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L’insécurité dans la région de Mopti

by sur 4 mars 2016

En début de semaine, nous évoquions l’insécurité dans la région de Ségou, qui a mobilisé les responsables régionaux, en faisant également allusion aux difficultés de la région de Mopti.

C’est dans celle-ci qu’a été attaquée la gendarmerie de la ville de Macina.

On lira ci-dessous le récit des événements, les mises en garde émises dés janvier, la visite d’une mission de l’ONU  et la situation de la région gouvernée par Kaman Kané.

La ville de Macina attaquée hier : La Brigade de gendarmerie incendiée

Le Républicain – Posté le 04/03/2016    

La ville de Macina a reçu la visite d’un groupe armé qui a attaqué aux environs de 15 heures. Selon certaines sources, les assaillants étaient au nombre de quatre et auraient incendié la Brigade et un véhicule de la gendarmerie. Pas de victime en vie humaine. Selon nos informations, il n’y a pas eu d’accrochage, aucune résistance n’aurait été opposée aux assaillants armés, qui se sont retirés tranquillement après leur forfait.

Il n’existe pas de garnison militaire à Macina, et la plus proche se trouve à Monimpébougou. Rien ne dit que les assaillants ne vont pas s’organiser et revenir attaquer quand on sait l’Etat malien a montré ses limites à Tenenkou et semble « abandonner Macina », si l’on se réfère à ce témoignage de Djiguiba Kéita PPR, ancien ministre et ressortissant de Macina.

Un témoignage que nous avons publié en janvier dernier. Il y évoque et déplore la situation sécuritaire dans la localité de Macina, où la vie est devenue une vraie incertitude et les activités économiques hypothétiques. L’homme politique évoque un vrai sentiment d’abandon tel qu’il est vécu par les populations de la localité. Lisez plutôt cette contribution que nous publions à nouveau, intégralement.

Après TENENKOU, l’Etat va-t-il abandonner MACINA?

Nos parents de Tenenkou, les cadres dévoués de ce cercle dont les camarades Hamady Dicko, Témoré Tioulenta, Bocary Treta,Mme Ascofaré Ouleymatou Tamboura et les Honorables Abdramane Niang et Amadou Cissé sont aujourd’hui les plus en vue, se sont battus pour cette ville et ce cercle, ont presque battu le pavé, légitimement, pour que l’Etat s’assume et joue sa partition  régalienne dans la préservation de la sécurité des personnes et de leurs biens dans cette contrée. Rien n’y fit! Abandonnée à elle- même, la ville s’est vidée de son Administration, ensuite, de sa population. 

Macina est à moins de 100 km de Tenenkou, à l’Ouest. Depuis six (6) mois, le Collectif des Associations de Développement du Sahel Occidental (CADSO), regroupant le District de Bamako et les cercles de Kayes, Yélimané, Nioro, Diéma, Banamba, Nara, Niono et Macina, a décidé de tenir dans cette dernière ville un Forum de la jeunesse du CADSO.

Appuyée et encouragée par le ministre de la réconciliation nationale, l’initiative a bénéficié de financements adéquats et les dates du 21 au 24 janvier 2016 ont été retenues pour l’événement. Quelle ne fut la désagréable surprise de tous et l’indignation de certains en apprenant, tôt le matin du19 janvier, que l’activité est reportée sine die, pour des raisons de sécurité !!!

Nous autres pointons du doigt, bien entendu, le pilotage à vue qui caractérise le régime et la gestion du pays à la petite semaine, la mauvaise gouvernance en somme. Gouverner, c’est prévoir. Qu’un tel événement fût  reporté après évaluation de la sécurité deux semaines avant, cela pouvait se comprendre. Mais à 48 heures des festivités, annuler l’événement sans aucun nouvel élément de préoccupation, sauf la couardise et le manque de courage à prendre ses responsabilités, ce n’est pas acceptable.  

La théorie du repli tactique ne peut plus continuer à prospérer! Les forces armées et de sécurité, informées et préparées des semaines durant ne peuvent pas ne pas être capables de rassurer la jeunesse du Mali rassemblée à MACINA. Si cela est, c’est la faute aux Gouvernants! 

Cet événement survient à la veille de la fête de l’armée, une armée et des forces de défense et de sécurité que des discours officiels d’autosatisfaction chantent l’équipement et les tenues d’apparat. Mais en réalité, ceux qui ont la charge de nous protéger et de nous sécuriser travaillent en général dans des conditions primaires. Ils sont soit sans gilets pare-balles, soit sans fusils, soit, dans des patrouilles à bords de véhicules bondés d’hommes dont un seul a une arme et qui tombent le plus souvent en panne sèche.

En mars 2012, à 10 jours du coup d’Etat le plus stupide perpétré par des SOUDARDS sous nos tropiques, ceux qui étaient autour de la table du Conseil des Ministres avec moi se rappelleront que j’ai proposé, dans une Communication Verbale, la mise en place de brigades de vigilance, formées par des jeunes instruits par des militaires expérimentés, dans nos villes et campagnes afin que l’armée soit envoyée en renfort au Nord. C’était au lendemain d’une attaque de Tenenkou.

Et il n’est pas tard, pour le Mali, d’apprendre à ses enfants à se battre.  Ainsi, à côté du folklore de « la mobilisation de la jeunesse à la culture de la paix  et à la citoyenneté » , nous devons apprendre à nos enfants – à la faveur de la relance du SNJ – à se battre, et à savoir défendre l’intégrité territoriale de la terre que leur ont léguée leurs ancêtres.

En effet , la défense du peuple par le peuple en arme est la seule défense qui vaille! Mais pour ce faire, il faut ne pas avoir peur du peuple en arme. Or, il faut être exemplaire pour ne pas avoir peur du peuple en arme. Tel n’est pas le cas au Mali sous le l’actuel régime: la vertu a foutu le camp ! C’est le temps des dépenses de prestige et des dépenses irresponsables. Ainsi s’explique que le budget de la présidence de 9,3 milliards en 2014, ait été porté à 14,600 milliards en 2015 (soit l’équivalent du budget des dix principaux hôpitaux du pays) et 19, 3 milliards en 2016!

Ainsi s’explique que le budget des forces armées et de sécurité, de 281 milliards en 2015, ait été ramené à 213 milliards en 2016. Comment peut-on expliquer une telle diminution au moment où l’Etat est inexistant dans les faubourgs de nos villes et campagnes parce que nos hommes en armes ne sont pas adéquatement équipés ???

Macina est ainsi en voie d’abandon, comme Tenenkou, pour cause d’insécurité. Et on devient encore plus indigné quand  on apprend qu’il ne faut que 100 éléments pour sécuriser le Forum de la Jeunesse du CADSO à Macina!

Que fait-on de la mission régalienne de l’Etat? A quoi servent les ministères de la sécurité et de la défense? Pour un pays qui veut restaurer l’intégrité de son territoire, est-ce par ces incessants abandons de ses prérogatives de souveraineté que l’objectif va être atteint?

Si en décembre 2015 le chef de l’Etat avoue (enfin!) dans Jeune Afrique qu’en accédant au pouvoir il n’avait pas imaginé l’immensité de la tâche qui l’attendait, on n’est pas sûr qu’à  ce jour il ait pris la vraie mesure de l’inexistence de l’Etat sur  (au moins) les 3/5 du territoire national.

La capitulation de l’Etat face au « risque encouru » à Macina peut n’être que la face visible de l’iceberg, faisant du MALI un pays sans Etat, où tout peut arriver à n’importe qui, sans pouvoir compter sur qui que ce soit. 

Mais, n’étant  pas de la race de ceux qui ne croient pas en la lutte pour relever les défis, je dis: « Peuple du Mali, lève-toi, bâts-toi et exige des gouvernants qu’ils s’assument  et te protègent ou qu’ils dégagent », car, nul n’est indispensable ! 

Bamako, le 20 janvier 2016

Djiguiba Keita/PPR

Ressortissant de MACINA 

Situation sécuritaire au Mali : UNE MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU ATTENDUE DEMAIN

A.DIARRA – L’Essor – Posté le 04/03/2016    

Elle se rendra dans les régions de Mopti et de Tombouctou et aura des rencontres avec les autorités, les représentants de la Minusma et d’autres acteurs nationaux et internationaux

Le général Hervé Gomart, chef d’état-major de la force de la Minusma, était l’invité spécial du point de presse hebdomadaire que tient la mission, tous les jeudis à son siège.

Avant de passer la parole à l’officier, la porte-parole de la Minusma, Radhia Achouri, a fait le point des activités de la mission. Parmi celles-ci, on peut citer : la mission spéciale d’enquête que la division des droits de l’homme (DDH) de la Minusma va déployer du 2 au 7 mars à Ménaka et Inekar, suite aux violents incidents intra-communautaires qui ont eu lieu dans la zone d’Inekar, située à 45 km à l’ouest de Ménaka, depuis le 16 février dernier.

Autre activité mentionnée par la porte parole, le 24 février dernier, la section de réforme du secteur de sécurité, désarmement, démobilisation et réinsertion, a organisé une session de travail à Bamako. C’était avec le directeur de l’Institut national démocratique en préparation d’un séminaire qui aura lieu les 8 et 9 mars prochains, avec les membres de la Commission défense, sécurité et protection civile de l’Assemblée nationale.

Radhia Achouri a également annoncé que l’organisation Think Peace et RENADJEF, en collaboration avec la Minusma, vont organiser les 4 et 5 mars à l’hôtel El Farouk, un atelier sur le rôle de la jeunesse dans la réforme du secteur de la sécurité. L’atelier vise à amener la jeunesse malienne, qui représente 62% de la population, à prendre ses responsabilités et à s’impliquer dans le processus de la réforme du secteur de la sécurité.

Une autre activité, et non des moindres, est la visite de deux jours que va entreprendre une mission du Conseil de sécurité des Nations-Unies dans notre pays.

Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée en Afrique de l’ouest qui comprend également des arrêts au Sénégal et en Guinée-Bissau. Plusieurs rencontres sont au programme avec les autorités, les représentants de la Minusma et d’autres acteurs nationaux et internationaux. La mission du Conseil de sécurité se rendra dans les régions de Mopti et de Tombouctou. Un point de presse est prévu dimanche, au terme de la visite dans le centre et le nord de notre pays.

Les attaques et attentats terroristes menés contres les casques bleus ont été évoqués au cours de cette rencontre avec la presse. Pour le général Hervé Gomart, la récente attaque contre les forces onusiennes à Kidal, au cours de laquelle 7 soldats du bataillon guinéen ont perdu la vie, n’a pas brisé le moral de ses troupes : « leur moral est très bon. Leur détermination reste entière. Et nous allons augmenter notre présence à l’extérieur pour encore perturber les activités des terroristes ».

Le point de presse a été une occasion pour le général Hervé Gomart de lancer un appel aux partenaires et pays contributeurs. « Nous sommes plus que jamais déterminés à empêcher les terroristes de circuler. Nous perturbons leurs mouvements, leurs activités. C’est de l’antiterrorisme que nous faisons. » Pour mener à bien cette mission, a-t-il indiqué, « nous manquons de véhicules blindés pour préserver la vie de nos soldats au cours de leur mission qui consiste aussi à protéger les populations civiles ».

« Nous manquons encore de moyens. La visite du Conseil de sécurité sera l’occasion de le rappeler, même si on l’a déjà rappelé à New York, plusieurs fois. Il y a un besoin d’efforts de la part de l’ONU et des pays contributeurs afin de bien mener nos opérations ». Le général Hervé Gomart est revenu sur le mandat de la Minusma dans un cadre qui « n’est pas offensif, mais il ne nous empêche pas d’agir contre les terroristes ».

Concernant le DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration), l’officier estime que « les choses avancent. Pas suffisamment vite. Mais notre détermination est complète pour accélérer la mise en œuvre du processus ». Il y a six mois, on n’avait aucune idée des sites de cantonnement. Dans les deux ou trois prochains mois, les travaux des premiers sites de cantonnement seront finalisés.

La région de Mopti dans l’impasse

Par SDF –  Le Canard de la Venise – Date: 02 Mars 2016   

Kaman-Kane-Gouverneur-Region-MoptiKaman Kané, gouverneur de la région de Mopti

Après la mort subite du tourisme, c’est la mort douce de l’économie locale

L’accord a été signé depuis juin 2015, même des sous accords sont signés entre certains protagonistes cousins parce qu’ils n’ont pas confiance à la mise en œuvre de l’accord principal. Des forces de défenses multidimensionnelles sont déployées dans la région de Mopti jusque dans les petits villages.

Mais hélas, les résultats sont invisibles, car l’économie locale de la région de Mopti, basée sur l’agriculture, la pêche, l’élevage et le petit commerce est en train de s’écrouler au vu et au su du gouvernement malien. Première destination du tourisme au Mali, la région de Mopti paye de l’argent pour aller voir des touristes blancs, certains tremblent quand ils voient un blanc dans leur village pour ne pas les confondre avec les autres peaux et barbes blanches.

Hier c’était des attaques isolées çà et là, mais aujourd’hui ce sont des coupeurs de route qui égorgent les autorités locales et les commerçants des foires villageoises.

Les grandes foires internationales existent dans la région de Mopti, surtout du côté du Burkina Faso : La foire de Diallassagou qui dépasse en chiffre d’affaire beaucoup de marchés de beaucoup de chefs-lieux de cercle du Sud du Mali à plus forte raison ceux du Nord ; la foire de Koulogo encore dans le cercle de Bankass, le grand marché de divers de Douna-pen dont le maire a été fusillé à bout portant ; de l’autre côté de Dinangourou-Monodoro, ils n’ont rien à envier aux marchés de certains quartiers de Bamako.

Mais dans ces derniers temps, les commerçants ne peuvent plus voyager avec plus de cinquante mille francs CFA sur eux car il n y a pas de système bancaire pour soutenir les échanges, le troc a disparu avec les naufrages culturels.

La région de Mopti est donc cernée par les extrémistes de tous les côtés. Au nord, Hombori, confiné dans la ville et Douentza ne se remet pas encore  des assassinats, à Tombouctou, on commence à cibler les leaders locaux, à Ténenkou et Youwarou, les fonctionnaires ne répondent pas à l’appel, à Djenné, l’esprit malin de Amadou Kouffa plane dans tout le Macina, Bankass, malgré les patrouilles des forces de défense malienne et de la Minusma, les villages ne dorment plus bien ; à Koro c’est la débandade, même avec des bruits de seaux au bord du puits ; et la boucle se boucle encore à Douentza avec Konna, la martyre.

Dans tout ça, que font le gouvernement et la Minusma pour cette région ?

Beaucoup de chose selon eux : des discours, des patrouilles opposées à l’ennemi, le lancement des transferts des compétences en matière de tourisme sans réelles stratégies de transferts des ressources, en un mot, on se déplace sans bouger, donc, du sur place ! 

Le festival des dogon à Bamako a défié les hésitations du gouvernement. Ils ont démontré que si les touristes ne viennent pas à eux, le tourisme peut  venir aux touristes. Mais hélas, la production des produits touristiques ne peut pas perdurer si l’économie locale reste menacée par des attaques çà et là.

Comment faire pour sortir de cet engrainage d’insécurité dans la région de Mopti ? La réponse est surtout de faire appel aux populations et l’organisation d’une sécurité basée sur la confiance et le renseignement. Il s’agira de faire un débat sur l’insécurité dans tous les cercles de la région en vue de déterminer des stratégies locales.

Ensuite, dans une méthode non intellectualiste, aller vers un forum régional sur la paix, pas comme ça se déroule avec la Commission Vérité, Justice et réconciliation par formalité, mais dans une approche systémique qui fait appel aux vrais connaisseurs des conflits intercommunautaires et des attitudes face à l’ennemi invisible. Il ne faut pas, non plus, tout attendre de l’Etat pour sa propre sécurité, mais essayer de donner des moyens possibles aux niveaux locaux avec des structures souvent locales, comme les associations des ressortissants, l’association des anciens élus locaux à créer dans chaque cercle, etc. Le seul défi lié au fonctionnement de ces structures locales est leur politisation politicienne.

Je ne suis pas un militaire, mais pour le moment, il n’y a aucune armée qui a gagné la guerre contre le terrorisme, donc ne perdons pas le temps avec l’armée pour vaincre ce dernier. L’éducation et la lutte contre les inégalités et les injustices sont les seules moyens efficaces contre le terrorisme.

D’ailleurs avec la régionalisation, la sécurité et l’aménagement du territoires sont les priorités dans la construction de la paix. Il ne s’agit pas donc de chipoter les concepts mais de me mettre au travail de recherche d’actions à tous les niveaux ; mettre en cause nos anciennes méthodes de réflexion causale ; puiser dans nos valeurs culturelles (il ne s’agit de faire que de festivals), etc.

Le Mali, comme les autres pays africains cherche un Président panafricain capable de mettre en cause nos méthodes dites modernes sans bavure.

L’heure de la résistance démocratiquement africaine a sonné, « naan laara, an saara ».

 

 

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From → Revue de Presse

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