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Forum pour la paix à Kidal le 27 mars

by sur 1 mars 2016

 

Les bonnes nouvelles ne sont pas si rares pour qu’on ne s’en  réjouisse pas, même si « chat échaudé craint l’eau froide ».

Une table ronde a réuni, dimanche, à Bamako, TOUS les protagonistes de la crise malienne (à l’exception notables des terroristes et autres djihadistes.

Les parties en présence ont fait un  tout petit pas vers la paix en arrêtant la date d’un « Forum pour la Paix », qui se tiendrait à Kidal à la fin du mois.

On est sur la bonne voix, mais comme disait la Maman de Napoléon Bonaparte en marche vers le pouvoir : « pourvou qué ça doure »…

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Koulouba : Le Président de la République rencontre les leaders de la CMA et de la Plateforme (samedi, le 27 février 2016)

L’argent achète la Paix

Aliou Hasseye – Source: Autre presse – Posté le 01/03/2016       

Le gouvernement et les groupes armés du nord du Mali regardent à nouveau dans le même viseur. L’argent n’est pas étranger dans ce déblocage du processus de mise en œuvre de l’accord de paix.

La paix tant souhaitée semble sur le chemin d’être traduite en réalité dans un avenir qui n’est plus si lointain. La résolution de cette crise débutée en 2012 mérite d’être étudiée à travers l’histoire des autres qui ont ébranlé la nation afin d’écarter les risques de voir une future éclatée sur les cendres de cette dernière.

Pour arriver au déclic actuel, on peut facilement remarquer que les considérations d’ordres pécuniaires et les préalables liés aux postes de responsabilité ont dominé les débats.

La mise en place d’autorités intérimaires qui n’était qu’une simple possibilité envisagée dans l’accord de paix a été érigée en obligation par les groupes armés qui ont fini par obtenir gain de cause. Les querelles intestines qui naitront probablement du partage de ces postes de responsabilité entre les nébuleuses ne manqueront certainement pas de créer des frustrations en leurs rangs. Il n’est malheureusement pas à écarter que ces frustrations soient exploitées par des mécontents du partage qui pourraient créer de nouvelles tensions afin d’être mieux servis.

Un autre fait notable dans ce déblocage de la situation a été la prise en charge par le gouvernement des combattants armés alors même que la période de cantonnement n’est pas encore ouverte. Continuant à bénéficier de la libre circulation, les mouvements armés qui n’éprouvaient aucune difficulté à s’occuper de leurs éléments ont toujours la main sur leurs sources de revenus habituelles.

Depuis le stade des négociations de l’accord de paix, plusieurs organisations et spécialistes ont mis en garde contre les conséquences d’une paix achetée.

Les paix bâclées du passé ont toutes fini par donner jour à de nouvelles périodes de trouble, d’où la nécessité dès au stade des pourparlers de discuter de l’essentiel. Certaines racines du problème ont été prises en compte dans l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Mais ce n’est jamais une fin en soi de trouver un terrain d’entente. Le plus difficile étant d’honorer les différents engagements.

Ce moment doit être l’occasion pour les groupes armés, qui n’ont jamais pu convaincre l’opinion de leur bonne foi à défendre les intérêts des populations du nord, de démentir nos analyses qui ont de tout temps dénoncé une guerre pour l’enrichissement plutôt qu’une rébellion pour la cause des populations « martyrisées de l’azawad ».

Leurs priorités jusque-là affichées ont malheureusement tendance à conforter nos analyses. Ni l’exclusion depuis des années des enfants de Kidal du système éducatif ni les souffrances des populations de cette localité privées de toute aide ne les ont motivé à faciliter le retour des services sociaux de l’Etat. Ce retour n’est finalement admis qu’après une distribution d’argent et de postes.

Cela démontre, hélas, combien il est rude de démarquer la présente paix des précédentes. Il le faut pourtant car l’avenir de chaque génération malienne ne peut systématiquement se résumer à la gestion de rebellions.

Processus de paix au Mali : La marche vers le bout du tunnel

Par Madiassa Kaba Diakité  – : Lerepublicainmali – 1er mars 2016

Un grand forum entre le gouvernement malien, la Plateforme et la CMA est prévue du 27 au 30 mars à Kidal. Et à Bamako, le weekend, une rencontre quadripartite (majorité-opposition-société civile-groupes armés) pour trouver des solutions aux problèmes du Mali dont l’enlisement du processus de paix 9 mois après la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Des signaux forts et une lueur d’espoir pour le retour de la paix au Mali ? Oui, selon les différents protagonistes du processus de paix même si la nébuleuse jihadiste demeure une entrave à un retour définitif de la paix au Mali.

La semaine passée, une série de rencontres ont eu lieu à Bamako pour une redynamisation du processus de paix au Mali.

A Koulouba, les leaders des groupes armés signataires de l’accord de paix d’Alger ont, ainsi, du 19 au 26 février, rencontré le gouvernement malien. Cette rencontre a été sanctionnée par un communiqué dans lequel les signataires de l’accord de paix d’Alger ont décidé de la tenue d’un forum pour la paix et la réconciliation au Mali à Kidal du 27 au 30 mars 2016 qui clôture le processus d’Anefis.

Les trois parties ont, aussi, décidé de l’adoption d’un chronogramme sur 2 mois (mars Avril 2016) de mise en œuvre des activités garantissant la sécurité publique et l’instauration d’une vie sociale normale sur tout le territoire à travers les activités suivantes : la mise en place des autorités intérimaires, la mise en place d’un dispositif de sécurité commun pour contribuer à la protection des personnes et des biens et la libre circulation des personnes dans le pays, la  concrétisation urgente du cantonnement des combattants à traces le processus de DDR et l’accélération de la mise en œuvre des différentes dispositions de l’accord par l’adoption des textes y afférents de préparer les élections.

Depuis la signature de l’accord, les groupes armés courraient derrières ces différentes dispositions, surtout la mise en place des autorités intérimaire et la mise en œuvre des différentes dispositions de l’accord. 

Le signal fort de la classe politique malienne

Sur initiative de l’opposition malienne, la classe politique (Majorité-Opposition), la société civile et les groupes armés se sont rencontrés le dimanche passé à Bamako. Les différentes parties ont décidé de se donner la main pour la stabilisation du Mali. « … Nous nous retrouvons aujourd’hui pour parler de notre pays, de ce qui ne peut jamais nous diviser à savoir le Mali. Nous sommes tous d’accord pour l’existence du Mali, pour le mieux vivre ensemble dans la paix et dans la sécurité », a expliqué, lors de la rencontre, Boulkassoum Haïdara, le président de la convention des partis politiques de la majorité présidentielle.

Une position partagée par le représentant du chef de file de l’opposition Tiébilé Dramé qui a souligné l’urgence de conjuguer les efforts pour stabiliser le Mali : «  Au-delà de nos divergences, ce qui nous parait important aujourd’hui, c’est avancer main dans la main, œuvrer main dans la main pour la restauration de la sécurité et de la stabilité au Mali… ». 

L’équation Iyad Ag Ali

C’est un secret de polichinelle. L’insécurité au Mali est, aujourd’hui, en grande partie, l’œuvre des terroristes. Quotidiennement, les forces armées maliennes et les forces onusiennes au Mali font l’objet d’attaques terroristes complexes. Ces attaques ont fait au minimum plus d’une trentaine de morts courant février. De facto, les terroristes constituent aujourd’hui la principale menace au processus de paix au Mali.

Et pourtant l’Etat malien et la communauté internationale excluent toutes négociations avec Iyad et ses compères. Le Premier ministre français lors de sa dernière visite au Mali, n’a pas manqué de revenir sur la question. « Iyad est la cible numéro 2 de Barkhane après Belmokhtar», a fait savoir le ministre français. Selon lui, la lutte antiterroriste est « une guerre à mener dans la durée ».

Des leaders politiques maliens n’écartent pas la possibilité de négocier avec les terroristes. Selon le Pr Ali Nouhoum Diallo, ancien président du parlement malien, Iyad Ag Ghali et son disciple Amadou Koufa doivent être fréquentables au même titre que certains leaders des groupes armés engagés dans le processus de paix malgré les crimes qu’ils ont commis.

Et pour l’opposant Tiébilé Dramé, le président du Parena, « il convient d’explorer la possibilité de parler avec les jihadistes maliens avant qu’il ne soit trop tard ». Le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé,  aussi n’écarte pas cette possibilité.  A la question de savoir s’il ne faut dialoguer avec certains jihadistes comme Iyad Ag Ghali pour la paix au Mali, il a indiqué que peu importe l’interlocuteur pourvu qu’il soit crédible.

Mise en œuvre de l’accord de paix : Les autorités maliennes et les mouvements armés se donnent rendez-vous à Kidal pour fin mars

Par M. A. Diakité – Tjikan – 1 Mar 2016

Le chemin de la paix est parfois long à parcourir parce qu’il est parsemé d’embuches. Mais, à force de patience, l’on finira par boucler le cycle lentement certes mais sûrement. C’est le cas du processus de paix en cours dans notre pays. En dépit des vicissitudes, les autorités de Bamako, la classe politique toute tendance confondue et les représentants de la société civile d’un côté et les mouvements armés signataires de l’accord de paix de Bamako en mai et juin 2015 étaient réunis en séance de travail en deux temps le week-end dernier à Bamako.

La première réunion a réuni autour du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, les membres du gouvernement, d’un côté et de l’autre (en face sur la table de travail) les représentants des mouvements armés signataires de l’accord. La rencontre qui s’est tenue à huit clos a été sanctionnée par un communiqué conjoint, signé côté gouvernement par Hamadoun Konaté, ministre de la Solidarité, de l’Action Humanitaire et de la Reconstruction du Nord, côté mouvements par Me Harouna Toureh de la Plateforme et Sidi Brahim Ould Sidati de la CMA.

Dans le communiqué conjoint, les deux parties ont convenu d’un certain nombre d’actions à entreprendre pour rendre l’application de l’Accord de paix effective. Il s’agit de l’organisation d’un forum pour la paix et la réconciliation au Mali, précisément à Kidal, les 27, 28, 29 et 30 mars 2016. Celui-ci va clôturer le processus de discussion entamé en 2015. Ils ont également convenu d’adopter un chronogramme sur 2 mois (mars-avril 2016) de mise en œuvre des activités garantissant la sécurité publique et l’instauration d’une vie sociale normale sur tout le territoire national à travers les activités suivantes : la mise en place des autorités intérimaires, d’un dispositif de sécurité commun pour contribuer à la protection des personnes et des biens et la libre circulation des personnes dans le pays. Elles ont également insisté sur le cantonnement des combattants à travers le processus de DDR. Enfin, accélérer la mise en œuvre des différentes dispositions de l’accord par l’adoption des textes y afférentes en vue de préparer les élections.

Après la rencontre du Palais, le samedi dernier, c’était le tour de la classe politique de s’acquitter de cet exercice, probablement conseillée par les supporteurs de la rébellion au Mali, qui sont financièrement à bout de souffle et politique indexé par les pairs, dont les compatriotes ne cessent de se faire ‘’buter’’ par des sauvages sans foi ni loi. La mort des sept soldats guinéens de la MINUSMA a provoqué un électrochoc à Conakry, où des familles ne cachent plus leur amertume face à cette crise. Les coups de nerf des soldats tchadiens, qui ont  fait également des victimes, dont un officier supérieur, la semaine dernière sont également des signaux de fatigue et d’exacerbation face aux agissements d’un groupe d’individus bénéficiant de la « complaisance » de la France.

La rencontre du dimanche au Centre international de conférences de Bamako (CICB) a donc eu le mérite de fédérer l’intelligence de toute la classe politique (majorité et opposition), les représentants de la société civile.

Cette rencontre, qui s’était focalisée autour d’un idéal commun « Ensemble pour la paix au Mali » a permis d’établir les conditions d’échanges constructifs. Les parties ont ainsi mis  à l’index la nécessité de poursuivre rapidement la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Qui balise la route commune du développement du pays. Pour cela, chaque composante doit se montrer sincère dans sa démarche vers l’autre, gage d’une confiance mutuelle. Les parties ont profité de l’occasion pour déplorer l’insécurité qui fait chaque jour des victimes civiles et militaires. « 9 mois après la signature de l’Accord, notre pays continue de compter ses morts du fait de l’insécurité. ». Et c’est le Mali qui sera perdant, si nous continuons à nous faire la guerre entre nous, ont-elles ajoutées.

Au sortir de cette rencontre, il a été décidé de créer un cadre de concertation, dont la direction sera confiée au président par intérim du parti au pouvoir (RPM) et chef de file de la majorité présidentielle, Boulkassoum  Haidara. L’objectif est de tenir des réunions d’évaluation, chaque fois que la mise en œuvre de l’accord rencontre des difficultés. Avant de se quitter, rendez-vous a été pris pour Kidal en fin de mois.

Rencontre quadripartite CMA-Plateforme-Médiation-Etat du Mali C’est partir pour le 27 mars !

Chahana Takiou – Source: 22 Septembre –  29, 02  2016 

La rencontre quadripartite CMA-Plateforme-Médiation-Etat du Mali, annoncée pour le 25 février, puis reportée au 15 mars, vient d’être officiellement arrêtée par les trois parties, c’est-à-dire sans la médiation, à l’issue d’une rencontre à Koulouba. C’est un communiqué certifié, lu par Sidi Ibrahim ould Sidati de la CMA, qui annonce la date du forum de Kidal pour la paix et la réconciliation nationale. C’est désormais du 27 au 30 mars.

Nous l’avions annoncé en exclusivité de la presse malienne et avions indiqué que le Premier ministre sera à Kidal, en compagnie de plusieurs ministres, gouverneurs et hauts cadres de l’Etat. Le report des dates est dû, selon des sources concordantes, au nerf de la guerre, le budget de la commission d’organisation qui s’élève à 200 millions de nos francs.

Celui-ci n’était pas bouclé parce que l’Etat du Mali était hésitant, j’allais dire réticent pour mettre la main à la poche. Une crise de confiance, nous a-t-on dit, a failli s’installer autour de cette somme « minable » pour certains et « importante » pour d’autres.

On peut donc affirmer qu’il n’y a plus de zones d’ombre autour de ce montant et que le gouvernement apportera sa part substantielle à la commission d’organisation. La MINUSMA, nous a-t-on confié, s’est engagé à prendre en charge le transport aérien entre Tombouctou-Kidal, Gao-Kidal, Bamako-Kidal, Alger-Kidal.

L’annonce officielle de la date signifie que le gouvernement du Mali est véritablement engagé auprès de la CMA et de la Plateforme, initiatrices de la rencontre de Kidal, laquelle, on le sait, ne figure point  dans l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger.

Il s’agit d’un forum d’entente, consécutif à la rencontre d’Anefif, qui a réconcilié les communautés Imghad, Ifoghas et autres. C’est  donc des retrouvailles pour le vivre ensemble, le pardon, la réconciliation entre frères ennemis d’un côté, et entre les fils d’un même pays de l’autre.

L’Etat du Mali, absent de l’Adrar des Ifoghas depuis mai 2014, reviendra donc dans la ville de Kidal, espérant voir, cette fois-ci, le drapeau malien, de nouveau, flotter dans cette contrée.

On prévoit aussi qu’avec la présence du chef du gouvernement, Modibo Keita, l’esprit de paix, d’unité, qui prévaudra, inspirera les responsables de la CMA à descendre pour du bon les drapeaux du MNLA et du HCUA, les deux principales composantes de cette Coordination qui règne sur Kidal.

L’adhésion effective du gouvernement à cette œuvre salvatrice brise davantage la glace entre les deux parties et accélère, sinon relance, la paix à travers le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR). Ensuite, la sécurité et la vie normale dans le septentrion du Mali seront améliorées par la volonté et l’engagement des parties à combattre le terrorisme.

Bref, l’Accord issu du processus d’Alger et les textes y afférents pour la tenue des municipales et des assemblées régionales seront mis en route. L’Assemblée nationale sera donc sollicitée pour l’adoption de tous les textes. La loi fondamentale, la Constitution, sera donc soumise à referendum, avant toutes élections.

Ainsi,  vont s’ouvrir les chantiers du développement : les routes au nord du Mali, les centres de santé, les écoles, les puits à grand diamètre, l’électricité, l’aménagement des terres agricoles et la création de zones d’élevage. A suivre.

 RENCONTRE POUR LA PAIX AU MALI : Des signaux favorables, mais pour combien de temps ?  

 « Le Pays » (BF) du 1er mars 2016

Le 28 février dernier, s’est tenue à Bamako une rencontre quadripartite entre l’opposition, la majorité, les mouvements armés du Nord et les organisations de la société civile, pour échanger sur les pistes de solution envisageables pour  la restauration de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Première du genre, cette rencontre pour la paix, qui a regroupé dans la capitale malienne les principaux protagonistes de la crise malienne, intervient au moment où les groupes armés du Nord semblent, eux aussi, disposés à fumer entre eux le calumet de la paix. En témoigne l’épisode de la rentrée du Gatia à Kidal, le mois dernier, qui avait fait craindre une reprise des hostilités avec la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), tant l’irruption de ce groupe armé proche de Bamako dans le fief des rebelles, avait fait monter le mercure et craindre le pire.

A plusieurs reprises, les protagonistes de la crise malienne ont fait preuve de mauvaise foi

Finalement, il y a eu plus de peur que de mal, et les frères ennemis du Nord ont réussi à s’accorder sur l’essentiel, sans heurt. Cela était déjà un pas important dans le sens  de la normalisation de la situation au Mali. Avec le recul, l’on peut se convaincre que l’acte audacieux du Gatia aura été l’élément déclencheur que l’on espère salutaire pour la paix au Nord-Mali. Autrement, il y a fort à parier que l’on en serait encore à une situation de guerre froide qui ne pouvait que retarder le retour tant espéré à la normale. Avec  la rencontre de Bamako du week-end dernier, tous ces faits constituent autant de signaux favorables à un retour de la paix. 

Mais pour combien de temps ? Est-on tenté de se demander, tant les acteurs de la crise malienne nous ont habitués à des retournements spectaculaires de situation, qui les renvoient la plupart du temps pratiquement à la case départ, depuis près de trois ans que dure la crise. Tant et si bien que l’on pouvait légitimement s’interroger sur la volonté réelle des protagonistes de sortir de cette crise dont on se demandait si elle ne faisait finalement pas leur affaire. En tout cas, à plusieurs reprises, les protagonistes de la crise malienne ont fait preuve de mauvaise foi dans la mise en œuvre des différents accords censés les conduire vers le bout du tunnel.

Cette fois-ci sera-t-elle enfin la bonne ? En tout cas, l’on peut d’ores et déjà saluer l’esprit de la rencontre du week-end dernier, qui pourrait marquer un tournant décisif dans la recherche de solutions pour une  sortie de crise au pays de Soundiata Keïta. Et cela est à l’honneur des acteurs politiques, notamment l’opposition qui en est l’instigatrice et les autres acteurs qui ont apparemment accepté de jouer le jeu. Car, cela participe, à n’en pas douter, de la décrispation de l’atmosphère sociopolitique qui pourrait augurer de lendemains meilleurs pour le Mali.

Il faut maintenant espérer que rien ne viendra remettre en cause un processus aussi bien engagé. Au demeurant, dans ce contexte de lutte contre le djihadisme et le terrorisme sous toutes ses formes et au regard de la tournure de certains événements, il y a lieu de croire que la paix elle-même, est en train de s’imposer aux Maliens dont les populations sont certainement lassées d’une situation qui n’en finit pas de les maintenir dans la précarité.

Il ne faudrait plus répéter les erreurs du passé

D’abord, parce que la CMA elle-même, semble avoir perdu de sa verve et de sa superbe sur le terrain, et éprouvé beaucoup plus de difficultés face aux autres groupes armés dont le Gatia qui est un groupe pro-Bamako, mais aussi face aux forces armées maliennes dont la réorganisation semble les avoir rendues beaucoup plus opérationnelles sur le terrain. Ensuite, l’intensification des offensives menées depuis quelque temps par les Occidentaux contre Daesh, notamment en Syrie et surtout en Libye voisine, pour faire le ménage des djihadistes de l’Etat islamique, impose quelque peu aux Maliens de se donner la main pour mieux faire face aux éventuels flux de ces apôtres de l’obscurantisme qui seraient tentés d’y trouver une terre de refuge ou de repli. Ce, d’autant plus que le souvenir de janvier 2013 est encore vivace dans les esprits.

En effet, l’on n’a pas encore oublié que c’est de cette Libye en déconfiture totale suite à la disparition du guide Mouammar Kadhafi, qu’étaient parties les colonnes de djihadistes qui, profitant du désordre qui régnait au Nord-Mali, y avaient installé leurs pénates avant de mettre le cap sur Bamako. Il a fallu l’intervention énergique des forces françaises de l’opération Serval pour les freiner  dans leur élan et leurs visées expansionnistes. Il ne faudrait donc plus répéter les erreurs du passé. C’est pourquoi toute initiative qui vise à ramener la paix au Mali est à encourager. Et il est heureux de voir qu’au moment où la diplomatie internationale semble s’en être totalement remise aux seuls accords d’Alger dont l’opérationnalisation a visiblement pris du plomb dans l’aile, des solutions domestiques sont aussi à l’étude pour essayer de sortir le pays de l’ornière. Les signaux sont donc bons. Pourvu que ces initiatives puissent aboutir pour que Kidal revienne dans la république. C’est tout le mal que l’on puisse souhaiter au Mali.

 

Mali : la concertation qui donne espoir

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 29 février 2016

Mali : toutes les couches sociales réclament la paix.

Depuis la signature de l’Accord de paix et de réconciliation nationale les 15 et 20 juin 2014, les groupes armés, particulièrement la CMA et ses alliés, n’ont cessé de dénoncer ce qu’ils considéraient comme une mauvaise foi du Gouvernement du Mali dans la mise en œuvre dudit accord. De son côté, l’opposition a plusieurs fois attiré l’attention de l’opinion malienne sur les dérives d’IBK et de son gouvernement dans le traitement de la crise du nord. Ce dimanche 28 février 2016, s’est tenue une rencontre de concertation inclusive au Centre International de Conférence de Bamako. Rencontre qui suscite l’espoir.

A l’occasion du nouvel an, nous titrions ici même « 2016 : espérer malgré tout ». Après deux années au cours desquelles IBK et ses Gouvernements successifs avaient longtemps cherché leurs marques sans les trouver vraiment, il était plus que temps que le Président malien retrouve enfin la sagesse. Celle de reconnaître que la résolution de la crise malienne nécessite l’implication de tous, sans exclusive. D’autant plus que 2014 et 2015 ont été des années catastrophiques pour le Président avec des affaires de corruption où ses proches collaborateurs étaient impliqués.

Depuis son accession au pouvoir, IBK s’est enfermé sur lui-même, ignorant les semonces venant de partout et qui étaient autant d’alerte sur la situation catastrophique du pays. Le tâtonnement du pouvoir a été impacté par une instabilité qui vit se succéder 3 Premiers ministres et 4 Gouvernements dont aucun ne semblait en mesure de donner une impulsion à l’Accord de paix et de réconciliation au Mali.

Comme on le dit : mieux vaut tard que jamais. La résolution de la crise malienne demande la participation de toutes les sensibilités car chaque fois que les Maliens se sont unis, ils ont pu faire de grandes choses. C’est mal connaître notre peuple que de singer la démocratie telle qu’elle est pratiquée dans les nations occidentales en stigmatisant l’opposition surtout quand celle-ci joue son rôle en contrôlant l’action gouvernementale. Notre pays s’est construit sur la concertation, le respect de la diversité et le consensus, sans préjudice de la contradiction qui fait avancer les nations. Le village n’appartient pas au chef de village.

IBK serait bien inspiré en écoutant enfin l’opposition et travailler avec elle ainsi que la société civile qui ne devrait plus laisser sa place aux seuls islamistes qui cependant disent les vérités que d’autres taisent. La concertation de ce dimanche doit être un nouveau départ, celui qui devra nous conduire vers la paix tant souhaitée par tout le Mali. Car les populations du nord du Mali en ont assez de survivre dans la peur et la désolation. C’est pourquoi la date du dimanche 28 février 2016 doit susciter un nouvel espoir au Mali.

C’est avec beaucoup de peine que les Maliens constatent que Kidal est toujours interdite à l’armée nationale et aux représentants de l’État. Cette anomalie ne peut être corrigée que par la concertation et un commencement de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation. Puisque nous avons décidé de régler la question du nord par la concertation, il faut donc donner toutes les chances à la paix avec les groupes armés pour pouvoir se concentrer sur les terroristes qui nous font trop de mal depuis quelques mois.

 

 Table ronde dominicale : Retrouvailles autour de l’Accord de paix

Amadou Coulibaly – Source: Le Malien – 29 février 2016

Huit mois après la signature solennelle de l’Accord de Paix et de Réconciliation, émaillée encore d’incidents et d’accrochages meurtriers, place est toujours réservée au dialogue. C’est ainsi que plusieurs acteurs socio-politiques se sont retrouvés, hier au Palais des Congrès de Bamako, pour jeter les bases de futures et larges concertations. De la Mouvance présidentielle à l’Opposition, en passant par les Groupes armés (CMA-Plateforme), presque tous avaient répondu présents. Souhait unanimement exprimé : ” Une prochaine rencontre à Kidal “. En tout cas, Ould Siddati, au nom de la CMA, a réitéré l’engagement des ex-rebelles à aller toujours dans le sens de la paix. Coup de chapeau au PARENA qui avait fait un appel des pieds dans ce sens depuis longtemps.

L’Accord d’Alger signé à Bamako le 20 juin 2015 a eu 8 mois d’existence. Ces 8 mois ont été marqués par des actes concrets mais aussi des incertitudes. La rencontre d’hier a été l’occasion de jeter un coup d’œil critique mais serein sur ce que tous les acteurs ont qualifié de ”chance du Mali”. Les derniers actes de violence enregistrés au Nord, qu’ils relèvent du grand banditisme ou du terrorisme rappellent que la sécurité était loin d’être totale. Et l’insécurité persiste dans plusieurs endroits du Nord malien.

La volonté affichée par le gouvernement, l’opposition, la CMA et la Plate-forme ne s’est cependant jamais démentie. Leur credo commun : La paix rien que la paix. La toute récente rencontre entre majorité présidentielle, opposition, les mouvements armés, relative au retour de la paix et de la sécurité dans les régions nord procède de cette volonté commune d’aller vers la paix. Cette paix nécessaire à la quiétude de toutes les populations tant nomades que sédentaires exilées de l’intérieur comme de l’extérieur. Ce qui a amené le président de la majorité présidentielle, Dr Boulkassoum Haïdara, à dire qu’au Mali, il ya quelque chose sur laquelle ”nous sommes tous d’accord qui est l’existence du Mali, notre désir de vivre ensemble, la forme républicaine de l’Etat et la laïcité du pays”. Et d’ajouter : ”Au cours de cette rencontre, il s’agit d’apprécier, analyser et connaitre le rôle des uns et des autres sur la mise en œuvre de l’Accord d’Alger”. Pour Tiébilé Dramé qui a parlé au nom du chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé absent du pays, cette rencontre était la démonstration de l’ardent désir de vivre en paix au-delà des divergences. Il s’agissait de conjuguer les efforts pour stabiliser le pays, restaurer la paix.

Selon Mohamed Ould Ibrahim Siddati, après un soutien exceptionnel à l’époque de la signature dudit Accord, ” On a vu un ralentissement de son application “. L’essentiel pour lui est d’aller vers du concret. Cependant, il a tenu à réaffirmer l’engagement sans faille de la CMA dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord. Quant à Me Harouna Toureh de la Plate-forme, cette rencontre a suscité le désir important des Maliens de vivre ensemble. Il a lui aussi pris l’engagement que son mouvement n’entreprendrait rien pour compromettre la mise œuvre efficace et efficiente de cet Accord. Pour tous les participants, l’Accord d’Alger depuis sa signature a vu trois principales actions qui sont en voie de réalisation, il s’agit du retour de la paix avec des patrouilles mixtes CMA, Plate-forme et FAMA, la démobilisation, le désarmement et la réconciliation en cours, le retour et la réinsertion des populations déplacées. Ils ont été unanimes à reconnaitre aussi que malgré tout l’Accord d’Alger demeurait toujours fragile et ses ennemis, tant de l’intérieur que l’extérieur, étaient nombreux. Pour eux, seule une vigilance et un discernement à la mesure de l’enjeu pouvaient favoriser l’éclosion des nouvelles manifestations concrètes de sa réalisation.

Notons que le Dr. Boulkassoum Haïdara, Pr. Mamadou Kassa Traoré, Bocar Moussa Diarra, Soumeylou Boubèye Maïga, Pr. Tiémoko Sangaré, … (majorité), Amadou Koïta, Tiébilé Dramé, Pr. Salikou Sanogo, … (Opposition), Alghabass Ag Intalla, Mohamed Ould Ibrahim Siddati, … (CMA), Me Harouna Toureh, Azaz Ag Dag Dag, … (Plateforme) étaient entre autres les principaux animateurs de cette table ronde cruciale pour l’avenir de notre pays.

 Processus de paix au Mali: un forum pour la paix annoncé à Kidal fin mars

Par RFI Publié le 29-02-2016 Modifié le 29-02-2016 à 13:42

Un nouveau petit pas vers la paix dans le nord du Mali a été franchi ce week-end à Bamako. Les parties signataires de l’accord d’Alger (groupes armés progouvernementaux et rebelles) ont tour à tour rencontré le président malien Ibrahim Boubacar Keïta entouré de membres de son gouvernement , et ensuite la classe politique malienne, (pouvoir et opposition). Au menu des entretiens directs, des décisions pour avancer vers la paix dans le Nord.

La rencontre entre les groupes armés du Nord et le président malien Ibrahim Boubacar Keïta entouré de membres de son gouvernement a débouché sur des décisions importantes.

Ainsi, un forum pour la paix et la réconciliation au Mali se tiendra à Kidal du 27 au 30 mars prochains. La ville est aux mains des groupes armés mais des représentants de l’Etat devraient assister à ces rencontres.

Autre décision importante : sur les deux prochains mois, gouvernement malien et groupes armés ont fixé un chronogramme pour poser des actes allant dans le sens du renforcement de la paix. Parmi ces initiatives, il y a notamment la mise en place des autorités intérimaires et d’un dispositif de sécurité commun dans le Nord. Toutes les parties auront leur place dans le nouveau dispositif.

Autre initiative, « la concrétisation urgente du cantonnement des combattants » et le lancement du processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion, DDR.
Pour les participants à la rencontre -gouvernement malien et groupes armés- et la classe politique malienne, quelque chose se dessine nettement. Sans renier les accords signés sous l’égide de la communauté internationale, les Maliens veulent désormais discuter directement entre eux.

 

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From → Revue de Presse

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