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Noël et l’église catholique au Mali

by sur 26 décembre 2015

Ultra minoritaire (moins de 3% des Maliens sont catholiques), l’église catholique du Mali se distingue par la mesure de ses propos et la respect des institutions comme des autres religions.

Ce qui ne veut pas dire que son leader, Mgr Jean Zerbo, archevèque de Bamako, ne fait pas entendre sa voix. Il était l’invité Afrique de RFI à l’occasion de Noël.

Mgr Zerbo: au Mali, un «Noël 2015 sous le signe de la miséricorde»

Invité Afrique RFI – Par Christophe Boisbouvier – vendredi 25 décembre 2015

Mgr Jean Zerbo archevêque du Mali

Monseigneur Jean Zerbo (C), archevêque de Bamako. © AFP PHOTO/ AHMED OUOBA

Au Mali, l’année 2015 a été marquée par la montée du terrorisme dans la capitale, Bamako. En ce jour de Noël, que va dire l’archevêque de Bamako aux chrétiens du Mali ? En ligne de Bamako, Monseigneur Jean Zerbo répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

Quel sens donnez-vous cette année à la fête de Noël ?

Monseigneur Jean Zerbo : Noël 2015 sera placé pour nous et je pense pour l’ensemble des chrétiens, sous le signe de la miséricorde. Pas n’importe quelle miséricorde, mais celle du reflet même de Dieu dans notre humanité.

Et c’est le message que le pape a transmis cette année en Afrique et notamment à Bangui, terre de douleur aujourd’hui !

Tout à fait. Je pense que ce message donné par le pape François reflète bien ce que nous vivons encore aujourd’hui au Mali. Vous savez très bien qu’il y a eu de grands attentats. Donc cette situation de violence à travers le monde, nous pensons que pour y faire face, nous n’avons pas d’autres alternatives que de nous ranger du côté de Dieu qui regarde l’humanité avec un cœur miséricordieux et clément.

Pour la première fois, en effet, cette année et à deux reprises, la capitale Bamako a été touchée par le terrorisme. Est-ce le signe que l’intolérance religieuse gagne du terrain ?

Ces manifestations en tout cas nous interpellent. J’ai l’impression pour ma part que l’Afrique passe par des phases extrêmes.

Au moment des indépendances, nous avons connu le parti unique, donc pas de dialogue, nous avons connu la pensée unique, l’uniforme, le système marxiste-léniniste…

Et nous avons l’impression qu’après être entrés dans l’ère de la démocratie, nous nous trouvons dans une autre situation qui est la pensée unique, mais du côté religieux. Ce n’est plus une dictature politique, c’est une dictature religieuse qui souffle sur l’Afrique aujourd’hui et dans le monde même.

En chemin pour l’Afrique, on a demandé au pape s’il n’avait pas peur de cette situation-là. Il a dit : « Non, ce qui me fait peur ce sont les moustiques ». C’est dit avec beaucoup d’humour ! Mais je pense que sa venue a contribué à réconforter les communautés dans leur ensemble. C’est-à-dire que face à cette montée du fondamentalisme religieux, il se trouve que chrétiens et musulmans, que ce soit en Centrafrique, que ce soit au Mali, que ce soit ailleurs, se donnent la main justement, pour dire qu’ils ont un arrière-fond culturel, un background commun, qui est la culture de la fraternité.

A partir du message que l’on trouve dans la Bible, c’est le message de la miséricorde de Dieu.

Vous parlez du dialogue entre musulmans et chrétiens. Récemment, le président du Haut conseil islamique du Mali, Mahmoud Dicko, a affirmé que les derniers attentats de Paris et de Bamako étaient l’expression d’une « punition divine »…

Evidemment ! Devant une situation concrète chacun a sa lecture de l’évènement ! Ça, c’est son point de vue à lui ! Mais nous, nous disons : eux, dans la logique de la miséricorde, c’est Dieu qui punit, qui châtie, qui mutile… Je pense que ce n’est plus ce Dieu là que l’on retrouve, et dans la Bible, et même dans le Coran. Parce que quand vous regardez le Coran, la miséricorde, la clémence de Dieu, est évoquée plus de cent fois ! Ça veut dire que la référence même dans l’islam, c’est la clémence, la miséricorde de Dieu.

« Dieu est en colère, dit le président du HCI de Bamako, les hommes ont provoqué Dieu car ils ont demandé et exigé même la promotion de l’homosexualité »…

Bon, la colère de Dieu, dans la Bible on la voit aussi. Elle se manifeste parfois par la foudre, par ceci cela. Mais plus nous avançons dans la révélation, plus nous nous rendons compte que la colère de Dieu justement, s’est manifesté par l’envoi des prophètes et des messagers qui ont révélé de Dieu un visage de père, clément, miséricordieux, prêt à pardonner et plein d’amour. Les brebis perdues, Dieu ne va pas les ramener manu militari. Mais c’est sa patience, c’est son amour, qui va les ramener !

Dieu n’est pas un Dieu de discrimination. Encore moins un Dieu qui va sévir ! Mutiler ! Tuer ! Ne nous érigeons pas en arbitre de Dieu, en instrument de la justice de Dieu !

Maouloud, une belle coincidence avec Noel…

Par Olivier DUBOIS  – journaldumali – 25 décembre 2015

Dans la nuit du 23 au 24 décembre la communauté musulmane a célébré la fête de Maouloud et pour la première fois depuis 457 années, Maouloud et Noël seront célébrées au même moment.

Il faut en effet remonter à l’année 1558 pour trouver une configuration comparable (c’était le 12 Rabiaa Al-Awal de l’an 966 de l’hégire). La communauté musulmane se réunira pour fêter Maouloud, la célébration de la naissance du Prophète Mohamed qui constitue pour toute la communauté islamique, un moment unique.

Cette naissance eut lieu dans un contexte historique très particulier, elle survint dans un monde enténébré et plongé dans une ignorance profonde de Dieu. Les peuples avaient oublié les messages des Prophètes envoyés auprès d’eux et s’adonnaient à des rites païens ou animistes qui les éloignaient de Dieu.

Lors de ces festivités, les fidèles magnifieront la vie de l’envoyé de Dieu et élèveront des prières pour un monde meilleur. Chaque année, cette fête rappelle le souvenir d’une naissance qui a marqué une nouvelle ère d’espérance pour toute une communauté. De sa venue au monde, en 571 à La Mecque à son rappel à Dieu en 632 à Medine, le Prophète Mohamed a toute sa vie durant mené une lutte sans merci pour l’affirmation de la dignité humaine. C’est pourquoi depuis les musulmans, ont pris l’habitude de commémorer cette fête par des prières spéciales, en consomment des sucreries ou en faisant des cadeaux à leurs proches. Néanmoins, il y a des voix dans la communauté islamique pour s’élever contre cette « innovation ».

Des détracteurs de cette célébration avancent comme argument que c’est une innovation blâmable car n’ayant jamais été célébrée du vivant du Prophète. Cette argumentation est souvent mise à défaut par le fait que ceux qui la célèbrent n’ont jamais défendu que c’est une pratique traditionnelle islamique. En tous cas, que l’on soit pour ou contre, ils seront comme chaque année, des millions à se rassembler pour la gloire du prophète et pour partager, avec fraternité et amitié, avec leurs proches, voisins ou amis.

Cette année particulière, avec cette simultanéité des fêtes, sera aussi une très belle opportunité de voir chrétiens et musulmans unis pour la fête sans oublier ce qui les différencie.

Noël : Plus de 2000 ans d’Amour…

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 24 décembre 2015

Il y a 2015 ans qu’est né, à Bethléem, le petit Jésus. Depuis, plus de 2 milliards de personnes ont été séduites par ses paroles et son enseignement. Qu’importe qu’il soit oui ou non le fils de Dieu ; qu’importe qu’il soit oui ou non l’incarnation de Dieu, le Dieu qui s’est fait Homme pour visiter les humains. Deux millénaires après le miracle, les paroles des Évangiles, malgré les dénis d’exégètes briseurs de rêves, gardent encore toute leur profondeur et leur sagesse.

Deux mille ans après, les faux saints n’ont jamais été aussi nombreux qui sont plus prompts à chercher le vice dans les comportements des autres qu’à soigner les leurs. « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre !» est la phrase assassine qui nous rappelle à chaque instant que nous sommes des êtres humains, donc éminemment faillibles et potentiellement pécheurs. Jésus est l’un des rares messies à ne revendiquer aucun pouvoir terrestre. A ceux qui voulaient l’opposer aux romains envahisseurs il dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu !».

Bien qu’il se soit proclamé fils de Dieu, il n’a jamais nourri que le désir de servir ses semblables en apparence. Aux princes du jour, qui oublient que leur puissance ne dépend que de la bonne volonté du peuple, il assène cette phrase pleine de sagesse : «Que celui qui est le plus grand parmi vous soit aussi votre serviteur  ». Dans notre monde de plus en plus en proie à l’intolérance religieuse, le fils de Marie a, sur la croix, alors qu’il souffrait le martyre, dit à ses bourreaux ces paroles sublimes : « Pardonne-leur, Père, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Dans la crise qu’il traverse, le Mali tout entier doit méditer ces paroles divines car notre monde ne se construira que par l’amour de Dieu, l’amour du prochain, en qui est Dieu. La tolérance qui caractérise notre peuple se manifeste, chaque année, à travers les fêtes de fin d’année et de Tabaski célébrées par chrétiens et musulmans. La  conjonction cette année du Maouloud et de Noël est un signe du Ciel malgré des oiseaux de mauvais augure qui prédisent l’enfer pour ceux qui communient avec leurs frères chrétiens.

JOYEUX NOËL à tous !

 

 

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