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IBK accusé de haute trahison

by sur 4 mars 2016

Mise à jour le 7 mars à 09h15

Au Sénégal,  c’est « Y’en a marre »; au Burkina, cela s’appelle « Balai citoyen ».

Au Mali, le BIPREM-Faso Ko (Bloc d’Intervention Populaire et Pacifique pour la Réunification Entière du Mali) et « Ras le bol ! » vont-ils jouer le même rôle ?

En tous cas, ces deux mouvements ont bien l’intention de se faire entendre, et ils pourraient peut-être empêcher le président IBK de dormir…

Tout le week-end, les déclarations se sont succédé pour condamner le dépôt de plainte considéré comme de la gesticulation médiatique, et estimer qu’elle ne risquait pas d’aboutir.

Lundi 7, un  consultant indépendant publie, dans Le Prétoire, des réponses ciblées à ces deux mouvements, reprenant les accusations point par point.

En un mot : Patriotisme ou opportunisme ?

DAK – l’indicateur du renouveau – Posté le 07/03/2016    

Si les leaders du Bloc d’intervention patriotique pour la réunification entière du Mali (Biprem/Fasoko) ont réussi un coup médiatique avec l’annonce d’une plainte contre IBK pour haute trahison, ils ont du mal à rallier à leur cause. Alors que Lassine Diawara et ses camarades clamaient leur conviction patriotique, ils sont plutôt vus comme des “opportunistes non satisfaits”.

A l’exception du soutien très diplomatique d’Oumar Mariko, ils n’ont reçu que des coups sur la tête après leur sortie. Plusieurs organisations politiques et de la société ont senti une manœuvre dilatoire pour s’attirer l’attention du président de la République auprès de qui ils n’ont pas pu récolter les fruits de leur alignement en 2013 puisque leur chef voulait, dit-on, être ambassadeur du Mali au Canada où il a résidé plusieurs années.

Il y a fait d’ailleurs la connaissance de Karim Kéita dont il était l’un des proches allant jusqu’à occuper les bureaux du député élu en Commune II pendant plusieurs mois.

On relève aussi que le Biprem, dont les initiateurs avaient créé une association de journalistes pour soutenir le capitaine-général Sanogo, soutenir le candidat IBK avant de jurer de marcher jusqu’à Kidal pour la réunification du Mali, n’a plus de raison d’être.

Toujours est-il que le Biprem était muet au plus fort des scandales de l’avion présidentiel, des équipements militaires, des tracteurs, des engrais hors normes, etc.

Alors pourquoi réveiller le chat qui dort ? Pourquoi tirer à terre de la sorte sachant que la plainte ne prospérera pas ?

Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark.

Prétendue mauvaise gouvernance : Un observateur démonte les allégations du Biprem

Par Tiroba Konaté, Correspondance particulière – Le Prétoire – 7 mars 2016

Une association en mal de reconnaissance a porté plainte contre le Président IBK pour haute trahison.

Quelle mauvaise blague ! Les griefs sur lesquels elle fonde sa plainte sont les suivants.

1/ Violation de la constitution par le refus de déclarer publiquement ses biens.

Que dit la constitution du 25 février 1992 dans son article 37 : «Après la cérémonie d’investiture et dans un délai de 48 heures, le président de la Cour suprême reçoit publiquement la déclaration écrite des biens du président de la République. Cette déclaration fait l’objet d’une mise à jour annuelle».

Que reproche-t-on au Président de la République ? D’avoir remis une déclaration écrite à la Cour suprême avec trois (3) jours de retard ou de n’avoir pas rendu publique ladite déclaration ?

Oui, il a remis sa déclaration avec trois (3) jours de retard, mais est-ce la fin du monde ? Je me pose cette question et je vous la pose.

         Avait-il l’obligation de la rendre publique ? Non ! La seule obligation qui était la sienne était qu’elle soit remise en public.

Ceux qui l’accusent ne connaissent pas la différence entre une cérémonie à huit clos et une cérémonie publique.

Le huit clos c’est ce qui a lieu en privé, hors des regards d’autrui. Dans ce cas précis, autrui veut dire toute autre personne en dehors du Président IBK et du Président de la Cour suprême.

Or, comme nous le savons, le Président IBK était accompagné, lors de la remise de sa déclaration écrite de biens, de son épouse, de son Directeur de Cabinet et de son attaché de Cabinet. La remise de sa déclaration écrite de biens était donc légale en ce qui concerne le caractère public de la cérémonie.

Il aurait fallu tout simplement lire et comprendre l’article 37, pour savoir qu’en aucun cas, la Constitution n’exigeait que la déclaration écrite des biens du Président soit rendue publique. A moins que la mauvaise lecture de cet article n’ait poussé certains à penser que cette remise aurait dû avoir au stade du 26 mars, pour ensuite être publiée dans le journal L’Essor.

2/ Le détournement de 28.549.901.190 CFA pour les achats de l’avion présidentiel et des équipements militaires.

Nous sommes très surpris par la précision des chiffres, mais qu’à cela ne tienne. Qui peut apporter les preuves d’un détournement quelconque de deniers publics dans ces deux dossiers.

A/l’avion Présidentiel, il y a eu beaucoup de supputations, mais personne parmi les détracteurs n’a pu dire avec précision que tel montant a été détourné et surtout en apportant la preuve. On a d’abord commencé par contester l’opportunité de son achat, pour ensuite en contester le prix.

Commençons d’abord par dire quelle somme a été détournée, pour ensuite dire par qui.

B/Equipements militaires : qui au Mali n’a pas vu les images des soldats de l’armée malienne en guenilles, qui n’a pas vu les images des soldats maliens imitant le bruit des balles lors d’un exercice, qui n’a pas vu des soldats au front portant des chaussures plastiques, ou communiquant avec leurs portables ? Qui n’a pas vu l’armée malienne réquisitionner des véhicules civils pour aller au front ? Qui n’a pas vu des soldats maliens au front, utilisant la même arme ?

Aujourd’hui et grâce au contrat GUO-Star, qui n’est pas fier de voir nos soldats ressemblés à ceux d’une armée normale ? Qui n’est pas fier de voir l’armée montée au front avec des équipements conçus et fabriqués à cet effet ? Qui ne sait pas que notre armée est dotée correctement en équipement létal ?

Certains politiciens et journaux locaux en ont fait leur choux gras en annonçant que le Mali avait acheté des chaussettes à 20.000 CFA, voire 30.000 CFA la paire.

En réponse, nous transcrivons textuellement un article daté du 12 mars 2015 tiré du magasine Jeune Afrique.

« Comment le Mali a fait passer des armes… sous les chaussettes de Guo-Star ».

« Dans le contrat de 69 milliards de F CFA (105 millions d’euros) conclu en novembre 2013 entre la société Guo-Star et le ministère de la Défense du Mali (qui valut à ce pays les foudres du FMI et le gel provisoire de ses appuis budgétaires bilatéraux), il n’était pas seulement question de pick-up, de bérets, de chaussettes et de sacs de couchage.

Des témoignages concordants font apparaître qu’il concernait aussi l’achat d’armes et de munitions. J.A. a ainsi pu prendre connaissance d’un bon de commande du 13 décembre 2013 d’un montant de 19 722 204 euros (près de 13 milliards de F CFA) destinés à l’achat de centaines d’armes (mitrailleuses, pistolets automatiques, fusils à lunettes et mitrailleurs, lance-roquettes, lance-grenades, mortiers, etc.), de milliers de munitions et de six systèmes antiaériens de type ZSU-23-4 Chilka (980 000 euros l’unité).

Selon nos sources, ces armes auraient été achetées à une société du nom de Metallica, dont le siège est en Bulgarie. Me Kassoum Tapo, l’avocat de Guo-Star, se serait rendu dans ce pays il y a quelques mois, information qu’il refuse de commenter. Il s’agissait à l’époque d’armer les soldats formés par l’Union européenne à Koulikoro et d’équiper les véhicules (blindés de transport de troupes et pick-up) achetés dans le cadre du même contrat.

Aucune banque privée n’étant autorisée à prêter de l’argent pour acheter des armes, il a été décidé de « noyer » ces achats sensibles dans le contrat global passé avec Guo-Star, qui, officiellement, ne concernait aucun matériel létal. « Pour un pays comme le nôtre, il est très difficile d’acheter de l’armement, explique un proche collaborateur d’Ibrahim Boubacar Keïta. Nous avons sollicité l’aide de nos alliés, mais peu y ont répondu. » Sans commentaires.

3/ La diminution indue du budget des forces armées de 281 à 213 milliards de CFA.

Une loi d’orientation et de programmation militaire de plus de 1400 milliards de CFA a été votée en 2015. Cette loi, communément appelée L.O.P.M, a pour objectif de remettre l’armée malienne à niveau, tant dans le domaine de la formation que dans celui des équipements. Cette loi a permis par exemple de doter l’armée de l’air d’aéronefs neufs et d’occasion.

C’est ainsi que des hélicoptères d’occasion ont été acquis auprès de la France, dont certains ont déjà été livrés à Bamako et d’autres le seront bientôt, que des hélicoptères endommagés qui étaient ici, MI et Z9, ont été réparés ou sont en cours de l’être, que des commandes d’avions de chasse (Super-Toucano), d’hélicoptères de combat (MI), d’avions de transport de troupes et de matériels (C293 et Y 12) ont été faites et sont en cours de fabrication en Chine, en Russie et au Brésil.

Contrairement à ce qui avait cours ces dernières années, ce sont pour la majorité des aéronefs neufs, qui ont été acquis et comme toute commande d’avions neufs, ils ne sont mis en fabrication qu’à la commande.  Même si ces commandes avaient été disponibles de suite, qui les auraient pilotés ? Savez-vous combien de pilotes sont opérationnels dans notre armée, sur ces types d’aéronefs ? Moins d’une dizaine. Voilà la triste réalité.

L.O.P.M a permis d’envoyer des jeunes maliens en formation à l’étranger, pour être opérationnels sur ces appareils. Sans pilotes et mécaniciens, une flotte aérienne n’est que décorative. Une question qui mérite d’être posée est depuis combien de temps n’a-t-on pas fait former des pilotes maliens ?

La L.O.P.M, voulue et mise en place par le Président IBK, prévoit également l’achat d’équipements pour l’Armée de terre, la construction de nouvelles bases, de nouveaux camps militaires, le recrutement et la formation de plus de cinq mille (5000) jeunes et enfin, la construction d’un hôpital militaire.

Dès l’instant où cette loi est entrée en application, n’est-il pas logique qu’une partie du budget de l’armée soit réduite, car déjà prise en compte par elle ?

Aujourd’hui, nous recommençons à être fiers de notre armée, celle qui n’effectue plus de repli stratégique, celle qui est équipée et habillée correctement, celle qui va à la poursuite des bandits armés et des narcotrafiquants de tous poils. Ceci est l’œuvre de celui que certains veulent poursuivre pour haute trahison.

Le bon sens étant la chose la moins bien partagée, il est donc compréhensible que l’on puisse porter grief au Président IBK d’avoir déduit du budget de l’armée de cette année des dépenses exécutées l’année dernière ?  Pour cette année et pour les quatre autres années à venir.

4/L’augmentation incongrue du budget de la Présidence de la République.

Le Mali est la troisième économie de la zone Uemoa avec un budget national de 1.998 milliards de CFA, derrière la Côte d’Ivoire (5810 milliards CFA) et le Sénégal (2990 milliards) et devant le Burkina-Faso (1639 milliards CFA). Savez-vous quel est le budget de chacune des présidences de ces pays ? ·

Côte d’Ivoire : 80 milliards de CFA, soit 1,37 % du Budget national.

  • Sénégal: 72 milliards CFA, soit 2,4% du Budget national.
  • Mali :19, 7 milliards de CFA, soit 0,98% du Budget national.
  • Burkina-Faso: 48 milliards de CFA, soit 4,69% du Budget national.
  • Guinée –Conakry: 30 milliards de CFA, soit 2,14% du Budget national. Ces chiffres qui peuvent être vérifiés sur internet parlent d’eux-mêmes. Comment voulez-vous que notre pays, le Mali, puisse avancer si nous ne nous en donnons pas les moyens, qu’ils soient matériels ou humains, pour y parvenir ?

Il y a dix ans, le budget de la Présidence du Mali était 14 fois supérieur à celui de l’ensemble des hôpitaux de Bamako, ceux qui aujourd’hui, par populisme, disent que l’actuel budget est 10 fois supérieur au budget de l’ensemble des hôpitaux de Bamako, n’étaient-ils pas aux affaires qui comme ministre, qui comme conseiller à la Présidence ?

Pourquoi n’ont-ils pas démissionné à cette époque ?  Savez-vous qu’en termes de pourcentage par rapport aux budgets nationaux, le Mali est le seul pays parmi ceux cités plus haut dont le budget de la présidence représente moins d’1% du budget national, 0,98% plus précisément.

5/De la sortie dramatique de Kidal du giron malien et de l’incapacité à mettre en œuvre l’accord d’Alger.

Il fût un temps pas si lointain, où les Maliens que nous sommes n’avions que nos yeux pour pleurer.

De l’époque où le Mnla, devenu CMA, plastronnait sur les antennes de toutes les radios et télévisions de la France et Navarre, de l’époque où ces mouvements fanfaronnaient dans presque toutes les villes du nord au futur partage de la gestion de la ville de Kidal. Qui peut dire de bonne foi que ces différents mouvements n’ont pas vu leur influence réduite à une portion congrue ou à une peau de chagrin ?

Pensez-vous que cela a été réalisé par une opération du Saint Esprit ? Non ! Il a fallu que celui que vous accusez aujourd’hui fasse sortir la région de Kidal du giron du Mali, paie de sa personne en effectuant des milliers de kilomètres de voyage, des centaines de réunions, des milliers de rencontres. Il a fallu que ce patriote inlassablement explique la position du Mali à ses différents interlocuteurs.

Tous ses efforts ont permis la signature de cet accord, celui d’Alger. Il est là et bien en place, cet accord. Il est en train d’être patiemment appliqué. Issu d’une stratégie pensée et conçue par le Président IBK et qui permettra dans les mois à venir aux patriotes maliens de voir l’administration malienne se déployer dans cette région sans bruit ni fureur. Qui, de bonne foi, peut dire qu’il n’y a pas d’avancée significative dans la gestion de la crise du nord ?

L’actualité se charge et se chargera elle-même de répondre à ce grief qui est porté de mauvaise foi.

Que ceux qui sont en mal de reconnaissance fassent leurs preuves autrement qu’en dénigrant ceux qui ont la lourde tâche d’apporter la paix et le développement à notre peuple.

Au Mali, pour grandir, il faut détruire ou tenter de détruire plus grand que soit. Cela se vérifie avec cette opération de communication montée par cette association, dont les assemblées générales peuvent se tenir dans une cabine téléphonique, faute de militants. 

L’écrivain français Beaumarchais disait dans le Barbier de Séville : «Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose».

Voici la stratégie de ceux qui n’ont jamais rien fait pour le Mali et qui, aujourd’hui, veulent s’ériger en parangon du patriotisme.

Il nous revient, nous qui croyons en ce pays et qui avons placé notre confiance et notre espoir au Président IBK, de savoir et surtout de combattre pour le Mali.

 

Mamadou Sissoko dit Papman, coordinateur de la “plateforme ras-le-bol” face à la presse : “Nous allons organiser des marches pacifiques afin d’amener le président IBK à changer de gouvernance”

K THERA –  Aujourd’hui-Mali – Posté le 05/03/2016    

C’est à travers une conférence de presse tenue le dimanche dernier à Magnambougou que le coordinateur de la “plateforme ras-le-bol” et ancien leader estudiantin, Mamadou Sissoko, a annoncé le lancement de ce regroupement. dans un très long exposé liminaire, M. Sissoko a rappelé que la création de cette plateforme s’explique par le contexte actuel, marqué selon lui par une crise généralisée dans tous les domaines.

« Nous avons tous  pensé que le président de la république élu avec plus 77% de voix allait être un porteur d’espoir, la solution globale aux maux dont le pays souffre, notamment les problèmes économiques, sécuritaires, religieux et l’emploi des jeunes.

Malheureusement, nous avons constaté des cas de corruption sans précédent dès les premières heures de son règne, avec  des achats d’armes et d’avion.  Cependant, même si certains ministres présumés auteurs de ces cas de corruption  ont été débarqués du gouvernement, justice n’a pas été rendue jusqu’à présent” a déploré le conférencier.

Selon lui, de nos jours, il n’y a aucun secteur où les maliens peuvent s’en féliciter.

L’insécurité va crescendo avec des attaques quotidiennes, le chômage des jeunes est patent, l’accord de paix signé depuis n’a pas produit l’effet escompté, le panier de la ménagère souffre. Le malien lambda ne mange pas trois fois par jour. C’est partant de tous ces constats que nous avons, en tant que jeunes responsables, porté sur les fonts baptismaux cette plateforme pour dire que trop c’est trop”, a relevé le coordinateur Mamadou Sissoko.

Il a invité les autorités en place à changer de gouvernance afin d’améliorer les conditions de vie des populations. Selon le conférencier, le regroupement sous l’appellation “plateforme ras-le-bol” va organiser dans les jours à venir des marches pacifiques afin d’amener le président ibk à changer de gouvernance. 

“Nous sommes même prêts à le rencontrer pour lui dire de vive voix nos préoccupations” a ajouté le coordinateur de la plateforme, lequel a mis à profit cette tribune pour fustiger le comportement de l’opposition et de la société civile.

En effet, “excepté Tiéblé dramé du Parena, tous ces leaders d’opposition ne pensent qu’à leurs intérêts” a précisé l’intéressé.  Pour  Mamadou Sissoko, cette plateforme est composée de plusieurs associations et s’attèle à s’implanter sur l’ensemble du territoire national. Les prochains jours nous édifieront.

Mais en attendant, M Sissoko a tenu à rassurer les journalistes qu’ils ne sont manipulés par aucune formation politique ou par qui que ce soit.

Mali : Ras- le-Bol !

Sékou Tamboura – Source : L’Aube – 3 mars 2016

Smockey le Burkinabè, Fadel Barro le Sénégalais, Fred Bauma le Congolais…A cette galaxie-non-exhaustive-de jeunes leaders de la société civile en Afrique francophone qui ont fait trembler des régimes politiques ou carrément emporté d’autres, il va falloir désormais ajouter les noms de Lacine Diawara et Mamadou Sissoko dit Papman les Maliens.

Le premier, à la tête du Biprem, vient de porter plainte contre le président de la République pour haute trahison (inédit dans l’histoire du Mali) ; et le deuxième, un ancien leader estudiantin, vient de lancer une vaste plate-forme de contestation appelée Ras-le-bol.

Objectif commun : dénoncer la mauvaise gouvernance qui a engendré un mal vivre généralisé dans le pays, d’une part, et, entreprendre toutes actions utiles pour parer aux dérives du pouvoir, d’autre part.

Le Mali n’est certes pas le Burkina ou le Sénégal, mais attention aux mouvements de la société civile partis des jeunes ! « Ce mardi 1er mars 2016 à 16h30 à la Maison de la Presse de Bamako, le Biprem-Faso ko (Bloc d’Intervention Populaire et Pacifique pour la Réunification Entière du Mali), majoritairement composé d’hommes de presse, organise une grande conférence de presse inédite. Rencontre suprême à laquelle vous entendrez une déclaration jamais faite au Mali. Vous constaterez une action jamais posée au pays.

Le Biprem-Faso ko invite la presse nationale et internationale ainsi que tous les citoyens maliens, à venir être des témoins oculaires de cette historique rencontre dans la grande salle de la Maison de la presse ce mardi 1er mars 2016 à 16h30 ». Ainsi était libellé et diffusé dans la presse et via les réseaux sociaux un communiqué du Biprem qui invitait l’opinion au lancement de ses activités.

Le jour J, les membres de ce Bloc ont pris plus d’un à contre-pied, en annonçant le dépôt, dans la matinée, auprès de la Haute cour de justice du Mali, d’une plainte contre le président de la République du Mali pour haute trahison.

Pour étayer leur dossier, Lacine Diawara et ses camarades brandissent sept griefs majeurs à l’encontre du chef de l’Etat, tous assimilables selon eux, à des faits de haute trahison.

Tout d’abord, son refus de faire la déclaration publique de ses biens comme la Constitution le lui oblige.

Ensuite, selon eux, le président de la République doit s’expliquer sur les faits de détournement de plus de 28, 5 milliards de FCFA (source BVG 2014) dans les contrats d’achat de l’avion présidentiel et d’équipements militaires ; de malversations et surfacturations dans les scandales des engrais frelatés et des 1000 tracteurs du président de la République.

Ibrahim Boubacar Kéïta est également accusé d’avoir ramené indûment le budget des forces armées de 281 milliards en 2015 à 213 milliards en 2016 et augmenté le budget de la Présidence de la République de 9,3 milliards en 2014 (14,6 milliards en 2015) à 19,3 milliards en 2016.

Autres griefs invoqués contre le président IBK : pourquoi l’Etat n’a plus de contrôle sur Kidal ? Pourquoi le chef de l’Etat se montre incapable de veiller à l’application de l’Accord de paix signé il y a près de dix mois ?

Trahi le suffrage des Maliens

Enfin, le Biprem indexe le chef de l’Etat comme étant le seul responsable de l’instabilité gouvernementale qui a vu défiler trois Premiers ministres et 6 gouvernements deux ans.

Le président de la République devra donc répondre de tous ces chefs d’accusation devant la Haute cour de justice, seule compétente à juger lui, et les ministres en fonctions.

Fait troublant ou signe des temps ? Cette action du Biprem, « jamais posée au Mali », intervient 48 heures seulement après que des centaines de jeunes aient élevé la voix pour exprimer leur ras-le-bol sous la forme du lancement, dimanche 27 février dernier au Foyer des jeunes de Magnambougou, des activités de la plate-forme dénommée « Ras-le-bol ».

Regroupant environ 300 associations, organisations de jeunes et leaders d’opinion à travers le pays, ce mouvement, dirigé par l’ancien leader estudiantin, Mamadou Sissoko dit Papman, entend s’insurger contre la mauvaise gouvernance et dénoncer les dérives dans la gestion des affaires publiques. En créant « Ras-le-bol », ses initiateurs veulent apporter un changement dans la gestion actuelle des autorités à travers des actions autorisées par la loi.

Mamadou Sissoko se dit très déçu du président, plébiscité à plus de 77 % par ses concitoyens en 2013. Il l’accuse d’avoir trahi le suffrage des Maliens.

En outre, la plate-forme « Ras-le-bol » égrène elle aussi des griefs poignants relatifs à l’instabilité gouvernementale, aux scandales de l’achat de l’avion présidentiel. Sur ce cas précis, Sissoko regrette qu’aucun des ministres impliqués et relevés de leur fonction sous la pression des partenaires n’ait encore répondu de ses actes devant la justice. Dans quel pays sommes-nous ? s’interroge le coordinateur national de la plateforme « Ras-le bol ».

Selon qui, les problèmes demeurent à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Mamadou Sissoko confie : « Economiquement, les gens souffrent, le panier de la ménagère est vide, les femmes et les enfants souffrent. L’école malienne est malade, l’armée aussi. L’insécurité est là partout, au nord comme au sud sans oublier le centre ».

Pour lutter contre ces dérives qui plombent le développement et plongent les populations maliennes dans le plus grand dénuement, la plateforme Ras-le bal prévoit dans les jours à venir des actions d’envergure à Bamako et dans les grandes villes : marches, sit-in. Elle rejoint à ce propos le Biprem qui entend lui aussi diffuser des pétitions via les réseaux sociaux et dans les mairies.

A ces mouvements qui se créent spontanément, il faut ajouter d’autres non moins virulents tels « An filila » ; « An torola », « ATT yafama », sans oublier certains messages forts lâchés par des rappeurs sur les déviances du régime.

Alors, à l’image des Sénégalais de “Y’en a marre” ou des Burkinabè du “Balai citoyen”, qui ont déjà une belle notoriété au-delà des frontières de leurs pays, les Maliens de « Ras-le-bol » et du Biprem Faso ko naissent et prennent déjà de l’envol. Jusqu’où ira ce mouvement de mécontentement?

Mali: un collectif d’associations porte plainte contre le président Keïta pour « haute trahison »

(c) maliactu.net – 3 mars 2016

Un collectif d’associations maliennes a annoncé jeudi à maliactu.net  avoir déposé une plainte pour « haute trahison » contre le président malien Ibrahim Boubacar Keïta auprès de la Haute Cour de justice, habilitée à juger les dirigeants et ex-dirigeants du pays.

         « Nous avons déposé hier (mercredi) une plainte contre le président de la République pour haute trahison et gestion calamiteuse (du pays) auprès de la Haute Cour de justice », a déclaré Bokari Dicko, au nom de ce collectif baptisé « Bloc d’intervention patriotique pour la réunification entière du Mali (Biprem-Fasoko) ».

         La Haute Cour de justice est habilitée à juger les ministres, présidents, ex-ministres ou anciens présidents de la République mis en accusation devant elle pour des crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Ses membres, choisis parmi les députés et issus de différents groupes parlementaires, ont été nommés en mars 2014.

  1. Dicko, qui est secrétaire aux relations extérieures du Biprem, n’a pas précisé le nombre d’associations membres de son collectif. Selon lui, le Biprem reproche au président Keïta d’avoir manqué à son serment notamment de préserver l’intégrité territoriale du Mali.

         « Il a prêté serment de garantir l’intégrité territoriale. Or, Kidal (chef-lieu de région dans l’extrême nord-est du pays, ndlr) est toujours occupée et l’insécurité n’est pas jugulée », a rappelé M. Dicko.

         Ibrahim Boubacar Keïta a été élu en 2013 alors que le Mali tentait de se relever de près de deux ans d’une crise politico-militaire marquée entre 2012 et 2013 par une rébellion indépendantiste à dominante touareg, et la prise de contrôle de la moitié nord du pays par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

         Les jihadistes ont été en grande partie chassés du Nord à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, toujours en cours.

         Un accord de paix censé isoler définitivement ces islamistes extrémistes a été signé en mai-juin 2015. Cependant, des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères et l’administration malienne est absente de plusieurs localités du Nord, notamment Kidal, fief de l’ex-rébellion.

         Sollicités par maliactu.net sur cette plainte, plusieurs parlementaires ont décliné tout commentaire, à l’exception d’un seul, député de la majorité au pouvoir, estimant, sans plus de détails: « Ce n’est pas sérieux ».

         Aucune indication n’a pu être obtenue auprès de l’Assemblée nationale sur la suite réservée à la procédure et sa durée. Aucun commentaire n’a pu être obtenu de source gouvernementale.

 

 

 

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