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Silence à Kidal

by sur 2 mars 2016

verlon_dupont_montage_0L’enquête sur l’assassinat à Kidal des deux journalistes de Radio France International, Ghislaine Dupond et Claude Verlon est au point mort.

Et à Kidal, comme on le lira ci-dessous, c’est un silence assourdissant qui répond aux questions concernant ce meurtre : les gens ont peur de parler de « l’affaire ».

Mais je crains fort que la raison d’Etat ne l’emporte aussi en ce qui concerne les politiques et les militaires… et qu’il y ait parfait consensus entre gouvernement malien et français pour que le « black out » soit total.

Je pense que l’armée française, très rapidement sur les lieux, sait des choses. Et qu’elle avait refusé d’embarquer les deux journalistes qui ont trouvé une solution de remplacement en empruntant un appareil de la Minusma.  

Les Maliens possèdent également une part de la vérité, bien sûr.

Les deux journalistes avaient des contacts noués depuis leurs derniers reportages sur place et ils travaillaient sous protection locale.

J’étais au Mali moins de trois semaines plus tard et j’y suis resté quinze jours (du 20 novembre au 6 décembre 2013). Impossible d’obtenir le moindre élément ou témoignage, ni même un contact touchant de près ou de loin l’assassinat des confrères, au motif qu’il y avait une enquête en cours…

Des documents ont bien été déclassifiés, mais des éléments ont disparu, tout comme dans le dossier de l’assassinat des deux jeunes Linsellois en janvier 2011, enlevés par AQMI dans un restaurant de Niamey au Niger, transportés au Mali et tués au moment de l’assaut du convoi par les forces spéciales françaises.

 A Kidal, malaise persistant autour de la mort des journalistes de RFI

Par RFI Publié le 01-03-2016 Modifié le 01-03-2016 à 11:59

Le 2 novembre 2013, nos collègues Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient enlevés à Kidal, puis assassinés par un commando lié à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Depuis, aucun des assassins n’a été retrouvé, aucune information n’apparaît et l’enquête est au point mort.

Une étrange omerta entoure cette affaire à Kidal.

De l’incompréhension, mais aussi de la gêne et un certain malaise. Voilà ce que suscite, chez ces habitants de Kidalle silence qui perdure autour de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon : « Je n’ose pas mettre ma bouche là-dedans ni mon pied. Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu. »

Même réponse d’un autre habitant de cette ville du nord du Mali : « Ça, c’est une question très difficile à répondre. Ce qui est arrivé, ça va être très difficile que quelqu’un de la population vous en parle. Ce n’est pas possible. Personne ne sait rien. » Pour cet homme, la réponse est peut-être à aller chercher du côté de l’armée française : « Est-ce que c’est possible que Serval puisse être dans cette ville avec tout l’équipement et tout le nécessaire qu’il faut [et ne sache rien] ? Si eux ne sont au courant de rien, comment un pauvre citoyen [saurait] ? En ce moment, chacun réfléchit à comment tu vas te réveiller chez toi demain matin. »

Une affaire devenue trop politique pour que les habitants de Kidal puissent s’exprimer librement sur ce qu’il s’est passé ce 2 novembre 2013. En France, il y a deux semaines, les autorités ont déclassifié une centaine de documents jusqu’ici secrets défense. Mais certains paragraphes ont été effacés, et 75 autres documents ont été jugés trop sensibles : ils resteront inaccessibles.

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From → Revue de Presse

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