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« Super canon » français à Tessalit

by sur 26 février 2016

Depuis le milieu du mois, le dernier cri de l’artillerie française a été déployé à Tessalit, au nord de Kidal, à 60 km de la frontière algérienne, dans un point stratégique qui abritait l’un des plus grand camps de l’armée malienne et dispose d’une piste capable d’accueillir les plus gros porteur; sans oublier que c’est aussi un important carrefour sur les routes commerciales et… de tous les trafics.

Renfort pour Barkhane qui a bien du mal à assurer sa mission avec ses 3000 hommes dispersés dans cinq pays du Sahel ? Assurément !

Pour contrer une éventuelle attaque de Daesh venant de Libye ? Peut-être…

Mais des maliens ont une autre lecture de ce renforcement qu’il rapproche de la pénétration du Gatia à Kidal.

Etrange coïncidence : Après la « chute » de Kidal, la France renforce son dispositif militaire à Tessalit

B.S. Diarra – La Sentinelle – Posté le 26/02/2016      

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Les LRU descendent de leurs porte-chars TRM 700/100 le 3 février lors de leur étape à Gao. Trois « LRU » sont désormais à Tessalit, des lance-missiles d’une portée de 84 kms avec une précision de 4 m. Photo MINISTÈRE DE LA DÉFENSE

Non, il ne s’agit pas de simples artilleries lourdes ! Mais de la crème de la technologie militaire française, à savoir, 03 des 12 Lance-roquettes Unitaire (LRU) dont dispose le pays en tout et pour tout, et convoyés depuis Belfort (France) jusqu’à Tessalit sous escorte de 50 véhicules lourdement armés.

Ce, au moment où le GATIA posait  pied à Kidal.  Etrange coïncidence !

Tessalit est connu pour être une importante oasis du Sahara, avec son point d’eau, de nourriture, sa route transsaharienne reliant l’Algérie au Mali, sa position géopolitique, son potentiel en termes de minerais stratégiques…

Eh bien, SERVAL a décidé là, de renforcer son dispositif militaire. Contre une probable invasion de DAECH déjà très présent en Libye en route vers le Sahel, ou par crainte des velléités guerrières du GATIA après que celui-ci ait accédé à Kidal à 200 Km d’ici ?

Une escorte de 50 véhicules, plus de 5.000 Kms de distance parcourue

C’est le 03 Février dernier que les redoutables engins sont arrivés à Gao. Voici le récit de nos confrères de l’Est-Républicain (France) :

«Pour les équipages belfortains, c’est une grande fierté puisque c’est la première utilisation de leur matériel hypersophistiqué en zone de guerre. Trois LRU (sur les douze que compte le régiment depuis sa dotation de 2014) sont sortis de leur casernement pour effectuer un incroyable périple. Les engins ont en effet pris la mer depuis la France et débarqué à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ils ont ensuite rejoint Niamey, au Niger, avant de se diriger vers le Mali.

Après avoir atteint Gao le 3 février, ils viennent de parcourir 2 500 kilomètres. Les stars de l’artillerie française n’ont pas fait la route toutes seules : un convoi de 50 véhicules les a accompagnées, chaque LRU agglomérant trente militaires répartis en équipes de commandement, de transmission à longue distance, de reconnaissance et de soutien logistique.

Un renfort de taille pour l’opération Barkhane qui mobilise 3 500 soldats français depuis la reconquête du Nord Mali sur les terroristes islamistes et leur traque impitoyable dans les montagnes du nord. C’est justement dans ce contexte que les performances des LRU de Bourogne vont se révéler utiles. Ils peuvent tirer à 84 km de distance avec une précision de 4 m, de jour comme de nuit et par tous les temps».

          Ajoutons que, selon le ministère français de la Défense, ces machines de guerre vont appuyer les opérations du groupement tactique désert-Ouest (GTD-O) regroupant cinq pays du Sahel autour de la France dans la lutte contre le terrorisme dans cette partie du continent.

Contre DAECH ou par mesure de précaution?

Vrai ! La menace que constitue l’Etat Islamique ou DAECH pour les pays du Sahel est réelle. Il (DAECH) est désormais très présent en Libye et entend progresser vers le Sahel où il a d’ores et déjà mis la tête des chefs AQMI à prix. Il faudra donc s’attendre à une guerre ouverte, d’une part, entre les deux tendances islamistes (L’Etat Islamique et AQMI) et de l’autre, entre les pays du GTD-O (Mali, Niger, Burkina, Sénégal, Tchad et France) et les deux groupes islamistes et antagonistes (DAECH et AQMI). Un vrai cafouillage en perspective !

Vu sous ce prisme, l’artillerie lourde française (les LRU), avec leur portée de 84 Kms pour une précision de 4 mètres, de jour comme de nuit, serait très sollicitée. De manière simpliste, ils peuvent atteindre leurs cibles sur une distance plus longue que Bamako-Koulikoro. Reliés à un satellite ou à un drone, ils peuvent faire plus mal. Et figurez-vous que les missiles sont à têtes chercheuses, capables d’éviter des obstacles accidentels à la recherche de leurs cibles.

Et leur actuel emplacement, à savoir Tessalit, est idéal. Il s’agit d’un point stratégique permettant «une  vue» à la fois, sur le Niger et l’Algérie dont la frontière est distante seulement de 60 kilomètres de Tessalit; et dans une certaine mesure, sur le Maroc et la Libye (voir cartes). Rappelons enfin que ces engins n’ont jamais été utilisés sur un champ de bataille. Il n’y a eu, jusque-là que tirs d’essai ayant confirmé leur efficacité.

 «J’ai pleuré le jour où Tessalit est tombé» (IBK)

Tessalit représente certainement beaucoup plus pour le Mali ce qu’il vaut aujourd’hui  pour la France. L’actuel président malien dit avoir pleuré le jour fatidique de Mars 2012 (la nuit du 10 au 11) quand l’armée malienne abandonna le camp d’Amachach, à 7 km au sud de Tessalit permettant ainsi aux combattants d’Ançar-dine et du MNLA prendre son contrôle. La route pour Kidal était désormais ouverte. En somme, Tessalit s’avérait le verrou inévitable pour la conquête de Kidal. Dès lors, tout se précipita.  En clair, Tessalit s’avère militairement stratégique pour le Mali aussi. Et il y a autres choses.

Il (Tessalit) s’agit d’une importante oasis dans l’immense Sahara. Une légende voudrait d’ailleurs que se trouve là, la fontaine de l’éternelle jouvence ou jeunesse tant ses eaux sont pures et de qualité exceptionnelle, uniques au monde. Ce ne sont pas les militaires français de Barkhane qui nous contrediront.  Ils en emportent quotidiennement des litres dans des bidons. Enfin…

C’est là en outre que passait la route transsaharienne, reliant le sud de l’Algérie et le Malijusqu’au Niger. La zone présente en outre un potentiel important en termes de différents minerais aujourd’hui indispensables dans la fabrication des composants électroniques. Par ailleurs, l’on a tendance à oublier que c’est Tessalit qui abritait l’usine de fabrication de plâtre au Mali à cause de la présence significative dans le sous-sol, des matières premières de ce produit  industriel.

La coïncidence

Le hasard voudrait que les redoutables engins de guerre français arrivent à Gao 48 heures seulement après qu’une centaine de véhicules et plus de mille combattants du GATIA aient investi Kidal.

C’est en effet le 1er Février de l’année en cours que Gamou et ses hommes ont débarqué dans la ville rebelle avec armes et bagages; et le 03 Février, arrivèrent à Gao les redoutables LRU et leur impressionnante escorte. Le 14 Février, ils furent définitivement à Tessalit.

Et le déploiement du GATIA à Kidal avait été annoncé et convenu entre les deux parties quand bien même ceux de la Plateforme (GATIA) aient quelque peu anticipé sur le calendrier prenant ainsi tous les protagonistes (y compris BARKHAN, MINUSMA) au dépourvu.

L’on sait par ailleurs que Kidal n’est qu’une étape dans l’avancée du GATIA qui entend ramener le Mali en son Etat avant 2012. En somme, il a des visées sur Tessalit aujourd’hui occupé par l’opération BARKHANE laquelle, on le constate, renforce significativement ses positions. Ceci explique–t-il cela ?

L’on constate, en tout état de cause, que la France n’envisage pas quitter les lieux de sitôt. Ne vient-elle d’y envoyer le tiers de sa puissance de feu de sa technologie militaire de pointe ?  IBK doit-il en rire ou pleurer ?

 

TROIS LANCE-ROQUETTES LRU DE BOUROGNE (90) DÉPLOYÉS DANS LE NORD-MALI

François ZIMMER – L’Est Républicain 22/02/2016 à 05:03, actualisé à 07:32

Trois LRU (lance-roquettes unitaires) du 1er régiment d’artillerie de Bourogne (90) sont arrivés dans le nord du Mali pour optimiser la force de frappe de l’opération Barkhane, déployée contre le terrorisme saharien.

La star de l’artillerie française est à pied d’œuvre depuis le 14 février. Trois exemplaires du redoutable lance-roquettes unitaires ont en effet atteint ce jour-là Tessalit, au Nord Mali. Les LRU, en provenance de leur régiment d’affectation, le 1er RA de Bourogne, dans le Territoire de Belfort, vont appuyer les opérations du GTD-O, autrement dit le groupement tactique désert-Ouest qui fédère cinq pays du Sahel autour de la France dans sa lutte contre les terroristes islamistes du Sahara.

Un incroyable périple

Pour les équipages belfortains, c’est une grande fierté puisque c’est la première utilisation de leur matériel hypersophistiqué en zone de guerre. Trois LRU (sur les douze que compte le régiment depuis sa dotation de 2014) sont sortis de leur casernement pour effectuer un incroyable périple. Les engins ont en effet pris la mer depuis la France et débarqué à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ils ont ensuite rejoint Niamey, au Niger, avant de se diriger vers le Mali.

Après avoir atteint Gao le 3 février, ils viennent de parcourir 2 500 kilomètres. Les stars de l’artillerie française n’ont pas fait la route toutes seules : un convoi de 50 véhicules les a accompagnées, chaque LRU agglomérant trente militaires répartis en équipes de commandement, de transmission à longue distance, de reconnaissance et de soutien logistique.

Un renfort de taille pour l’opération Barkhane qui mobilise 3 500 soldats français depuis la reconquête du Nord Mali sur les terroristes islamistes et leur traque impitoyable dans les montagnes du nord.

C’est justement dans ce contexte que les performances des LRU de Bourogne vont se révéler utiles. Ils peuvent tirer à 84 km de distance avec une précision de 4 m, de jour comme de nuit et par tous les temps. Une arme redoutable contre les caches d’armes, les postes de combat ou les convois clandestins, maniée par un trio de spécialistes : un pilote, un chef lanceur et un pupitreur-tireur.

Le complément idéal et ultramoderne au mortier classique et à la chasse aérienne.

 

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