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Radicalisme, religion et politique (suite)

by sur 28 février 2016

Le mouvement politico-religieux musulman »Sabati 2012″ organisait un colloque sur le radicalisme religieux; une bonne occasion pour le président du Haut conseil islamique du Mali de donner sa définition du radicalisme et pour le président du mouvement de se replacer sur le terrain politique.

Soutien au radicalisme religieux : Le Président de Sabati 2012 accuse les politiques

Par Oumar KONATE – Le Prétoire – 29 février 2016

A l’initiative du Mouvement Sabati 2012, un colloque national sur le radicalisme religieux se tient du 27 au 29 février 2016 au Cicb. L’événement a pour thème : «lutte contre le radicalisme: quel rôle pour les structures religieuses».

Le terrorisme est un phénomène qui assaille le monde entier. Les terroristes,  agissant au nom de l’Islam, une religion d’amour et de tolérance, intriguent le monde musulman. C’est pourquoi, le mouvement Sabati a organisé le présent colloque, regroupant plus de 60 associations musulmanes et de la société civile, pour clarifier les choses.

Dans son intervention, Moussa Boubacar Bah, président du mouvement Sabati 2012, rappellera que son mouvement a pour principaux objectifs : la culture de la paix et de la stabilité, la bonne gouvernance et la justice pour tous. Et la présente s’inscrit dans cet état d’esprit.  Pour Moussa Boubacar Bah, les agissements des pseudos djihadistes sont contraires aux principes de l’Islam.  L’envahissement de l’Afghanistan, de   l’Irak et de la Libye, ainsi que les attentats du 11 septembre 2011 aux USA  ont marqué  un tournant décisif dans l’organisation du phénomène du radicalisme armé.

La guerre contre Kadhafi  a permis à certains groupes  terroristes déjà installés au Sahel de se dresser en une véritable force militaire en accaparant les armes parachutées par l’Otan et l’arsenal militaire libyen après l’assassinat de Kadhafi.

Le radicalisme religieux était resté une menace que nous voyons lointaine. C’est juste le 17 janvier 2012, date  à laquelle le Mnla a attaqué le Mali, que la réalité du radicalisme armé s’est installée dans notre pays. Une situation qui interpelle tous. «Les puissances étrangères viennent tout détruire, prennent leurs bagages et laissent leur place au troubadour. Ce scénario, nous l’avons vu en Irak, caractérisé par le plus grand mensonge du siècle, les armes de destruction massive.

Oui, nous l’avons vu,  ce scénario, en Lybie, caractérisé par la haine et la vengeance contre un homme. Le radicalisme religieux n’est pas un cas isolé. Il suit un processus. Un objectif bien précis. Il s’attaque aux musulmans, aux mosquées, aux vraies valeurs de l’Islam, c’est-à-dire la paix et la tolérance», a déclaré le président de Sabati. Partant, il s’indignera de l’image négative que les occupants du nord du Mali ont donnée de l’Islam. «L’Islam au Mali a toujours été une religion de paix, de tolérance et de dialogue, tel qu’il a  été enseigné par le Prophète Mahomet (PSL).

Il n’a jamais cautionné le radicalisme, la violence, encore moins le terrorisme. Il a toujours inscrit ses actions dans le cadre du respect de l’ordre républicain.  C’est pourquoi, aucune association ou structure,  et aucun responsable musulman n’a adhéré aux idéaux des envahisseurs radicaux durant leur 10 mois d’occupation des régions du nord du Mali. Le peuple du Mali, dans son ensemble, à commencer par les autorités religieuses islamiques, a salué l’intervention militaire de  la France.

Car l’arrivée de ces groupes fondamentalistes à Bamako était facile. Non pas parce que nous n’avions pas d’armée, mais parce que la force de frappe de l’ennemi était d’autant plus puissante qu’aucune armée en situation de la nôtre ne pouvait y faire face», martèlera Moussa Boubacar Bah. Sur ce, il ajoutera que le rejet de toute forme de violence de la part des autorités religieuses du Mali ne fait aucun doute.

Les lieux de culte religieux ont toujours servi de rempart contre le radicalisme religieux armé. Ainsi, ajoutera-t-il, les leaders religieux doivent être mis à contribution  pour délégitimer le radicalisme religieux qui ne fait point honneur à l’Islam. Mieux, souligne M. Bah, cette rencontre permettra, entre autres, d’identifier les causes du radicalisme religieux,   de conscientiser les gens sur les conséquences du radicalisme et d’identifier les couches vulnérables au phénomène.

Moussa Boubacar Bah s’en prend aux hommes politiques

Sans détour, le Président du mouvement Sabati 2012, Moussa Boubacar Bah, a critiqué les politiques pour leur soutien présumé au radicalisme religieux. Dans son intervention, il fut on ne peut plus explicite : «les politiques : maires, députés et autres sont ceux qui ont soutenu les radicaux. On ne doit pas avoir peur des religieux ou  des leaders religieux, mais plutôt des politiciens.  Les moquées maliennes sont devenues des remparts contre le terrorisme et toute menace contre le pays», a déclaré M. Bah.

Le radicalisme n’est pas que religieux, selon Mahamoud Dicko

Dans son intervention, le président du Haut conseil islamique du Mali, Imam Mahamoud Dicko, a salué cette initiative de Sabati 2012. Toutefois, il précisera qu’il aurait préféré le thème «lutte contre le radicalisme». Car, souligne-t-il, le radicalisme n’est pas que religieux. Il est aussi économique et politique.  «Quand le radicalisme entre dans une action, il la ternit, c’est la sagesse qui l’embellit», indique-t-il.

Mais, pourquoi le radicalisme aujourd’hui ? C’est la question que tout le monde doit se poser, a-t-il affirmé. Car, précise-t-il, «il n’existe pas de religion radicale. C’est l’usage qu’on en fait qui peut la rendre radicale. Les causes de la radicalisation doivent être cherchées. On doit faire un diagnostic réel du phénomène». D’ores et déjà, l’Imam Dicko estime que le radicalisme  est une question d’éducation et non religieuse.

Il y a une crise de confiance entre les gens qui favorise le radicalisme. Pour lui, le monde ne doit pas être un monde de diktat. Pour Mahamoud Dicko, la gouvernance mondiale doit être revue, car personne ne se sent en sécurité aujourd’hui. «Le  fait de refuser d’accepter la manière de vivre de l’autre, c’est aussi du radicalisme. Donc, il existe aussi le radicalisme politique», soulignera-t-il.

Mahmoud Dicko à l’ouverture du colloque national sur le radicalisme religieux : « C’est tout le monde qui est devenu radical dans ces derniers temps ! »

Par maliweb.net – 28 Fév 2016

Organisé par le mouvement sabati-2012 et parrainé par le Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta, le colloque sous l’impulsion du Haut Conseil islamique du Mali et de l’Imam sur le thème : « La lutte contre le radicalisme, quel rôle pour les structures religieuses », se veut un cadre sérieux de trois jours (27-28-29 février 2016) à Bamako.

Samedi, près d’un millier de musulmans maliens a pris d’assaut la salle 100 places du centre international de conférence de Bamako. Objectif, suivre l’ouverture du tout premier colloque national sur le radicalisme religieux.

Au-devant de la scène, Moussa Bocar Bah, Président de Sabati-2012, Mahmoud Dicko du HCI, le Président de L’IMAMA et le ministre des affaires religieuses et du Culte Tierno Hass Diallo. Etait aussi présente, Latifa, la mère dont le fils a été froidement assassiné par Mohamed Mera en mars 2012 à Paris.

Sur place, s’il y a un discours qui a le plus résonné, c’est bien celui de l’Imam Mahmoud Dicko.

C’est bien du radicalisme religieux qu’il est question. Pour Mahmoud Dicko, c’est aussi le lieu propice pour exprimer son refus du fait que l’Islam endosse à tort « le radicalisme » qui est d’ailleurs à tous les niveaux et dans tous les domaines selon son expression.

En poussant l’analyse, Mahmoud Dicko fera savoir que le radicalisme, l’excès dans les habitudes des citoyens du monde est certes, un fait nouveau qui met la planète entière en ébullition. Mais ce qu’il n’admet pas est que c’est l’Islam, sa religion qui est seule à être tancée de « radicale ».

Et pour faire montre de la véracité de ce qu’il avance, Dicko prend des exemples :

« Vous circulez en ville, votre boubou touche à un jeune motocycliste. Il ne vous pardonnera, et se mettra sans réfléchir à vous injurier. C’est un cas de radicalisme », classe-t-il.

En clair, pour l’Imam Dicko qui demandera aux participants au colloque à aller beaucoup plus loin dans leurs réflexions pour trouver les causes du fléau, « le radicalisme qui est un phénomène, existe à ce jour dans tous les domaines », et « ce phénomène se caractérise par l’oubli de la foi qui donnera ensuite naissance à l’intolérance, barbarie… ».

Dans la même veine, il se défend que la religion musulmane n’est pas ce que « les radicaux » veulent faire d’elle.

Car, « la religion est comme de l’énergie, elle peut servir positivement pour illuminer, elle peut  également servir pour détruire  comme une bombe par le radicalisme, …ça dépend de l’usage qu’on en fait avec », ajoute-t-il.

En conclusion, Mahmoud Dicko ne restera pas en marge des radicaux qu’il finira par joindre finalement. Or, s’il prêche que deux quantités d’eaux chaudes ne peuvent se refroidir tout en sollicitant « le pardon, la solidarité et la tolérance», il exclue l’idée de céder face à la volonté de ceux qui ne veulent pas de l’immixtion des religieux sur la scène politique. Il est lui aussi radical là-dessus : « tout bon croyant a le droit et le devoir de participer à la construction de sa cité par tous les moyens, même politiques»…Mais comme il l’a reconnu  lui-même: « c’est tout le monde qui est devenu radical dans ces derniers temps ! ».

 El Hadj Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali : « exclure les religieux de la politique, c’est aussi une forme de radicalisme qu’il faut combattre »

Par Abou Berthé – Malijet – 27 février 2016  

C’est ce qu’a dit le président du Haut conseil islamique du Mali. C’était ce samedi 27 février 2016, au Centre international de Conférence de Bamako, lors de la cérémonie d’ouverture du colloque national organisé par le Mouvement « Sabati 2012 » sur le radicalisme religieux.

L’imam Mahmoud Dicko a saisi cette occasion pour expliquer son opinion sur le concept du radicalisme.

Selon lui, il n’y a pas que du radicalisme religieux, il y a aussi le radicalisme politique et économique. C’est un phénomène, dit-il, qui touche tous les domaines. Face à cette situation, il doit être combattu dans toutes ses formes car, le radicalisme n’a jamais été bon. « Quand le radicalisme entre dans une chose, il l’a terni », a-t-il dit.

L’imam Dicko a précisé qu’aucune religion sur terre n’est radicale, mais c’est l’usage qu’on en fait qui est radical. Il a également précisé que l’islam sort de son contexte quand il devient radical.

Le président du Haut conseil islamique du Mali a salué l’organisation par ‘’Sabati 2012’’ (organisation politico-religieuse) du colloque sur le radicalisme afin d’analyser ses causes profondes. Selon lui, les causes réelles du radicalisme doivent être cherchées ailleurs car, ses causes n’existent pas forcement au niveau de la religion.

Le radicalisme devenu un phénomène mondial peut s’expliquer, selon Mahmoud Dicko, par la mauvaise gouvernance mondiale qui doit être revue, si l’on veut vaincre les phénomènes radicaux. « Si la lutte contre le radicalisme se transforme en lutte contre l’islam, c’est un échec car, le radicalisme n’est pas seulement religieux », a déclaré le président du HCIM.

Au sujet de l’intrusion des religieux dans la politique au Mali, Mahmoud Dicko a été on ne peut plus clair: « exclure les religieux de la politique, c’est aussi une forme de radicalisme qu’il faut combattre au Mali ».

Pour lui, le religieux est un citoyen qui se voit concerné comme les autres citoyens, par toutes les questions de son pays. Le religieux a les mêmes droits que les autres citoyens et à ce titre, il doit participer à la construction de son pays par le moyen qui lui convient, y compris la politique. Autrement dit, le bon religieux ne doit pas croiser les bras et regarder certains détruire son pays.

Une réaction qui constitue en quelque sorte une réponse à certains leaders politiques maliens qui exigent l’adoption d’une loi qui va exclure de la vie politique certains corps, notamment l’armée, les magistrats et les religieux.

 

 

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From → Revue de Presse

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