Skip to content

Déradicalisation ou opportunisme ?

by sur 12 mars 2016

Tout d’abord, je me suis dit qu’il s’agissait là d’opportunisme, compte tenu des promesses financières faites aux ex des groupes armés  qui seraient engagés dans l’armée malienne : on a déjà vu ça dans le passé ! Et puis, après vérification, il semble bien que cela soit, au moins en partie, le résultat d’une action en profondeur et de plusieurs semaines.

Alors, acceptons-en l’augure, et souhaitant que les récentes menaces d’Iyad Ag Ghali ne soient pas mises à exécution.

Kouffa mais pas Iyad ?

Par Adam Thiam – Lerepublicainmali – 9 mars 2016

Elle n’a pas fait l’objet d’une déclaration officielle mais l’info selon laquelle un groupe de fondamentalistes des régions du Centre (Mopti et Ségou) a décidé de renoncer au jihadisme est à prendre au sérieux.

D’abord parce que depuis trois mois, des bonnes volontés étaient à l’œuvre pour ramener dans l’enclos national les brebis égarées d’une cause que ne partagent nullement les populations de Mopti, adeptes d’un islam soufi, tolérant et pacifiste.

Ensuite parce que certains de ceux que nous avons entendus sur les ondes font partie de la délicate mission de bons offices qui déclare avoir obtenu le ralliement de ce groupe de plusieurs dizaines de moujahidine.  C’est moins les résultats de la déradicalisation que d’une exfiltration suivie d’engagements de réinsertion. Bonne nouvelle cependant si elle se confirmait.

Car le Centre est devenu au fil des mois l’épicentre d’une insécurité portant trois dangers : fragiliser la stabilisation du Nord ; étendre le terrorisme au Sud du pays ; réveiller à Mopti le dangereux volcan en sommeil d’incomptables conflits de production qui ont dessiné, à leur tour,  des lignes de fracture communautaires et ethniques.  

         Bravo donc aux émissaires et aux ralliés. Car obtenir la paix sans être obligé de faire la guerre est une force, pas une faiblesse. Mais  les éléments de langage tenus (du genre ce sont nos frères donc le dialogue est indiqué) sont à surveiller.

Pour la simple raison que les excuses valables pour les combattants de Hamadoun Kouffa doivent aussi l’être pour ceux d’Iyad Ag Ali, déclaré ennemi numéro un avec un avis de recherche d’un montant bien plus élevé que le budget annuel de Kidal.

D’ailleurs, l’hypothétique front de Libération du Macina  a tout d’une délocalisation ethnicisée d’Ansardine. Histoire de rappeler une fois de plus que le déterminant de la paix, c’est Iyad Ag Ali plutôt que ses fondés de pouvoir.

Enfin, récupérer des dizaines de jihadistes n’est une solution à la crise que si l’on ne jette pas sur les routes de la révolte des centaines de personnes coupables du délit de faciès, comme les « droitdelhommistes » s’en sont indignés ces derniers temps notamment pour la Région de Mopti.

 200 jeunes « déradicalisés » s’engagent à quitter les groupes « jihadistes »

08 mars 2016 – Mis à jour à 19h56 – Par Jeune Afrique avec AFP

Au terme d’une campagne de sensibilisation menée discrètement durant plusieurs semaines par divers acteurs locaux, deux cents jeunes ont accepté de se désengager des groupes jihadistes qui sévissent dans la région de Mopti (centre).

« Deux cents jeunes ont accepté de déposer les armes et de quitter les rangs des jihadistes », a déclaré ce mardi Hama Cissé, notable et ex-maire d’une localité de la région de Mopti, située à la lisière du nord du Mali.

Ils « ont accepté de se ‘déradicaliser’. Actuellement, ils sont dans la région de Mopti pour convaincre d’autres jeunes de déposer les armes », a ajouté Hama Cissé.

Principalement des membres du FLM

D’après d’autres membres du collectif ayant mené la campagne de sensibilisation, ces jeunes seraient essentiellement membres du Front de libération du Macina (FLM), un groupe jihadiste dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, et apparu début 2015. C’est un allié d’Ansar Dine, le groupe jihadiste de l’ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, qui a contrôlé la région de Mopti pendant près de dix mois, entre 2012 et 2013.

Plusieurs attaques perpétrées dans le nord et le centre du pays ont été revendiquées par ces groupes ou leur ont été attribuées. Le 12 février dernier, six soldats guinéens ont ainsi été tués dans l’attaque de l’une des bases de la mission des Nations unies au Mali (Minusma) à Kidal, dans le nord du pays.

Une opération de sensibilisation discrète

L’opération qui a duré plusieurs semaines, impliquant des responsables gouvernementaux, élus locaux, chefs religieux, associations et notables de cette région, n’a pas été médiatisée.

D’après Ousmane Diallo, un des membres du collectif, certains des jeunes « ont fourni des précisions sur des attaques commises par les groupes islamistes auxquels ils appartenaient », tandis que d’autres agissaient « en groupes isolés », s’en prenant à des civils et des symboles de l’État.

 « Ces jeunes sont nos enfants. La plupart ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Il est normal d’être intervenu », a affirmé l’imam Hamadou Cissé, membre de Tabital Pulaku, influente association de Peuls du Mali.

Processus de désarmement prévu par l’accord de paix

Un ministre a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat que le gouvernement souhaitait inclure les jeunes dans le processus de désarmement prévu par l’accord d’Alger pour la paix au Mali signé en mai-juin 2015. « C’est une solution qui permettra de les éloigner les groupes extrémistes », a-t-il dit.

Centre du Mali: 200 jeunes « déradicalisés » se sont engagés à quitter les groupes jihadistes

Maliactu – 8 mars 2016

Deux cents jeunes qui appartenaient à des groupes jihadistes ayant multiplié les attaques depuis 2015 dans la région de Mopti, dans le centre du Mali, se sont engagés à quitter ces mouvements au terme d’une opération de sensibilisation, ont indiqué mardi à l’AFP des initiateurs de la campagne.

         L’opération, qui n’a pas été médiatisée, a impliqué responsables gouvernementaux, élus locaux, chefs religieux, associations et notables dans cette région.

         Mopti est à la lisière du nord du pays, contrôlé pendant près de dix mois entre 2012 et 2013 par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, dont celui de l’ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, Ansar Dine.

         « Depuis plusieurs semaines, nous avons mené des négociations et une campagne de sensibilisation à l’endroit des jeunes qui ont intégré les groupes armés radicaux du centre du Mali », a affirmé Hama Cissé, notable et ex-maire d’une localité de la région de Mopti.

         « Deux cents jeunes ont accepté de déposer les armes et de quitter les rangs des jihadistes », ils « ont accepté de se +déradicaliser+. Actuellement, ils sont dans la région de Mopti pour convaincre d’autres jeunes de déposer les armes », a ajouté M. Cissé.

         D’autres membres du collectif ayant mené la campagne ont précisé à l’AFP que les jeunes approchés seraient essentiellement membres du Front de libération du Macina (FLM), apparu début 2015 et dirigé par le prédicateur radical malien, Amadou Koufa, un Peul.

         Le FLM est allié d’Ansar Dine. Plusieurs attaques perpétrées dans le nord et le centre du pays ont été revendiquées par ces groupes ou leur ont été attribuées.

         D’après Ousmane Diallo, un des membres du collectif, certains des jeunes « ont fourni des précisions sur des attaques commises par les groupes islamistes auxquels ils appartenaient », tandis que d’autres agissaient « en groupes isolés », s’en prenant à des civils et des symboles de l’Etat.

         « Ces jeunes sont nos enfants. La plupart ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Il est normal d’être intervenus », a affirmé l’imam Hamadou Cissé, membre de Tabital Pulaku, influente association de Peuls du Mali.

         Un ministre a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat que le gouvernement souhaitait inclure les jeunes dans le processus de désarmement prévu par l’accord de paix signé en mai-juin 2015 par Bamako, des mouvement alliés au gouvernement et des groupes rebelles. « C’est une solution qui permettra de les éloigner les groupes extrémistes », a-t-il dit.

 Mali: élus et société civile veulent «déradicaliser» les jeunes de Mopti

Source : RFI – Posté le 08/03/2016    

Des notables, des membres de la société civile, des élus de la région de Mopti, dans le centre du Mali, ont lancé une initiative : arracher les jeunes originaires du centre du Mali des griffes des groupes islamistes, les « déradicaliser ». L’opération se poursuit, et d’après les initiateurs, 200 jeunes combattants ont déjà quitté les rangs des islamistes.

Les premières négociations ont été discrètes, voire secrètes. Des notables, des élus de la région de Mopti, au centre, ont dans un premier temps rencontré et convaincu les jeunes leaders des combattants maliens qui ont notamment intégré les rangs du Front de libération du Macina, composé de jihadistes alliés au groupe du nord Ansar Dine.

Dans un second temps, les représentants de ces jeunes combattants sont venus à Bamako discuter avec les autorités. Résultat : plusieurs dizaines de combattants ont décidé de déposer les armes, explique Hama Cissé, ancien maire et notable de la région de Mopti. Il a participé aux négociations.

« Beaucoup de ces jeunes ont combattus avec tous les groupes. C’est des maliens, des parents à nous. Ils ont fait des erreurs, ils veulent aujourd’hui revenir, assure-t-il. Ceux qui ont accepté déjà, ils sont près de 200. S’ils ne revenaient pas aujourd’hui, ils se radicaliseraient encore plus et rejoindraient d’autres groupes hors du Mali. »

En attendant, pour assurer un avenir à ces jeunes maliens, il est de plus en plus question de les intégrer dans le processus « Désarmement, démobilisation et réinsertion » (DDR) en cours dans le Nord.

 SITUATION SECURITAIRE DANS LE MACINA ET LE SENO : 500 djihadistes d’Amadou Koufa rendent les armes

Sékou Tamboura – L’Aube – Posté le 07/03/2016         

Le processus de paix est en marche dans les zones géographiques du Macina et du Séno dont les populations peuvent dire, enfin, « Dieu merci ! ». Grâce à l’implication des cadres peuls et touaregs des régions de Mopti et Tombouctou et du collectif des députés de la 5ème région, au moins 500 disciplines du lugubre Amadou Koufa qui sèment la mort et la terreur sont en passe de déposer les armes et de rejoindre le processus DDR et de paix.

Les leaders des djihadistes et les médiateurs ont rencontré les plus hautes autorités de défense et de sécurité du pays, à Bamako, pour poser les jalons de ce retour salutaire des tueurs silencieux dans le giron de la paix.

Les autorités et la nation maliennes doivent une fière chandelle à un général de l’armée. Il n’est pas l’initiateur du projet de retour des djihadistes égarés, mais il est au centre des discussions et de tout le processus pour le faire aboutir.

Ses atouts ? Il connait la mentalité des jeunes ; il connait leurs leaders dont il parle la langue ; il maîtrise leurs zones d’action ; il réalise les conséquences humaines des représailles et tous les risques et dangers de laisser la situation perdurer. C’est pourquoi, l’officier supérieur, très effacé et dont nous taisons le nom, a pris l’affaire à bras le corps dès que les communautés concernées ont décidé de solliciter leurs parents vivant à Bamako.

De quoi s’agit-il ?

La situation sécuritaire dans les zones inondée et exondée du Macina, le Séno, le Méma, le Guimballa, le Farimaké, jusqu’à la frontière burkinabé et la région de Tombouctou, est caractérisée par des attaques tous azimuts perpétrées par des jeunes taxés (à tort ou à raison) d’être des disciples de Amadou Koufa (chef du Front de libération du Macina), lui-même reconnu proche de Iyad Ag Ghali (chef rebelle d’Ançardine) qui a fait allégeance à Aqmi.

Les jeunes sont majoritairement des peuls, mais aussi des dogons, des Bellah, des bambaras et même quelques tamasheq. Ils ont été instrumentalisés par des leaders, proches d’Amadou Koufa. Tous les assassinats commis çà et là dans les zones susmentionnées sont de leur fait. Ils s’attaquent surtout aux villageois qu’ils qualifient de collaborateurs des « cafres » (mécréants) qu’ils accusent de lutter contre l’islam. Mais aussi à tous les porteurs d’uniforme et agents de l’Etat « qui sucent le sang des populations).

A leur actif, on peut noter l’assassinat à Boni du chef du chef de village ; de deux gendarmes dans une commune de Djenné ; de trois autres gendarmes près de Kakagna ; d’un agent des eaux et forêts à Diafarabé ; de deux personnes dans la commune de Dallah, cercle de Youvarou. Ils ont menacé de représailles le chef de village de Mourdiah. Ils revendiquent l’attaque du camp militaire de Léré où ils ont tué deux soldats et emporté un véhicule.

Tout récemment, ils ont décapité le fils du chef de village de Tielloy, dans la commune de Wouro Mody.

Tabital Pulaku s’implique…

Dans le Séno, les djihadistes ont exécuté  des agents de l’Etat mais aussi des maires qui ont refusé de fuir leur poste. Bref, la liste est très longue. Et beaucoup de chef de village avaient fui pour échapper au courroux des illuminés.

Au vu de tous ces assassinats ciblés, des patrouilles sont organisées par les Famas et les forces françaises de Barkhane. Et c’est l’hécatombe. Les représailles sont disproportionnées. Mais surtout, il y a eu beaucoup d’amalgames de la part des militaires maliens et français qui tiraient sans discernement sur toute personne rencontrée en brousse.

Qu’ils soient motocyclistes en voyage, ramasseurs de fagots de bois, promeneurs solitaires, ou même bergers avec des animaux, ils sont tous exécutés, quasiment sans contrôle. Coupables ou innocents Les peuples de la zone étaient quasiment en passe d’être décimés quand les communautés décidèrent de « se lever » pour chercher la solution.

Ainsi, les chefs de village et notabilités (en abandon de domicile par peur de se voir exécutés un jour) viennent à Bamako pour rencontrer leurs parents afin de voir ce qu’il y a lieu de faire pour arrêter ce carnage.

Sur place, à Bamako, l’Association Tabital Pulaku, informée de la situation exacte sur le terrain, met sur pied un comité restreint de réflexion présidé par notre héros, le général de l’armée et comprenant un leader religieux et quelques hautes personnalités de l’Association. Plus tard, le comité fut élargi aux députés et à certains cadres peuls et touaregs de la région de Mopti. Le comité s’est donné pour mission de sensibiliser le maximum de jeunes djihadistes dans les deux zones pour qu’ils mettent fin à leur ignoble entreprise, déposent les armes, rejoignent le processus DDR et de paix.

Dans ce cadre, le comité a pu faire rallier à sa cause à ce jour, plus de 300 jeunes de la zone inondée. Ceux-ci s’apprêtent à rejoindre les camps de regroupement avec armes et bagages. En plus, environ 200 jeunes de la zone exondée sont saisis pour déposer les armes. Les négociations sont en très bonne voie.

Grâce à notre général, les deux leaders de la zone inondée (HFD et AG) et les trois de la zone exondée (ID, OD et AD) ont été reçus par les autorités en charge de la Défense et de la sécurité pour convenir des modalités du ralliement des jeunes djihadistes. De même, le collectif des élus de la région de Mopti ont été reçus par le Premier ministre, Modibo Kéïta.

Durant leur séjour à Bamako, les leaders djihadistes ont été mis dans toutes les bonnes conditions possibles : hôtels huppés, voitures de luxe etc.

Si les cadres peuls et touaregs de la région de Mopti ont décidé de s’impliquer dans ce dossier d’intérêt national, c’est non seulement pour mettre fin aux assassinats, et surtout exactions commis çà et là, mais aussi pour sauver la transhumance vers le Mena, le Séno jusqu’à la frontière du Burkina et qui est la raison d’être des populations.

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :