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L’intervention française au Mali

by sur 13 avril 2016

En forme de rappel, les conditions de l’intervention française au Mali et une chronologie des principales dates

L’armée française durement frappée au Mali

La Croix – François d’Alançon, le 13/04/2016 à 18h38

Trois soldats français ont été tués mardi 12 avril par l’explosion d’une mine à proximité de Tessalit.

Les 3 500 hommes de l’opération Barkhane déployés dans cinq pays du Sahel sont confrontés à l’évolution des modes d’actions des djihadistes.

La mort de trois soldats français le 12 avril sonne comme un rappel brutal. Trois ans après la guerre victorieuse au Mali, l’armée française reste engagée en première ligne au Sahel dans une opération Barkhane dont on ne voit pas l’issue.

À proximité de la ville de Tessalit, l’explosion d’une mine au passage d’un VAB (véhicule de l’avant blindé), en tête d’un convoi logistique en provenance de Gao, a tué le soldat de 1re classe Mickaël Poo-Sing, 19 ans, célibataire sans enfant, engagé volontaire depuis le 3 février 2015 au 511e régiment du train d’Auxonne, le maréchal-des-logis Damien Noblet, 31 ans, père d’un enfant, engagé en 2004 au 515e régiment du train, et le brigadier Michael Chauvin, 20 ans, engagé en février 2014 au 511erégiment du train d’Auxonne.

Le premier est mort sur le coup. Les deux autres ont succombé à leurs blessures après leur évacuation par hélicoptère, en compagnie d’un troisième militaire blessé, vers l’antenne chirurgicale militaire française de Gao.

Attentats suicide et mines

Ces trois décès portent à quinze le nombre de soldats français tués au Mali depuis le 11 janvier 2013, date du début de l’opération Serval. Sept de ces soldats sont tombés depuis le lancement de l’opération Barkhane qui lui a succédé le 1er août 2014.

Depuis l’an dernier, les 3 500 hommes déployés dans cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) sont confrontés à une évolution des modes d’action des groupes armés terroristes (GAT). Les groupes structurés d’une trentaine de combattants se sont transformés en unités de trois ou quatre terroristes, déterminés à commettre des attentats-suicides pour faire un maximum de victimes.

Par ailleurs, les mines et IED (engins explosifs improvisés) visant les militaires français de Barkhane, les casques bleus de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et les forces maliennes s’avèrent de plus en plus sophistiqués.

Début mars, six casques bleus ont été blessés dans l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule près de Kidal. Le 14 février, deux soldats français ont été blessés dans l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule, près de la même localité, aux confins du nord du Mali.

Des équipements en bout de course  ?

La perte des trois militaires français soulève la question de la qualité des matériels déployés, en particulier la capacité de résistance aux IED des VAB, un véhicule léger de transport de troupes à bout de souffle, – les premiers exemplaires ont été livrés en 1976 –, et qui doit être progressivement remplacé par le véhicule blindé multirôle (VBMR).

En 2007, l’armée de terre avait dû renforcer, dans l’urgence, l’équipement d’une partie des VAB déployés en Afghanistan (tourelles télé-opérées, cabines blindées, kits de protection, brouilleurs IED).

De retour d’une tournée auprès de l’opération Barkhane, Jean-François Lamour, député LR de Paris et membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, déplorait récemment les « flux très tendus en termes de personnels ou de matériels » du contingent français et son manque d’hélicoptères.

Des casques bleus vulnérables

De nombreux observateurs s’interrogent par ailleurs sur l’écart entre l’objectif stratégique de Barkhane, à savoir l’endiguement du djihadisme, et les moyens français, même si Paris peut compter sur l’aide de Washington, en particulier dans le domaine du renseignement et des drones d’observation.

L’opération, conçue en fonction des contraintes budgétaires, coûte 700 millions d’euros par an. Sa priorité reste l’élimination des chefs de réseaux terroristes, la perturbation de leurs mouvements et, si possible, la prévention de l’implantation djihadiste en Libye et dans la région du lac Tchad.

Paris pensait pouvoir rapidement passer le relais aux forces nationales et onusiennes mais ce n’est pas d’actualité. La Minusma, – environ 11 700 militaires et policiers –, régulièrement attaquée, se trouve aujourd’hui en posture défensive. Selon un rapport du Secrétaire général de l’ONU en date du 28 mars, les casques bleus manquent de véhicules blindés de transport de troupes et leur camp de Kidal, attaqué le 12 février, reste hautement vulnérable.

 Les dates clés de l’intervention française au Mali

La Croix – Malo Tresca, le 13/04/2016 à 18h34

Trois soldats français ont été tués mardi 12 avril par l’explosion d’une mine à proximité de Tessalit. Rappel des dates clés de l’intervention française au Mali, où sont toujours engagés plus de 3 500 militaires.

 

Janvier 2013: Lancement de l’opération « Serval » à Konna, dans le centre du pays, pour stopper la progression des djihadistes armés. Soutenue presque unanimement par la classe politique française et par la communauté internationale, elle permet de libérer des islamistes les villes de Gao, au nord-est du pays, et de Tombouctou.

Février 2013: De violents affrontements opposent les soldats français et tchadiens aux djihadistes de l’Adrar (un massif montagneux au nord-est du pays). À la fin du mois, l’un des principaux chefs d’Aqmi, – acronyme d’Al-Qaida au Maghreb islamique –, l’Algérien Abdelhamid Abou Zeid, est tué par l’armée française.

Juin 2013: Un premier accord de cessez-le-feu, scruté par le gouvernement français, est signé à Ouagadougou entre les autorités et les rebelles touaregs. Il prévoit un déploiement progressif de l’armée, et un cantonnement des rebelles dans des sites de regroupement. Mais il tarde à être appliqué.

Septembre 2013: Le chef de l’État français, François Hollande, se rend à Bamako pour assister à la cérémonie d’investiture du président malien Ibrahim Boubacar Keita, élu le 28 juillet au terme d’une élection qui semblait indiquer un retour relatif de la paix et un succès de l’opération Serval.

Octobre 2013: Après une accalmie de plusieurs mois, les groupes djihadistes reprennent leurs attaques meurtrières dans le nord du pays. Les soldats français, maliens, et la Minusma (la mission des Nations unies) y lancent une offensive.

Novembre 2013: Le 2 novembre, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français de RFI, en reportage à Kidal, sont enlevés puis tués par des rebelles armés.

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Mars 2014: Les forces françaises tuent, en quelques semaines, une quarantaine de djihadistes.

Juillet 2014: L’opération « Serval » est officiellement terminée. Elle est remplacée par l’opération régionale « Barkhane » – associant la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad – pour poursuivre la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Elle compte 3 000 soldats français.

Octobre 2014: Face à la recrudescence des actes terroristes et le manque de moyens logistiques de la Minusma, la France annonce un renforcement de ses forces déployées au nord du Mali. Ses troupes attaquent un campement djihadiste de l’Adrar, tuant au moins 20 djihadistes.

Décembre 2014: Ahmed al-Tilemsi, le chef militaire du Mujao, le mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest, est tué dans la région de Kidal lors d’un combat contre l’armée française.

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Février 2015: Le gouvernement malien et les rebelles valident un nouveau document de cessation des hostilités, alors que les négociations pour un accord de paix se poursuivent à Alger. Il n’aboutira pas.

Mars 2015: Près de 800 soldats français ratissent l’Adrar Tigharghar. Ils saisissent et détruisent des stocks d’obus et de munitions. Le 7 mars, un commando de deux islamistes ouvre le feu dans une boîte de nuit, tuant trois Maliens, un Français et un Belge. Quelques jours plus tard, des hommes d’Aqmi tuent et décapitent publiquement un Touareg, l’accusant d’être un informateur au service des Français.

Avril 2015: Les forces spéciales françaises mènent une opération dans la région de Tessalit, au nord-est du pays. Elles libèrent l’otage néerlandais Sjaak Rikje, un conducteur de train enlevé par Aqmi en 2011 à Tombouctou.

Mai 2015: Le 15 mai, le gouvernement malien et les groupes loyalistes, ainsi que plusieurs états et organisations issus de la médiation internationale – dont l’Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, l’Union africaine, l’ONU, l’Union européenne et la France – signent un accord de paix.

Juin 2015: Le Conseil de sécurité des Nations unies prolonge d’un an, jusqu’au 30 juin 2016, le mandat de la Minusma au Mali pour soutenir l’accord de paix, tant sur le plan politique que sécuritaire.

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Avril 2016: Trois soldats français sont tués après l’explosion d’une mine sur leur véhicule blindé dans la région de Tessalit. 3 500 militaires français sont toujours actuellement engagés dans l’opération Barkhane.

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