Skip to content

Salafistes ou la charia au quotidien

by sur 25 janvier 2016

Mis à jour mercredi 27 janvier à 11h30

Montrer les salafo-jihadistes «tels qu’ils sont», c’est l’objectif du documentaire réalisé par François Margolin et Lemine Ould Salem qui sort mercredi.

Déjà  évoqué dans cette revue de presse, nous republions les reportages et interview qui y ont été consacrés, à notre connaissance.

Menacé d’interdiction aux moins de 18 ans en raison des images de l’exécution du policier Ahmed Merabet, victime des tueurs de Charlie Hebdo, les réalisateurs ont promis de modifier la scène dans une lettre adressée au ministre de la culture Fleur Pellerin.

 

Pourquoi le documentaire « Salafistes » fait polémique

Le Monde.fr Mis à jour le 26.01.2016 à 13h55

Projection houleuse au Festival international des programmes audiovisuels (Fipa) de Biarritz, interdiction aux moins de 18 ans demandée par la commission de classification… Les Salafistes du Français François Margolin et du journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem font parler  d’eux.

Le documentaire qui devait sortir  en salles mercredi 27 janvier fait polémique, au point que ses auteurs ont décidé de le retoucher . Une nouvelle version est attendue par le ministère de la culture qui doit rendre  son avis définitif.

·         Que raconte le film ?

Sans voix off, le film laisse la parole aux théoriciens du terrorisme islamiste que les auteurs ont rencontrés en Mauritanie, au Mali, en Tunisie ou encore en Irak depuis 2012. Il montre l’application de la « charia » au quotidien : les femmes rabrouées par la police islamique dans le nord du Mali car leur voile n’est pas parfaitement ajusté, l’amputation de la main d’un voleur, l’exécution publique d’un berger touareg… Cette dernière scène a d’ailleurs inspiré le film Timbuktu, primé à Cannes et récompensé de sept Césars.

Les entretiens avec des responsables politiques d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et des autorités religieuses salafistes sont entrecoupés de vidéos de propagande du groupe djihadiste Etat islamique (EI) et d’Al-Qaida mais également d’images amateurs filmées lors des attentats du 11 septembre 2001 et de l’attaque contre Charlie Hebdo.

·         Quels sont les reproches qui lui sont faits ?

Salafistes montre des extraits de vidéos de propagande d’Al-Qaida et de l’EI, dont la violence a « semblé le meilleur des contrepoints » aux auteurs, a expliqué François Margolin à l’Agence France-Presse.

Sans commentaires ni voix off, elles sont insérées entre les vidéos tournées par le journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem et celles des amateurs. Une égalité de traitement qui en rend la lecture compliquée, selon la critique du Monde, qui regrette le manque de mise à distance du sujet par les réalisateurs.

Pour l’écrivain et cinéaste Claude Lanzmann, au contraire, la variété des documents en fait un « véritable chef-d’œuvre éclairant comme jamais aucun livre, aucun spécialiste de l’islam ne l’a fait, la vie quotidienne sous la charia, à Tombouctou, en Mauritanie, au Mali, en Tunisie, en Irak. »

Interviewé par Le Monde, Lemine Ould M. Salem se défend par ailleurs de faire  la propagande, soulignant que son film montre également plusieursscènes de résistance et dissidence aux djihadistes.

·         Comment le documentaire a-t-il été remanié ?

L’une des scènes du documentaire d’origine montrait des images non floutées de l’assassinat d’Ahmed Merabet, le 7 janvier 2015 sur le boulevard Richard Lenoir, alors qu’il tentait de stopper  les frères Kouachi après la tuerie de Charlie Hebdo.

Contacté par Télérama , le réalisateur François Margolin a expliqué avoir  coupé cette scène dans la nouvelle version du film. Une décision qu’il affirme avoir prise avant même la décision de la Commission de classification de l’interdire aux moins de 18 ans, par respect pour la famille du policier qui lui avait demandé. Télérama précise par ailleurs que le documentaire sera également expurgé de l’amputation de la main d’un homme, supplice réservé par la charia aux voleurs.

·         « Salafistes » sortira-t-il mercredi ?

A la veille de sa sortie prévue, le documentaire n’avait toujours pas reçu de visa d’exploitation. Le ministère de la culture attendait toujours de visionner , lundi 25 janvier au soir, la version remaniée du documentaire pour donner  un avis définitif.

Joint par téléphone par Le Monde, François Margolin restait confiant dans la possibilité de boucler  ce processus avant la sortie mercredi dans les cinq salles (deux à Paris, une en banlieue, deux en région) qui, selon lui, ont déjà programmé Salafistes.

Claude Lanzmann : « Madame Pellerin, n’interdisez pas la sortie du film “Salafistes” ! »

Claude Lanzmann, écrivain et cinéaste -Le Monde.fr – Mis à jour le 25.01.2016 à 19h53

Le documentaire Salafistes, réalisé par François Margolin et Lemine Ould Salem, montre la réalité des djihadistes au Sahel. Sa sortie, normalement prévue le 27 janvier, a reçu un avis négatif du ministère de l’intérieur pour sa diffusion. Dans une tribune au Monde, le cinéaste et écrivain Claude Lanzmann appelle le gouvernement à autoriser la diffusion de ce film.

J’apprends avec consternation qu’une inqualifiable conjuration se trame pour interdire la sortie en salles de Salafistes, film de François Margolin et Lemine Ould Salem, véritable chef-d’œuvre éclairant comme jamais aucun livre, aucun « spécialiste » de l’Islam ne l’a fait, la vie quotidienne sous la « charia », à Tombouctou, en Mauritanie, au Mali, en Tunisie, en Irak.

On comprend, à voir et écouter les protagonistes du film propager leur idéologie sans faille, verrouillée à triple tour, que tout espoir d’un changement, d’une amélioration, d’une entente avec eux est illusoire et vain. Salafistes est d’une grande beauté formelle, rapide, efficace, très intelligent : on est pris, emporté dès la première image, saisi par la cruauté tranquille des intervenants et des irruptions involontaires de comique, qui naissent précisément de la radicale absence d’humour de ces suppôts de Dieu et du Prophète, dont on dirait qu’ils sont leurs plus proches parents.

Margolin ne cache rien des lois minutieuses de la « charia » et de l’exécution des sentences, d’où toute pitié est exclue. Le pire sans doute est que les victimes condamnées à avoir, sous nos yeux, la main coupée, ou à être décapitées, ne cessent d’énoncer, avec une voix aussi puissante que celle du bourreau qui se tient auprès d’eux, leurs péchés et la culpabilité des Etats-Unis et des Juifs.

C’est un préposé du ministère de l’intérieur, sourd à tout argument, qui mène infatigablement cette sinistre offensive contre le film, mobilisant les diverses commissions cinématographiques, qui hésitaient à censurer totalement la sortie du film, mais s’accordaient sur l’interdiction aux moins de dix-huit ans, ce qui était une autre façon de tuer sa carrière.

Sourd, aveugle et têtu, ce préposé du ministère de l’intérieur range Salafistes dans la catégorie « apologie du terrorisme ». La bêtise est partout. Aux dernières nouvelles, c’est à Fleur Pellerin, ministre de la culture, que doit revenir la décision finale. On pourrait rêver qu’avec une identité aussi irénique elle tranche pour la liberté (la dernière interdiction d’un film date de 1962, pendant la guerre d’Algérie, quand la police parisienne jetait dans la Seine les manifestants du FLN).

J’en appelle à Manuel Valls, le premier ministre, qui a d’autres titres à entrer dans l’Histoire que de permettre une aussi honteuse censure.

« Salafistes » ou la charia au quotidien

Mise à jour 23.01.2016 à 11:30 – Par Hervé BAR –  AFP © 2016 AFP

Montrer les salafo-jihadistes « tels qu’ils sont », dans leur violence au quotidien: c’est l’objectif de « Salafistes », documentaire sans voix off ni commentaires, qui doit sortir en salles mercredi mais est menacé d’interdiction aux moins de 18 ans.

Ses auteurs, François Margolin et Lemine Ould Salem, nous emmènent au Nord-Mali sous contrôle jihadiste de mai 2012 à janvier 2013, à Tombouctou et Gao, à la rencontre de chefs des mouvements Ansar Dine et du Mujao, affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

On y suit les policiers islamiques, en patrouille sur un marché ou dans les allées sablonneuses de Tombouctou, qui apostrophent deux gamines sur un étal: « Je lui ai dit de rabattre son voile ».

Tout juste amputé de la main droite pour vol, un jeune plombier feint sur son lit d’hôpital de se réjouir d’être pris « intégralement en charge » jusqu’à sa sortie, sous l’oeil de son bourreau, Sanda Ould Boumama. « On l’a traité conformément à ce que Dieu nous dit », justifie ce chef local d’Ansar Dine.

« Je ne fais qu’appliquer les obligations divines. (…) Il n’y a plus de péché maintenant », clame un autre chef jihadiste, Oumar Ould Hamaha. Surnommé « barbe rousse » pour son bouc coloré au henné, celui qui fut un moment porte-parole du Mujao aurait été tué courant 2014 par les forces spéciales françaises.

« L’homme est rebelle par nature à la volonté divine, il est esclave de ses passions, il faut donc agir par force pour qu’il se soumette », assène-t-il. « C’est le sabre qui va trancher, et c’est par le sabre que le jihad va se propager ».

Autre moment fort, les préparatifs de l’exécution d’un berger touareg, jugé coupable d’assassinat.

– « Le sabre va trancher » –

Ces scènes rappellent le film Timbuktu du réalisateur Abderrahmane Sissako, primé aux Césars 2015. Initialement associé au documentaire, M. Sissako a abandonné le projet en cours de route mais conservé les images rapportées du Nord-Mali. MM. Margolin et Ould Salem l’avaient accusé de les avoir « pillées » et copiées pour son film.

Le tournage a duré trois ans, au Mali, en Mauritanie et Tunisie. A Nouakchott, il donne la parole à plusieurs prédicateurs salafistes qui ont pignon sur rue. La force de « Salafistes » est de donner à voir et à entendre, sans commentaire.

Une parole brute, souvent choquante. L’attentat contre Charlie Hebdo? « Ils ont eu ce qu’ils méritaient ». Contre l’Hyper Cacher? « Juifs et musulmans sont en guerre, ce n’est que justice ». « On peut utiliser la démocratie pour faire valoir nos droits. Mais nous refusons ce système qui est mécréant par essence ».

« Il ne faut pas faire la distinction entre salafisme jihadiste, intellectuel, et de comportement », juge l’imam Mohamed Salem Madjissi. « Le salafisme englobe tous ces aspects, il envisage tous les aspects de la vie », estime ce religieux, pour qui l’EI « respecte la charia » et « est un Etat tout à fait légitime ».

Les deux réalisateurs ont pris le parti d’insérer des extraits des vidéos de propagande du groupe Etat islamique (EI), dont la violence leur a « semblé le meilleur des contrepoints ».

« Notre projet était de montrer les salafistes de l’intérieur », explique François Margolin. Minoritaire mais de plus en plus influent dans l’islam, « le salafisme est avant tout une idéologie, qui débouche sur le passage à l’acte », selon lui. Et les auteurs de citer les mots de « barbe rousse »: « être jihadiste, c’est le stade suprême du salafisme, c’est un cheminement normal ».

La commission de classification des oeuvres du Centre national du cinéma (CNC) a préconisé mardi l’interdiction du film aux moins de 18 ans. En cause notamment, des images non floutées de l’exécution du policier Ahmed Merabet, victime des tueurs de Charlie Hebdo. Dans un courrier à la ministre Fleur Pellerin, François Margolin a indiqué qu’il allait modifier la scène.

 Documentaire : « Salafistes », la mécanique djihadiste décryptée

Par Hassina Mechaï – Le Point Afrique – Publié le 30/12/2015 à 11:09

Ce film de Lemine Ould Salem et François Margolin interroge la pensée servant de soubassement théologique aux djihadistes de Gao à Rakka, en passant par l’Europe.

Oumar Ould Hamaha dans le documentaire « Salafistes ». Surnommé « le Barbu rouge », il est présumé avoir été tué dans la région de Kidal début mars 2014 suite à des frappes aériennes françaises. Membre d’Ansar Eddine, puis du Mujao, avant de fonder son propre groupe, Ansar al-Charia, Ould Hamaha avait sa tête mise à prix par les Etats-Unis pour 3 millions de dollars (2,7 millions d’euros). © Capture d’écran « Salafistes »

Muni d’une caméra légère, Lemine Ould Salem a pu tourner dès 2012 dans le nord du Mali alors sous contrôle djihadiste. Le journaliste mauritanien a d’abord filmé la vie quotidienne sous la Charia dans la ville de Tombouctou.

Au bord de Charia road

Dès les abords de la ville, de grandes pancartes proclament en arabe et en français : « La charia, c’est le bonheur, la route du paradis ». Des hommes aux traits juvéniles, kalachnikovs en bandoulières, circulent sur des motos, mettent en pratique ces mantras en traquant le voile un peu trop lâche des femmes, la cigarette et l’alcool « haram » (interdit) ou encore la musique prohibée. C’est toute une société mise ainsi sous la coupe de la loi islamique telle qu’elle est imposée par cette police des mœurs islamiques.

Des images exceptionnelles sont montrées aussi du fonctionnement d’un tribunal islamique, où châtiments corporels, amputations pour les voleurs, lapidation pour les adultères sont décidés avec la tranquille et glaçante certitude de bien faire. Dans un saisissant extrait, un homme amputé d’une main pour vol, explique sur son lit d’hôpital qu’il a été médicalement pris en charge, et qu’une fois la punition passée, il serait « anobli et son péché serait oublié ».  Les exécutions publiques aussi sont filmées, tels de vastes dispositifs spectaculaires et tétanisants.

Malgré tout, il y a un front du refus

Des îlots de résistance sont aussi montrés, ceux qui par le simple questionnement refusent l’ordre nouveau. Ainsi, cet adolescent, qui tout en servant du thé à un djihadiste, exprime ses doutes : « Tout ce qui est ancien est effacé. On dirait que ce sont des nouveaux musulmans. Pourtant mes parents, mes grands-parents étaient aussi musulmans. Avant, on avait de la musique pendant le Ramadan, on avait des copines. Tout est interdit aujourd’hui. On doit suivre, car c’est la force. On est obligé« .

Et puis il y ce vieil homme qui exhale à travers sa pipe des volutes de tabac tout autant que son refus de cet islam qu’il considère comme totalement étranger : « Ils m’ont dit de jeter ma pipe, j’ai refusé et leur ai dit de me montrer où, dans le Coran, il était écrit que c’était interdit. Ils n’ont pas pu. Ils m’ont ensuite demandé de venir prier avec eux, j’ai d’abord refusé, puis j’y suis allé, mais leur prière était rapide, c’était celle des voyageurs et des combattants. Après je suis allé prier tout seul à ma manière« .

Djihadisme, romantisme et nihilisme

Le documentaire des deux journalistes donne à entendre aussi les idéologues du djihadisme, théologiens au visage lisse et au discours distordu. Et ce qui frappe de façon évidente est leur connaissance absolument parfaite des mécanismes de communication et du débat intellectuel qui traversent l’Occident.

Qu’ils citent les écrits sur le djihad du néo-conservateur américain Robert Spencer ou qu’ils lient dans un continuum idéologique et religieux les évènements géopolitiques. « Ils nous connaissent parfaitement » résume pour le Point Afrique François Margolin. « Ces idéologues lisent beaucoup les journaux mais aussi les théoriciens occidentaux qui sont en face. Ce sont pour beaucoup des intellectuels qui ont beaucoup étudié. La guerre qu’ils mènent est une guerre en connaissance de cause de ce que nous sommes et ils profitent aussi sans doute des failles qu’ils constatent chez nous« , ajoute-t-il.

Lemine Ould Salem ne dit pas autre chose : « Ce sont des gens qui ont passé leur vie à lire, réfléchir, étudier. Ils sont très érudits. Ils ont leur rationalité, leurs codes. J’ai été frappé dans le nord du Mali de voir l’autorité qu’ils exercent sur les gens et comment cette autorité est respectée« , insiste le co-auteur de Salafistes.

Un univers singulier, une vision à part

Car à écouter ces « Stavroguine » du désert, tout fait sens et lien, dans une vision du monde totale. Ainsi le 11 septembre, selon le prêcheur de Nouakchott, Mohamed Salem Madjissi, à l’évident charisme, aurait permis aux Etats-Unis de comprendre la souffrance, car, ajoute-t-il, « c’est ainsi qu’on peut imaginer la souffrance des autres« . Charlie Hebdo selon son prisme ? « Il a dépassé les bornes« . Mohamed Merah ? « Le fruit épineux d’une France coloniale« .

Selon François Margolin, les djihadistes considèrent que le colonialisme, l’intervention en Irak, l’existence d’Israël sont des atteintes faites contre eux.  » Ils considèrent qu’ils sont en guerre contre nous, qu’il faut nous convertir, et que l’Occident doit vivre un jour sous la Charia. La vraie déclaration de guerre des salafistes contre l’Occident est le 11 septembre 2001. C’était l’acte symbolique qui marquait leur entrée en guerre « .

Des jeunes djihadistes en quête d’appartenance

Le film montre bien aussi tous ces jeunes engagés qui partent faire le djihad au nom d’un romantisme morbide et fantasmée. Ils deviennent alors Al-Roumi, Al-Farsi, al-Tounsi, autant de dénominations qui rappellent ainsi leur lieu d’origine mais qui sont également comme une imitation maladroite et outrée des noms des premiers compagnons du prophète Mohamed.

Le documentaire fait ainsi succéder un Français au solide accent du sud, un djihadiste aux boucles blondes et yeux bleus visiblement d’origine allemande ou fait entendre encore l’accent cockney des faubourgs londoniens d’un homme masqué ; et tous appellent à les rejoindre en Syrie, dans cette Internationale du Djihad en somme.

Dans cette idéologie totalisante qu’est le salafisme, ces jeunes trouvent, selon François Margolin, « un sentiment d’appartenance et une lutte à mener » : « L’un des idéologues interviewés le dit bien : l’Occident a essayé le communisme, le catholicisme, la laïcité et maintenant il reste l’Islam politique. C’est une idéologie totalisante qui permet de répondre à toutes les questions, de s’y référer aussi pour répondre à tous les problèmes. L’Islam politique, comme d’autres idéologies totalitaires, veut régenter tous les aspects de la vie, il est rassurant en cela. Le salafisme pense tout régler par son idéologie. Ces gens qui vont se battre en Syrie se seraient peut être tournés vers d’autres idéologies auparavant« , explique le journaliste au Point Afrique.

Le Janus salafiste

On demeure également saisi avec ce documentaire par le double imaginaire qui semble coexister, sans heurt visible ni contradiction, dans l’esprit des djihadistes. Le premier imaginaire est tout tourné vers le passé et les premiers temps de l’Islam, « un passé évidemment mythifié« , selon Lemine Ould Salem. Le terme Salafiste signifie d’ailleurs « ancêtres », « prédécesseurs » et le mouvement prétend à un retour à l’Islam originel. Mais François Margolin insiste sur un distinguo nécessaire entre salafiste et djihadiste car «si tous les djihadistes sont salafistes, tous les salafistes ne sont pas djihadistes».

Le second imaginaire est entièrement innervé par une modernité flagrante, que ce soit à travers les moyens de communication hyper modernes, mais également à travers la mise en scène permanente des actions spectaculaires et autres attentats, toujours filmés et aussitôt diffusés sur les réseaux sociaux. Qu’un des intervenants déclare sans rire, « On peut aller faire le Djihad en Syrie en portant des Nike, ce n’est pas incompatible » ou qu’il s’amuse du fait que « désormais, on peut twitter des combats en temps réel », l’hyper-spectacle est de mise aussi chez les djihadistes.

Une bonne maîtrise des codes hollywoodiens

Des extraits de la propagande morbide de l’EI entrecoupent aussi le film. Là, toute l’iconographie hollywoodienne ou de jeux vidéo est alors convoquée, mitraillage, poursuites en voiture, attentats spectaculaires.

Rien d’étonnant à cela selon François Margolin pour qui « une erreur qui est faite souvent en Occident est de penser que les Salafistes, parce qu’ils prônent un retour à l’Islam de Mohamed sont des gens qui sont contre la modernité, ce qui est tout à fait inexact. Ce sont des gens qui ont intégré les codes de la modernité. Ils sont férus d’internet, de télévision. L’EI consacre ainsi 2,5% de son budget à la communication : ils savent que la guerre se joue aussi sur internet et permet de recruter, de faire de la propagande, de faire peur aussi. Ils ont aussi tous les attributs de la modernité : les derniers modèles de voiture, de portables, d’applications qui leur permettent de communiquer…« .

Ces djihadistes souhaitent-ils limiter leur emprise au Mali ou l’étendre ? Dans une interview rare, le chef djihadiste Oumar Ould Hamaha, membre tour à tour d’Ansar Eddine, puis du Mujao, avant de fonder sa propre Katiba, Ansar al-Charia, explique sans ciller : « Nous voulons juste appliquer la charia dans le Mali. Mais si la Cedeao veut intervenir, (…), nous étendrons la lutte à toute l’Afrique de l’Ouest. Et si l’OTAN intervient, ce sera pire« .

Sans commentaire off parfois trop prescripteur d’une opinion, « Salafistes » offre un témoignage brut à voir, entendre et comprendre. Si sa date de sortie exacte demeure encore inconnue, « Salafistes » devrait néanmoins être en salle en janvier 2016.

 Quand les salafistes imposent la charia : l’enquête qui a inspiré le film « Timbuktu »

Olivier Bories – Par L’ Obs – Publié le 22-12-2015 à 11h46

Le documentaire « Salafistes », filmé en Tunisie, en Mauritanie et au Mali, présente la vision du monde des djihadistes africains. Il sort fin janvier 2016. Nous l’avons vu.

Omar Ould Hamaha, chef militaire du Mujao et lieutenant de Belmokhtar. (Extrait de « Salafistes »

Deux jeunes gens, kalachnikov en bandoulière, arpentant les rues de Tombouctou pour faire respecter la loi islamique ; un berger, accusé du meurtre d’un pêcheur, est exécuté en public ; femme excentrique, Zabou, refuse de porter le voile imposé par les djihadistes… Ces scènes avaient marqué le film « Timbuktu », d’Abderrahmane Sissako, sorti en 2014 et présenté au festival de Cannes. Elles sont également présentes dans le documentaire « Salafistes », de François Margolin et Lemine Ould M. Salem, qui sortira en salle fin janvier 2016.

Le Mali sous la charia

En 2012, Lemine Ould M. Salem, un journaliste mauritanien, décide d’aller tourner au Mali. Le nord du pays vient de tomber aux mains de différentsgroupes djihadistes comme Ansar Eddine et le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Lemine Ould M. Salem s’associe alors au réalisateur François Margolin, rencontré durant la guerre en Libye. Le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako rejoint le projet.

Pour des raisons de sécurité, seul Lemine Ould M. Salem part tourner : Ansar Eddine, à qui il a demandé une accréditation, lui garantit sa sécurité. « Ils m’ont donné une autorisation avec 15 points à respecter », détaille Lemine Ould M. Salem. Le journaliste avait par exemple l’interdiction de filmer des femmes non voilées, et était accompagné en permanence.

Ils ne sont intervenus qu’une fois, pour vérifier si j’avais bien respecté leurs règles : après ils m’ont laissé tranquille ».

Une fois revenu en France, le journaliste partage ses images avec François Margolin et Abderrahmane Sissako. Le réalisateur de « Timbuktu » se retire ensuite du projet, mais garde avec lui les rushs, qui ont visiblement inspiré son film, dont de nombreuses scènes sont similaires à ce qu’a pu voir Lemine Ould M. Salem. « Il a un peu pillé les rushs de Lemine », accuse François Margolin.

Montrer le discours salafiste

Contrairement à « Timbuktu », le sujet du documentaire « Salafistes » va bien au-delà du Mali. « Le projet de départ est de montrer le discours des salafistes », explique François Margolin. En plus des images tournées à Gao ou Tombouctou sous la coupe des djihadistes, le documentaire comprend des entretiens avec de nombreux salafistes, idéologues ou simples croyants, en particulier en Mauritanie et en Tunisie.

Souvent présentés à tort comme de simples brigands ou comme des trafiquants de drogue, ces salafistes ont bien un projet politique. Oumar Ould Hamaha, ancien membre d’Ansar Eddine puis du Mujao, probablement tué par l’armée française, déclare ouvertement vouloir s’emparer de tout le Mali pour le gouverner. Et si les pays africains ou de l’Otan veulent l’en empêcher, il leur promet un « 11-Septembre fois dix ».

Des images rares

Le salafisme n’est pas un projet abstrait : c’est une gouvernance, un mode de vie que montre le documentaire dans des images rares. A Gao et Tombouctou, c’est un tribunal islamique qui siège : sur la table, le fusil d’assaut repose sur un Coran, symbole de la justice macabre qui y est rendue. Une bière vaut 40 coups de fouet, 80 en cas de récidive.

Un homme, amputé d’une main pour un vol, est filmé sur un lit à côté de ses bourreaux. Ces derniers, venus à son chevet, le considèrent à présent comme purifié : ils lui ont même assuré qu’il serait pris en charge médicalement avant de lui couper la main.

Mais la charia n’est pas que l’application de sentences : les salafistes entendent réguler tous les aspects de la vie.

Un jeune salafiste tunisien de Sousse présente avec fierté son magazine, SLF pour « Le magazine du salafi moderne », pour lequel il écrit des articles comme « Avoir une belle barbe en 7 points », « Nike Free, la chaussure préférée des djihadistes en Syrie » ou encore « Les djihadistes, superhéros des temps modernes ? ». L’auteur se vante :

C’est un magazine lifestyle tout à fait ordinaire, mais qui parle de l’actualité en Tunisie du point de vue salafiste. »
Un autre Tunisien tient une boutique où même les cosmétiques sont conformes à sa vision de l’islam : tous les visages des emballages sont recouverts de sparadrap. L’homosexualité ? Un crime, selon des prêcheurs de Nouakchott. La laïcité, la démocratie ? Des concepts à rejeter car ils rentrent en contradiction avec l’islam, tranchent ces salafistes. Tabac, alcool, ou musique : la police islamique veille pour faire respecter les interdits.
Salafistes et djihadistes, une frontière floue

Au milieu de ces entretiens montrant le discours salafiste, des vidéos de propagande de l’Etat islamique sont diffusées. Souvent évoquées dans les médias, il est finalement rare d’y être confronté. Pour les auteurs, ces images sont la traduction en acte du discours salafiste. N’y a-t-il donc aucune frontière entre salafistes et djihadistes ? Si tous les salafistes qu’ils ont rencontrés ne prônent pas le djihad, François Margolin et Lemine Ould M. Salem montrent la porosité entre les deux sphères, parfois reconnue par les concernés eux-mêmes.

Oumar Ould Hamaha, le djihadiste surnommé Barberousse, en raison de sa barbe teinte au henné, y voit un lien direct. Des années de prêche salafiste n’ayant pas réussi à changer les habitudes au Mali, la violence devient le moyen le plus efficace pour appliquer ses idées : le djihadisme est pour lui le stade suprême du salafisme. Il se réjouit :

Depuis que le sabre a commencé, c’est-à-dire depuis que le djihad a commencé, même les petites filles sont voilées. »

Mohamed Salem Madjissi, un célèbre prêcheur salafiste de la capitale mauritanienne Nouakchott, justifie calmement face à la caméra les attentats du 11-Septembre 2001, de « Charlie Hebdo » ou de Mohammed Merah : ce ne sont pour lui que des réponses à la prison américaine de Guantanamo, à la politique israélienne, ou à la colonisation, et « bien qu’imparfait », l’Etat islamique est à ses yeux légitime.

Une tribune pour les salafistes ?

Pendant toute la durée du film, aucune voix off, aucun spécialiste ne vient amener de contrepoint. Les images de propagande, parfois violentes, associées au discours des salafistes, ne font-elles pas de ce film une tribune pour les extrémistes ? François Margolin, conscient du risque, justifie :

A force de ne pas montrer ces images, on en oublie la violence. »

Surtout, insiste-il, des actes de résistance viennent apporter une réponse à cette violence.

Mamiti, un jeune homme de Tombouctou, regrette devant la caméra que les djihadistes aient interdits les chants et les rites traditionnels, déplorant leur « nouvelle religion ». Il ne peut s’empêcher de griller une cigarette, caché derrière un mur, avant de servir le thé à un dirigeant du groupe djihadiste Ansar Eddine. François Margolin observe : C’est un acte de résistance qui peut sembler infime, mais c’est peut-être ça la vraie résistance, concrète, un geste de la vie quotidienne. »

Un homme âgé explique comment on a voulu lui faire abandonner le tabac, en vain. C’est sur les rires de témoins de la scène que s’achève le film, au milieu des bouffées de fumée du vieil homme continuant à tirer sur sa précieuse pipe.

 « Salafistes » : un documentaire qui montre « comment les jihadistes sont devenus qui ils sont »

Jeune Afrique – Par Nadia Rabbaa  – Mis à jour le 15 décembre 2015 à 18h21

Dans les salles fin janvier 2016, « Salafistes », le documentaire qui a largement inspiré « Timbuktu », montre la réalité du salafisme, du Mali à la Tunisie en passant par la Mauritanie. Entretien avec son réalisateur, Lamine Ould Mohamed Salem.

Tourné entre 2012 et 2015, le documentaire d’Ould Salem, journaliste mauritanien spécialiste du Sahel, mets à l’écran pour la première fois les théologiens du jihad en Afrique. Face caméra, en français ou en arabe, tout y passe : les attentes du 11 septembre, Charlie Hebdo, les juifs, l’alcool, les femmes, les homosexuels, Israël, l’Occident etc. Le tout entrecoupé d’images parfois difficilement soutenables issues de télés djihadistes montrant crument des amputations et des assassinats.

Jeune Afrique : Comment est née l’idée de faire ce documentaire ?

Lamine Ould M. Salem : J’étais à Gao en 2012 au début de la rébellion Touareg dans le Nord-Mali pour réaliset un reportage pour la chaîne de télévision M6. Sur place je réalise que les nationalistes touaregs du MNLA ne tiennent pas toute la ville. Ils tiennent quelques points stratégiques : l’aéroport, le gouvernorat, tandis que le reste de la ville, le marché et les rues sont aux mains des jihadistes du Mujao et du groupe Al-Moulathimin de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

J’essaye d’entrer en contact avec eux, sans succès. Je me débrouille pour avoir les coordonnées du porte-parole d’Ansar Eddine qui tient Tombouctou et lui demande si je peux venir avec un collègue étranger. Il me répond qu’il ne peut pas garantir sa sécurité mais que moi je peux venir. « Tu es chez toi (en tant que musulman, NDLR), personne ne peux t’en empêcher, le pays est tien ».

Je rentre en France mais je garde ça en tête. Le sujet est diffusé sur M6 en juin et le producteur et réalisateur François Margolin, que j’avais rencontré l’année d’avant pendant la guerre en Lybie, le voit et me propose une collaboration. C’est là qu’est né le projet. On part sur l’idée de montrer la charia au quotidien. Je rappelle le porte-parole d’Ansar Eddine et je retourne au Mali.

 Sur place quelle marge de manœuvre aviez-vous ?

Avant que je n’arrive les journalistes étaient très libres, jusuq’à ce qu’un confrère publie un sujet qui a déplu. À partir de là ils ont décidé que tous journalistes devaient être accompagnés d’un « mourafik » (accompagnateur). J’ai fait une demande d’accréditation qui a été validée et par la suite ils ont été très honnêtes, ils ont respecté ce qu’ils avaient dit : ils n’ont pas interféré dans mon travail et j’ai eu accès à tout ce que j’avais demandé. Je pouvais interroger tout le monde, y compris ceux qui ne partageaient pas leurs points de vue. J’avais seulement interdiction de filmer des femmes qui n’étaient pas habillées selon la tenue islamique, ou des soldats sans leur autorisation.

Le jour où ils ont exécuté un berger touareg qui avait tué un pêcheur Bozo*, ils ont demandé de ne pas filmer la mise à mort du condamné. Pour vérifier si j’avais bien respecté la consigne, ils ont pris ma caméra et mes téléphones portables. Ils ont regardé tous mes enregistrements et ont juste supprimé les discours des imams avant l’exécution. Puis m’ont remis mon matériel en me disant que j’avais bien respecté les conditions fixées. À partir de là, ils m’ont laissé filmer seul. Je devais leur remettre une copie de mes films avant de partir mais ils ont oublié de me le demander.

Combien de temps êtes-vous resté sur place ?

Je suis resté à Tombouctou de début septembre à fin octobre 2012 puis j’ai eu l’idée d’aller à Gao puisqu’il y avait le Mujao et Belmokhtar qui y était installés. J’appelle donc le porte-parole de Belmokhtar – qui est son gendre et qui est mauritanien – ainsi que le directeur de la police.

Comme j’avais été autorisé par Ansar Eddine à filmer à Tombouctou, ils m’ont autorisé à filmer à Gao. Le seul moment où j’étais accompagné c’était quand j’ai assisté au jugement du tribunal islamique ou en suivant une patrouille de la police islamique. Pour tout le reste je n’avais pas d’accompagnateur.

Pourquoi filmer dans trois pays et ne pas vous arrêter aux seules images du Mali ?

Beaucoup de gens m’ont posé la question. Il ne faut pas raisonner en mode Berlin 1885. Ces gens sont hors du temps moderne. Ils sont dans un temps qui est le leur, c’est un temps islamique, pré-colonial, dans lequel ils sont restés. Les liens sont évidents entre un malien musulman et un syrien par exemple ou encore entre le lieu saint d’El Quds à Jerusalem et Djenné au Mali ou entre un islamiste de Tunisie et un de cette région. Ils ont toujours eu des contacts.

Ce sont des gens qui se revendiquent de la même idéologie, ils se reconnaissent tous dans le salafisme. La référence est la même : ils ont tous un projet qui est celui d’un État islamique appliquant la charia.

Pourquoi s’arrêter au Mali ? Parce qu’il y a une continuité évidente. D’ailleurs quand vous les voyez, il y a des Égyptiens, des Algériens, des Azerbaïdjanais, des Nigérians, des Gambiens, des Marocains, des Saoudiens, c’est une sorte d’internationale. Quand vous regardez aujourd’hui, pourquoi des milliers de Tunisiens partent se battre en Syrie ? Ils ont en en partage ce rêve de restaurer le califat.

Et contrairement à ce que l’on croit, ils ont une base sociale très importante, même si la majorité de la population n’est pas forcément avec eux. Ils n’auraient pas tenu sans une adhésion populaire importante. Les gens étaient plutôt contents de l’exécution du berger touareg à Tombouctou. Quand je leur ai posé la question tous étaient là « la charia c’est bon, c’est Dieu qui a dit ça, il a tué, il doit être tué ».

Dans votre film vous montrez des salafistes mais aussi des jihadistes…

Tous les salafistes ne sont pas jihadistes mais tous les jihadistes sont salafistes. Le salafiste, c’est un musulman qui rêve de reproduire le mode de vie du prophète, de ses compagnons et des deux générations qui ont suivies, ce qu’ils appellent « les pieux ancêtres ». Certains d’entre eux sont tellement obsédés par cette idée qu’ils estiment que seul le sabre peut ramener les musulmans à ce modèle-là. Ceux-là sont jihadistes.

Le basculement se fait quand on prône l’usage de la force pour soumettre les gens et propager la religion. Les premiers sont des salafistes piétistes et quiétistes. Ils veulent vivre sur le mode de vie du Prophète et n’ont aucune volonté de prendre les armes. Les seconds sont pressés d’imposer leur modèle et prônent, pour diverses raisons, le jihad.

On le voit bien dans le film : tout est lié, aussi bien la foi, que les conditions de vie et le rapport au monde. Beaucoup de jihadistes sont devenus jihadistes moins à cause d’expériences personnelles que par révolte vis-à-vis de l’état du monde musulman, de l’occupation d’Israël ou de la politique américaine. Certains ont rejoint le jihadisme parce qu’ils ont connu Guantánamo, Abou Abou Ghraib, le soutien des puissances occidentales aux dictateurs arabes, ou encore par opposition au système politique dans lequel ils vivent. Ceux-là estiment que seul le jihadisme peut aujourd’hui faire entendre leur voix.

C’est cette voix que vous vouliez faire entendre ?

Je n’ai aucun message à faire passer, mon travail c’est de rapporter ce que j’ai vu, c’est tout. On entend parler de ces gens depuis très longtemps mais on ne les a jamais vus, on ne les a jamais entendus. Il était important de montrer leurs discours. La plupart ont une vague idée de ce discours mais là on le voit dans sa rationalité, on les voit argumenter, on voit les raisons qui peuvent pousser les gens adhérer à ce genre d’idéologie.

Plus que montrer qui ils sont, je voulais montrer pourquoi ils sont devenus qui ils sont. Et à chaque fois il y a Israël qui revient, les inégalités, l’état du monde musulman.

Il faut comprendre que ce sont des gens extrêmement convaincus de leurs croyances, ce sont plus des fanatiques que des voyous comme on a souvent l’habitude d’entendre. Ils sont persuadés que leur salut ici-bas et demain dans l’au-delà passe par ça.

*l’histoire de son exécution est racontée dans le film Timbuktu

 

Publicités

From → Revue de Presse

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :