prennent à la légère. Face à cette situation, il conseille aux paysans de ne plus compter sur la justice et sur les institutions de la République pour sécuriser leurs terres.  Il les invite à prendre leur destin en main et à mener un combat de solidarité contre la spéculation foncière.

Tel un leader estudiantin en meeting,  le ministre en charge du foncier a été applaudi par le public. Surexcité par ces ovations, il est monté sur ses grands chevaux. Il a demandé aux populations de ne pas faire confiance ni à la gendarmerie ni à la justice dans une affaire foncière, car ces dernières sont de connivence avec les prédateurs fonciers.

Comme solution, il recommande de ne jamais laisser une personne seule entre les mains de la justice ou de la gendarmerie. Cela reviendrait à l’envoyer à la boucherie, car elle sera automatiquement reconnue coupable et jetée en prison sur la base d’un titre foncier généralement faux.

Pour éviter de telles situations qui, selon lui, sont légion dans notre pays, l’ancien ministre de la Justice, non moins avocat, recommande une solidarité de tout le village autour de toute personne interpellée. Car,  ce qui lui arrive peut arriver à chacun des villageois. Ainsi, ces derniers risquent de se retrouver tous en prison les uns après les autres pour leurs terres. C’est sous un tonnerre d’applaudissement que le ministre des Domaines et des Affaires foncières a conclu que tant qu’il restera dans le gouvernement, il ne se lassera pas de combattre la spéculation foncière au Mali.

Dans un pays où les enfants sont martyrisés au profit d’autres enfants, c’est une source d’instabilité sociale. Le défi majeur au Mali reste le combat de l’injustice, pense l’ancien magistrat. L’on se rappelle que le ministre Bathily avait  occupé le portefeuille de la Justice.

A ce niveau, il s’est heurté à la vindicte des «robeux», ce qui a failli paralyser le pays. Le président de la République était obligé de le faire changer de département. Ainsi, il s’est retrouvé à la tête des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières. C’est ici qu’il a eu à commettre les plus grands «forfaits» avec la démolition de maisons à Souleymanebougou, ayant occasionné des dizaines de propriétés réduites en gravats.

Il s’apprête, à ses propres dires, à remettre ça sur les servitudes des rails. Dans la foulée, comme pour le narguer, la justice a annulé toutes les décisions qu’il a prises pour annuler des titres fonciers dans le cercle de Kati.

Donc l’on comprend aisément pourquoi le ministre Bathily demande aux populations de prendre  leurs destins en main. Mais venant d’un ministre, c’est au dessus de l’imagination. Mais qui sait, quand on sait que le patriotisme n’est pas la chose la mieux partagée chez-nous.

Mali : Réchauffement climatique : Le forum des peuples donne de la voix depuis Siby

Harber MAIGA – 10 décembre 2015

En marge de la COP21 en cours à Paris, le forum des peuples, à l’initiative de la Coalition des alternatives africaines dettes et développement-Mali (CAD-Mali), a tenu sa 11ème édition les 5 et 6 décembre derniers, à Siby (cercle de Kati). Une façon pour eux d’apporter leur contribution au débat sur le réchauffement climatique.

Les thèmes débattus pendant ces deux jours portaient sur  le changement climatique; paix et sécurité; gouvernance durable des ressources naturelles; crise migratoire, quelle alternative; accaparement des terres; agriculture familiale et  souveraineté alimentaire, etc. la cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Me Mohamed Aly Bathily.

En guise de mot d’ouverture, le président de la CAD-Mali, Issa Kamissoko, dira que le forum des peuples se tient annuellement en contrepoids au sommet du G8 et G20 et vise à contribuer au renforcement du contrepoids citoyen et à la construction du partenariat entre les gouvernements africains et leurs peuples. La spécificité de cette 11ème  édition, a-t-il ajouté, réside dans le fait qu’elle se tient au moment de la tenue de la 21ème  conférence des parties de la conférence cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, COP21. C’est pourquoi, le message principal  de  cette édition a été «COP21, les peuples du Sud refusent la fatalité et demandent justice au changement climatique».

La saga du ministre Bathily                                  

Une véritable vedette, que le ministre Bathily. Devant un peuple en désarroi, il a trouvé les mots justes pour haranguer les foules. Il a profité de l’occasion qui lui a été offerte pour donner son point de vue sur l’accaparement des terres par les spéculateurs fonciers. Sujet d’ailleurs qu’il se plait à étayer partout où il passe. Selon lui, la sécurité de façon générale passe obligatoirement par celle du foncier.

Il pense qu’il n’est pas possible de parler de souveraineté alimentaire au Mali sans une sécurité foncière.  Le ministre a laissé entendre toute sa déception quant au fossé entre les beaux textes juridiques, les beaux discours et la réalité en matière foncière au Mali où les paysans sont illégalement expropriés, sans aucune forme de procès, de leurs terres au profit des riches. L’ancien ministre de la Justice affirme que la justice malienne est à deux vitesses, elle refuse de faire le procès aux spéculateurs fonciers et emprisonne les véritables victimes.

A titre d’exemple, il soutient avoir déposé des plaintes contre les plus grands spéculateurs fonciers de Bamako et de Kati,  mais à ce jour, aucun juge n’a osé toucher à ce dossier. Mieux, ce sont ces ‘’bandits fonciers’’ qui traduisent aujourd’hui leurs victimes et même l’Etat en justice, comme le cas de Amadou Kindi Bathily, qui a osé assigner en justice la directrice nationale des Domaines et du Cadres pour avoir refusé de céder à ses caprices.

A noter que c’est la troisième fois que le forum des peuples se tient à Siby, après la première édition en 2002 et la deuxième en 2003. Cette 11è édition du Forum des peuples a enregistré plus de 500 participations, venues du Burkina-Faso, du Sénégal, de la Guinée-Conakry, de la Côte d’Ivoire et du Benin. Certains pays occidentaux y étaient attendus, mais à cause de la crise sécuritaire, ils n’ont pu faire le déplacement. Le forum a pris fin par une marche pacifique sanctionnée par une déclaration finale.

11è édition du forum des peuples à Siby : la société civile malienne s’attaque aux défis de l’heure

Abou Berthé Par MaliJet – Date: 07 Décembre 2015  

La 11è édition du Forum des peuples ou encore ‘’forum des pauvres’’ organisée par la Coalition des alternatives africaines dettes et développement-Mali (CAD-Mali) s’est déroulée du 5 au 6 décembre à Siby, cercle de Kati.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Mohamed Ali Bathily, en présence du sous-préfet de Siby, du président et du directeur exécutif de la CAD-Mali, du coordinateurs du forum des organisations de la société civile, du chef de village de Siby ainsi que des délégués venus des pays voisins.

Le Forum des peuples est un espace d’éducation populaire et d’analyse des politiques néolibérales. Il vise à interpeller des décideurs au plan national et international en ce qui concerne leurs politiques souvent désavantageuses sur la vie des populations.

Les débats ont porté sur 8 cases thématiques : le changement climatique ; paix et sécurité ; gouvernance durable des ressources naturelles ; crise migratoire quelle alternative ; accaparement des terres ; agriculture familiale et  souveraineté alimentaire, etc. Ces thèmes ont été débattus à travers des panels et des ateliers.

Les objectifs de cette édition du Forum des peuples étaient entre autres de contribuer à la compréhension de la problématique des crises interconnectées et proposer des orientations alternatives ; analyser les  enjeux et les  défis de la crise sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne ; proposer  des initiatives locales dans la lutte contre le changement climatique.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le président de la CAD-Mali a expliqué que  le forum des peuples se tient annuellement en contrepoids au sommet du G8 et G20 et vise à contribuer au renforcement du contrepoids citoyen et à la construction du partenariat entre les gouvernements africains et leurs peuples. La spécificité de cette 11è édition, a-t-il ajouté, réside dans le fait qu’elle se tient au moment de la tenue de la 21è conférence des parties de la conférence cadre des Nations Unies sur les changements climatique COP21. C’est pourquoi le message principal  de  cette édition a été «COP2, les peuples du sud refusent la fatalité et demandent justice au changement climatique».

Le ministre Bathily, la vedette 

Le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Mohamed Ali Bathily a saisi cette occasion pour édifier les participants et les populations de Siby sur l’accaparement des terres par les riches. Il a expliqué que la sécurité de façon générale passe par celle du foncier.  Pour Bathily, il est illusoire de parler de souveraineté alimentaire au Mali sans une sécurité foncière.

Mais le ministre se dit déçu de constater un fossé entre les beaux textes juridiques, les beaux discours et la réalité en matière foncière au Mali où les paysans sont illégalement expropriés, sans aucune forme de procès, de leurs terres au profit des riches. A en croire Mohamed Ali Bathily, la justice malienne refuse de faire le procès aux spéculateurs fonciers.

La preuve, dit-il, son département a déposé des plaintes contre les plus grands spéculateurs fonciers de Bamako et de Kati,  mais à ce jour, aucun juge n’a touché à ce dossier. Le hic est que ce sont ces ‘’bandits fonciers’’ qui traduisent aujourd’hui leurs victimes en justice, après les avoir dépouillé de leurs terres. Pire, l’un des spéculateurs les plus attitrés, Amadou Kindi Bathily, a osé assigner la directrice nationale des Domaines et du Cadres pour avoir refusé de gérer ses caprices.

Cette intervention incitative à la révolte du ministre des Domaines de l’Etat a rehaussé, selon le président de la CAD-Mali, l’éclat de la 11è édition du forum des peuples. «Jamais, une édition du forum n’a eu autant de succès », a-t-il affirmé.

Face à cette situation, le ministre en charge du foncier, demande aux paysans de ne plus compter sur la justice et sur les institutions de la République pour sécuriser leurs terres.

Il les a invités à prendre leur destin en main et à mener un combat de solidarité contre la spéculation foncière. C’est sous un tonnerre d’applaudissements que le ministre des Domaines et des Affaires foncières a conclu que tant qu’il resterait dans le gouvernement, il ne se lassera pas de combattre la spéculation foncière au Mali.

Rappelons que le phénomène de l’accaparement des terres a été combattu depuis l’arrivée de M. Bathily à la tête de ce département.

Notons que les échanges en symposium, en conférences populaires paysannes, conférences et ateliers et les propositions alternatives, prendront en compte les préoccupations fondamentales de nos peuples lesquelles sont consignées dans une déclaration qui sera soumise aux autorités.

C’est la troisième fois que le forum des peuples se tient à Siby, après la première édition en 2002 et la deuxième en 2003. Cette 11è édition du Forum des peuples a enregistré plus de 500 participations venues du Burkina-Faso, du Sénégal, de la Guinée-Conakry, de la Côte d’Ivoire, du Benin et du Mali. Certains pays occidentaux y étaient attendus mais à cause de la crise sécuritaire, ils n’ont pu faire le déplacement.

Le forum de Siby a été marqué par une exposition de produits alimentaires locaux fabriqués à Siby, une marche populaire et l’aménagement du bosquet de feu Sékou Diarra, ancien président de la CAD-Mali.

COP 21 : LES ALTERMONDIALISTES FONT « PRESSION SUR LES GRANDES PUISSANCES » À SIBY

Studio Tamani – dimanche 6 décembre 2015 14:49

Alors que le climat se discute à Paris, les altermondialistes sont réunis depuis hier à Siby pour la 11ème édition du Forum des peuples. A Siby, non loin de Bamako, les participants veulent « interpeller les grandes puissances » face aux enjeux du changement climatique et leur responsabilité dans la pollution de l’atmosphère. Une marche et plaidoyer est prévue aujourd’hui pour « amener les décideurs du monde à financer la lutte contre les méfaits du changement climatique ».

Les travaux de la conférence sur le climat se poursuivent à Paris. Les négociateurs de 195 pays ont remis ce samedi à Laurent Fabius ministre des Affaires étrangères et président de cette COP, une ébauche d’accord sur le climat. Ce texte servira de base aux discussions des ministres de l’écologie et du développement durable en vue d’un accord. Cette nouvelle phase de travail, davantage politique, s’ouvre ce lundi à Paris.

En attendant un accord définitif, le Mali se mobilise pour la mise en place de son Fonds climat. Pour une deuxième fois, la Norvège apporte son aide au Mali dans le cadre de ce fonds mis en place par les autorités maliennes. Après une première contribution de plus d’un million de dollars, la Norvège a annoncé à la COP 21 une autre aide du même montant en 2016. Elle l’a confirmé vendredi au cours du « side event » organisé par le Mali à la conférence sur le climat à Paris. L’objectif de cette rencontre était de partager l’expérience du Mali sur son fonds climat avec les autres pays.

Ce fonds climat Mali est le premier du genre en Afrique mis en place par le gouvernement malien en partenariat avec le PNUD. Il a été lancé le 26 janvier 2012. Ce fonds est un instrument financier pour la stratégie nationale de développement durable et les autres outils mis en place par le Mali pour lutter contre le changement climatique. Il vise également à trouver des solutions appropriées en vue d’une mobilisation des ressources financières nécessaires pour faire face aux défis du changement climatique.
Selon le coordinateur du secrétariat technique du Fonds climat Mali, l’originalité a été de confier la gestion de ce fonds au Programme des Nations Unies pour le Développement.

Les premiers pays contributeurs de ce fonds sont notamment la Suède et la Norvège. Ces partenaires saluent cette initiative du Mali.

Henrik Harboe est du ministère des affaires étrangères de la Norvège :
« C’est un fond nouveau. Ça reste toujours à créer les infrastructures, et on espère que selon la stratégie de climat du Mali, qu’il y aura un processus de priorité des projets. C’est au Mali de prendre les décisions. Nous, on a fait une contribution, maintenant c’est aux Maliens de donner les priorités. Et puis ils vont nous faire des rapports sur l’utilisation des fonds. Et bien sûr on va s’assurer que l’argent a été bien utilisé ».

Les experts Maliens demandent aux pays industrialisés de contribuer pour ce fonds climat. Ils appellent les autorités maliennes aussi à mettre en place un code de priorité pour le financement des projets à travers ce fonds climat Mali.
Dr Konaré Mariam Kalapo, ancienne ministre du Mali :

« Ce qu’on cherche, c’est que le fond climat qui a été crée par le Mali puisse être approvisionné par les grands pollueurs que sont les pays développés. Et que ces pays développés ne prennent pas tous les fonds nécessaires pour eux-mêmes, et qu’ils oublient les Etats qui sont en train de subir cette pollution. La question que j’ai posée, c’est qu’on puisse avoir un code de priorité, à faire sur ce fonds climat. Pour que ça ne soit pas des projets qui n’ont pas de grande envergure. Mais des projets qui profitent à la base, et surtout à la femme et à l’enfant d’abord ».

Les autorités du pays estiment avoir entendu cet appel et promettent une meilleure gestion de ce fonds climat Mali pour faire profiter les populations à la base.

A Paris, le climat c’est aussi l’affaire des femmes africaines. Plusieurs organisations féminines du continent sont représentées à cette rencontre qui se tient à Paris sur le climat. Objectif : apporter leur contribution dans la lutte contre le changement climatique. Selon l’ancienne ministre malienne de la promotion de la femme et de l’enfant, « les effets du changement climatique touchent plus les femmes et les enfants ».

Alors que le climat se discute à Paris, les altermondialistes sont réunis depuis hier à Siby pour la 11ème édition du Forum des peuples. A Siby, les participants veulent « interpeller les grandes puissances » face aux enjeux du changement climatique et leur responsabilité dans la pollution de l’atmosphère. Une marche et plaidoyer est prévue aujourd’hui pour « amener les décideurs du monde à financer la lutte contre les méfaits du changement climatique ».

Souleymane Dembélé est directeur exécutif de la Coalition des Alternatives Dette et Développement du Mali. Il a été joint au téléphone par Idrissa Sako :
« Le forum des peuples vise à apporter la contribution de la société civile, des mouvements sociaux à la recherche de la paix et de la sécurité et aller à la croisée de la COP 21 qui se déroule actuellement à Paris. C’est pour montrer aux décideurs du monde, pour plaider en vue d’un financement adéquat du changement climatique. Au total on a 4 panels : conférences débats et 10 ateliers durant les 2 jours. Un accent particulier a été mis sur les deux panels paix et sécurité et changement climatique. Par rapport au foncier, nous avons eu la chance d’avoir l’accompagnement du ministre des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, Mohamed Ali Bathily, qui a animé le panel sur le foncier et l’accaparement des terres ».

 

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