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Insécurité, terrorisme : point d’étape

by sur 17 avril 2016

Ci-dessous, une série d’articles qui touchent tous, de près ou de loin, à l’insécurité et au terrorisme, au Mali et plus largement dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Des points de vue différents, mais argumentés.

Le numéro 2 présumé des attaques de Grand-Bassam arrêté au Mali

Par RFI Publié le 17-04-2016 à 12:30

Le bras droit présumé de l’organisateur des attaques de la station balnéaire ivoirienne a été arrêté dans la nuit de samedi à dimanche à Bamako, selon nos informations. Cet homme de nationalité malienne était en deuxième position sur la liste des personnes recherchées après les attaques du 13 mars dernier.

Alou Doumbouya, alias « man », est le nom de l’homme arrêté. Il était suivi depuis quelques jours par les forces spéciales des services de renseignements maliens qui ont mené l’opération pour l’interpeller.

Une source proche du dossier explique qu’il s’agit du véritable numéro deux de l’organisation des dernières attaques contre la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam.

Agé de 32 ans, de nationalité malienne, Alou Doumbouya, est présenté comme l’homme qui a convoyé du Mali en Côte d’Ivoire, les armes qui ont servi aux attaques contre Grand-Bassam. Son astuce ? Il a rendu « non fonctionnel » l’un des deux réservoirs de carburant d’un véhicule 4X4. Et c’est à l’intérieur de ce réservoir qu’il a caché les armes et les munitions. Alou Doumbouya a pris lui-même le volant du véhicule pour conduire du Mali en Cote d’Ivoire, des membres du commando ayant opéré.

Enfin, l’homme désormais derrière les barreaux a été choisi comme numéro 2 par Kounta Dallah, la tête pensante du commando, toujours recherché. Ce dernier n’a pas manqué d’aplomb : après l’attaque contre Grand-Bassam, il est revenu au Mali par un vol régulier, en passant par l’aéroport d’Abidjan.

Sans Tabou: menaces terroristes à Bamako, redoubler la vigilance citoyenne

Par Sékou CAMARA – Source: info-matin -Publié le 15/04/2016 18:00 

Après les attaques du restaurant La Terrasse et les hôtels Radisson et Nord-Sud, des menaces terroristes planent toujours sur Bamako. Du coup, dans les milieux sécuritaires et au sein de la population, certes, ce n’est pas la terreur, mais les Bamakois ont encore à l’esprit les images de ces actes perpétrés par les « ni foi, ni loi».

Face à la multiplication des attaques terroristes, l’union sacrée des Maliens, et une solidarité sous régionale et même internationale, sans faille, doivent être de mise.
Au Mali, face à cette situation, l’heure est grave et les accusations stériles ne nous conduiront d’ailleurs nulle part. Maintenant, il serait plutôt sage de former un front commun contre les auteurs de ces actes criminels, ennemis de la paix.

À côté de notre hospitalité légendaire (Diatigiya), aujourd’hui, chacun doit mesurer les actes de tous les jours qu’il pose quand il s’agit de recevoir des hôtes. Aussi, devons-nous être à mesure de dénoncer les personnes ou les actes suspects aux forces de sécurité pour les besoins de la cause.

Actuellement, avec le téléphone et les numéros verts mis à la disposition des citoyens, l’on devrait pouvoir dénoncer toute personne ou tout mouvement suspect. Car, en dehors de l’acte citoyen ainsi posé, il s’agit d’assurer sa propre sécurité d’abord ; ensuite, celle de toute la nation. En effet, les terroristes sont parmi nous ; et peuvent frapper à tout moment et n’importe où.

C’est pourquoi, la vigilance et la collaboration des citoyens sont requises à tout moment pour mettre hors d’état de nuire les terroristes et leurs complices. Pour preuve, les récentes attaques terroristes, à Bamako, à Ouagadougou et à Abidjan ont fait de nombreuses victimes innocentes.

Par ailleurs, une chose est sûre, même si Maliens, Burkinabè, Ivoiriens ou Français ne sont pas gagnés par la psychose, force est de reconnaître que ces nombreux actes terroristes ont mis à nu la vulnérabilité de leurs systèmes sécuritaires et la possibilité pour les terroristes de frapper quand et où ils veulent.

Particulièrement au Mali, pour combler l’insuffisance d’équipements de sécurité, les citoyens doivent former une «Union sacrée» autour de la patrie, sans considération politique, ethnique ou religieuse, pour faire face à la question du terrorisme, en passe de nous envahir. C’est un devoir citoyen qui incombe à tous les Maliens et non aux seules autorités du pays.

Les menaces terroristes révélées la semaine dernière doivent être prises très au sérieux. Et pour cause, chaque attentat terroriste remet en question la relative stabilité que notre pays s’évertue à reconstruire depuis la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation par toutes les parties prenantes à la crise.

Face à la gravité des menaces terroristes, le Gouvernement, à qui incombe la sécurisation de la vie et des biens des citoyens, doit bien équiper et assurer le réarmement moral des forces de sécurité (Police, Gendarmerie, Garde).

En tout l’état de cause, l’heure est maintenant à une vigilance plus accrue des populations, car les démons de la terreur sont dans la cité. Comme disait le Président de la Transition de 2012-2013, Dioncounda TRAORE : « Chaque Malien doit désormais se considérer comme un soldat au front».

C’est-à-dire un intrépide combattant avec la hargne de vaincre, de mettre systématiquement en échec tous ceux-là dont le dessein ne consiste qu’en la détérioration de notre climat social. De ce fait, il faut une bonne et franche collaboration avec nos forces de sécurité en dénonçant le plus tôt possible tout cas suspect de nature terroriste.

Barkhane : « Impossible d’éradiquer à 100% la menace terroriste » au Sahel

par Rédaction de France Info samedi 16 avril 2016 00:09

Après la mort de trois soldats français dans le nord du Mali, le général Jean-François Lafont-Rapnouil, qui commande la force antiterroriste Barkhane dans le pays, revient sur une menace terroriste qu’il s’agit de « limiter » puisqu’elle est « impossible à éradiquer » totalement. Mais « les terroristes « ne sont plus en mesure de mener des actions de force. »

Cela fait trois ans que la force Barkhane est déployée dans le Sahel. Elle compte 3500 soldats français. La menace, elle,  est toujours bien présente avec des attaques régulières comme en début de semaine. Trois soldats français sont morts, dans l’explosion de leur véhicule blindé sur une mine dans le nord du pays. « Ce mode d’action est une démarche du faible au fort. Les groupes armés terroristes ne sont plus en mesure de mener des actions de forces », constate le général Lafont-Rapnouil. Selon lui, il s’agit d’« actions désespérées » avec très peu d’hommes, souvent jeunes, « très peu informés, et recrutés sur le tard » comme lors de l’attaque de l’hôtel à Bamako, le 21 mars. Un voire deux hommes armés avaient forcé le barrage de l’hôtel qui abritait des militaires instructeurs. « Certes il ne faut pas minimiser le bilan, mais vous imaginez bien que sur une immensité comme celle de la bande sahélo-saharienne, il est très difficile de pouvoir empêcher ce genre d’événement. Je pense qu’on arrive à bien les limiter, on ne pourra pas l’éradiquer ». La lutte contre le terrorisme dans cette région  « ne vise pas à éradiquer à 100% cette menace terroriste, c’est quasiment impossible, mais bien de maintenir une pression suffisante pour les empêcher de mener des actions de force. »

La force Barkhane doit donc s’adapter à ces nouveaux modes d’actions qui privilégient l’explosion de mines. « Nous développons énormément de modes d’action pour lutter contre cette menace. La première : la mise en place de véhicules blindés sophistiqués. Ensuite, la reconnaissance des points jugés dangereux. Et puis derrière, on a des moyens sophistiqués de recherche pour identifier la façon dont ces engins explosifs ont été confectionnés, identifier ceux qui les ont mis en place« , explique le général Lafont-Rapnouil tout en rappelant qu’aujourd’hui les terroristes « ont énormément de mal à reconstituer des sanctuaires ». Il estime le nombre de terroriste dans la région à 200 hommes, « mais ça reste difficile à déterminer ».

La force Barkhane n’a « pas vocation à rester »

Enfin, concernant la présence de la force Barkhane dans la région, pas de précision sur une date de départ. Mais « elle n’ a pas vocation à durer parce que ce serait un constat d’échec, dit-il. En revanche tant que la situation n’est pas stabilisée, et tant que les pays concernés ne sont pas en capacité de prendre la responsabilité de la sécurisation globale de leur pays à leur charge, bien sûr on sera à leur côté comme on l’a fait depuis trois ans. »

Le nord Mali est resté une poudrière

Par La redaction de Mondafrique -15 avril 2016

Les interventions Serval et Barkhane n’ont pas réussi à stabiliser le Mali, toujours en proie aux attaques des groupes djihadistes 

L’attaque menée mardi 12 avril contre une patrouille de l’armée française qui a tué trois soldats dans le nord Mali a remis un coup de projecteur sur l’insécurité qui continue de miner le pays.

Malgré la présence des militaires français de la force antiterroriste Barkhane et des casques bleus de la Minusma, des poches entières du territoire malien échappent encore à tout contrôle. Dans les régions du nord, coeur battant de la crise malienne, mais aussi au centre du pays, en zone peule où le plus important chef djihadiste présumé du sud du Mali, Souleymane Keïta a été arrêté par les services de renseignements fin mars.

En dépit de ce coup de filet, les attaques sont en recrudescence ces derniers jours. Elles se concentrent tout particulièrement aux environs de Kidal, Gao et Tombouctou, ciblant la France, ses alliés internationaux et l’armée malienne.

La France, coeur de cible

La journée du 12 avril où s’est déroulée l’attaque contre la patrouille française a été particulièrement agitée. Le matin même, un convoi de la Minusma a sauté sur une mine dans la zone d’Aguel Hoc, au nord ouest de Kidal. Les forces de Barkhane ont procédé, en parallèle, à l’arrestation de huit combattants du MNLA, principale organisation indépendantiste touarègue, accusés de trafics d’armes, avant de les relâcher moins de vingt quatre heures plus tard à Kidal. La veille, dans la région de Gao, le camp de la Minusma à Assongo a par ailleurs été la cible de tirs d’obus.

Le 13 avril, le groupe Ansar Eddine dirigé par le célèbre chef djihadiste touareg, Iyad Ag Ghali, a livré un attaque contre l’armée malienne dans la localité de Boni près de Mopti au centre du pays causant la mort de cinq soldats. Dans un communiqué publié sur le site mauritanien d’information Alakhbar, un porte-parole d’Ansar Eddine affirme que cette attaque a été menée contre l’armée malienne accusée d’avoir « envahi l’Azawad ». Il menace par ailleurs de s’en prendre à nouveau aux forces françaises et onusiennes.

Des civils terrorisés

Les civils sont loin d’être épargnés. Deux personnes ont été tuées au sud de Rharous dans la région de Tombouctou dans la nuit du 13 au 14 avril suite à une attaque menée par des individus encore non identifiés. « Le nord du Mali fait face à un regain de violence et de banditisme. Les populations régulièrement victimes de braquages se font dépouiller de leurs biens et de leur bétail » affirme un touareg de la région de Tombouctou.

La peur qui se diffuse parmi les populations du nord constitue un frein important au retour des 180 000 réfugiés maliens dispersés dans les pays voisins où ils vivent souvent dans des conditions extrêmement précaires. Selon les informations du Programme alimentaire mondial et du Haut Commissariat aux réfugiés, 32 000 d’entre eux sont aujourd’hui menacés par l’insécurité alimentaire.

Face à ces nombreux facteurs d’instabilité qui augmentent les risques sécuritaires dans le pays, les autorités maliennes ont pris la décision de proroger l’Etat d’urgence jusqu’au 15 juillet. Ce dernier avait été proclamé une première fois pour dix jours au soir de l’attaque par des islamistes de l’hôtel Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre et de nouveau le 21 décembre pour dix jours. Le 31 décembre, il avait été prorogé pour trois mois, jusqu’au 31 mars, puis réinstauré le 4 avril pour dix jours.

Nord Mali : Ançar dine revendique la mort d’une quinzaine de soldats français et africains

Publié par redaction1 ALAKHBAR (Nouakchott) 15 Avr 2016

Dans un communiqué envoyé à Alakhbar, le groupe jihadiste Ançar dine, actif dans le Nord du Mali, a affirmé avoir tué près d’une quinzaine de soldats français et africains dans trois attaques survenues mardi et mercredi dans différents lieux du nord-Mali.

La première attaque est survenue mardi, selon le communiqué qui indique que “les moudjahidines ont fait sauter un véhicule de l’armée française sur une mine anti-personnelle à Tessalit tuant tous ses passagers”. L’armée française a reconnu avoir perdu trois soldats.

La deuxième attaque est intervenue le même jour, selon Ançar dine qui dit avoir “explosé un véhicule des soldats tchadiens de la MINUSMA, sur la route reliant Ajelhok à Tessalit, faisant quatre morts”.

La troisième attaque a eu lieu mercredi, d’après le groupe jihadiste qui affirme que ses combattants “ont attaqué un camp de l’armée malienne à Bony, près de la frontière avec le Burkina Faso, faisant sept morts”. Ançar dine avait annoncé un premier bilan de 5 morts.

Mali : La France veut « mieux répartir les tâches » entre Barkhane et la MINUSMA

Aliou Hasseye – © maliactu.net – 15 avril 2016

La France s’invite dans le débat sur la manière d’adapter le rôle de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) au contexte du moment.

Le porte-parole du gouvernement français a indiqué mercredi à l’issue du conseil des ministres qu’« il y a une étape à construire sur la place de la MINUSMA et sur le rôle spécifique de l’armée française dans l’opération Barkhane, qui doit bien sûr continuer sa lutte contre le terrorisme dans le Nord Mali ».

Stéphane Le Foll a par ailleurs annoncé que son pays est en concertation avec la mission onusienne au Mali pour convenir de la stratégie à adopter.

« Il y a une discussion avec la MINUSMA sur la manière de mieux répartir les tâches ». La MINUSMA assurant « par sa présence la sécurité dans le sud du Mali. Quant à l’armée française, dans le cadre de l’opération Barkhane, va se concentrer sur la lutte contre le terrorisme », a précisé le porte-parole du gouvernement français.

La MINUSMA « au cœur » de la stratégie de la France au Sahel

En début de semaine, l’opération militaire française au Sahel (Barkhane) a perdu trois de ses soldats, tués suite à l’explosion, mardi, d’un engin explosif au passage de leur véhicule près de Tessalit, dans la région de Kidal.

Cet incident coïncidait avec la visite en France du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies au Mali, Mahamat Saleh Annadif. Le Chef de la MINUSMA a rencontré mercredi le ministre français des affaires étrangères. La veille, il s’était entretenu avec le chef d’Etat-major général des armées françaises, le général d’armée Pierre de Villiers.

La rencontre entre les deux personnalités était « planifiée de longue date », selon un communiqué de l’Etat-major. L’attaque terroriste contre les forces françaises ne peut que renforcer  le partenariat entre Barkhane et la MINUSMA.

 « Tournée en priorité vers la protection des civils, son action [ndlr, celle de la MINUSMA] est donc complémentaire de celle de la force Barkhane, dont le rôle s’inscrit davantage dans la lutte contre la menace terroriste », précise l’Etat-major français. « Les liens qui unissent Barkhane à la MINUSMA, ajoute-t-on, s’inscrivent donc dans la logique de partenariat qui est au cœur de la stratégie d’action de la France dans la bande sahélo-saharienne ».

La MINUSMA vers un mandat plus en adéquation avec la situation sécuritaire ?

Déployée depuis 2013 dans notre pays, la mission onusienne au Mali peine toujours à assurer la sécurité dans les zones où elle est présente. Vulnérable face aux multiples attaques terroristes dont elle fait régulièrement l’objet, elle trône en tête des missions onusiennes de maintien de la paix les plus meurtrières.

Le gouvernement malien plaide pour un renforcement de ses moyens et de son mandat en vue de mieux l’adapter aux défis sécuritaires qui s’imposent à elle particulièrement au nord du pays.

Début avril au conseil de sécurité, lors de la séance de présentation du rapport du secrétaire général des Nations Unies sur la situation au Mali, le ministre malien des affaires étrangères a transmis « toute l’attente du Gouvernement du Mali par rapport au prochain mandat de la MINUSMA, qui doit nécessairement tenir compte, selon lui, du contexte sécuritaire actuel marqué par la recrudescence et l’intensification de la menace terroriste ».

Avec les évolutions attendues prochainement dans la mise en œuvre de l’accord de paix conclu entre le gouvernement et les groupes armés, le rôle de la MINUSMA devrait s’adapter à la nouvelle situation qui sera marquée par le redéploiement progressif de l’armée malienne reconstituée sur tout le territoire.

Des réajustements pourraient être apportés au mandat de la mission onusienne qui doit être renouvelé en milieu d’année. Cependant, il n’est pas certain que la France partage avec le Mali la même vision sur l’avenir de la MINUSMA que notre pays souhaite ardemment orienter vers la lutte contre le terrorisme au nord du pays.

Mali : Le spectre de l’insécurité plane toujours

Faten Hayed – El Watan  (Algérie) – le 15.04.16 | ..

Président affaibli, menaces djihadistes omniprésentes, accord de paix difficile à appliquer… Depuis le début de la crise en 2012, le Mali fait face à des défis sécuritaires plus importants. Unique recours, l’état d’urgence se poursuit ; il a été prolongé jusqu’au 15 juillet.

Si le Mali peine à trouver la stabilité, c’est parce que la crise qu’il connaît est multiple. Avant d’arriver à l’accord d’une quelconque paix, il était fondamental d’assainir le nord du Mali de ces nouveaux rentiers qui alimentent le trafic local et appauvrissent la région, tout en contribuant à la frustration de la jeunesse», constate un diplomate malien qui a été de toutes les crises et a rédigé des rapports pour le gouvernement malien sous ATT (l’ancien président malien, Amadou Toumani Touré).

«Je crois qu’aujourd’hui on peut dire que la crise se concentre principalement sur qui contrôle les terres touarègues que se disputent les Ifoghas et les Imghads. Les communautés du Nord doivent retrouver de nouveaux mécanismes pour communiquer entre elles dans la sérénité et peut-être même dans la sincérité», explique-t-il.

Presque un an après l’enclenchement du processus d’Alger et la mise en route d’un accord de paix, la sécurité reste le plus grand défi du Mali. Mardi, deux soldats français sont morts des suites de leurs blessures dans le nord du Mali après l’explosion d’une mine contre leur véhicule blindé, qui avait déjà causé la mort d’un autre soldat. Hier, l’état d’urgence, rétabli le 4 avril au Mali, a été prorogé jusqu’au 15 juillet pour «poursuivre la lutte contre le terrorisme» dans ce pays en proie à des attaques djihadistes, selon un communiqué du gouvernement diffusé mercredi soir.

État d’urgence

Le Conseil des ministres hebdomadaire tenu mercredi sous la présidence du Premier ministre Modibo Keïta «a adopté un projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence» qui avait été réinstauré par décret le 4 avril pour dix jours et qui «arrive à expiration le 14 avril à minuit», indique le compte rendu de cette réunion diffusé par le gouvernement. «Conformément aux dispositions (…) de la Constitution, sa prorogation au-delà de dix jours doit être autorisée par la loi.

Le projet de loi adopté s’inscrit dans ce cadre. Il proroge l’état d’urgence déclaré jusqu’au 15 juillet 2016 à minuit», affirme-t-il. «Son adoption permettra de poursuivre la lutte contre le terrorisme et les autres menaces à la sécurité des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national», ajoute-t-il. Cette mesure d’exception donne notamment plus de possibilités d’intervention aux forces de sécurité et restreint les rassemblements. L’état d’urgence avait été proclamé au Mali une première fois pour dix jours au soir de l’attaque par des islamistes de l’hôtel Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre (20 morts, outre deux assaillants tués), et de nouveau le 21 décembre pour dix jours.

Le 31 décembre, il avait été prorogé pour trois mois, jusqu’au 31 mars, puis réinstauré le 4 avril pour dix jours. «L’état d’urgence devait être décrété depuis le début de la crise !» regrette une source militaire malienne. «C’est de l’inconscience totale de croire que nous sommes dans un pays sécurisé malgré la force militaire française et ses partenaires. Le terroristes n’ont rien à perdre et surtout ils maîtrisent le terrain», affirme-t-il.

Mobilisation

Le Mali est régulièrement confronté à des attaques contre ses forces de sécurité mais aussi contre les forces étrangères — de la France et sous mandat de l’Onu — depuis le déclenchement, en janvier 2013, d’une intervention militaire contre des groupes djihadistes, qui se poursuit actuellement. Par ailleurs, l’armée malienne a repoussé une attaque menée dans la nuit de mardi à mercredi dans le centre du pays par des djihadistes présumés, dont un a été tué et cinq arrêtés. «Une position de notre armée a été attaquée dans la nuit de mardi à mercredi à Boni, entre Douentza et Hombori», commente une source militaire, faisant état d’un «bilan provisoire d’un assaillant tué et cinq autres arrêtés».

Dans le même sillage, l’Union européenne a réaffirmé hier sa disponibilité à soutenir l’effort de paix au Mali conformément aux dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. «L’UE est prête à mobiliser tous les instruments à sa disposition pour  soutenir les efforts maliens pour aboutir à une paix durable sur l’ensemble du territoire tel qu’agréé dans l’accord d’Alger», ont indiqué les services diplomatiques de la Haute représentante de l’Union aux Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, dans un communiqué.

Le congrès du MNLA

Le 3e congrès ordinaire du MNLA s’est tenu à Kidal du 7 au 10 avril avec la participation de plusieurs délégués venus de toutes les régions du nord du Mali et de Bamako, ainsi que de l’Algérie, du Burkina Faso, du Niger, d’Arabie Saoudite, de l’Union européenne, de la Libye, du Maroc et de la Mauritanie, ainsi que des délégués des Mouvements membres de la CMA.

D’après le communiqué, «Le congrès a enregistré une très large participation des organisations des Ulémas, des femmes, des jeunes, et des chefs des villages, quartiers et Fractions de l’Azawad. A la suite des débats, le congrès a invité toutes les structures politiques et militaires à poursuivre et à consolider la lutte sans relâche pour atteindre les objectifs du Mouvement dans le respect de tous nos engagements, notamment l’Accord de paix issu du processus d’Alger.

Le congrès déplore la lenteur persistante dans la mise en œuvre de l’Accord par le gouvernement du Mali. Face à ce constat, le SG, Bilal Ag Acherif, a mis en exergue l’importance de l’accord et la nécessité de sa mise en œuvre diligente, intégrale, réellement consensuelle par une totale implication des parties…

Le congrès encourage la CMA à la poursuite de ses efforts inlassables à l’atteinte des objectifs communs et l’invite à renforcer davantage le rapprochement avec les frères de la plateforme pour une fructueuse collaboration dans l’intérêt supérieur du peuple de l’Azawad», précise le communiqué.

IBK se fait opérer d’une tumeur bénigne à Paris

Le président Ibrahim Boubacar Keïta est hospitalisé depuis mardi à Paris. Il a fait l’objet d’une intervention chirurgicale pour une tumeur bénigne, selon un communiqué des services de la présidence malienne. Ce communiqué indique que le Président effectue un «séjour médical en France».

Il est actuellement «en convalescence après avoir été opéré mardi à Paris d’une tumeur bénigne d’une glande située dans le cou». L’intervention chirurgicale s’est déroulée mardi, dans un hôpital à Paris. «L’opération a concerné un adénome de la parathyroïde». L’adénome parathyroïdien est une tumeur non cancéreuse des glandes parathyroïdes.

C’est une tumeur bénigne des glandes parathyroïdes dont le traitement fait l’objet d’une routine médicale bien maîtrisée. Selon le communiqué, «les suites sont généralement simples». Le Président est actuellement au repos et «sa convalescence se passe normalement», toujours selon la même source.

Aucune indication n’a pu être obtenue dans l’immédiat sur la date d’arrivée en France du Président Keïta, la durée de son séjour médical, l’hôpital où il a été opéré et sa résidence de convalescence.

L’Afrique, premier front du terrorisme?

  • Date04.2016 – AuteurPhilippe Pognan – Deutsche Well

Le continent africain devient le front le plus dangereux dans la lutte contre le terrorisme. C’est l’avis de nombreux experts qui plaident pour une aide internationale pour combattre ce phénomène aussi en Afrique.

« Si l’on demande quelle est l’organisation terroriste responsable du plus grand nombre de victimes dans le monde, c’est souvent l' »Etat Islamique  » qui vient à l’esprit. Pourtant, souligne la Süddeutsche Zeitung,(dans un article signé par le directeur de la Conférence de Munich sur la sécurité, Wolfgang Ischinger)

Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Munich sur la sécurité

la plupart des morts sont à mettre au compte d’une toute autre organisation et qui est, elle, africaine : Boko Haram. Ce groupe qui entretemps s’est officiellement allié à l‘Etat Islamique et qui sévit dans de larges régions du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad, n’est de loin pas la seule organisation qui prend l’Afrique en ligne de mire.

Patrouille de l’armée nigériane près de Chibok, Etat de Borno

En l’espace de seulement deux années, entre 2013 et 2015, le nombre d’Africains victimes du terrorisme s’est multiplié par trois ! relève le quotidien de Munich.

Soldats camerounais du BIR, Bataillon d’Intervention Rapide non loin de la ville de Fotokol, au Cameroun, près de la frontière du Nigeria.

Dans le nord du continent, en Libye, s’établit une nouvelle base de l‘Etat Islamique, qui dans ses fiefs en Syrie et en Irak a subi ces derniers temps de sérieux revers et des pertes de territoire.

Près de Syrte, en Libye , les troupes loyales au Congrès National Libyen sont engagées dans la lutte contre l’Etat Islamique

En Afrique de l’Est, les milices al Shebab sont toujours actives. Et même al Qaida, comme le montrent les récents attentats en Côte d’Ivoire, fait parler d’elle dans les tentatives jihadistes pour attirer davantage l’attentnon de l’opinion publique ainsi que de nouvelles recrues.

Présence policière après l’attentat de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire le 13mars 2016.

Des structures jihadistes se forment dans de nombreux autres endroits du continent qui menace de devenir le front le plus explosif dans la lutte anti-terroriste. Et cela n’est aucun cas un problème qui ne regarde que l’Afrique ! Il est grand temps, conclut l’éditorialiste que l’Europe prenne conscience de l’ampleur des dangers qui menacent l’Afrique et que les pays européens renforcent leur engagement sur le continent voisin au sud !  »

L’engagement de l’Europe et de l’Allemagne contre le terrorisme en Afrique

« Le gouvernement à Berlin a décidé de prolonger deux missions de la Bundeswehr en Afrique, relève la FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung: La mission européenne d’instruction des forces armées au Mali qui doit être étendue dans le pays, et la mission d’observation « Atalante » devant les côtes d’Afrique de l’Est qui elle doit être réduite; le nombre maximum de soldats allemands y participant doit passer de 900 à 600 soldats. Au Mali, la mission allemande de formation comptera désormais 300 soldats.

Au Mali, des instructeurs allemands montrent les techniques de déminage , ici à Koulikoro

Jusqu’ici, les instructeurs militaires européens ont formé quelque 8000 soldats maliens. Pour continuer et spécialiser cette instruction militaire, les contingents de soldats européens seront aussi déployés dans d’autres villes de garnison. La zone de mission européenne englobera bientôt toute la région de la courbe du fleuve Niger, au sud et incluera aussi les villes de Gao et Tombouctou.

La mission de formation de l’Union européenne au Mali forte de 600 hommes est indépendante de la mission onusienne, qui, aussi avec la participation de la Bundeswehr, assure la sécurisation du processus de paix dans le nord du Mali.

Militaires allemands de la mission anti-pirates « Atalante » devant la frégate « Sachsen » dans le port de Djibouti.

La surveillance maritime à la Corne de l’Afrique, actuellement placée sous commandement d’un officier supérieur allemand, doit se poursuivre à une échelle réduite. Cette mission anti-piraterie s’est révélée être un grand succès, estime le quotidien de Francfort: depuis quatre années déjà, il n’y a plus eu un seul cas de piraterie devant les côtes somaliennes. »

 

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