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A qui profite le retour des jihadistes ?

by sur 23 décembre 2015

L’une des difficultés pour tenter de régler la question du Nord du Mali et retrouver la paix, c’est qu’énormément de groupes armés (appellation regroupant mafieux, bandits, terroristes, islamistes, trafiquants, indépendantistes, jihadistes) se financent par les trafics de toute sorte et que cela arrange aussi les populations vivant dans l’extrême pauvreté… parce que ces trafics leur permettent de survivre, tout simplement.

RETOUR DES DJIHADISTES AU NORD-MALI : A qui profite la guerre ?  

 SAHO – Le Pays du 23 décembre 2015

Le Mali, au regard des effectifs militaires en présence, et de la logistique déployée, dispose de la plus grande armada militaire jamais constituée en Afrique de l’Ouest au service de la paix et de la sécurité. Mais le paradoxe, c’est que le pays d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK) n’a jamais été aussi fragile.

Les résultats, selon toute vraisemblance, ne suivent pas les moyens déployés sur le terrain. Et ce n’est pas la réapparition annoncée des djihadistes au Nord-Est et au Nord-Ouest qui donne à espérer d’un lendemain enchanteur de la sécurité des Maliens.

En effet, de nombreuses sources d’informations font état de l’émergence progressive de djihadistes, du sous-bois où l’opération Serval les avait contraints à la retraite. Pourquoi malgré tant de forces en présence, le péril djihadiste ne s’éloigne-t-il pas des rives du Djoliba ? Serait-on tenté de se demander.

D’abord, parce que les forces en présence n’ont pas les mêmes intérêts, lesquels intérêts sont parfois très différents de ceux des populations maliennes. Si fait que les forces étrangères présentes, ont du mal à travailler sereinement. L’Armée malienne, ce grand malade au chevet duquel ont accouru de nombreux spécialistes, a fini par se complaire dans sa pathologie. Elle trouve sa raison de vivre dans l’aumône des grands argentiers et refuse de montrer des signes d’amélioration.

Quant à la MINUSMA, elle, comme bien des missions onusiennes de paix, apparaît comme une véritable poule aux œufs d’or pour les armées africaines qui en profitent pour faire fortune.

L’opération Barkhane, pour sa part, est gênée dans son efficacité par la position ambiguë de la France sur la question de l’Azawad où, visiblement, les intérêts français priment sur la paix réelle au Mali.

Ensuite, parce que les populations maliennes, le plus souvent victimes de l’ignorance ou échaudées par le manque de réactivité des forces de sécurité, se sont parfois rendues complices des djihadistes quand tout simplement, elles n’en sont pas des adeptes. Dans cette situation de mi- guerre mi-paix consécutive au non-respect de l’accord d’Alger signé depuis six mois, l’heure est propice à la contrebande et aux trafics de tous genres : drogue, produits pétroliers, armes, alcool, prise d’otages, etc.

Il s’est ainsi développé un véritable marché noir qui a fait naître des seigneurs de guerre. La guerre au Nord-Mali est devenue une industrie, avec ses puissants lobbies qui pensent à tout sauf à la paix.

En fait, le nœud gordien du syndrome malien se trouve à Kidal. Les liens entre les grandes katibas djihadistes et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) semblent indissolubles en raison de la communauté des intérêts. En tout cas, tant que cette ruche au Nord-Mali ne sera pas détruite, il s’en dégagera toujours des essaims d’abeilles pour troubler le sommeil des Maliens.

Toutefois, cette solution radicale restera une chimère tant que la France se montrera favorable à la CMA que certains récents rapports sur la situation sociale des populations au Nord-Mali accablent davantage. Cela dit, toutes les solutions doivent aller dans le sens de rétablir l’autorité de Bamako à Kidal. C’est en ce sens que l’ONU doit revoir sa copie comme en RD Congo,  pour donner un mandat offensif à la MINUSMA.

Mais les plus grands efforts doivent être consentis par les Maliens eux-mêmes. Plutôt que de céder au gain facile, les populations doivent contribuer plus au renseignement. Et l’Armée malienne, qui a trop traîné par terre, doit se dire qu’il est temps de se mettre debout comme Soundjata Kéita pour dire non à l’oppresseur venu du Nord. Pour ce faire, le politique doit savoir flatter son orgueil comme le fit autrefois le très célèbre griot de Soundjata Keita, Balla Fasséké.

 

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