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Violences conjugales : marche blanche à Bamako

by sur 31 janvier 2016

Mis à jour mardi 2 février à 16h30

De plus en plus de femmes se lèvent contre les violences conjugales qui ont tendance à augmenter.

Elles ont organisé une marche blanche à Bamako à la mémoire des victimes les plus récentes, ce qui a aussi donné l’occasion d’entendre des témoignages directs.

Un atelier de réflexions s’est également tenu récemment.

Mais il n’y a pas qu’au Mali ou en Afrique. En fin d’article, le témoignage-analyse d’une psychiatre et la manifestation en faveur de Jacqueline Sauvage qui, victime de violences durant 47 ans, a fini par tuer son mari.

VIOLENCES CONJUGALES

LES ÉCHOS- Bamako – 1er février 2016

Tuée à bout portant ! 

Tuée à bout portant par la personne à laquelle elle avait décidé de s’unir pour le restant de sa vie !

Tuée à bout portant tout simplement par le père de ses enfants !

Choquante, la triste nouvelle aura révoltée plus d’un Malien. Répugnante, elle aura aussi suscité l’incompréhension, car aucune cause ne saurait justifier la mise à mort d’une personne, de surcroit sa conjointe. Un drame, disons un assassinat sauvage qui aura mobilisé la société civile et les mouvements de protection des droits de la femme.

En l’espace d’un an, Kamissa est ainsi la seconde épouse à perdre la vie suite à des violences conjugales. A l’époque, nous dénoncions déjà ce drame silencieux vécu par de nombreuses femmes, dont certaines se retrouvent handicapées à vie, si ce ne sont d’autres qui perdent simplement la leur. Des handicaps physiques certes, mais aussi et surtout des handicaps psychologiques irréversibles.Un drame face auquel notre société joue à la politique de l’autruche en faisant semblant de ne rien voir, ni de ne rien entendre.

Et pourtant, les cris et les plaintes silencieuses des victimes résonnent comme des coups de semonces. Face à notre inertie, ces nombreuses femmes victimes nous regardent et nous interpellent. Elles peuvent nous accuser de non assistance à personnes en danger, voir de complicité de meurtre, car aucun d’entre nous ne peut dire qu’il ne savait pas ce qui se passait. Les tensions au sein des couples sont choses courantes. Chaque foyer connaît ses hauts et ses bas, les bas étant souvent plus fréquents que les hauts.

Rien d’anormal donc dans la vie à deux. Toutefois, lors de la célébration du mariage, l’officier d’État civil précise que l’homme doit protection à sa femme. Par protection, nous comprenons qu’il doit prendre soin d’elle et ne pas l’exposer à tout ce qui pourrait mettre son intégrité physique en péril. En ne respectant pas donc cet engagement « contractuel », les maris hystériques violent l’un des fondements du mariage et méritent de répondre de leurs actes, non pas devant l’officier d’État civil, mais devant un juge. Car aucune considération sociale ne saurait absoudre l’acte ignoble posé.

Car la vraie plaie de notre société, ce sont ces « innombrables négociateurs ou médiateurs » qui entrent en jeu chaque fois qu’un évènement fâcheux se passe, même des assassinats ignobles comme celui de Kamissa. Nous avons certes nos valeurs sociétales qu’on ne doit pas égarées, mais doit-on, au nom de ces mêmes valeurs, fermer les yeux sur des actes condamnés autant par nos US et coutumes que par nos religions ?

Je ne le pense pas. C’est la raison pour laquelle il faut se réjouir de la marche silencieuse organisée ce weekend. Il s’agit là d’une prise de conscience qui ne manquera pas de mettre une certaine pression.

Les auteurs de crimes, fussent-ils passionnels n’ont pas leur place dans la communauté des hommes, mais derrière les barreaux.

Les drames silencieux sont nombreux et l’impunité dont leurs auteurs bénéficient n’est pas un bon signal envoyé. Tant que certains bourreaux continueront à penser qu’ils ont droit de vie et de mort sur leurs conjointes, attendons-nous à pleurer d’autres Kamissa.

Tant que la justice des hommes ne sévira pas et qu’on continuera à fermer les yeux en disant que c’est l’œuvre de Satan attendons-nous un jour à ce que ça soit une proche de nous qui puisse être la victime expiatoire d’un névrosé ou d’un alcoolique qui n’aurait jamais mérité d’avoir une épouse.

Pour que cesse les violences contre les femmes, il faudrait que l’hypocrisie ambiante qui entoure le sujet puisse s’estomper.

Violences conjugales : les femmes de Bamako battent le pavé !

Posté le 31/01/2016    

Face à la multiplication des cas de violences conjugales au Mali, le mouvement ‘’Haltes aux violences conjugales (HVC)’’ a organisé ce samedi 30 janvier 2016, une marche silencieuse et blanche. La marche est partie du Monument de l’Indépendance pour prendre fin devant le Centre Aoua Kéita par une déclaration.

Il n’y avait pas que les femmes à cette marche. Ils étaient nombreux les hommes épris de justice à marcher aux côtés des femmes pour manifester leur soutien. Des organisations de défense des droits de l’homme étaient également au rendez-vous.

Cette marche est initiée une semaine après le crime passionnel commis à Bamako, par un homme sur sa femme (Kamissa Sissoko) de retour d’un dîner de mariage. Le monsieur, excité par une jalousie sans nom a fusillé son épouse, avant de tenter de se suicider, sans succès.

Ce drame a eu lieu le 23 janvier 2016, en marge du mariage de la fille de l’ancien président de la transition, Pr. Dioncounda Traoré.

Le 5 février 2015, une autre dame, du nom de Mariam Diallo, a été mortellement poignardée par son époux dans sa chambre.

Selon le rapport de l’ONU-femmes, au Mali, 353 femmes ont été victimes de violences conjugales en 2014 et 603 femmes ont subi ces mêmes violences en 2015.

Selon l’OMS, à l’échelle mondiale, 30℅ des femmes subissent des violences dans leur foyer.

Des situations qui prouvent à suffisance que les violences conjugales sont devenues presque monnaie courante au Mali et particulièrement à Bamako. C’est pourquoi, les femmes de Bamako à l’invitation du mouvement HVC, ont décidé de battre le pavé, afin que des mesures soient prises pour circonscrire ces barbaries conjugales dignes de l’époque de la pierre taillée.

Dans sa déclaration remise aux femmes parlementaires pour le gouvernement, le mouvement HVC demande aux dirigeants le renforcement des lois en vigueur; la criminalisation des violences conjugales; la mise en place d’un centre d’accueil et l’accompagnement juridique des victimes des agressions conjugales. Aussi, le mouvement HCV demande au gouvernement de décréter le 5 février journée nationale de lutte contre les violences conjugales.

Violences Conjugales au Mali : Les deux faces d’un drame

 Bintou Diarra – Le Challenger – Posté le 31/01/2016

Les violences conjugales constituent un phénomène en nette progression au Mali. L’Association des Femmes Battues (ABF) enregistre au moins deux plaintes par semaine. Les violences conjugales présentent deux faces, même si la plus connue est celle qui frappe la gent féminine.

Le mariage se fait pour le meilleur et pour le pire, selon les écritures saintes. Les gardiens de la tradition en l’occurrence les griots et autres hommes de caste nous enseignent que “le mariage n’est pas un grand boubou que l’on peut enlever quand on est fatigué de le porter”.

Ces mêmes gardiens disent que “les dix colas font de la femme une esclave”. Ces vérités connues sont-elles des réalités aujourd’hui ?

S’inspirant de la tradition, le législateur malien a codifié que la femme doit obéissance et soumission à son mari. Cela peut-il faire de la femme une esclave ? Non, répondent les responsables des organisations féminines qui se battent nuit et jour contre les violences faites aux femmes.

Ce phénomène, en nette progression dans nos foyers, présente deux faces même si la plus connue est la violence qui frappe les femmes. Certains hommes subissent des violences de la part de leurs épouses dans le plus grand silence. Mais généralement, ce sont les femmes qui sont les plus victimes de la violence conjugale. Elles subissent des coups blessants, des injures, des souffrances morales et autres maltraitances de la part de leurs conjoints. Aussi, elles souffrent souvent des effets négatifs de la polygamie.

Selon Camara Ousmane, coordinateur des recours juridique et judiciaire de l’Association des Femmes Battues (ABF), la cause de la violence dans un foyer tient au manque de communication, à l’incompréhension, au manque de moyens financiers, à la jalousie, à l’effet des excitants consommés par certains hommes. Toujours selon lui, l’association reçoit les plaintes de la part des victimes deux fois par semaine.

La Clinique Juridique Démèso reçoit des femmes victimes de violences dans leurs foyers et les aide à travers une assistance juridique et judiciaire. Même si les chiffres viables ne sont pas disponibles, il ressort des échanges avec les responsables de nombreuses associations de défense des droits de la femme que le phénomène est en nette progression.

Mme Aminata DIARRA : Mon mari me frappait violemment

L’Association des Femmes Battues (ABF), souligne Camara Ousmane, ne reçoit pas des plaintes de la part des hommes qui sont victimes des violences conjugales. Cela ne veut pas dire que ceux-ci n’en subissent pas. Si les femmes qui osent porter la main sur leurs maris sont rares, certaines épouses n’hésitent pas à les injurier publiquement.

Aussi, il faut reconnaître que la gent féminine dispose de nombreux moyens de pression conjugale pour torturer son compagnon. C’est le cas de M D. « Ma femme m’a boudé au lit. Pendant plus de sept (7) mois, elle a refusé de coucher avec moi. Depuis lors, la maison est devenue invivable pour moi. Je sors tôt et rentre tard. Finalement, je me suis résigné à prendre une seconde épouse », nous a-t-il confié et préfère garder l’anonymat car craignant d’être la risée du monde.

Dans un rapport daté de 2005, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), reconnaît que « la société tolère les violences conjugales ». Le document de l’organisation internationale de défense des droits de l’homme fait cas de la pression sociale subie par les femmes victimes qui sont  stigmatisées lorsqu’elles dénoncent de telles violences.

Pour cette raison, il est difficile d’obtenir des témoignages de celles qui souffrent dans le domicile conjugal. Aminata Diarra a voulu briser le silence.  Elle était mariée et mère de quatre enfants. « Mon mari me frappait violemment. Ses coups étaient même accompagnés parfois d’injures graves. Après avoir écouté une amie, je me suis rendue dans une association de défense des droits des femmes pour exposer mon problème. Après l’intervention des autorités, il a momentanément cessé pendant deux semaines mais après, la routine a repris le dessus. On a fini par divorcer », nous a confié Aminata Diarra.

Des injures et autres coups et blessures, les violences conjugales prennent rapidement une tournure dramatique. Il y a moins d’un an, le cas de la dame Mariam Diallo, Secrétaire particulière du Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme avait suscité un tollé général sur les réseaux sociaux. Elle a été poignardée à mort, le 05 février 2015, au domicile conjugal à Bacodjicoroni ACI par son mari, Soumaïla Dicko.

Pas plus tard que le samedi 23 janvier 2016, Amadou Fall a tiré à bout portant sur sa femme, Kamissa Sissoko à l’arme automatique. La pauvre Kamissa Sissoko a rendu l’âme. Le couple avait deux enfants.

Les méfaits de la polygamie

De l’avis de nombreux responsables d’associations et organisations de défense des droits de la femme, « la polygamie peut souvent être une source de frustration, d’humiliation, de troubles du comportement, de haine, de drame, de cruauté entre les femmes dans la mesure où le mari n’est pas responsable et équitable ».

Deux témoignages rapportés par notre confrère Le Débat dans sa parution du 12 décembre 2015 édifient sur la tournure dramatique de certaines vies dans les familles polygames. Oumou T. a perdu un morceau de son oreille gauche à la suite d’une dispute avec sa coépouse. « Suite à une dispute très houleuse, ma coépouse m’a donné un coup de pilon sur la tête. Je me suis évanouie et elle a mordu mon oreille gauche jusqu’à ôter un morceau », a-t-elle confié à notre confrère.

Aissata la troisième épouse de Lassana, peut-on lire dans le Débat, a ébouillanté la quatrième épouse avant de s’enfuir. « Je ne supportais pas du tout les comportements moqueurs et les provocations indirectes de ma coépouse. Comme elle n’arrêtait pas de se vanter de sa beauté physique et de sa forme, j’ai chauffé de l’eau et l’ai  versée sur son visage avant de m’enfuir», a déclaré Aissata.

Il est certain que ces violences plongent les victimes dans la peur, la dépression psychologique, l’isolement. Souvent, elles tournent au drame et le divorce est un moindre mal dans ces cas-là. Il est temps que les autorités prennent à bras le corps des mesures préventives contre ces actes ignobles.

Les actions du gouvernement doivent être conjuguées à celles des organisations de la société pour renforcer les espaces d’écoute et centres d’accueil en faveur des femmes victimes de violences conjugales. L’opérationnalisation d’un système d’aide juridictionnelle permettant l’accès des tribunaux aux femmes victimes de violences, est à la portée des pouvoirs publics.                 

Droits de l’homme : la Minusma aide les députés maliens à légiférer sur les violences et les discriminations à l’égard des femmes

Posté le 31/01/2016

C’est dans ce sens qu’une soixantaine de députés maliens ont participé le mardi dernier, à un atelier de sensibilisation sur les violences et les discriminations à l’égard des femmes. Co-organisée par l’unité Protection des femmes de la Minusma, l’ONU Femmes, l’UNFPA et les associations de défense des droits des femmes, cette rencontre a permis de discuter des bases d’une réponse légale contre les violences basées sur le genre (VBG) au Mali.

Selon de nombreuses études récentes, les violences basées sur le genre ou liées au conflit se sont multipliées au cours de la crise multidimensionnelle qui a secoué le Mali. Survenues particulièrement dans les régions du Nord, ces violences peuvent être de différente nature : viols, agressions sexuelles, coups et blessures, mariages forcés.

Koen Davidse, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali en charge du volet politique de la Minusma a indiqué, lors de la clôture de l’atelier, que « la violence contre les femmes et les politiques de discrimination constituent les pires formes de violation des droits et des libertés fondamentales ».

C’est pourquoi il a insisté sur la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies comme moyen de lutter activement contre ces formes de violences. Le Plan d’actions national de cette Résolution a été lancé le 14 janvier 2016. « Les femmes et les filles sont essentielles à la reconstruction et à la réconciliation au Mali » a ajouté M. Davidse.

La nécessité d’adopter des lois nationales 

Après s’être imprégnés des dispositions juridiques régionales en matière de protection contre les violences faites aux femmes et aux filles ainsi que des Résolutions du Conseil de sécurité y afférentes, les députés se sont engagés à favoriser l’adoption, par le Mali, des lois réprimant les violences et discrimination faites aux femmes. Par la même occasion ils ont marqué leur volonté de mettre en place des mécanismes de veille sur l’action gouvernementale en matière d’application effective des lois qui seront votées et les dispositions qui les accompagnent.

L’Honorable Sekou Fantamadi Traoré, député élu à Diola, membre de la Commission administration et décentralisation et également membre du Parlement panafricain a jugé le thème de l’atelier pertinent. Selon lui, « c’est une opportunité qui va amener les députés maliens à faire des propositions de lois visant à réprimer les violences basées sur le genre au Mali ».

A noter qu’au niveau mondial, le secrétaire général des Nations Unies M. Ban Ki-moon a annoncé la semaine dernière la création d’un Groupe de réflexion de haut niveau sur les thématiques en lien avec la promotion des femmes. Ce groupe d’experts sera chargé d’apporter des idées et de galvaniser les efforts en vue de combler le fossé persistant entre les sexes dans le monde.

Violences conjugales : quand l’amour «se mue» en haine

Par Moussa BOLLY –  Le Reporter – 30 Jan 2016

Kamissa-Sissoko-Mariam-DialloKamissa Sissoko et Mariam Diallo

Le meurtre de Fall Maïmouna Sissoko dite Kamissa par son conjoint, dans la nuit du 23 au 24 janvier 2016, relance le débat sur la violence conjugale, le crime passionnel, le drame social. Presqu’un an après le crapuleux assassinat de Dicko Mariam Diallo par son époux Soumaïla Dicko (il lui avait assené 40 coups de poignard le 5 février 2015), Kamissa Sissoko vient de la rejoindre elle aussi sous les balles du père de ses deux filles. Mariam était mère et enceinte de jumelles.

Mariam et Kamissa symbolisent le drame des millions de femmes dans le monde.

Une majorité qui demeure silencieuse par convenance sociale, coutumière ou socioreligieuse. «Les femmes maliennes sont conditionnées pour subir des violences conjugales. Je suis désolée de le dire tout cru mais c’est comme ça», se convainc une amie sous le coup de la colère. Ce qui fait que, aujourd’hui, la violence conjugale est un fléau dont l’ampleur est encore mal cerné par l’imagination et les études ?

Faut-il alors attendre que le crime soit commis pour que la famille et la société réagissent ? La réponse n’est pas aussi évidente que la problématique soulevée car, quand l’environnement du couple découvre l’effet dévastateur des scènes de ménage, il est presque trop tard. Autant le crime est passionnel, autant le débat est passionné. Une fois de plus, les réseaux sociaux se sont déchaînés, suite à cet assassinat visiblement prémédité, avec comme cible l’islam et les hommes.

Les meurtres de Mariam Diallo et de Maïmouna Kamissa Sissoko sont majoritairement condamnés comme «un acte ignoble, répugnant et condamnable de la part d’un homme vulgaire qui n’a même pas besoin d’avoir une place d’un jardin zoologique». Rien ne saurait justifier la violence verbale ou physique, à plus forte raison un crime passionnel.

Mais, difficile aussi de se mettre à la place de celui ou celle qui assène le coup fatal pour savoir ce qui lui passe en tête en ce moment précis pour le pousser à commettre l’irréparable. L’évidence est que nous sommes face à des humains dont nous jugeons les actes avec une lucidité qui n’a sans doute rien à voir avec le contexte dans lequel le crime a été commis.

Combien d’entre-nous ont posé des actes dans une colère passagère pour aussitôt les regretter une fois la raison retrouvée ? Nous ne cherchons point à justifier ou à disculper ces «assassins de femmes», même si les hommes peuvent aussi se retrouver dans le cercueil, victimes du ras-le-bol d’une femme longtemps opprimée et violentée. Qu’est-ce qui peut pousser un homme à battre sa femme jusqu’à ce que mort s’en suive ou à l’abattre comme «une chienne» pour paraphraser une ancienne Miss ORTM ?

Le crime passionnel n’est pas l’apanage d’une religion ou d’une société !

Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’intervenants ont indexé l’islam en rappelant que c’est le Saint Coran qui autorise expressément de battre sa femme en cas de désobéissance. Pour eux, ce verset coranique est sans équivoque : «Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci (…) Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leur mari…). Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et Frappez-Les…».

Interprété les choses ainsi, c’est oublier que chaque verset du Livre Sacré a son sens et son contexte. Frapper dans celui-ci (contexte) ne donne par l’autorisation de blesser à plus forte raison de tuer. Le verset 4:34 du Coran fut véritablement révélé pour ordonner aux hommes de ne pas battre leur femme. Si celle-ci commet une faute prouvée et brise volontairement ses vœux de mariage, Dieu a donné aux hommes, par ce verset, les étapes à suivre. La correction mentionnée par ce verset 4:34 est symbolique.

Et, comme nous le disent plusieurs exégèses interrogés sur la question, «si le mari choisit de l’appliquer, c’est pour sa femme un signe clair que les choses vont mal et qu’elle doit changer sa façon d’agir». «…Au-delà de la lecture littéraliste et erronée que certains font des sources scripturaires, rien et absolument rien ne peut justifier la violence domestique en islam.

Les finalités du message sont claires et l’exemplarité du Messager (PSL) le confirme, lui qui n’a jamais levé la main sur une femme», avait défendu le professeur de théologie, Tariq Ramadan sur sa page officielle de Facebook (18 août 2014). «Les musulmans devraient être aux premiers rangs de la lutte contre la violence conjugale, en commençant par donner l’exemple, puis en dénonçant et condamnant ce comportement, quelle que soit la personne, musulmane ou non», avait-t-il poursuivi.

Dans un Hadith, lorsque des femmes vinrent se plaindre au prophète Mohammed (PSL) de violences de la part de leur mari, il a fait un prêche pour rappeler, «ceux-là (les maris) ne sont pas les meilleurs d’entre vous».

Les récits du Prophète (PSL) relatifs au bon comportement à l’égard de nos conjointes sont innombrables. Il était un exemple parfait et n’a jamais frappé l’une de ses femmes ni même injurié. Mieux, il recommandait : «traitez donc bien vos femmes et soyez gentils envers elles, car elles sont vos partenaires… Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leurs femmes». L’Islam a depuis toujours condamné la violence, en particulier la violence faite aux femmes. Et nos exégèses sont d’avis que «la femme battue ou maltraitée a le droit au divorce…».

Éviter la haine pour se réconcilier avec l’amour

La violence conjugale existe depuis longtemps et elle a été admise tout au long de l’histoire. Il y a des références à la violence faite aux femmes dans l’histoire grecque. De même, le terme anglais «Rule of Thumb» (règle du pouce), disent des historiens, vient d’un texte de droit anglais datant de 1767 qui permettait au «mari de châtier sa femme avec un fouet ou un rotin n’étant pas plus large que son pouce».

L’islam ne saurait encourager un fléau en condamnant les facteurs qui y conduisent. En effet, selon un médecin urgentiste qui s’est confié à nous sous l’anonymat, les époux de la plupart des femmes victimes de violence conjugale qu’il reçoit sont soit des alcooliques ou des consommateurs de drogues. Et dans beaucoup de pays, l’alcool est la cause principale de la violence de certains hommes. Il y a ensuite les drogues, la jalousie excessive, les fardeaux de la vie (chômage, impuissance, stérilité…).

Cette violence est condamnable sans réserve. Mais elle ne fait pas des hommes des ennemis de la Femme comme certains ont tendance à le soutenir sur les réseaux sociaux. Cela ne saurait nullement se justifier car, comme le dit si bien ma bien aimée sœur Assétou Gologo dit Tétou, «la moitié complémentaire de la femme, c’est l’homme». C’est comme ça et vice-versa, malgré des exceptions. Comme elle, nous sommes convaincus que, le plus souvent, ces crimes qui défraient la chronique sont liés à la personnalité même de l’un des conjoints, l’homme ou la femme.

Fidèle à sa clairvoyance, Tétou pose les questions les plus pertinentes et les plus objectives qui, à nos yeux, doivent permettre de mieux appréhender cette problématique que même les psychologues ont souvent du mal à cerner : Dois-je désormais voir en l’homme un ennemi ? Un assassin potentiel, un violent ? Ne dois-je pas parfois me questionner, en tant que mère, sur l’éducation que j’ai donnée à mon fils, qui ne respecte aucune autre femme que moi ? Dois-je généraliser ?

Le crime passionnel existe partout. Mais face à ce fléau, le pire des jugements c’est de vouloir «attribuer le crime passionnel» à une couleur de peau, à une religion… Nous condamnons la violence sous toutes ses formes et manifestations et nous avons une pensée pieuse et émue pour les victimes et leurs familles, notamment pour Mariam Diallo et Maïmouna Sissoko dite Kamissa ainsi que toutes ces anonymes qui vivent le martyr dans l’ombre du silence. Mais, sachons raison garder, car, encore pour paraphraser Tétou Gologo, «il ne s’agit pas de déverser la haine, mais de se réconcilier avec l’amour» !

Violences conjugales : La honte

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 25 janvier 2016

Les violences conjugales sont un phénomène mondial. Partout, les hommes règlent leurs différends avec les femmes en les battant et même en les tuant. Ainsi, ce sont des centaines de millions de femmes qui souffrent leur vie durant de toutes sortes de violences dont beaucoup restent impunies.

Dans le cadre de son programme Éducation aux Droits Humains (EDH), auquel nous avons participé, Amnesty international Mali a inscrit le thème « violences conjugales, violences faites aux femmes ». Il est apparu au cours des rencontres avec des groupements de femmes des communes 5 et 6 du district de Bamako, que plus du tiers des femmes souffrent de violences conjugales de plusieurs natures. Ces chiffres sont conformes à ceux donnés par les différentes organisations de droits humains qui estiment qu’environ 33% des femmes du monde sont victimes de violences conjugales.

A cause du mariage religieux, qui peut se rompre facilement chez nous, au mépris des textes, beaucoup de femmes sont répudiées et chassées avec leurs enfants sans aucun recours possibles. Des centaines de milliers voire des millions de femmes en sont réduites à se prendre en charge pour toutes choses parce que les maris refusent d’assumer impunément leurs responsabilités.

La partie la plus visible des violences conjugales demeure les violences corporelles qui sont banalisées chez nous. Battre sa femme est, ici, une chose ordinaire que les femmes elles-mêmes évoquent avec légèreté. Les violences corporelles ne sont prises au sérieux qu’en cas de blessures graves.

L’argument principal que des hommes nous ont opposé lors de nos débats radiophoniques est que le Coran autorise expressément de battre sa femme en cas de désobéissance. En effet, le verset 36 de la Sourate Les Femmes est sans équivoque : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci (…) Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris…). Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et FRAPPEZ-LES… »

Telle est la parole divine. Cependant Dieu nous a pourvus de discernement. S’entendre avec son épouse en réglant pacifiquement les différends ne vaut-il pas mieux que la battre ? N’y a-t-il pas de la honte à battre sa femme et à vouloir ensuite se consoler dans ses bras ? Certainement. Mais le traumatisme qui naît chez les enfants de mères battues est encore plus grand. Il se traduit par de nombreux échecs dans la vie, dont l’échec scolaire. Il y a de la bassesse à battre sa femme quel que soit le motif invoqué.

Certains hommes prennent un malin plaisir à recourir à la violence physique et menacent la femme à tout propos rendant ainsi la vie conjugale infernale pour leur conjointe. D’autres ajoutent à cela la violence verbale en insultant parfois grossièrement la femme voire ses parents. Ceux-là sont des hommes sans honneur qui ont oublié que le mariage est fondé sur le respect et l’obéissance mutuels.

Les femmes sont considérées chez nous comme la propriété des hommes. On évoque la dot payée par l’homme pour justifier cela. En vérité, si on dépense des millions pour se marier, c’est que la femme le mérite. Aucune somme d’argent ne peut compenser les plaisirs qu’offre une femme qui de surcroît assure la descendance de l’homme.

C’est très dommage que le code de la famille première mouture, qui était une avancée certaine dans la promotion de la femme malienne, ait été modifié par un président falot suite à une démonstration de force d’intégristes musulmans qui n’ont aucun respect pour la femme.

 Jacqueline Sauvage graciée ? Les femmes victimes de violences ne sont pas assez protégées

Publié le 31-01-2016- Modifié à 18h05  Par Muriel Salmona Psychiatre Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Elsa Vigoureux

LE PLUS. François Hollande va-t-il gracier Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour avoir abattu son mari violent ? La famille de cette femme de 66 ans, qui demande sa libération, a été reçue le 29 janvier dernier à l’Élysée. Pourquoi les femmes qui subissent des violences conjugales peinent à les dénoncer ou à fuir ? Les explications de la psychiatre Muriel Salmona.

Rassemblement pour Jacqueline Sauvage

Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblees sur la place de la Bastille, en presence des comediennes Anne Duperey et Eva Darlhan pour demander la grace presidentielle et liberer Jacqueline Sauvage. Paris, France le 23 Janvier 2016. Credit:Sevgi/Sipa/SEVGI_1518.07/Credit:SEVGI/SIPA/1601241630

Une femme victime de violences par son conjoint est censée s’opposer, partir et porter plainte dès le premier coup qu’elle reçoit. Si, comme Jacqueline Sauvage, elle est restée de nombreuses d’années à subir des violences sans les dénoncer, ni fuir, cela suscite le doute et l’incompréhension.

Ne ment-elle pas ? N’est-ce pas sa faute puisqu’elle n’a pas réagi ? Et ces violences, n’y a-t-elle pas consenti et trouvé son compte par masochisme ?

Une culture qui culpabilise les victimes

Penser cela, c’est adhérer à une culture du déni de la violence particulièrement injuste qui culpabilise les victimes.

C’est faire l’impasse sur la réalité de l’enfer que ces femmes vivent, sur la gravité des menaces qui pèsent sur elles, sur les nombreuses stratégies des conjoints violents qui organisent leur emprise et leur impunité, et sur les troubles psychotraumatiques induits par les violences qui mettent les victimes hors d’état de réagir et les piège durablement. La violence est un formidable outil de soumission qui annihile les capacités de défense des victimes.

Au lieu de se demander comment un homme s’autorise à être si violent, et arrive à transformer l’espace conjugal et familial en une zone de non-droit et de terreur pendant tant d’années, c’est à la victime qu’on demande presque toujours des comptes.

Elle est sommée d’expliquer pourquoi elle n’a pas pas réagi, pourquoi elle est restée si longtemps avec un conjoint qui la battait, la violait, et maltraitait également les enfants, pourquoi elle n’a rien dit, ni porté plainte. On lui demande de s’expliquer sur les phénomènes d’emprise qu’elle subit, alors que c’est elle qui aurait besoin d’être informée sur les mécanismes qui en sont à l’origine pour qu’elle puisse les comprendre et y échapper.

La protection n’est pas la règle, loin s’en faut

Bien sûr que toute personne qui subit des violences souhaite plus que tout être protégée et que ses droits soient respectés, mais encore faudrait-il que ce soit possible… Or la protection n’est pas la règle, loin s’en faut.

Chaque année, seules 14% des plus de 220.000 femmes victimes de violences conjugales portent plainte et ce taux descend à 2% pour les 40.000 femmes victimes de viols conjugaux. 120 à 140 femmes meurent sous les coups de leur conjoint, et plus de 30 enfants sont tués en même temps que leur mère, la séparation étant le moment le plus dangereux [1].

Il est donc particulièrement cruel de faire peser sur ces femmes des soupçons parce qu’elles n’ont pas pu se protéger sans prendre en compte ce qui rend toute fuite impossible :

– les menaces des conjoints violents que ce soit sur elles, les enfants ou d’autres proches,

– le risque d’être encore plus violentées ou d’être tuées quand elles décident de partir,

– les contraintes et les manipulations psychologiques qui permettent de les culpabiliser et de les contrôler,

– la mise en place de dépendances financières, économiques et administratives qui les privent d’argent, de travail et de papier.

Les conjoints violents instrumentalisent les enfants

Dans un monde à l’endroit, les femmes victimes de violences conjugales devraient être immédiatement protégées, quand elles appellent à l’aide.

Dans notre réalité, c’est très loin d’être le cas, il est rare que les menaces de mort soient prises au sérieux, et que leur sécurité soit réellement assurée, même si maintenant des mesures de protectionexistent en plus de l’hébergement en foyer comme l’ordonnance de protection et le téléphone grand danger.

De plus, après la séparation, il est fréquent que les conjoints violents utilisent les enfants pour continuer à exercer des violences lors de l’exercice de leur autorité parentale et de leurs droits de visite.

Si les enfants, quand ils sont directement menacés, peuvent donner aux femmes victimes la force de porter plainte et de partir pour les protéger, ils peuvent être, a contrario, une raison majeure de ne pas dénoncer les violences en raison de la peur de perdre leur garde en cas de séparation (d’autant plus si les violences ont un impact lourd sur la santé mentale des femmes), et en raison des risques que les enfants pourraient courir en étant seuls lors des droits de garde maintenus avec un père violent, sans que la mère puisse  s’interposer et tenter de les protéger.

Un impact psychotraumatique qui piège la victime

Deux autres raisons majeures empêchent les victimes de partir, elles sont liées à des symptômes psychotraumatiques, presque toujours présents lors de violences graves et répétées, d’autant plus s’il y a eu viols.

La violence a un pouvoir de sidération qui désactive les fonctions supérieures, expose à un stress dépassé entraînant le déclenchement de mécanismes neuro-biologiques de survie pour échapper à un risque vital cardio-vasculaire et neurologique. Ces mécanismes s’apparentent à une disjonction des circuits émotionnels et de la mémoire avec la mise en place d’une dissociation traumatique et d’une mémoire traumatique.

  1. La dissociation traumatique

Tout d’abord, la dissociation traumatique. Tant que la victime reste en contact avec son agresseur, le danger et la sidération persistent ainsi que le stress extrême, et le mécanisme de sauvegarde continue d’être enclenché produisant chez la victime un état de dissociation traumatique chronique.

Cet état déconnecte la victime de ses émotions, l’anesthésie et l’empêche de prendre la mesure de ce qu’elle subit puisqu’elle paraît tout supporter. Les faits les plus graves, vécus sans affect, ni douleur exprimée, semblent si irréels qu’ils en perdent toute consistance et paraissent n’avoir jamais existé (amnésie dissociative). L’entourage, face à la dissociation de la victime et son apparent détachement, ne va pas prendre conscience du danger.

De plus la dissociation est une véritable hémorragie psychique qui vide la victime et qui annihile ses désirs et sa volonté. Elle se sent perdue et ne se reconnaît plus, elle est comme un pantin. De ce fait, il lui est très difficile de se projeter dans un autre espace, une autre vie, elle s’en sent incapable. Cet état facilite grandement l’emprise par l’agresseur qui en profite pour coloniser le psychisme de la victime et la réduire en esclavage.

  1. La mémoire traumatique

Ensuite, la mémoire traumatique des violences scelle plus encore cette emprise : lors des violences, la disjonction empêche la mémoire émotionnelle d’être intégrée en mémoire auto-biographique par l’hippocampe (structure cérébrale qui est le système d’exploitation de la mémoire et du repérage temporo-spatial), cette mémoire reste donc bloquée dans la structure cérébrale à l’origine de la réponse émotionnelle : l’amygdale cérébrale.

Elle y est hors temps, hors de toute possibilité d’analyse et de tri. Elle est indifférenciée comme un magma qui contient à la fois tout ce qu’a ressenti la victime, les violences, et les mises en scène du conjoint violent. Elle va se déclencher au moindre lien rappelant les violences, comme une machine à remonter le temps en faisant revivre sous la forme de flashbacks les pires moment.

Cette mémoire traumatique se charge de plus en plus lors des épisodes de disjonction qui peuvent durer de quelques minutes à des mois, voire des années si les violences se répètent en continu.

Et, telle une bombe à retardement, aussitôt que la victime n’est momentanément plus en état de dissociation (par exemple si l’agresseur est absent, si elle est protégée, ou si une violence encore plus extrême dépasse les capacités de disjonction), elle explose et envahit l’espace psychique de la victime en lui faisant revivre à l’identique ce qui a été enregistré.

Une emprise totale sur la victime

La victime ressent alors la terreur et les douleurs provoquées par les violences, avec une acuité intolérable, la dissociation n’étant plus là pour les atténuer. Elle ré-entend les paroles et les mises en scène culpabilisatrices haineuses et méprisantes de l’agresseur « tout est de ta faute, tu l’as bien mérité, tu ne vaux rien, tu n’es rien sans moi, etc. »

La victime, dès qu’elle n’est pas avec son conjoint, se retrouve donc envahie et terrorisée par la mémoire traumatique des violences, avec un discours intérieur qui l’attaque et l’humilie, et qu’elle pense être le sien puisque c’est là, dans sa tête, alors qu’il s’agit de celui de son conjoint.

La victime, colonisée par ce discours, se croit coupable, folle, incapable voire même ressent de la haine pour elle-même, ce qui rend toute prise de conscience de ses droits et toute fuite extrêmement difficile à envisager. La mémoire traumatique transforme en enfer les seuls moments où elle pourrait récupérer, organiser sa défense et sa fuite.

Comment, dans ces conditions, la victime peut-elle échapper à l’emprise de l’agresseur, comment peut-elle envisager son autonomie ? Elle est sans cesse sous son contrôle même quand il n’est pas là ! Et si elle réussit à se sauver et trouver un refuge où elle est en sécurité, elle sortira alors de sa dissociation, et elle sera envahie par sa mémoire traumatique.

Le piège se referme sur elles

Au lieu d’être plus sereine, elle ressentira une détresse intolérable et subira des attaques intra-psychiques qui la culpabiliseront et la disqualifieront.

Il y a alors un grand risque qu’elle retourne avec son agresseur qui, en ayant le pouvoir de la dissocier aussitôt, va l’anesthésier ; elle pourra croire qu’elle l’a dans la peau et qu’elle ne peut pas se passer de lui, alors que c’est dans son amygdale cérébrale qu’il loge !

Ce comportement, en apparence paradoxal, est un processus psychotraumatique habituel qui aurait pu être traité, ou tout au moins expliqué, ce qui aurait permis à la victime d’anticiper et de désamorcer ces émotions traumatiques trompeuses.

Cette oscillation entre dissociation traumatique et mémoire traumatique explique pourquoi la victime est souvent condamnée à rester sous l’emprise de son conjoint. Le piège est refermé sur elle, seules une protection et une prise en charge par des professionnels formés en psychotraumatologie pourra lui permettre de s’en libérer.

[1] cf lettre n°8 de l’observatoire national des violences faites aux femmes et les chiffres de l’ONDRP

 

 

 

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