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Rokia Traoré : chez elle !

by sur 20 février 2016

Rokia Traoré signe son sixième album. Toujours aussi personnel. Superbe.

Rokia Traoré, Gontard, Lou Casa… La sélection musicale de la semaine

L’Obs. – Publié le 19-02-2016 à 15h22

« L’Obs » vous aide à choisir parmi les albums du moment.

♥♥♥ « Né So« , par Rokia Traoré (Nonesuch). 

Pour répandre un peu de douceur sur ce monde de brutes, on peut compter sur la belle Rokia Traoré. La chanteuse de « Beautiful Africa » n’est pas pour rien fille de diplomate. La pacification des âmes est son métier, qu’elle pratique en glissant, avec un naturel qui se passe très bien d’interprète, du français à l’anglais et au bambara. C’est qu’elle a l’art de traverser les frontières sans oublier d’où elle vient, ni les victimes de la bêtise humaine : « En 2014, cinq millions cinq cent mille réfugiés », répète le mantra douloureux de « Né So », la chanson qui donne son titre à ce sixième album. « Né So » signifie « Chez moi ».

Chez Rokia Traoré, c’est d’abord le Mali, ce pays martyr qui donne si généreusement ses leçons de musique au monde. Ne pas oublier que la diva de « Mouneïssa » fut, à ses débuts, parrainée par le grand Ali Farka Touré. Vingt ans plus tard, elle puise toujours dans le blues mandingue des boucles rythmiques subtilement syncopées et des lignes de chant qui tournent comme des moulins à prières, pendant que le n’goni de Mamah Diabaté égrène ses arpèges avec la grâce d’un bâton de pluie. Mais rien de tout ça n’est là pour faire couleur locale.

« Chez moi », semble murmurer « Né So », c’est surtout ce disque impeccablement enregistré à Bruxelles et Bristol avec un batteur burkinabé, un bassiste ivoirien et des choristes formés à Bamako, mais aussi Devendra Banhart, John Paul Jones à la mandoline et Stefano Pilia à la guitare. Le résultat oscille entre rock plaintif et folk-pop contemplative, saupoudré de berceuses africaines (« Kolokani ») et de subliminaux riffs funky (« Ilé », « Amour »).

D’emblée, « Tu voles » a donné le mode d’emploi, et annoncé, malgré tout, l’ouverture d’une chasse au bonheur : « Le bonheur est une aptitude/Face à ce qui se passe et qui fait souffrir/Tu voles/Tu papillonnes et tu tourbillonnes. » Et même si le timbre de Rokia Traoré n’a pas la profondeur tragique de Billie Holiday (qui d’autre l’aura un jour ?), sa reprise de « Strange Fruit », ce glaçant requiem pour les victimes du racisme, confirme qu’elle fait bien d’aller voir ailleurs si elle y est chez elle. On l’écoute le cœur serré, puis, peu à peu, plus léger ; chez elle, c’est aussi chez nous.

Le conflit au Mali a renforcé les liens de Rokia Traoré avec son pays

Mise à jour 13.02.2016 à 03:30 – Par Christophe CHEYNIER –  AFP 

Le conflit qui secoue le Mali depuis 2012, vécu par Rokia Traoré comme « un coup de tonnerre dans une vie jusqu’alors tranquille », n’a fait que renforcer les liens de la chanteuse avec son pays, où elle s’est ancrée encore plus solidement.

Son sixième disque, « Néo So » (« Chez soi »), publié vendredi, a été préparé à Bamako, dans la quiétude des jardins de sa fondation, Passerelle.

« Le temps de travail, l’atmosphère de travail, n’ont pas été les mêmes » que ceux des disques précédents, a-t-elle confié à l’AFP.

« Plus de temps, plus d’espace, plus de détente. C’est dans ces conditions là que l’album s’est fait », poursuit Rokia Traoré, de passage à Paris, où elle entamera le 25 février une petite tournée française.

Les compositions de « Néo So » ont lentement mûri, comme les mangues de l’arbre sous lequel Rokia Traoré chante et joue de la guitare, sur une photo illustrant le livret du disque.

Fruit de ce travail: des musiques aux grooves agiles, plus ancrées dans la tradition de l’Afrique de l’ouest que le précédent, même si la pulsation rock est toujours présente. « C’était voulu comme ça, garder une couleur rock, mais avec une identité africaine clairement plus marquée », note Rokia.

Une identité à laquelle contribuent plusieurs nouveaux musiciens venus de divers pays d’Afrique de l’ouest, parmi lesquels le bassiste Matthieu Nguessan, qui apporte une belle impulsion.

Ce disque a failli pourtant ne jamais voir le jour. Après le début du conflit en 2012, Rokia Traoré s’est réfugiée en Belgique, et s’est alors sérieusement posé la question de son avenir de musicienne.

« Mais, non, il ne s’agissait pas d’arrêter. Partir comme ça aurait été une blessure à vie. Je ne m’en serai jamais remise », confie Rokia Traoré, transbahutée dans son enfance entre le Mali, l’Arabie saoudite, la France, l’Algérie et la Belgique au gré des affectations de son père diplomate.

« Donc je suis restée au Mali. Je viens toujours (en Europe), mais tout est au Mali », explique cette femme, qui a créé en 2009 Passerelle, sa fondation dont le but est d’aider des musiciens ou plasticiens à réaliser leurs projets, qui va ouvrir bientôt une scène de plus de 1.000 places à Bamako.

– ‘J’ai grandi’ –

Ces épreuves ont fait grandir Rokia Traoré. « J’ai grandi. J’ai grandi d’une manière que je ne pensais pas possible parce que je croyais déjà que j’étais grande. Et ça m’a révélé à quel point j’étais jeune et naïve », dit-elle aujourd’hui.

C’est une Rokia Traoré plus mature qui s’attaque avec succès sur son nouveau disque à « Strange Fruit », une chanson immortalisée par Billie Holiday sur le thème du racisme.

« Né So », la chanson-titre de l’album, écrite en 2014 après une visite à des réfugiés maliens au Burkina et qui prend une résonance particulière aujourd’hui, aborde un autre sujet douloureux, celui des réfugiés.

« Chez moi » (traduction française de « Né So »), ça n’est pas seulement la maison, mais c’est l’endroit où on se réalise, où on élève ses enfants, où on a un passé, un futur, où on reçoit la famille », dit Rokia Traoré. « Le réfugié subit une perturbation dans ce qu’il y a de plus basique dans une vie humaine. On a tous tendance à protéger notre chez-soi. Imaginez qu’eux n’en ont plus », souligne-t-elle.

« Je n’ai pas perdu ma maison, j’étais une sorte de réfugiée de luxe », dit la chanteuse. « Évidemment, je m’estime beaucoup plus chanceuse qu’eux, mais ce que j’ai vécu me permet de pouvoir imaginer un tout petit peu ce qu’ils vivent. »

Dans d’autres chansons, entre ballades, morceaux plus blues, et groove mandingue, Rokia Traoré, qui donnera six concerts en France fin février/début mars – dont un complet à Paris au 104 – aborde des thèmes comme la cupidité, le respect ou le bonheur.

ROKIA TRAORÉ SORT SON NOUVEL ALBUM NÉ SO

12/02/2016 À 11:16 Par Pascale Tournier – Marie Claire

C’est à Bamako, la ville où est née Rokia Traoré, que la chanteuse a retrouvé le goût de la musique. Son nouvel album « Né So » entre mandingue et blues-rock – un vrai chant de l’âme – nous bouleverse.

« J’ai failli interrompre ma carrière pour des raisons personnelles », confie de Bamako Rokia Traoré. Crâne nu, silhouette menue et engagement tranquille, l’auteure-compositrice de 40 ans s’impose comme la diva du rock mandingue. A travers ses cinq précédents albums, elle a jeté des ponts entre les deux continents avec grâce et délicatesse. La classer dans la catégorie « world » serait réducteur, tant sa recherche artistique est poussée et authentique.

         De l’autre bout du monde, l’ex-jurée du Festival de Cannes 2015 nous raconte ses passages à vide, les doutes sur son métier et l’impact parfois douloureux sur ses proches. Après des années de va-et-vient entre Afrique et Europe, elle est revenue au Mali – quitté à l’âge de 2 ans – pour se retrouver. Installée à Bamako, elle a renoué avec le plaisir d’aller au marché, où elle ne fait jamais emballer ses tomates dans un sac plastique. « Un réflexe écolo acquis en France », explique-t-elle. Elle a aussi repris goût à la musique sans culpabilité ni amertume.

 « NÉ SO » : LE NOUVEL ALBUM DE ROKIA TRAORÉ

         De cette paix retrouvée est né l’album « Né so », produit par John Parish (PJ Harvey), qui l’avait déjà épaulée pour « Beautiful Africa ». « Né so » : deux mots qui signifient « maison », « chez moi » et « joie de vivre ». Sur la pochette, on la voit d’ailleurs rire aux éclats. Aidée du musicien Devendra Banhart et du bassiste John Paul Jones (Led Zeppelin), Rokia Traoré se surpasse. Celle qui se définit encore comme une déracinée mélange aussi bien tradition mandingue et sons blues-rock qu’elle s’essaie à de simples chansons avec refrains.

         Les instruments à cordes, qui sont toujours caressants, lancinants, voire ensorcelants, accompagnent ce chant de l’âme sans fioriture qui vous touche immédiatement. Surtout, l’artiste malienne déclame des textes poétiques. Sur « Né so », qui a donné son nom à l’album, un hommage à des réfugiés rencontrés dans un camp au Burkina Faso, et « Se ban », relu avec attention par l’écrivaine Toni Morrison, les mots claquent, sur fond de guitares murmurantes et de chœurs bienveillants. Un moment de douceur et d’universalité. Plus que recommandé.

 « Né so », Nonesuch/Warner, sortie le 12 février.

 «Né So» de Rokia Traoré : un cri de cœur pour interpeller l’humanité

Par  Moussa BOLLY – Le Reporter – 30 Janvier 2016 

Attendu pour le début de l’année prochaine, «Né So» (Chez moi/Ma Maison) est le sixième album de la jeune mais brillante carrière de Rokia Traoré. Un opus que les critiques annoncent comme l’un des meilleurs de 2016. Très engagée, cette œuvre traduit le soutien de Rokia au Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCR) dont elle est l’Ambassadrice depuis quelques années. 5 500 000 !

En 2014, le nombre de personnes qui ont encore fui «leurs maisons, forcées de se réfugier dans des villes, des pays loin de chez eux, sans aucune idée du moment où elles pourraient retrouver leur existence habituelle», a brutalement grimpé ! C’est le cri de détresse de Rokia Traoré dans «Né So» (Chez moi/Ma Maison), le single qui annonce son 6ème album attendu en février prochain. «Une Maison», c’est «des habitudes et un futur», dont sont désormais privés ces réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants. Très triste ! Une tristesse que reflète le clip de «Né So» réalisé en noir-blanc, dans la simplicité et dans la plus grande sobriété.  

«En 2014, encore 5 500 000 nouveaux réfugiés ! 5 500 000 de plus. Encore au 21ème siècle de notre ère, tant de guerres, tant de victimes… Tant de guerres, tant de victimes, tant de tristesse, tant de désarroi», rappelle la jeune star malienne. Mais, assure-t-elle, elle ne désespère pas de l’humanité et garde l’espoir qu’elle reviendra à ses valeurs essentielles pour faire de la paix, un mode de vie et non une exception. L’espoir est de mise, même si «ce chiffre, déjà record, n’a cessé de croître en 2015», déplore le HCR. 

«Né So» prolonge un combat, un engament, une campagne lancée en 2013 et qui avait vu Rokia Traoré se faire photographier aux côtés d’autres vedettes  avec «l’objet le plus important qu’elles s’emporteraient, si elles étaient forcées de s’enfuir de leur domicile». Comme ces millions de réfugiés à travers le monde. Plus de 25 célébrités internationales avaient alors participé à cette campagne, dont Rokia Traoré, Paula Abdul, David Tennant, Neil Gaiman, Kat Graham, Alek Wek (mannequin vedette et ancienne réfugiée)…  

«Quelque part, à l’instant même, une famille est déchirée par la guerre, des enfants sont séparés de leurs parents, des vies et des maisons sont détruites. Une seule famille déchirée par la guerre, c’est déjà trop», avait déploré Kat Graham, vedette de la série télévisée Vampire Diaries. La campagne visait à faire connaître les effets dévastateurs de la guerre sur les familles et à favoriser l’appui et la solidarité du public à l’égard des personnes touchées. Un combat d’actualité, au moment où l’Europe tente désespérément de fermer ses frontières à des millions de personnes fuyant la guerre, le terrorisme, la répression politique et religieuse, la faim et la pauvreté… 

Avec «des mots simples et des portraits», la Rossignol du Bélédougou tente de ramener «un peu d’humanité» à notre planète. Un monde où l’on a tendance à parler de la crise, de cette épreuve que traversent des millions de personnes, d’êtres humains, en terme de «migrant». 

«Message simple martelé d’une voix douce»

Une frange désespérée dont les dirigeants de l’Europe veulent disposer à leur guise comme «des fuites d’eau» (Nicolas Sarkozy). Mais «face à la guerre, face à l’horreur, plus que jamais, nous sommes égaux», nous rappelle «Né So». «La chanteuse Rokia Traoré nous rappelle à cette humanité, à notre humanité, sans artifice. Et on pourrait même dire que la musique et le chant semblent s’effacer devant la gravité de ce message simple martelé d’une voix douce, face à la caméra : ‘’Né So’’, une maison, des habitudes, un futur…», souligne un critique français. Elle nous rappelle à «ce minimum qui différencie la vie de la survie». 

Chanteuse, auteure-compositrice et multi-instrumentiste, Rokia Traoré ne cesse d’étonner par son talent et ses choix artistiques originaux depuis le début de sa carrière. Pour la réalisation de ce sixième album, elle s’est entourée d’invités prestigieux comme John Paul Jones (Led Zeppelin) ou Devendra Banhart. Aux côtés du producteur anglais John Parish, du batteur burkinabè Moïse Ouattara, du bassiste ivoirien Matthieu N’Guessan ou encore du joueur de n’goni malien Mamah Diabaté, Rokia Traoré persiste dans la veine de «Beautiful Africa», son précédent opus lauréat du «Grand Prix 2014» de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM/France) dans la catégorie World music.  

«Né So» est une subtile compilation de dix titres qui a déjà charmé les critiques. Beaucoup d’entre eux l’annoncent comme une œuvre qui va marquer 2016. Et cela, d’autant plus, disent certains, que c’est une œuvre «pleine de vie, entre mélopées mandingues et sonorités rock, en bambara, en anglais ou en français. Une vraie réussite». Pour d’autres, Rokia livre «un opus à la fois simple et complexe, bourré d’interrogations. Tour à tour, révoltée par le déracinement des peuples ou pleine d’espérance dans leur capacité à surmonter les épreuves, l’artiste malienne affiche la maturité d’une interprète réfléchie».

Une passion précoce pour une brillante carrière

Enregistré, comme le précédent (Beautiful Africa) avec John Parish, «Né So» sera sur les marchés (sortie mondiale) le 12 février 2016. Membre du jury de la 68ème édition du Festival de  Cannes (France, 13-24 mai 2015), Rokia Traoré est née le 24 janvier 1974 dans la capitale malienne. Animée d’une passion précoce pour la musique, elle se distingue vite par son style artistique mêlant tradition malienne et modernisme occidental. Même si ses musiciens utilisent surtout les instruments traditionnels (balafon, ngoni, karignan, yabara…), la voix de Rokia reste «libre» de s’éloigner des canons esthétiques établis. Une indépendance, une ouverture d’esprit qui caractérise toute sa personne. 

Le déclic s’est produit en 1997, quand le talent en herbe participe au concours «Prix Découverte Afrique de RFI» (Radio France Internationale). Avec sa guitare sèche, accompagnée de quelques instruments traditionnels, Rokia présente un titre sur les enfants : «Mouneïssa» ! Le jury, alors présidé par Papa Wemba, est immédiatement conquis par «cette voix haute» et «cette personnalité musicale exceptionnelle». Elle remporte légitimement le prix face à des artistes plus connus et plus expérimentés. 

La nouvelle ambassadrice du HCR a découvert la scène européenne, la même année, en participant au festival «Musiques Métisses» d’Angoulême (France). Par la suite, Rokia participe à plusieurs œuvres collectives engagées. C’est ainsi qu’en 2001, elle est l’une des nombreuses interprètes du titre «Que serais-je demain ?». Et cela, en tant que membre du Collectif féminin, «Les Voix de l’espoir», créé par Princess Erika. Très influencée par Billie Holiday, Rokia Traoré participe en 2005, aux États-Unis, au spectacle «Billie & Me», consacré à la vie de la chanteuse légendaire. En 2009, elle remporte une «Victoire de la musique» dans la catégorie  «Musiques du monde» (World music) pour son album «Tchamantché». 

Installée en France, à Amiens (France), dans les années 1990, depuis quelques années, Rokia Traoré est revenue vivre à Bamako où elle a désormais une Fondation (Fondation Passerelle) pour contribuer à l’éclosion de jeunes talents de la musique malienne.  

En février 2015, nos confrères de Jeune Afrique avaient classé notre sœur Rokia Traoré parmi «Les 50 Africaines les plus influentes au monde» en 2014. Un immense honneur qui n’est pas usurpé, car toute la carrière de cette jeune, mais déjà «Grande Dame», n’est qu’engagement en faveur de bonnes causes comme l’émancipation des femmes, l’éducation des enfants, la paix et l’unité nationale, l’intégration africaine, les réfugiés… «Né So», single et titre du futur album, est un message d’espoir à l’humanité !

Discographie de Rokia Traoré

1998: Mouneïssa

2000: Wanita

2003: Bowmboï

2008: Tchamantché

2013: Beautiful Africa

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From → Revue de Presse

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