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Menaces sur le Forum de Kidal

by sur 17 mars 2016

Les choses ne sont jamais simples dans le Nord du Mali où l’on assiste souvent à une vaste partie de poker menteur.

Le Forum pour la paix et la réconciliation, négocié à Bamako avec les représentants des différentes factions, ne semblent pas bien accepté au Nord. La présence de ministres de la République du Mali n’est visiblement pas souhaitée, c’est un peu gênant pour un forum qui doit concrétiser paix et réconciliation.

Il faut dire que Bamako s’empresse de tout mettre en oeuvre pour que l’Etat malien  reprenne sa place, au grand dam des autonomistes et djihadistes peuplant, notamment, le Haut Conseil Unifié de l’Azawad (HCUA), présidé par l’influent aménokal des Ifoghas (ethnie toute puissante à Kidal)… et néanmoins député du RPM, le parti au pouvoir à Bamako  !

Ce dernier vient de « conseiller » à Bamako de négocier avec les djihadistes et, notamment Iyad Ag Ghali, le narco-trafiquant-terroriste-islamiste fondateur d’Ansar Eddine dont les hommes se font régulièrement remarquer dans des attentats et attaques sanglantes… et qui dispose de sérieux soutiens au sein du HCUA

Quand on sait d’autre part, que le général de l’armée malienne Ag Gamou, est également le patron d’une milice pro-Bamako, le Gatia, et représentant d’une célèbre tribu touareg qui a fait la paix avec ses homologue à Anéfis; le Forum de Kidal étant sensé concrétiser ces accords d’Anéfis…

Comprenne qui pourra !

KIDAL en ébullition : Front contre l’arrivée des officiels maliens au Forum

M. C. – L’Indicateur du Renouveau – 16 Mars 2016 

A quelques jours de la tenue du Forum de Kidal, l’atmosphère est tendue entre partisans de la participation du gouvernement malien et l’aile dure de l’ex-rébellion qui y oppose un niet catégorique.

Annoncé du 27 au 30 mars prochains à Kidal, le Forum tant attendu ne verra pas la participation des officiels maliens. Ainsi en a décidé une bonne partie des leaders de l’ex-rébellion. Une décision que la Plateforme n’avait pas accepté au début mais qui s’impose aujourd’hui, au regard du camp de l’opposition qui se renforce chaque jour dans l’Adrar des Ifoghas.

Pour comprendre ce que certains appellent volte-face de l’ex-rébellion, il faut remonter à la rencontre d’Anefis que les deux mouvements (Coordination et Plateforme) ont voulu en interne sans l’Etat malien.

A Kidal, ceux qui ont muri l’idée de faire participer le gouvernement malien ont vite déchanté, car l’écrasante majorité des acteurs de l’ex-rébellion s’y oppose farouchement : « Nous n’avons jamais discuté avec la base de l’arrivée des officiels maliens au Forum. Nous ne pensons pas qu’au stade actuel l’opinion locale puisse comprendre cette situation », nous a confié hier au téléphone un haut cadre du HCUA sous le couvert de l’anonymat.

Du côté du MNLA, c’est l’organisation même du Forum qui divise. « Nous ne sommes pas trop chaud pour des assises qui parlent de la même chose alors que d’autres sujets notamment le partage du pouvoir qui est dit dans l’accord se trouve occulter par le gouvernement », nous a rétorqué un porte-parole du MNLA jeudi dernier au CICB.

Ces deux réactions sonnent comme un désaveu pour ceux qui ont clamé le retour de l’Etat central dans la ville de Kidal. Puis, au sein des groupes signataires, un véritable débat avait pris corps sur comment faire participer une délégation de Bamako alors qu’à Anefis c’était plutôt un dialogue directe entre acteurs.

Pour ses considérations, une option avait été dégagée par certains acteurs du processus, celle de faire venir la société, les religieux et la presse à Kidal pour prendre part audit Forum. Cette possibilité n’a pas eu encore l’assentiment de la base qui estime avoir d’abord des discussions entre « parents ».

Dans ce débat électrique qui opposent partisans du pour et du contre l’arrivée d’officiels maliens, une position se détache du lot, elle privilégie l’envoie par le gouvernement des ministres (Zahabi Ould Sidi Mohamed et Mohamed Ag Erlaf). Sitôt avancée, cette proposition a été butée à une farouche protestation. Pis, la base est allée jusqu’à  qualifier cette thèse de trahison et soupçonner les responsables de l’ex-rébellion installés à Bamako de rouler pour leurs intérêts personnels.

Ayant pris la mesure de l’atmosphère, le Premier ministre n’a eu d’autre option que de décliner l’invitation sur Kidal.

 Nord-Mali : Le Ministre Boubou Cissé prépare activement le retour de ses services à Kidal

A. KEITA – Le temoin – 14 mars 2016

Dans la foulée du Forum de Kidal annoncé pour le 27 Mars prochain, les hautes autorités maliennes  sont entrées de plain-pied dans l’organisation du retour de l’administration absente en 8 ème Région, malgré l’avènement d’un Accord pour la paix et la réconciliation il y a bientôt un an.

Le jeune ministre de l’Economie et des Finances voudrait sans doute figurer parmi les premiers à sauter les verrous consécutifs à la malencontreuse aventure militaire de Moussa Mara. Sur la question, en tout cas, Dr. Boubou Cissé, à en croire nos sources, était en conclave de plusieurs heures avec les responsables des différents services régionaux relevant de son département.

La rencontre, qui s’est déroulée vendredi après-midi dans les locaux du ministère de l’Economie et des Finances, a réuni autour de lui les directeurs régionaux du Budget, des Douanes, du Contrôle financiers ainsi que de la Planification des régions de Gao, de Tombouctou et Kidal.

Il était question, de même source, de s’imprégner de leurs préoccupations à l’effet des mesures idoines à prendre pour faciliter leur retour dans le septentrion. Les interlocuteurs du Ministre, sans doute affectés par la psychose créée par les précédents épisodes, ont tout naturellement évoqué des préoccupations en rapport avec leur sécurité, en plus de la réhabilitation des locaux et des moyens logistiques.

Concernant la question sécuritaire, Dr Boubou Cissé  a rassuré en indiquant que le gouvernement, de concert avec la Minusma et les Partenaires Technique et Financiers, est en train de dégager une synergie d’actions pour établir une ligne sécuritaire.

Le ministre de l’Economie et des Finances  a par ailleurs annoncé le retour prochain du Gouverneur de Kidal et promis par la même occasion que l’Etat fournira tous les moyens possible afin que le retour de l’administration se fasse pour le moins progressivement, à mesure que les zones sont sécurisées les unes après les autres.

Et d’indiquer, dans la même veine, qu’une autre mission d’évaluation du Conseil de sécurité de l’Onu est attendue à Bamako afin d’étudier les modalités de réorientation du mandat de la Minusma et la rendre plus apte à faire face à l’instabilité liée désormais au terrorisme et au banditisme résiduel.

Mali : un chef touareg demande au gouvernement de discuter avec « les jihadistes maliens »

AFP – 14.03.2016 10:37

« Il faut engager des discussions avec les jihadistes maliens. En retour, ils vont aider le Mali à se débarrasser des jihadistes venus d’ailleurs », a affirmé dimanche le chef touareg de la région de Kidal.

 

Le chef touareg de l’importante tribu des Ifoghas a appelé dimanche l’Etat malien à engager des négociations avec les jihadistes de ce pays afin d’isoler les jihadistes étrangers, au cours d’un entretien avec l’AFP.

L’Amenokal (chef élu par les sages), Mohamed Ag Intalla, dont Kidal, dans le nord-est du Mali, est le fief, a appelé à « aller vite » dans la recherche d’une solution contre le jihadisme, car selon lui, les jihadistes maliens, qui au départ étaient minoritaires, sont aujourd’hui, « les plus nombreux » de cette mouvance dans le pays.

« Il faut engager des discussions avec les jihadistes maliens. En retour, ils vont aider le Mali à se débarrasser des jihadistes venus d’ailleurs. C’est mieux ainsi », a déclaré M. Ag Intalla, par ailleurs député du parti au pouvoir à l’Assemblée nationale.

« Les Américains ont été obligés de parler discrètement avec les talibans (en Afghanistan), les Algériens ont discuté avec les islamistes. Nous, pour avoir la paix définitive, nous devons parler avec les jihadistes maliens, leur dire que ce qu’ils font n’a rien à voir avec l’islam », a-t-il ajouté.

« Ceux qui disent qu’il faut appliquer la charia, couper des mains, il faut qu’on leur prouve par la discussion qu’ils sont dépassés », a-t-il ajouté, dans une possible allusion au chef touareg du groupe jihadiste malien Ansar Dine, allié d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Iyad Ag Ghaly, qui appartient à la même tribu, où à ses partisans.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a exclu de négocier avec Iyad Ag Ghaly, mais au sein du gouvernement, certains responsables se disent ouverts à un dialogue avec les jihadistes qui n’auraient « pas de sang sur les mains ».

Lors d’une visite du Premier ministre français Manuel Valls et de son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian au Mali en février, un haut responsable français sous le couvert de l’anonymat avait rejeté l’idée de toute discussion avec Iyad Ag Ghaly, qualifié d' »ennemi de la paix ».

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés par une intervention internationale déclenchée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix entre le gouvernement, les groupes pro-Bamako, et l’ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

Bientôt des autorités intérimaires dans les régions du nord

Studio Tamani – dimanche 13 mars 2016 16:01

Le gouvernement a adopté le projet de loi sur la mise en place des autorités intérimaires dans les régions du nord. Elles sont prévues dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudeni et Ménaka. Ce projet de loi prévoit la substitution des autorités intérimaires aux délégations spéciales des collectivités territoriales.

Le document consacre la substitution des autorités intérimaires aux délégations spéciales des collectivités territoriales qui présentent des limites au regard, notamment, de leur taille réduite, de leurs attributions restrictives et de la durée de leur mandat.

Les autorités intérimaires sont chargées, sans restriction, des attributions dévolues aux conseils des collectivités territoriales qu’elles remplacent. Leurs membres proviennent des services déconcentrés, de la société civile, du secteur privé ainsi que des conseils sortants.

Pour certains responsables des groupes armés la question n’est pas totalement réglée. Selon eux, des discussions sont en cours notamment sur les modalités pratiques de la mise en œuvre de cette disposition de l’accord.

Un cadre de concertation entre les mouvements armés et le gouvernement sera effectif dans les jours à venir. Car selon les groupes armés le projet de loi n’a pas été consultatif

Les responsables du haut conseil des collectivités se disent favorables à cette décision du gouvernement. Ils estiment que « ce projet de loi va en droite ligne de la mise en œuvre de l’accord ». Toutefois, il faut selon eux « évaluer d’abord les autorités actuelles et essayer d’appliquer cette disposition au niveau des autorités non fonctionnelles, pour ne pas créer de problème ».

Abdoulwaïdou Adama Maïga est le président de la commission décentralisation du haut conseil des collectivités, également membre du comité national de coordination de l’accord. Il est joint par Ayouba Sow:

« En ce qui concerne l’avis du haut conseil des collectivités, nous disons que les autorités intérimaires peuvent être une avancée par rapport aux textes régissant la décentralisation. Le texte donne de plus larges pouvoirs aux autorités intérimaires contrairement aux collèges transitoires qu’on a l’habitude de voir, avec des tailles réduites et des compétences très réduites. Il ne s’agit pas de remplacer systématiquement les autorités en place. Il s’agit d’aller vers une évaluation des autorités qui sont en place; de voir là où ce n’est pas fonctionnel et essayer d’appliquer cette disposition de l’accord. La mise en place des autorités intérimaires est une disposition de l’accord. Donc, on ne peut pas attendre autre chose que de mettre en œuvre l’accord. Mais qu’il faut le faire de façon très intelligente pour ne pas créer des problèmes. Alors que nous cherchons à trouver la solution aux problèmes qui sont posés ».

Certains observateurs voient ce projet de loi d’un mauvais œil. Selon eux, « la mise en œuvre des autorités intérimaires sans la présence de l’Etat à Kidal, est un indicateur de mauvaise gouvernance ». Ils estiment que le gouvernement privilégie plus « les régions du Nord au profit du Sud »

Pr Abdoulaye Niang est directeur du Centre de recherche et d’étude stratégique « Sènè ». Il est joint par Ayouba Sow : « La violation de la constitution est évidente, parce qu’il y a une discrimination qui s’exerce maintenant entre les régions du nord et celles du sud. Cette perception devient de plus en plus grande. C’est un indicateur du système de mauvaise gouvernance. Comment peut-on aller installer les institutions alors qu’en réalité la plus grande institution du Mali n’est pas présente à Kidal en particulier?

Le gouverneur n’est pas présent à Kidal, l’armée n’est pas présente à Kidal, l’administration publique n’est pas présente à Kidal. Pourquoi aller installer des autorités intérimaires avec le budget du Mali, alors que le Mali n’est pas présent ? Je pense que le gouvernement actuel est sous pression de la France et sous pression des groupes armés. Donc, on est en train de favoriser ceux qui ont pris les armes contre la République ».

Est-ce que la mise en place des autorités intérimaires peut faciliter le retour de l’administration à Kidal ?

« La conditionnalité pour une telle organisation devrait être dépendante de la présence de l’administration partout à Kidal. Et que Kidal revienne totalement au Mali ».

 

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