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L’imbroglio de Kidal

by sur 5 février 2016

Mis à jour le 5 février à 11h30

Difficile de savoir ce qui se passe sur place… et entre touareg ! Quelques pistes ci-dessous… sans garantie du gouvernement et c’est bien le cas de le dire !

 Fahad Ag Almahmoud (Gatia) : « Nous allons trouver un terrain d’entente avec la CMA » à Kidal

04 février 2016 à 18h47 – Par Benjamin Roger – Jeune Afrique

Le secrétaire général du Gatia, dont les combattants pro-Bamako sont entrés lundi dans Kidal, bastion des rebelles de la CMA, affirme que cette arrivée était prévue de longue date et qu’il souhaite désormais trouver un compromis pacifique avec ses rivaux.

Des centaines de combattants du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) – une des composantes de la « Plateforme », une coalition de groupes armés pro-gouvernementaux – sont entrés lundi 2 février à Kidal, bastion de la Coalition des mouvements de l’Azawad (CMA), le principal groupe rebelle du Nord-Mali. Aucune violence ni aucun combat n’ont été signalés, mais cette arrivée du Gatia dans le fief de ses rivaux a rapidement suscité l’inquiétude sur la poursuite du fragile processus de paix dans le septentrion malien.

Joint par téléphone depuis Kidal, où il est entré lundi avec ses hommes, Fahad Ag Almahmoud, le secrétaire général du Gatia, assure que leur arrivée dans cette ville symbolique était connue des responsables rebelles. Il affirme également tout faire pour trouver un terrain d’entente avec ses « frères » de la CMA.

Jeune Afrique : Pourquoi êtes vous entré à Kidal avec le Gatia ?

Fahad Ag Almahmoud : Notre entrée à Kidal est la suite du long processus né à Anéfis, en octobre dernier, où nous nous sommes réunis avec la CMA pour faire la paix. Dans cet accord était prévue la libre circulation des personnes et des biens, laquelle devait se faire par étapes : en commençant par Anéfis, puis Aguelhok, In Khalil, et enfin Kidal.

Ce mouvement de vos troupes vers Kidal était-il prévu depuis longtemps ?

Oui, notre arrivée était prévue pour le 11 janvier, mais reportée au 30 janvier puis au 15 février. Face à ces reports, nous avons mandaté une commission pour entamer des discussions avec les responsables de la CMA qui gèrent la ville de Kidal. Cette commission nous a rapporté que nos frères de la CMA nous accueillaient à bras ouverts et que nous étions les bienvenus.

La CMA affirme qu’elle ne s’attendait pas à un débarquement de vos troupes en si grand nombre, à plus d’une cinquantaine de véhicules remplis de vos combattants…

Dès que nous avons su cela, nous avons entrepris plusieurs actions pour les rassurer et leur dire que nous ne sommes pas venus en concurrents, et encore moins en envahisseurs. Nous sommes venus chez nous, et nous allons travailler pour qu’il y ait un compromis sur le nombre de nos hommes dans la ville de Kidal.

N’avez-vous pas forcé la main à la CMA ?

Absolument pas. Nous sommes entrés dans Kidal en file indienne, par le checkpoint le plus dégagé, avec les armes rangées sous les bâches des véhicules. Nous sommes arrivés de la manière la plus pacifique possible.

Ne pensez-vous pas que votre arrivée puisse générer des tensions à Kidal ?

Nous ne le souhaitons pas. Au moment où je vous parle, nous sommes en train de discuter pour éviter toute tension. Nos hommes en armes se fréquentent. Il y a plus de complicités entre eux qu’entre les leaders politiques.

Quelle est la situation à Kidal ?

La situation est totalement détendue et normalisée. Nous n’assurons aucune fonction de police. C’est toujours la CMA qui gère la ville, comme avant notre arrivée. Chacun d’entre nous est rentré chez lui. Nos hommes ont pour consigne de faire profil bas jusqu’à ce qu’un arrangement satisfaisant pour tout le monde soit trouvé.

Sur quoi portent vos discussions ?

Nous sommes prêts à accepter toute solution en faveur d’un rapprochement. Je suis confiant, nous allons trouver un terrain d’entente avec nos frères de la CMA.

Vous n’avez donc pas l’intention de quitter Kidal ?

Ce n’est pas la question. Nous avons expliqué à la CMA qu’il serait mal vu de nous faire quitter totalement Kidal au mépris de l’accord d’Anéfis. Nous sommes là, et nous faire quitter cette ville laisserait beaucoup de séquelles dans les coeurs.

Sortie de crise : Les mouvements armés prennent le gouvernement à contre-pied

Par L’Indicateur du Renouveau – 4 février 2016

Une colonne de 50 véhicules de Gatia a fait lundi et mardi son entrée dans la ville de Kidal. Cette arrivée, confirmée par les responsables de la Coordination des mouvements de l’Azawad et du Groupe d’autodéfense Imghad et alliés (Gatia), composante de la “Plateforme” des mouvements d’auto-défense, s’inscrit dans le cadre de l’application de l’accord d’Anefis. En réalité, ils disent avoir pris leur destin en main puisque le gouvernement traine le pied.

Des centaines de membres du Groupe d’autodéfense Imghad et alliés (Gatia) sont entrés mardi sans violence à Kidal jusqu’ici bastion réservé aux seuls membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Les deux mouvements ont vite annoncé agir en bonne intelligence.

“Nous sommes arrivés hier (lundi) et aujourd’hui (mardi) à Kidal avec bien sûr le consentement de nos frères de la CMA” (Coordination des mouvements de l’Azawad, ex-rébellion), a déclaré à l’AFP Azaz Ag Loudag Dag, un porte-parole du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), composante de la “Plateforme”, coalition de groupes soutenant le gouvernement.

“Il y a une centaine de véhicules qui sont rentrés à Kidal, environ un millier de personnes, armées ou non”, a précisé M. Ag Loudag Dag. “C’est vraiment la paix qui est en marche. Nos frères de la Plateforme sont avant tout des parents. Ils sont venus à Kidal avec bien sûr notre feu vert même si leur entrée a un peu fait peur à certains”, a confirmé à l’AFP le député Hamada Ag Bibi, un membre de la CMA.

Les combats entre CMA et groupes pro-Bamako, se sont poursuivis à l’été 2015 malgré la signature d’un accord de paix en mai-juin entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion. Mais ils ont cessé depuis la conclusion de “pactes d’honneur” entre les belligérants le 16 octobre, aux termes de trois semaines de rencontres à Anefis, près de Kidal.

“Nous sommes très contents. C’est la paix que nous voulons et c’est la paix qui arrive”, a confié un témoin, joint par téléphone de Bamako. Une source proche de la mission de l’ONU (Minusma) à Kidal a affirmé à l’AFP avoir vu mardi des drapeaux de la CMA et du Gatia, brandis ou hissés sur des véhicules.

“Nous voulons aller plus loin dans le processus de paix. C’est pourquoi nous avons mis sur pied plusieurs commissions de travail pour aller de l’avant. Et nous allons bien sûr participer à la structure qui va gérer la ville pour une période transitoire”, a souligné M. Ag Loudag Dag.

Dans l’anonymat, les responsables des deux mouvements déclarent avoir décidé de prendre en main leur destin puisque le gouvernement traine le pied pour l’application de l’accord signé depuis plus de 8 mois. Pour eux, c’est leur stratégie de mettre les autorités devant leur responsabilité.

Nord du Mali : Que cache l’entrée du Gatia à Kidal ?

Sékou Tamboura – L’Aube – 4 février 2016

Si ce n’est du folklore ou une scène de chantage à l’endroit du gouvernement malien, c’est une mise en scène qu’il faut d’ores et déjà prendre très au sérieux. Ainsi, pourrait être interprétée l’entrée fracassante avant-hier à Kidal des combattants du Gatia (Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés). La nouvelle, qui s’annonçait pour déclencher une vaste explosion de joie des citoyens à l’échelle nationale, s’est finalement affaissée en une somme d’interrogations sans réponses quand il s’est avéré au fil des heures que les « envahisseurs » étaient, en réalité, les hôtes de leurs ex ennemis de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad). Que se passe-t-il ? A quoi jouent les groupes armés (rebelles et pro gouvernementaux) ? Où sont passées les forces Barkhane ? Et celles de la Minusma ? Le gouvernement malien était-il informé du fait ? Et l’avenir de Kidal ?

Mardi 2 février 2016, une colonne de plus de 50 véhicules, avec à bord des centaines de combattants du Gatia, est entrée dans la ville de Kidal. L’information relayée tôt le matin par une chaîne de radio étrangère a subitement suscité un (grand) espoir de nationalisme chez bon nombre de Maliens qui s’apprêtaient à prendre la rue pour saluer la reprise de Kidal comme ils avaient accueilli l’entrée de la Plateforme à Anéfis en août 2015.

Cette réaction était d’autant plus légitime que la Ville de Kidal, et au-delà la toute la 8è région, étaient (comme) sorties du giron de la République depuis la malencontreuse visite de l’ancien Premier ministre Moussa Mara dans la capitale de l’Adrar des Iforas le 17 mai 2014. Depuis, tous les représentants et les symboles de l’Etat, du Gouverneur au drapeau (ramenés à Kidal par les autorités de la Transition de Dioncounda Traoré) ont été chassés de la région de Kidal. Pire, une demi-douzaine d’administrateurs civils avaient été assassinés ce 17 mai là et l’armée malienne décimée le 21 mai 2014. C’est donc un réflexe purement patriotique qui impulsait la (grande) fête que les populations maliennes s’apprêtaient vivre.

Mais, coup de théâtre. Rapidement, cet immense espoir s’estompe au fil du recoupement de l’événement. 

Se confiant à un confrère de la presse étrangère, Azaz Ag Loudag Dag, un porte-parole du Gatia, déclare : « ce déploiement d’une centaine de véhicules et d’environ un millier de personnes s’est fait avec le consentement de nos frères de la CMA ».

Plus tard, le député Hamada Ag Bibi, un membre de la CMA, jubile presque : « C’est vraiment la paix qui est en marche. Nos frères de la Plateforme sont avant tout des parents. Ils sont venus à Kidal avec bien sûr notre feu vert, même si leur entrée a un peu fait peur à certains». Soit. Mais, des témoins vont jusqu’à affirmer avoir vu des drapeaux de la CMA et du Gatia brandis ou hissés sur des véhicules et dans la ville.

Les mêmes sources laissent filtrer que  le colonel El-Hadj Gamou, officier loyaliste, mais leader spirituel du Gatia, figure parmi les personnes entrées à Kidal.

Complot contre la République ?

Finalement, la vérité est tombée comme un coup de massue : les combattants de la Plateforme sont entrés à Kidal conformément au protocole d’entente signé le 16 octobre entre les belligérants de la guerre d’Anéfis. « Nous voulons aller plus loin dans le processus de paix. C’est pourquoi nous avons mis sur pied plusieurs commissions de travail pour aller de l’avant. Et nous allons bien sûr participer à la structure qui va gérer la ville (ndlr : de Kidal)  pour une période transitoire », a confié Azaz Ag Loudag Dag, pour dissiper toute interprétation de leur « implantation » à Kidal.

Comment des groupes armés rivaux, voire même des ennemis jurés (la CMA et la Plateforme), ont-ils pu se retrouver si facilement ? Comment des groupes pro gouvernementaux (réunis au sein de la Plateforme du 14 juin 2014) depuis les pourparlers d’Alger jusqu’après la signature de l’Accord de paix ont-ils pu tourner le dos à l’Etat ? Y-a-t-il un complot contre la République en vue ? Moult interrogations demeurent.

Mais, le vin étant tiré, l’heure est aux enseignements à tirer et les cas de figure possibles à explorer quant à l’avenir de  Kidal et même du nord.

Pour certains analystes de la vie politique au Mali, on s’achemine inéluctablement vers une Alliance touarègue globale. Cela veut dire quoi ? Les membres de la CMA (coalition qui regroupe le Hcua, le Mnla et le MAA), ayant déjà rangé le Gatia de leur côté, vont tenter d’attirer les sédentaires dans un mouvement global qui risque d’englober Tombouctou et Gao. Ils essayeront de convaincre ceux qu’ils n’obtiendront rien du gouvernement étant son allié. Ils prendront l’exemple sur eux-mêmes. Aujourd’hui, leurs chefs seraient aux petits soins de l’Etat étant logés dans les hôtels huppés de Bamako et se pavanant dans des bagnoles de luxe.

D’un autre côté, certes au sein du Gatia, il y a des hommes de bonne volonté, amis la plupart de ceux-ci se battent pour eux-mêmes.

Mieux, au fil du temps, et avec les erreurs du pouvoir, le Gatia semble avoir changé de cap. Le tournant de ce virage a été amorcé depuis la prise d’Anéfis en août 2015. Sur ce coup, le président IBK a publiquement désavoué le mouvement et invité la Plateforme à quitter la ville, aussitôt occupée par la CMA.

Dernière piste de la volte-face des alliés du gouvernement : ils ont superbement été ignorés dans le remaniement du 15 janvier 2015, alors qu’ils comptaient faire une entrée fracassante dans l’équipe de Modibo Kéïta.

Au-delà de toutes ces hypothèses, plusieurs autres interrogations taraudent les esprits des Maliens. Quel statut pour Kidal à présent ? Y-a-t-il une complicité de la France ? Et de la Minusma ? Quel sera le comportement du gouvernement face à cette situation ? L’Accord de paix prendra-t-il un coup dans cette nouvelle donne ? Les réponses à ces questions tomberont à compte-gouttes. Avec le temps.

 En un mot : Gamou : le moustique des parties intimes

Par L’Indicateur du Renouveau – 4 février

C’est avec une grande surprise que les Maliens ont appris mardi que des centaines de combattants du Gatia sont entrés sans violence à Kidal, jusqu’ici interdite à toute personne non membre de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). D’ailleurs, cet ancien mouvement indépendantiste et les envahisseurs amicaux ont vite assuré agir en bonne intelligence.

“Nous voulons aller plus loin dans le processus de paix. C’est pourquoi nous avons mis sur pied plusieurs commissions de travail pour aller de l’avant. Et nous allons bien sûr participer à la structure qui va gérer la ville pour une période transitoire”, a assuré Azaz Ag Loudag Dag, un porte-parole du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), composante de la Plateforme.

Si les Maliens s’interrogent sur les dessous de cette évolution inattendue à Kidal, ils n’ont pas du tout apprécié la présence du général El-Hadj Ag Gamou, un officier loyaliste de l’armée, parmi les personnes entrées à Kidal, selon des témoins.

Donc, un malaise Gamou qui risque de conforter ceux-là qui ont voulu faire passer le Gatia comme une milice créée par le gouvernement. Il est temps que Gamou commence à se comporter à la hauteur de son grade

Mali : un chef de l’ex-rébellion réclame le retrait d’un groupe pro-gouvernemental de Kidal

Par AFP – Date: 03 Février 2016

 

AFP par AHMED OUOBA Mali: les négociations entre les autorités maliennes et les groupes armés touareg ont été reportées en raison d’un blocage de dernière minute Vendredi 7 juin 2013. Burkina Faso. Ouagadougou. Les mouvements touareg, avait pris place

Bamako – Un chef des anciens rebelles du nord du Mali a réclamé mercredi le départ de Kidal de membres d’un groupe armé pro-gouvernemental arrivés en masse la veille dans ce bastion de l’ex-rébellion, situé dans le nord-est du pays.

« La CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad, ex-rébellion) a tenu une réunion mercredi. La décision est que nous demandons au Gatia (Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés) de quitter la ville de Kidal, avant les discussions » prévues avec eux sur leur retour, a déclaré à l’AFP Alghabass Ag Intalla, chef du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), une des principales composantes de la CMA.

Selon lui, certains responsables de la CMA étaient « pour l’arrivée du Gatia dans la ville », et d’autres « contre cette arrivée ».

« C’est vrai que le Gatia devait arriver. Mais pas comme ça. C’est une violation de l’accord d’Alger. Ce n’est pas normal. Le Gatia doit sortir de Kidal », a martelé ce dirigeant de la CMA, en référence à l’accord de paix négocié à Alger et signé à Bamako en mai-juin 2015 avec le gouvernement malien et les groupes qui le soutiennent.

« Pour le moment, nous ne voulons pas la guerre », a-t-il ajouté, interrogé par l’AFP sur le risque d’une reprise des hostilités en raison de la présence du Gatia à Kidal. Mercredi, le calme régnait dans la ville.

Dans la nuit de lundi à mardi, des centaines de membres du Gatia sont entrés sans violence à Kidal, avaient annoncé mardi ce groupe et la CMA, assurant agir en bonne intelligence.

Les combats entre CMA et groupes pro-Bamako, à dominante touareg de part et d’autre, se sont poursuivis à l’été 2015 malgré la signature de l’accord de paix. Mais ils ont cessé depuis la conclusion de « pactes d’honneur » entre les belligérants le 16 octobre, au terme de trois semaines de rencontres à Anéfis, près de Kidal.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes après la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Ces groupes jihadistes en ont été en grande partie chassés par l’intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

 

 

 

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