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Déterminée et têtue

by sur 16 janvier 2016

Mis à jour le 27 janvier à 9h00

Déterminée et têtue, c’est ainsi qu’apparaît Béatrice Stockly aux yeux de son entourage et de ceux qui l’ont fréquentée à Tombouctou.

Des djihadistes affirment avoir enlevé la Suissesse Béatrice Stockly au Mali

Mehdi Pfeiffer | 27 Janv. 2016, 00h40 | MAJ : 27 Janv. 2016, 00h32

IMAGE DE PROPAGANDE. Dans une vidéo de «l’Emirat du Sahara», un groupe lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), la Suissesse Béatrice Stockly, enlevée à Tombouctou le 7 janvier s’exprime en français.

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Capture d’écran

L’agence mauritanienne privée Al-Akhbar a rapporté mardi soir avoir reçu une vidéo de «l’Emirat du Sahara», un groupe lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), affirmant avoir enlevé la Suissesse Béatrice Stockly à Tombouctou (nord du Mali), début janvier

On y voit cette dernière s’exprimer en français ainsi que les djihadistes formuler des revendications pour la libération de leur otage.

«Nous annonçons notre responsabilité dans l’enlèvement de cette mécréante évangéliste qui, par son travail, a réussi à faire sortir de l’islam nombres de fils de musulmans», selon les propos attribués par Al-Alakhbar à un porte-parole de l’Emirat du Sahara s’exprimant dans la vidéo que l’agence n’a pas diffusée, mais visible sur certains réseaux sociaux.

Sur la vidéo en question, visionnée par leparisien.fr, une femme qui se présente comme Béatrice Stockly recouverte d’un long voile noir laissant apparaître son visage, s’exprime en français : «Je m’appelle Béatrice Stockly et je suis Suisse. J’ai été kidnappée le 7 janvier à Tombouctou par Al-Qaïda au Maghreb islamique», affirme-t-elle dans un message vraisemblablement prononcé sous la contrainte. La vidéo aurait été tournée le 19 janvier 2016. Comme preuve de vie à cette date, la prisonnière évoque l’attaque de l’hôtel de Ouagadougou, au Burkina Faso, qui s’est déroulée le 16 janvier dernier.

Les preneurs d’otage réclament notamment la libération d’Ahmad Al Faqi al Mahdi (comme le souligne le chercheur Romain Caillet sur Twitter), détenu par la Cour pénale internationale, en échange de celle de leur prisonnière. Ce dernier, était membre d’Ansar dine, un groupe lié à Aqmi et est notamment accusé d’avoir participé à la destruction des mausolées de Tombouctou en 2012.

Béatrice Stockly avait déjà été enlevée en avril 2012 par des islamistes du groupe islamiste Ansar Eddine avant d’être libérée grâce à une médiation du Burkina Faso. A l’époque, sa libération avait, selon plusieurs sources, donné lieu à une rançon. Très impliquée dans des actions  sociales, la Suissesse avait refusé de quitter la ville.

Enlèvement: AQMI affirme détenir la Suissesse

(Créé: 26.01.2016, 23h56) par 24h ch – ats/afp/reu/cheMis à jour à 02h14

Dans une vidéo postée mardi soir, Al-Qaïda au Maghreb islamique s’adresse au gouvernement suisse.

La RTS a relevé la publication d’une vidéo dans laquelle un homme appartenant au groupe AQMI annonce avoir enlevé la missionnaire suisse.Image: Capture d’écran

Al-Qaïda au Maghreb islamique affirme dans une vidéo avoir enlevé une Suissesse à Tombouctou au début janvier, rapporte mardi l’organisation de surveillance SITE. La missionnaire bâloise était retournée au Mali bien qu’elle y ait déjà été victime d’un rapt en 2012.

Dans cette vidéo de huit minutes, qui n’a pas pu être authentifiée de manière indépendante, la Suissesse apparaît voilée et déclare que l’enregistrement a été réalisé le 19 janvier. D’après l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar, qui a reçu la vidéo, la Bâloise y décrit son rapt à Tombouctou et y reconnaît ses activités «d’évangélisation».

«Nous Al-Qaïda au Maghreb islamique, la région du Sahara, proclamons notre responsabilité dans l’enlèvement de cette mécréante évangélisatrice qui, par son travail, a réussi à faire sortir de l’islam nombres de fils de musulmans», y déclare encore un combattant en anglais.

Demandes au gouvernement suisse

En contrepartie de sa libération, AQMI exige «la remise en liberté d’un certain nombre de ses combattants en prison au Mali et l’un de ses dirigeants, Abou Tourab, détenu à la CPI» (Cour pénale internationale).

Abou Tourab est le nom de guerre d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi, qui était un des chefs du groupe djihadiste malien Ansar Dine, lié à AQMI. Accusé de destructions d’édifices religieux et de monuments historiques à Tombouctou en 2012, il est le premier djihadiste devant la CPI et le premier suspect arrêté dans l’enquête de la cour sur le Mali. Il a comparu pour la première fois en septembre à La Haye, où il est détenu.

«Task force» du DFAE

Interrogé cette nuit par la RTS , le Département fédéral des affaires étrangères indique que «les vérifications sont en cours» et qu’il ne souhaite pas commenter pour l’heure ces revendications. Le DFAE avait indiqué le 8 janvier avoir mis sur pied une «task force», qui travaille de concert dans ce dossier avec l’Office fédéral de la police (fedpol).

La Bâloise, une quadragénaire qui revendique sa foi chrétienne, avait été kidnappée la veille vers 04h30 à son domicile, selon une source sécuritaire malienne. «Ses ravisseurs ont tapé (à sa porte, ndlr); elle a ouvert et ils sont partis avec elle», avait précisé la source.

Retour à Tombouctou malgré les menaces

Très impliquée dans les actions sociales, la Bâloise vivait à Tombouctou, où elle avait déjà été enlevée en avril 2012 par des djihadistes. Elle avait été libérée par Ansar Dine, qui contrôlait alors la ville, une dizaine de jours plus tard grâce à une médiation du Burkina Faso.

Elle est retournée s’y installer en janvier 2013, lorsque les djihadistes en ont été chassés et dispersés à la faveur d’une intervention militaire internationale déclenchée à l’initiative de la France.

Promesse pas tenue

Des sources locales avaient alors affirmé qu’une rançon avait été versée, mais un médiateur burkinabé et un responsable du groupe Ansar Dine l’avaient démenti.

«Les moudjahidine l’ont détenue en 2012, avant de la remettre en liberté quelques jours plus tard après qu’elle s’est engagée à ne plus revenir à cette pratique condamnable en terre d’islam», une promesse qu’elle n’a pas respectée. «Son sort était alors de retomber aux mains des moudjahidine», est-il encore écrit dans la légende de la photographie diffusée mardi par Al-Akhbar.

Ansar Dine, dirigé par le Touareg Iyad Ag Ghaly, et AQMI font partie des groupes djihadistes qui ont contrôlé le nord du Mali de mars-avril 2012 jusqu’à l’intervention militaire française en janvier 2013.

Zone instable

Si cette opération, qui se poursuit actuellement, a chassé et dispersé les groupes djihadistes de ces vastes régions, des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. L’instabilité semble en outre s’intensifier depuis plusieurs mois.

AQMI a revendiqué l’attaque commise en novembre contre un hôtel à Bamako, qui a fait 20 morts, et celle commise le 15 janvier dernier contre un restaurant et un hôtel au Burkina Faso, qui a fait 30 morts, dont deux Suisses. (nxp)

Mali: Béatrice Stockly, la captive du désert, enlevée pour la deuxième fois

Par Serge DANIEL – AFP – Mise à jour 15.01.2016 à 13:30

Avec ses cheveux couleur sable, son « entêtement » messianique et un côté « rebelle » affirmé, la Suissesse Béatrice Stockly, enlevée la semaine dernière pour la deuxième fois, est une figure connue de tous à Tombouctou, ville légendaire du nord-ouest du Mali.

Malgré les mises en garde des miliciens islamistes comme de sa famille, cette femme d’une quarantaine d’années, habillée à l’occidentale, refusait de quitter la « cité des 333 saints », haut lieu de l’islam dans un Mali très majoritairement musulman.

« Je suis arrivée à Tombouctou pour la première fois en 2001, avec André Yann, fondateur de la mission Vie nouvelle », d’obédience protestante, expliquait-elle à l’AFP lors d’un entretien il y a une dizaine d’années dans cette ville où chacun l’appelait par son prénom.

Mais, très rapidement, les relations entre le missionnaire allemand et la jeune Suissesse se sont dégradées, se souvient Mohamed Ag Mossa Yattara, pasteur de l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu de Tombouctou, également d’obédience protestante.

« Béatrice, tout le monde le sait à Tombouctou, a un côté rebelle. Elle s’est fâchée avec un missionnaire allemand (André Yann, NDLR) qui l’a introduite à Tombouctou, elle s’est fâchée également avec nous, parce qu’on lui donnait de bons conseils », raconte le pasteur.

Il cite ainsi un échange un peu rude au sujet de ses rentrées tardives le soir, dans une ville conservatrice où une femme « célibataire endurcie » détonne.

Elle était néanmoins plutôt bien accueillie par les populations locales, en particulier les enfants, qu’elle aimait beaucoup et couvrait de cadeaux.

« Nous l’avons acceptée malgré tout. Elle était curieuse, elle parlait avec tout le monde, elle était chez elle ici », commente Djibril Cissé, un guide de Tombouctou qui la connaît bien et relativise son action religieuse. « Elle évangélisait les gens. Mais ce qu’elle nous disait sur le plan de la religion entrait par l’oreille droite et ressortait par l’oreille gauche ».

– ‘Mission de Dieu’ –

Inquiets pour elle, ses parents, originaires de Bâle (nord-ouest de la Suisse) s’étaient rendus à Tombouctou en 2003 pour la convaincre de quitter le nord du Mali.

Elle accepte de rentrer en Suisse, mais au bout de quelques semaines repart pour sa ville préférée, élisant domicile dans un quartier populaire, où elle créé une « librairie chrétienne » en 2004. Elle vendait également des fleurs pour joindre les deux bouts.

Un ancien policier malien en poste à Tombouctou se souvient qu’elle « n’avait pas froid aux yeux »: on pouvait la voir débarquer dans un bureau, dans un commissariat, ou sur les berges du fleuve Niger pour « évangéliser » les habitants.

Lorsque la ville tombe aux mains des jihadistes en avril 2012, elle refuse de partir, malgré l’insistance de ses amis et du consulat suisse.

« Elle n’écoutait personne, n’en faisait qu’à sa tête », se souvient Abdoulaye Konaté, enseignant dans une école publique de Tombouctou.

Enlevée peu après par des islamistes armés, elle est relâchée au bout d’une dizaine de jours, grâce à une médiation burkinabè, par le groupe Ansar Dine, du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui contrôle la cité historique.

Démentant les informations sur le versement d’une rançon, un porte-parole d’Ansar Dine à Tombouctou, Sanda Ould Boumama, affirmait à l’époque: « La seule condition que nous avons posée est qu’elle ne revienne plus chez nous. Elle profite de la pauvreté et de l’ignorance de nos enfants ».

La Suissesse transite alors par le Burkina Faso, séjourne un moment au Sénégal. Et revient à Tombouctou en janvier 2013, peu après l’intervention de l’armée française pour chasser les jihadistes du nord du Mali.

Rencontrée une nouvelle fois par l’AFP à Tombouctou en 2014, entourée d’enfants dans une rue, elle confiait d’une voix calme être revenue « pour accomplir la mission confiée par Dieu ».

« Pourquoi je dois avoir peur? Je n’ai pas peur. On me dit de ne pas venir ici, on me dit de partir d’ici, je ne partirai pas. Je suis en mission de Dieu ».

« Quand j’ai appris que Béatrice a été enlevée pour la seconde fois, j’ai vraiment pensé à son entêtement. Elle est rebelle et têtue », soupire un des enquêteurs maliens chargés de retrouver sa trace.

 CONTROVERSE—La Suissesse enlevée pour la seconde fois à Tombouctou tenait mordicus à son indépendance. Au Mali comme en Suisse, son indifférence aux règles de sécurité suscite la critique.

source : lematin Maliactu info – 12 janvier 2016

Enlevée deux fois en trois ans. A première vue, le sort de Béatrice S., victime d’un rapt dans la nuit de jeudi à vendredi dernier à Tombouctou, a tout l’air d’un sommet de malchance. A première vue seulement, parce que, de l’avis de certains, la missionnaire paie le prix d’un tempérament excessivement indépendant.

En Suisse, avant son départ pour l’Afrique, cette Bâloise fréquentait une paroisse de l’Eglise évangélique méthodiste (EEM). «Elle participait au culte, sans plus», précise Barbara Streit-Stettler, porte-parole. Une fois partie au Mali, la missionnaire allait rapidement perdre le contact avec sa communauté. «C’est son problème, elle ne veut avoir de rapport avec aucune Eglise», commente le pasteur Bouya, de l’Eglise évangélique des assemblées de Dieu de Tombouctou.

A son arrivée, le religieux avait hébergé la Suissesse dans sa famille: «Après une année, elle a jugé qu’on la surveillait trop et a pris ses distances avec nous. Elle s’est ensuite séparée de la mission Vie Nouvelle, pour laquelle elle œuvrait. Finalement, elle s’est retrouvée seule.»

Vivant simplement, en vendant des fleurs, la missionnaire «free-lance» habitait le quartier d’Abaradjou, dans le nord de Tombouctou. C’est là où, en 2012, elle était enlevée une première fois par des djihadistes. Libérée après neuf jours, elle allait revenir s’installer dès 2013 dans ce même secteur, pourtant exposé aux attaques. «J’ai voulu la voir après son retour. Mais, quand je suis arrivé chez elle, elle était entourée d’enfants et n’a pas voulu me recevoir», se souvient le pasteur Bouya. Lui-même réfugié à Bamako, il ajoute que le consulat suisse a tout fait pour que la missionnaire se mette en sécurité. Sans succès. «Pour elle, c’est Tombouctou ou rien.»

Engagement sans limites

Son amour pour la perle du désert l’a-t-il de nouveau empêchée de fuir malgré l’assassinat, en décembre, de l’animateur d’une radio chrétienne et de deux de ses amis? On peut se poser la question. «Son histoire est celle de toute personne qui a une vocation. Un type qui fait de la course automobile est aussi prêt à mettre sa vie en danger pour gagner», conclut Raymond Favre, de l’organisation d’aide aux chrétiens persécutés Portes ouvertes.

Comme l’Eglise évangélique méthodiste de Suisse ou le Réseau évangélique suisse, son organisation désapprouve l’engagement missionnaire solitaire à la façon de Béatrice S. «Mais cette dame a certainement aidé des gens sur le terrain. Qui aurait accepté de faire ce travail à sa place?»

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