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Travailler en Arabie Saoudite…

by sur 21 mars 2016

L’ANPE malienne a signé un accord de partenariat avec une agence saoudienne pour y envoyer 350 jeunes maliens et maliennes; ils y seraient bonnes à tout faire pour les filles,  chauffeurs ou infirmiers pour les garçons.

Des emplois sous haute surveillance apparemment, compte tenu de la réputation du pays.

Migration légale et emplois : Bientôt 350 jeunes Maliens embauchés en Arabie Saoudite

Siaka Doumbia – Aujourd’hui-Mali -19 mars 2016

Le  10 mars 2016 a eu lieu la signature de la convention de partenariat entre la société Saudia Manpower Solution Company (Smasco) et l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe) en présence du ministre de l’Emploi, de la formation professionnelle, de la jeunesse et de la construction citoyenne, Mahamane Baby, qui a tenu à être témoin de cet événement qui ouvre la voie de la vie

La directrice d’Ams Afreeq, Mme Aisha Margolis, a salué la signature de la convention qui, à ses dires, apportera une solution aux problèmes d’emplois au Mali. Au nom de sa structure, elle a laissé entendre que cette convention sera une réussite. Le directeur général de l’Anpe, Ibrahim Ag Nock, a étalé sa satisfaction pour l’initiative qui fera le bonheur des jeunes chômeurs maliens. 

“C’est avec un grand honneur et un intérêt marqué que je prends part à la cérémonie de signature de la convention de partenariat entre la société Saudia Manpower Solution Company (Smasco) et l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe). Vous devinez facilement ma joie et ma satisfaction au regard de l’objet de cette convention qui concerne la migration légale de travailleurs maliens en Arabie Saoudite. En effet, la Smasco, à travers sa filiale Ams Afreeq Manpower Solutions, a fait honneur à l’Anpe, en lui confiant le recrutement d’un premier contingent de 350 travailleurs maliens devant servir en Arabie Saoudite”. Ainsi s’est-il exprimé en annonçant la bonne nouvelle.

Aux dires d’Ibrahim Ag Nock, l’Anpe n’est pas à sa première expérience. En effet, dans les années 80, l’Office national de la main-d’œuvre et de l’emploi (Onmoe), l’actuelle Anpe, a eu à recruter des chauffeurs maliens pour l’Arabie Saoudite, des travailleurs agricoles pour le Royaume d’Espagne et d’autres pour le Centre de communication de la société Xceed d’Egypte.

Mais, a-t-il regretté, “ces opérations de migration évoquées n’ont pas été des exemples de réussite. Elles ont pêché soit par un déficit d’encadrement soit par une faible implication dans les activités de suivi soit enfin par un environnement conjoncturel défavorable”. 

L’Anpe a tiré tous les enseignements de cet échec.  “Le renforcement des capacités aussi bien à Bamako qu’en Arabie Saoudite, l’accompagnement des travailleurs et les différentes missions de suivi sont autant d’atouts pour conférer plus de sécurité et de garantie audit projet”, a-t-il affirmé, avant de remercier le gouvernement du Mali à travers le ministre de l’Emploi, de la formation professionnelle, de la jeunesse et de la construction citoyenne, pour la conclusion du présent accord.

Ibrahim Ag Nock a ajouté que l’offre d’emplois du partenaire saoudien porte sur une prévision de plus de 10 000 travailleurs maliens. Mais à titre expérimental, les parties malienne et saoudienne ont convenu de recruter et de faire la mise en route d’un premier contingent de 350 travailleurs répartis comme suit : 200 aide-ménagères; 100 chauffeurs et 50 infirmiers/infirmières.

Selon le directeur de l’Anpe, ces 350 travailleurs recevront au Mali une formation avant le départ pour l’Arabie Saoudite. Cette formation portera sur les droits et les devoirs des travailleurs, sur l’environnement socioculturel des lieux d’exécution du contrat et sur les comportements qu’il convient d’adopter.  A leur arrivée sur le lieu de travail, les 350 travailleurs recevront la 2e phase de la formation consacrée aux pratiques professionnelles. 

“Naturellement, un dispositif d’accompagnement conjoint permettra de minimiser les risques éventuels”, a-t-il rassuré, avant d’ajouter que la migration légale, telle que vue, envisagée et pratiquée, augure de jours meilleurs. Car, a-t-il souligné, “elle permettra de mettre fin au drame de centaines de milliers de jeunes qui risquent leur vie dans la traversée du désert et de la méditerranée pour un prétendu eldorado. Elle permettra enfin de réduire le chômage endémique, en donnant aux candidats au suicide un réel espoir visant à donner un sens à leur vie “.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence des autorités administratives et politiques dont le gouverneur du district de Bamako et le représentant du maire de la Commune III, Ousmane Camara, qui a salué la signature de la convention. A ses dires, c’est une heureuse circonstance pour le Mali. Il a promis l’accompagnement de sa commune pour la bonne réussite de ce projet.

350 travailleurs maliens bientôt envoyés en Arabie Saoudite parmi lesquels 200 aide-ménagères : certaines personnes s’inquiètent d’un possible esclavagisme, mais l’ANPE rassure

Par Abdoulaye Diakité – Malijet – 19 mars 2016

Dans le cadre de la migration légale et circulaire entre les deux pays, le directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), Ibrahim Ag Nock, a signé une convention de partenariat le jeudi 10 mars 2016 avec Amsafreeq Manpower Solutions, une société saoudienne.

C’était au Centre de perfectionnement et de reconversion de l’ANPE, en présence du ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, Mahamane Baby.

L’objet de cette convention concerne la migration légale des travailleurs maliens en Arabie Saoudite à travers la société saoudienne Smasco et sa filiale Amsafreeq Manpower Solutions. L’offre d’emploi du partenaire saoudien porte sur une prévision de plus de 10 000 travailleurs maliens. A titre expérimental, les deux parties ont convenu de recruter et de faire la mise en route de 200 aide-ménagères, 100 chauffeurs et 50 infirmiers/infirmières.

Ce premier contingent de 350 travailleurs maliens expatriés recevra au Mali une formation avant le départ pour l’Arabie Saoudite. Cette formation portera sur les droits et les devoirs des travailleurs, sur l’environnement socioculturel des lieux d’exécution du contrat et sur les comportements qu’il convient d’adopter. Dès leur arrivée sur le lieu de travail, la deuxième phase de la formation portant sur les pratiques professionnelles sera dispensée dans le pays d’accueil.

Le directeur général de l’ANPE, Ibrahim Ag Nock, a expliqué que ce recrutement d’un premier contingent de trois cent cinquante (350) travailleurs maliens devant servir en Arabie Saoudite fait honneur à sa structure. Il ajoutera que cette cérémonie vise à formaliser ce partenariat gagnant-gagnant entre les deux structures.

Sauf que des gens s’inquiètent d’un possible esclavagisme pouvant concerner les aide-ménagères. Sur sa page facebook, Benson Diakité écrit : « Bonjour, bonsoir. Je viens de lire que l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et une société saoudienne de recrutement de travailleurs ont signé un contrat de recrutement d’aide-ménagères maliennes. J’alerte les autorités maliennes sur le danger d’un tel accord. Les aide-ménagères ne sont que des esclaves en Arabie Saoudite. Je vous invite à lire ce témoignage ». 

En effet, l’ex-collaborateur de RFI renvoie les gens au récit d’une jeune Kenyane qui tente de fuir cet enfer. Christine, c’est son nom, âgée de 26 ans. Elle a fui ses patrons depuis plus de six mois et vit clandestinement en Arabie saoudite, en attendant de récupérer son passeport et de rentrer chez elle. Elle habite en ce moment chez un observateur de France 24, Mohamed, qui, alerté sur son cas, a décidé de lui venir en aide.

Christine explique : « Je suis arrivée en Arabie saoudite en mai 2009 à l’aéroport de Djeddah. J’avais obtenu mon visa de travail à l’ambassade d’Arabie saoudite au Kenya, où l’on m’avait promis un poste d’enseignante pour apprendre l’anglais aux enfants. Je suis arrivée ici avec sept autres femmes, toutes dans la même situation que moi. Mon « sponsor » est venu me chercher à l’aéroport, il était accompagné de sa femme et de sa belle-mère, ce qui m’a mis en confiance. Ils m’ont fait croire dans un premier temps que j’allais enseigner l’anglais à leurs propres enfants. Mais très vite, je me suis rendu compte de la supercherie. Au lieu de m’emmener chez eux, nous sommes allés chez leurs amis où deux Kenyanes travaillaient déjà comme femmes de ménage. Là-bas, ils m’ont retiré mon passeport, ainsi que mon portable et les coordonnées de tous mes contacts, en me disant que je pourrai les récupérer le jour où je rentrerai chez moi.

J’ai ensuite été placée chez la belle-mère du couple. Là-bas, j’ai fait la connaissance d’une autre femme de ménage kenyane qui travaillait pour elle depuis deux mois. Elle m’a expliqué ce qui m’attendait. Au bout d’un mois, j’ai retrouvé mes patrons et c’était le début d’une période atroce qui a duré près de quatre mois. J’étais logée dans une petite chambre, où je dormais sur un matelas très mince, à même le sol. Je devais demander la permission pour manger. Je travaillais à un rythme acharné et faisais toutes les tâches ménagères, si bien que je n’allais jamais me coucher avant 5h ou 6h du matin pour me réveiller à 10h.

Quant à appeler chez moi, je n’en ai eu le droit qu’au bout de deux mois. J’ai alors appris que mon père était gravement malade et qu’il avait été hospitalisé. J’ai demandé à mon patron – à qui je n’ai habituellement pas le droit d’adresser la parole – de me donner mon salaire pour que je puisse rentrer chez moi ou au moins envoyer une partie de cette somme à ma famille.

Jusque-là, je n’avais rien touché de mon salaire, qui devait être de 800 rials saoudiens (environ 160 euros), ce qui est très peu ici et suffit à peine pour payer le loyer le moins cher. Mais sa femme et lui ont refusé et m’ont dit que même si mon père venait à décéder, ce n’était pas si grave !

J’ai alors compris que le seul moyen d’échapper à tout ça était de fuir. Une fois sortie de la maison, j’ai pris un taxi qui m’a emmenée au consulat de Guinée (le chauffeur a compris Guinée au lieu de Kenya, et de toute façon il n’y a pas de consulat kenyan à Djeddah). J’ai eu beaucoup de mal à exposer mon cas aux fonctionnaires guinéens, puisque je ne parlais que l’anglais. Je suis finalement restée deux mois à attendre dans la cour du consulat.

Finalement, j’ai rencontré Mohamed. Il s’occupe de moi et mes mésaventures ont pris fin. En tout cas partiellement, car, comme je n’ai toujours pas récupéré mes papiers, je ne peux pas rentrer chez moi et je vis avec la peur d’être retrouvée par mes anciens patrons ».

Face à cette situation, nous avons joint le chargé de communication de l’ANPE, Drissa Sidibé. Notre interlocuteur rassure que toutes les dispositions ont été prises pour parer à toute situation de ce genre.

D’abord, l’opération implique 4 départements ministériels : les ministères des Affaires étrangères de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine ; des Maliens de l’extérieur ; de la Sécurité ; et de l’Emploi de la Formation professionnelle de la Jeunesse et de la Construction citoyenne.

Deuxièmement, il y a des Maliens qui travaillent dans la société en question, Amsafreeq Manpower Solutions. Toutes choses qui ont contribué à rassurer les autorités maliennes. Mais à en croire notre interlocuteur, les membres de l’ambassade du Mali en Arabie Saoudite sont très impliqués dans le dossier et ceux-ci feront les investigations nécessaires sur le terrain avant le recrutement des 350 travailleurs.

Ce n’est pas tout car, une mission exploratoire, conduite par le directeur général de l’ANPE, Ibrahim Ag Nock, se rendra dès la semaine prochaine en Arabie Saoudite pour s’enquérir des conditions de travail de la société. A en croire le chargé de communication de l’ANPE, « les candidats vont commencer à déposer leurs dossiers et d’ici Avril, le recrutement sera fait. Suivra la formation à Bamako et le départ du premier contingent est prévu probablement vers début mai ».

 C’est un contrat de 2 ans renouvelable et une équipe d’évaluation se rendra en Arabie Saoudite chaque trimestre. Elle fera un rapport à l’intention des autorités. C’est dire que le suivi sera rigoureux.

 

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