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Journée d’émeute à Kidal

by sur 20 avril 2016

Deux morts, sept blessés et des installations de la force onusienne et de l’aéroport (essentiel pour l’approvisionnement des populations) détruites : c’est le bilan de la journée d’émeute lundi à Kidal.

L’armée française a été ciblée pour avoir interrogé, après l’attentat qui a coûté la mort de trois militaires du 511ème Régiment du train, des membres influents du MNLA (rebelles indépendantistes touaregs) et du HCUA (Haut Conseil Unifié de l’Azawad), où se sont recyclés la plupart des dirigeants touareg qu’ils soient indépendantistes ou djihadistes proches d’Ansar Dine, fondé par Iyad Ag Ghali.

Jusqu’ici, l’armée française s’était appuyée, plus ou moins officiellement sur le MNLA, désormais, c’est la politique de la France  qui est en cause, puisqu’elle semble avoir choisi d’appuyer le pouvoir central à Bamako. D’ailleurs, IBK, qui, vient d’opérer d’une tumeur à paris, sera présent à la cérémonie d’hommage aux soldats français, cet après-midi aux Invalides.

A Kidal, l’armée française au pied du mur

Par La redaction de Mondafrique – 20 avril 2016

Les manifestations anti françaises à Kidal, fief de la rébellion touareg, montrent une armée française prise en étau entre le pouvoir malien et ses alliés traditionnels du MNLA.

Territoire ultra sensible aux confins du Sahel, le nord Mali subit une énième secousse portant coup dur aux militaires français. Après la mort de trois soldats de la force Barkhane tués le 12 avril suite à l’explosion d’une mine sous un véhicule de patrouille, une manifestation hostile à l’intervention militaire française a dégénéré, lundi 18 avril à Kidal, bastion des rebelles touaregs du MNLA.

Selon une source locale, le cortège de manifestants a pris d’assaut l’aéroport de Kidal tenu par l’armée française et la force de maintien de la paix de l’Onu (Minusma) en scandant des slogans anti français. Bilan, deux morts sous les balles des casques bleus et sept blessés graves. Les manifestations se sont poursuivies dans la journée et le lendemain, protestant contre les arrestations de civils et de membres du MNLA par Barkhane.

Le MNLA, allié historique de l’armée française

Une étincelle a mis le feu aux poudres : l’arrestation, le 12 avril, pendant plusieurs heures, de huit personnalités membres du MNLA accusés de trafic d’armes par les forces françaises. D’autres interpellations dénoncées comme arbitraires par les populations locales ont suivi, marquant un revirement dans la politique traditionnelle de l’armée française qui s’est longtemps appuyée sur le MNLA.

Informateurs sur le terrain et intermédiaires privilégié pour la négociation des otages français au Sahel, les rebelles touaregs ont, en échange de leurs services, bénéficié à leur tour du soutien de la France, notamment au moment de la crise de 2012.

Dans un article daté du 14 octobre 2013, « L’avenir du Mali suspendu à la question touareg » le quotidien le Monde rapportait ainsi que « les services français ont fourni un avion contenant 70 000 litres de carburant et fait parachuter des armes pour soutenir les troupes du MNLA après leur éviction par les djihadistes d’Al-Qaida, à l’été 2012. (…) Pendant l’offensive française, la DGSE avait même préparé des livraisons de missiles antichar Milan au MNLA, mais ne les aurait pas fournis au regard de la faible résistance des troupes djihadistes. »

A cet appui logistique s’ajoute un soutien idéologique à peine voilé. « A Paris, surtout dans les cercles militaires, de nombreuses personnalités sont convaincues que l’Etat malien ne peut continuer à exister dans sa forme actuelle » relève un universitaire.

Des gages pour Bamako

Toutefois, les récentes arrestations qui ont provoqué la colère des populations de Kidal ont écorné cette alliance, plaçant la France face à ses propres contradictions. En lançant en janvier 2013 l’opération Serval pour stopper l’avancée des groupes djihadistes vers le sud du pays et aider les responsables maliens à stabiliser leur territoire, les autorités françaises se sont vite retrouvées dans une position inconfortable vis-à-vis du pouvoir de Bamako hostile à toute partition du pays voulue par les rebelles touaregs.

Or, aujourd’hui, la conjoncture incite plus que jamais Paris à renforcer coûte que coûte l’Etat central malien. Véritable test pour l’équilibre du pays, la tenue du sommet des chefs d’Etat franco-africains en décembre prochain constitue un premier enjeu de taille à la fois pour le Mali et la France. Alors que le contexte sécuritaire reste extrêmement fragile, marqué par des attaques terroristes récurrentes et une application lacunaire des accords de paix signés le 20 juin dernier, toute nouvelle déstabilisation d’ampleur porterait un coup dur à l’image de l’intervention militaire française dans le pays.

Acte fondateur de la présidence de Hollande en matière de politique étrangère, celle-ci constitue l’une des réalisations clés du chef de l’Etat français en fin de bilan. « Hollande a fait de l’intervention au Mali la pierre angulaire de sa politique à l’extérieur. L’Elysée à tout intérêt à faire tenir l’édifice, même précaire, jusqu’aux présidentielles de 2017 » analyse un spécialiste.

Par ailleurs, la popularité en chute libre et l’état de santé fragile du président Ibrahim Boubacar Keïta qui vient d’être opéré d’une tumeur en France font planer la menace d’un vide au sommet de l’Etat qui fragiliserait encore davantage le pays.

Amalgames

Autant de préoccupations qui incitent les autorités françaises à donner des gages à leurs homologues de Bamako en dépit des intérêts des touaregs du MNLA que l’armée et le pouvoir maliens assimilent volontiers à des terroristes. A Kidal, les récentes arrestations de membres du MNLA par Barkhane sont perçues par la population comme un amalgame du même acabit.

« Les populations de Kidal accusent l’armée française de commettre des bavures physiques sur des personnes innocentes  » affirme une source locale.

Dans une déclaration publiée sur internet, l’un des porte-parole du MNLA, Attaye Ag Mohamed a par ailleurs attiré l’attention des organisations de défense des droits de l’homme sur « le mode opératoire des interpellations utilisé par l’opération française Barkhane dans les zones de Boghassa, Abeibara et Aguelhoc ».

Selon lui, « des familles sont sans nouvelles de dizaines de leurs proches arrêtés et transférés sur Gao et Bamako. Cette situation qui pourrait être une nouvelle source de radicalisation des populations mérite l’attention des ONG, des médias, des organisations politiques acteurs du processus de paix. »

Mali : l’ONU confirme la mort de deux civils à Kidal lors d’une manifestation visant Barkhane

Par Jeune Afrique avec AFP – mis à jour le 20 avril 2016 à 09h30

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a indiqué mardi que deux manifestants avaient été tués lundi à Kidal lors de violentes protestations contre la force française Barkhane.

Les manifestants protestaient contre des arrestations effectuées par Barkhane, avait expliqué lundi une source de sécurité africaine au sein de la Minusma. Ce qu’avait également indiqué la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion), dont Kidal est le bastion. 

Lundi « vers 10H00 (locales et GMT), des manifestants, dont certains munis de cocktails Molotov, se sont introduits par effraction sur la piste de l’aéroport » qu’elle sécurise, « saccageant et mettant le feu aux installations sécuritaires », a déploré la mission de l’ONU.

Celle-ci ajoute qu’elle est « déterminée à établir les faits » sur ces événements. « Une commission d’enquête vient d’être mise en place dans ce sens, son travail est actuellement en cours. Ses conclusions devraient permettre d’identifier la provenance des tirs », affirme-t-elle.

Ansar Eddine, le « plus dangereux » des groupes armés maliens

Les manifestants « demandaient la libération de trois Touaregs arrêtés par les Français de l’opération Barkhane, accusés d’être complices des terroristes qui ont récemment posé des mines qui ont tué trois militaires français », a indiqué un militaire guinéen de la Minusma.  

Trois soldats français ont été tués par l’explosion le 12 avril d’une mine au passage de leur véhicule blindé près de la ville de Tessalit, au nord de Kidal. Des honneurs nationaux doivent leur être rendus mercredi à Paris en présence des présidents français François Hollande et malien Ibrahim Boubacar Keïta.

L’attaque a été revendiquée par le groupe jihadiste Ansar Eddine de l’ancien chef rebelle touareg devenu islamiste Iyad Ag Ghaly, actif dans la région de Kidal. Le chef de Barkhane, le général Patrick Bréthous, a jugé mardi qu’Ansar Eddine était le « plus dangereux » des « groupes armés terroristes » du nord du Mali.

« Jamais nous n’effectuons d’arrestations arbitraires », a par ailleurs assuré le général Bréthous. « En aucun cas nous ne nous attaquons à la population, simplement nous avons du renseignement qui nous permet de savoir qu’il y a des terroristes à tel ou tel endroit et nous les saisissons », a-t-il ajouté, interrogé sur les revendications émises par les manifestants de Kidal.

Dégâts « considérables » après la manifestation

À Kidal, les dégâts de la protestation sont « considérables », estime un élu de la ville. « Les manifestants ont tout cassé : les maisons préfabriquées de la Minusma, le générateur, le muret » d’enceinte d’une partie de l’aéroport sécurisé par la Minsuma, « ils ont même volé des fils de poteaux électriques », a-t-il dit.

Le calme était de retour mardi, malgré des appels à de nouvelles manifestations mardi devant le camp de l’ONU, selon des habitants joints par téléphone de Bamako. « Mais finalement, rien ne s’est passé », a précisé l’un d’eux.

Kidal : JOURNÉE D’EMEUTE

A. DIARRA – L’ Essor – Posté le 19/04/2016     

La ville de Kidal a connu une journée fort mouvementée hier avec des manifestations contre la MINUSMA et la force française Barkhane. Ce qui a mis le feu aux poudres ? L’interpellation par les soldats français de quelques jeunes gens kidalois dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Pour protester contre les militaires français, les manifestants ont marché sur la base du détachement de l’opération Barkhane à Kidal. Les Casques bleus n’ont pas été épargnés par la furie des émeutiers qui se sont « introduits sur la piste de l’aéroport, zone d’accès restreint, saccageant et mettant le feu aux installations sécuritaires », selon un communiqué de la mission onusienne qui rappelle que « la piste d’atterrissage de Kidal est un élément essentiel pour l’approvisionnement de l’aide humanitaire, le soutien aux populations locales, ainsi que pour les opérations de la MINUSMA et des forces partenaires ».

Selon des informations qui circulaient sur les réseaux sociaux, les heurts avec les Casques bleus auraient fait 2 morts et 7 blessés. La MINUSMA qui n’a pas donné de bilan dans son communiqué, indiquait que « ces informations sont actuellement en cours de vérification ».

Ce n’est pas la première fois que des jeunes de Kidal, poussés par des groupes armés, maîtres des lieux, envahissent la piste d’atterrissage ou tentent de marcher sur les bases de la MINUSMA et de l’opération Barkhane.

Il faut dire que derrière ces manifestations, se cachent des groupes terroristes qui travaillent à monter la population contre les militaires étrangers stationnés dans la ville. Leur objectif affiché étant de chasser toutes les forces militaires de la zone, à défaut de pouvoir le faire les armes à la main, ils utilisent la population.

Sur les premières images diffusées sur les réseaux sociaux, on pouvait apercevoir un homme en train de tourner une vidéo tout en criant « Allahou Akbar » à maintes reprises. Les images montraient une colonne de fumée au-dessus d’une partie de la piste d’atterrissage de l’aéroport.

 

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