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Chemin de fer : rénovation annoncée !

by sur 31 décembre 2015

Une bonne nouvelle (notamment mais pas seulement) pour le cercle de Bafoulabé !

par Hubert LEDOUX, le 30 décembre 2015

Depuis le temps qu’on en rêvait (et qu’on en parlait), ça y est, c’est officiel : la compagnie China Railway Construction Corporation (CRCCI, entreprise publique chinoise) se chargera de la réhabilitation de la ligne ferroviaire sénégalo-malienne Bamako-Dakar.

Construite à la fin du XIXème siècle, pour faciliter la colonisation française, son mauvais état a poussé les gouvernements sénégalais et malien à dénoncer, début décembre 2015, la concession d’une durée initiale de 25 ans, accordée depuis douze ans au groupe français Advens au moment de la privatisation de la ligne en 2002.

A cette époque, on enregistrait encore, en plus de nombreux convois de fret, deux liaisons voyageurs par jour, et deux express Dakar-Bamako par semaine.

Fin 2013, j’avais encore pu effectuer le trajet Bamako-Mahina par train de nuit en 8h à l’aller et en 10h au retour.

Aujourd’hui, le trafic voyageur se réduit à une liaison aléatoire par semaine, uniquement le week-end… le trajet Bamako-Dakar durant parfois deux jours !

Le trafic fret est réduit à 200 000 tonnes à l’année, avec de nombreux déraillements et des voies en mauvais état.

2010-09-25  Les rails, à la sortie du pont, en gare de Mahina

L’état des rails à la sortie du pont en gare de Mahina

(Photo Hubert Ledoux – octobre 2010)

Annoncée à quelques jours d’intervalle, la signature des contrats a eu lieu respectivement mercredi 23 décembre 20105 au Sénégal et samedi 26 décembre à Bamako.

2,3 milliards d’euros

 C’est une somme de 1500 milliards de Fcfa qui devrait être investie, soit 1 milliard d’€ côté sénégalais et 1,3 milliards d’€ côté malien.

Si ce n’est pas le contrat du siècle ou de la décennie, en tout cas, cela y ressemble fortement !

Le projet est financé par le gouvernement chinois à « un taux concessionnel maximum de 2% pour une durée de remboursement de 30 ans ».

La ligne de chemin de fer qui relie la capitale malienne à la ville de Diboli, à la frontière sénégalaise, est un tronçon de 600 km de la voie Dakar-Bamako totalisant 1.286 km.

Selon les informations fournies par le ministère sénégalais, 15% du montant du contrat, soit 113 milliards de FCFA (plus de 172 millions d’euros), seront exécutés par des entreprises sénégalaises et les travaux, d’une durée de quatre ans, devraient générer jusqu’à 20.000 emplois au Sénégal.

Le tronçon malien de la ligne de chemin de fer Bamako-Dakar est une voie stratégique pour les échanges entre le Sénégal et le Mali, pays enclavé et sans ouverture sur la mer, dont une partie des marchandises passent par le port de Dakar.

Désenclavement et relance économique

 « Avec ce projet, c’est toute une vie qui reprendra le long des rails au Mali » explique-t-on au ministère de l’Equipement, des transports et du désenclavement.

Il « permettra de relancer les activités d’un secteur en panne », indique un document du ministère consulté par l’AFP à Bamako.

Le mauvais état de la ligne était catastrophique pour le Mali non seulement en terme de transport, mais également parce que la voie de chemin de fer faisait vivre les populations des 22 villages où des gares étaient implantées, fournissant des débouchés pour les fruits, les légumes et le petit artisanat, sans compter les repas préparés pour les voyageurs et les débits de « sucreries ».

Le projet inclut aussi « la formation des ingénieurs et techniciens maliens des chemins de fer, la réhabilitation de vingt-deux gares » ainsi que d’une voie intérieure, la  réhabilitation des rails et également la réhabilitation d’ouvrages le long de la ligne, puisqu’il prévoit la reconstruction de ponts dans les localités maliennes de Mahina et de Toukoto.

A Mahina, plusieurs voies de garage, des entrepôts et un quai de déchargement pour véhicules sont à l’abandon, de même que la gare de marchandises spécialement aménagée de l’autre côté du fleuve Bafing, pour la construction du barrage de Manantali à 70km plus à l’ouest dans les années 80-90.

La gare de Mahina

La gare de Mahina (photo Hubert Ledoux – octobre 2013)

Toukoto, situé à mi-route de Bamako-Dakar, était le seul endroit où les trains pouvaient se croiser (occasionnant parfois de longues attentes quand l’un des deux convois était en retard), ce fut aussi un important centre de dépannage et d’entretien du matériel roulant, qui employa jusqu’à 1700 ouvriers dans les années 50.

De nombreux emplois seront créés et, dans 4 ans (« si Dieu le veut »), Kayes ne sera plus qu’à 5 ou 6 heures de Bamako. Les plages de Dakar ne seront plus qu’à 12 à 13 heures de train contre plus de 36 heures aujourd’hui… au minimum, le trajet prenant jusqu’à parfois deux jours !

Le futur trafic est estimé à 6 millions de tonnes de fret et 2 millions de voyageurs par an.

16 - Une traversée toujours impresionnate

Actuellement, le pont de chemin de fer de Mahina sert aussi au passage des 4×4, charrettes, deux roues, piétons et… troupeaux ! (photo Hubert Ledoux)

 Un peu d’histoire : le pont de Mahina

 

La construction de la ligne de chemin de fer « Haut Sénégal-Niger » a été décidée en 1881, mais les travaux ont effectivement commencé en 1882 à partir de Kayes, baptisée « la cité des rails ».

En 1884, pour prolonger la voie au-delà de Bafoulabé, et franchir le fleuve Bafing (ce que les troupes d’El Hadj Omar Tall s’opposant à la pénétration française estimaient impossible) il fallait d’abord construire un pont à Mahina.

Pont de Mahina 001

Construit en 1882, le pont de 400 m sur le Bafing est toujours en activité. Un autre pont devrait être construit pour le chemin de fer restauré (photo Hubert Ledoux).

Le projet retenu fut finalement celui proposé par la Société de construction de Levallois-Perret, anciennement Société Eiffel : d’une portée de 400 mètres, l’ouvrage est constitué de 16 travées de 25 mètres posées sur des piliers maçonnés de 7 mètres de haut, avec un tablier de 4,20 m. de large.

La Société Eiffel, chargée de fournir toute la charpente métallique, le tablier, et l’outillage, commence les travaux le 8 mai 1895 en réalisant à un km en amont, un petit barrage de roches, permettant aux terrassiers de couler les énormes bases des piliers sur la roche au fond du fleuve.

Le pont de Mahina est terminé en août 1895, ce qui permet de pousser la voie jusqu’à Kalé. La ligne atteindra Bamako dix ans plus tard.

 

 

 

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