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Le difficile retour de l’école malékite

by sur 22 avril 2016

Depuis trois ans, la formation des imams maliens est assurée par le Maroc, suivant l’école malékite su sunnisme, l’école traditionnelle de l’islam malien, fortement concurrencé par le très rigoriste islam wahhabite prôné depuis la fin des années 70 au Mali par l’Arabie Saoudite.

Une fois formés, de retour au pays, ils peinent à trouver des mosquées où enseigner…

Le Maroc vient, au plan politique, de renforcer ses alliances avec l’Arabie Saoudite, les deux pays étant attachés au sunnisme, à la différence de l’Iran chiite avec lequel l’Arabie joue un perpétuel bras de fer.

Tour d’horizon ci-dessous.

Imams maliens formés au Maroc : l’islam tolérant face au wahhabisme rigoriste

Publié le 21 avril 2016 Mis à jour à 08h46 – Par Nadia Rabbaa

Plus d’une centaine d’imams ont déjà été formés au Maroc aux valeurs du « juste milieu ». À Bamako, on espère lutter ainsi contre la poussée du wahhabisme.

Arborant un gilet jaune assorti à la couleur de la barrière qu’il garde, un jeune homme régule la circulation, stoppant voitures et motos Jakarta, libérant le passage pour la foule qui se presse vers la mosquée en ce vendredi midi. La salle de prière est bondée, et les fidèles s’installent à l’extérieur du bâtiment, à même la terre ocre du sol. La mosquée du quartier populaire de N’Golonina est l’une des plus grandes de Bamako. Son succès, elle le doit à la popularité de Mohamed Haïdara.

Vêtu d’un grand bazin blanc, un tarbouche rouge vif vissé sur la tête, il prononce son prêche, en bambara et en arabe. Fils et petit-fils d’imam, il vient de passer deux années à Rabat, au sein de l’Institut Mohammed-VI de formation des imams prédicateurs et des prédicatrices. Inaugurée officiellement il y a tout juste un an, l’école dépend du gouvernement marocain, et le pays rejoint ainsi la liste des destinations où les religieux maliens vont traditionnellement se former, au même titre que la Tunisie, l’Égypte ou l’Arabie saoudite.

Mettre fin à l’extrêmisme grâce à l’islam malékite

Mohamed Haïdara y a reçu, aux côtés d’une centaine de ses compatriotes, un enseignement fondé sur la doctrine ash’arite (voie théologique médiane qui allie usage de la raison et recours à la tradition), le rite malékite (l’une des quatre écoles traditionnelles de l’islam sunnite) et le soufisme – le tout aux frais du royaume chérifien, qui prend en charge le billet d’avion et l’hébergement des élèves, auxquels il fournit aussi un per diem de près de 200 euros par mois.

« Cela permet indirectement de lutter contre l’extrémisme, et ce simplement en expliquant les concepts de l’islam malékite », affirme Abdeslam Lazaar, directeur de l’institut. Au point, ajoute-t-il, que certains imams maliens salafistes se sont « convertis » au malékisme après être passés par le Maroc.

À Bamako, Cherif Ousmane Madani Haïdara, l’un des prêcheurs les plus populaires du Mali, veut croire que « les gens formés au Maroc ont reçu un enseignement qui va peut-être aider à sortir du terrorisme ». Un diplomate en poste dans la capitale malienne insiste, lui, sur la nécessité d’aider « l’islam traditionnel, en perte de vitesse face au wahhabisme rigoriste importé d’Arabie saoudite dans la seconde moitié du XXe siècle ».

Encore faudrait-il que les prédicateurs formés au Maroc puissent trouver, à leur retour au Mali, une mosquée où officier. Or ce n’est pas le cas pour les deux tiers d’entre eux. Pourquoi ? Parce qu’il y a parmi eux des imams, certes, mais aussi des fils d’imams ou, plus généralement, des personnes qui ont l’habitude de seconder les imams, mais qui n’ont pas la charge régulière de la prière. Une fois rentrés, beaucoup n’ont donc pas l’occasion de diffuser cet islam modéré qu’ils ont étudié.

Koké Kallé est l’imam de la grande mosquée de Bamako. Il se dit « fier » d’avoir envoyé son frère et son fils au Maroc, mais s’inquiète pour le premier, qui est rentré il y a quelques mois et qui depuis « ne fait rien. » Mohamed Haïdara, l’imam de N’Golonina, est lui aussi préoccupé et explique avoir écrit « au ministre des Affaires religieuses et du Culte ainsi qu’au président du Parlement afin de prendre contact et de discuter du sort des imams formés au Maroc ».

Le Conseil fédéral national des adeptes de la Tariqa Tijaniya (Confenat-Mali) a formellement demandé au gouvernement malien un terrain de deux hectares pour y construire un complexe universitaire où les imams subsahariens formés au Maroc pourraient faire vivre l’enseignement qu’ils ont reçu. L’idée est aussi de contrecarrer l’influence grandissante des établissements financés par les pays du Golfe.

« Si vous êtes salafiste, vous pouvez continuer vos études à Bamako dans des universités bien structurées, ou alors partir au Koweït, en Arabie saoudite ou au Qatar. C’est cet éventail de possibilités qui amène beaucoup d’élèves qui ne sont pas salafistes, mais qui souhaitent continuer leurs études, à le devenir », explique Mamadou Moussa Diallo, imam de la mosquée de Torokorobougou, une commune de Bamako.

Thierno Hady Oumar Thiam, le président du Confenat-Mali, s’inquiète aussi de ce que l’Arabie saoudite finance la construction de nombreux lieux de culte. « Traditionnellement, le Mali a toujours eu des mosquées construites par les communautés, et celles-ci pratiquaient un islam malékite ancestral, rappelle-t-il. Mais, à partir des années 1970, des opérateurs économiques maliens en contact avec les pays de la péninsule Arabique ou avec des bienfaiteurs de cette région ont commencé à construire leurs propres lieux de culte, et tous pratiquaient le wahhabisme. »

Plus d’État, oui, mais pas plus de politique

C’est pour cette raison que Mamadou Moussa Diallo souhaite que l’État malien encadre davantage le champ religieux : « C’est celui qui finance qui contrôle. Si vous ne gérez pas votre islam, il sera géré de l’extérieur. » Une exception tout de même : la grande mosquée de Bamako, rénovée grâce à une donation du roi Fayçal. « Les Saoudiens ont demandé que nous suivions le chemin du wahhabisme, mais nous avons dit non et la mosquée est restée malékite », assure Koké Kallé.

Conscient du problème et de la nécessité de lutter, très en amont, contre le risque de radicalisation et la menace jihadiste, l’État s’est doté, en 2012, d’un ministère des Affaires religieuses et du Culte, mais celui-ci est sans équipes ni moyens, de l’aveu même du titulaire du portefeuille, Thierno Hass Diallo. Son ministère, affirme-t-il, se résume pour l’instant aux seuls membres de son cabinet. « L’État ferme les yeux, soupire Thierno Hass Diallo. Mais être une république laïque, cela ne veut pas dire abandonner la chose religieuse ! Dans notre pays, le champ religieux est laissé à lui-même, et ce qui s’est passé dans le Nord en est la conséquence directe. » Lui aimerait avoir les moyens d’être présent sur tout le territoire. Il souhaiterait également que la formation et les prêches soient mieux encadrés, que les imams eux-mêmes soient en quelque sorte « certifiés » par le ministère.

Plus d’État, oui, mais pas plus de politique, met en garde Cherif Ousmane Madani Haïdara, qui est également le vice-président du Haut Conseil islamique du Mali. « Les politiciens de tous bords font appel aux leaders religieux et viennent chercher les imams à chaque élection, regrette-t-il. La politique est entrée à 100 % dans le champ religieux, il faut qu’elle en sorte. »

PAR-DELA LES FRONTIERES

C’est à la suite d’une conversation entre le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, à la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Bamako, en septembre 2013, qu’a été décidée la formation de 500 imams maliens sur cinq ans – première et plus importante promotion d’imams étrangers passée par l’Institut Mohammed VI de formation des imams prédicateurs et des prédicatrices. « La tradition et la pratique de l’islam au Maroc et au Mali ne font qu’un. Elles se nourrissent des mêmes préceptes du « juste milieu ».

Elles se réclament des mêmes valeurs de tolérance et d’ouverture à l’autre, et demeurent le fondement du tissu spirituel continu qui a lié nos deux pays », avait alors déclaré le souverain chérifien. Deux mois plus tard, un accord de coopération islamique était signé à Rabat, redonnant corps à une tradition historique d’échanges religieux entre les deux pays.

500 imams maliens bientôt formés au Maroc

12 novembre 2013 à 10h20 – Par Jeune Afrique – (Avec AFP)

En vertu d’un accord signé récemment à Bamako entre le Maroc et le Mali, le royaume chérifien va prochainement ouvrir un établissement dédié à la formation de 500 imams maliens à Fès. Un premier groupe de 90 religieux, sélectionnés au titre de ce programme, vient d’arriver sur place.

Selon un communiqué publié lundi 11 novembre par le ministère des Habous et des affaires islamiques, le Maroc va ouvrir « dans les plus brefs délais » un établissement dédié à la formation de 500 imams maliens dans la ville de Fès, au nord-est du royaume alaouite.

Un premier groupe de 90 imams, sélectionnés au titre de ce programme, vient d’arriver au Maroc et ils seront rejoints « dans les prochaines semaines » par 12 autres, indique également le ministère dans ce communiqué. Ces imams « suivront leur formation à Rabat à titre provisoire avant d’être déplacés vers un établissement dédié à cette formation, qui sera érigé dans les plus brefs délais à Fès », est-il précisé.

Malékisme

Selon la même source, un projet de programme fondé sur « l’étude du Saint Coran, du Hadith, des sciences islamiques, de la langue arabe et les attributions de l’imamat » a été élaboré par le ministère. « Ce projet de programme prévoit également des cours sur l’histoire, la géographie et les institutions du Mali, l’histoire de l’islam, les droits de l’Homme, la santé mentale, les médias et le calcul astronomique », et une partie du cursus qui s’étale sur deux ans sera « encadrée par des Maliens », ajoute le communiqué.

L’accord sur cette formation a été conclu lors de la visite du roi Mohammed VI à Bamako, en septembre, à l’occasion de l’investiture du nouveau président Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK. « Nous partageons avec le Mali le rite malékite, donc il y a (…) une cohésion parfaite entre nous en matière de formation des imams, en matière aussi de pratique religieuse », qui est celle d’ »un islam sunnite modéré », avait alors commenté l’ambassadeur du Maroc, Hassan Naciri.

Soufisme : islam du coeur, coeur de l’islam

14 novembre 2014 à 11h44 -Par Laurent De Saint Perier

Voie de réalisation spirituelle, le courant mystique de la religion musulmane exprime la quintessence de la Révélation. Aux antipodes du littéralisme rigoriste des salafistes.

Il y a ceux qui, au nom de la foi, promettent l’enfer à leurs contradicteurs, sûrs de se réserver ainsi les meilleures places au paradis. Ces mêmes qui, le 8 octobre, en Irak, exécutaient quatre femmes, deux médecins, une militante des droits de l’homme et une députée aux activités jugées blasphématoires. Et il y a ceux pour qui l’islam est paix et amour, ceux dont le grand jihad est un combat de l’homme contre lui-même pour accéder à la conscience de Dieu, à la Vérité (haqiqa).

Aux excommunicateurs qui se veulent les héritiers des compagnons du Prophète (les salaf), les soufis, mystiques de l’islam, rappellent la parabole de Rabia al-Adawiyya, cette fille de joie devenue sainte qui vécut en Irak au VIIIe siècle. Un jour, Rabia sortit de la ville avec un fagot sous un bras et un seau d’eau dans l’autre. Un cheikh lui demanda ce qu’elle comptait faire : « Avec le seau d’eau, je vais éteindre l’enfer et avec le fagot de bois, brûler le paradis, afin que personne sur terre n’adore Dieu par peur de l’enfer ou par désir d’aller au paradis. Afin que tous adorent Dieu uniquement par amour. »

Fous d’amour divin, ivres de prière

Face aux déments qui se prévalent d’une interprétation littérale de quelques sourates coraniques pour imposer leur loi inhumaine, les soufis se veulent les vrais fous d’Allah. Fous d’amour divin, ivres de prière, ils sont « ceux qui marchent humblement sur la terre et qui répondent « paix » aux ignorants qui les interrogent » (Coran, XXV, 63)

Issu de l’orthodoxie sunnite, mais parfois considéré comme une tendance à part entière de l’islam, le soufisme est professé par des millions de croyants dans le monde musulman et ailleurs, et peut constituer, comme au Maroc, la forme de piété la plus répandue.

Mais, quand les grands médias préfèrent chercher l’audience en rapportant les exactions aussi spectaculaires que barbares commises par les soi-disant jihadistes au nom de l’islam, « comment faire entendre cet « autre islam », celui de l’abandon paisible et pacifique en Dieu, celui qui s’émerveille de la beauté de l’univers, qui cultive la conscience de la valeur sacrée de toute vie humaine et qui conjugue amour du Créateur et amour des hommes ? Comment permettre que s’affirme et que triomphe cet « islam de paix » qui devrait être le seul nom de l’islam ? » s’interroge le père catholique Christian Delorme dans sa préface à la nouvelle édition de l’ouvrage de l’Algérien Khaled Bentounès, chef de la confrérie Alawiya,Le Soufisme, coeur de l’islam.

Relier l’homme à Dieu afin qu’il devienne son serviteur

« Il y a un regain du soufisme qui ne date pas d’hier mais qui se précipite face au nihilisme dans lequel nous entraînent le prétendu État islamique [EI] et ses parents idéologiques, tempère l’islamologue Éric Geoffroy, lui-même adepte du soufisme. Il est vrai que les soufis sont moins visibles. D’ailleurs, le soufisme n’avait pas vocation à l’origine à être un mouvement de masse. » Voie de réalisation spirituelle et de dépassement, par une pratique stricte, de l’ego primaire sensible au mal vers l’ego pacifié qui retrouve son origine divine primordiale, l’initiation soufie est un chemin bien plus ardu que celui qui conduit une jeunesse égarée à embrasser l’islam littéraliste, voire à se laisser convaincre d’aller guerroyer au nom d’un Coran dont ils ne savent pas une ligne.

Tidjaniya, Qadiriya, Alawiya, Naqshbandiyya, Mevlana, etc. Les turuq (pluriel detariqa, « voie ») vers la réalisation soufie sont aussi plurielles que l’est l’islam, mais, pour leurs adeptes, ces différentes écoles sont comme les rayons qui procèdent d’un même soleil, celui de la lumière divine. Elles ont en commun de distinguer, sous l’écorce exotérique et littérale de l’islam, un sens ésotérique, caché, qui permet « la réalisation de l’homme universel, c’est-à-dire relier l’homme à Dieu afin qu’il devienne son serviteur », écrit le cheikh Bentounès.

L’apprentissage de ce message latent exige un long travail sur soi, mais il ne peut se faire sans la conduite éclairée de maîtres eux-mêmes réalisés. Ceux-ci, élus par les disciples de la confrérie, sont les dépositaires d’un savoir hérité de cheikh en cheikh depuis le fondateur de la lignée et symbolisé par la transmission confidentielle du nom secret de Dieu. Animé des trois qualités cardinales que sont la sincérité de sa démarche, l’amour de Dieu et des hommes, et la culture d’un esprit positif, « car il est tout de suite demandé au disciple de ne pas condamner les choses et de tirer profit de chaque situation, même la plus négative », rappelle Bentounès, le soufi suit une longue progression sur le chemin de l’éveil, semé d’autant de difficultés que de félicités.

Pilier de la pratique soufie, le dhikr (répétition du nom de Dieu) permet au pratiquant de dépasser les préoccupations terrestres pour parvenir à la fusion dans l’amour divin. Un exercice individuel ou collectif qui peut provoquer des états de transe, recherchés ou non, et s’appuie dans certaines turuq sur la musique, le chant et la danse, considérés comme sacrilèges par les salafistes. La danse giratoire des Mevlevis, adeptes du grand mystique et poète Djalal al-Din Rumi, imite ainsi la ronde des planètes autour du soleil faisant de ces « derviches tourneurs » des particules élémentaires de l’universel divin.

Si le soufisme est étranger à l’islamisme contemporain, les confréries ont pu jouer un rôle politique essentiel, étant parfois les premières à lutter contre les ennemis extérieurs.

Ensemble de la zaouïa (confrérie) Siddiqiya, musique polyrythmique de la Issawiya d’Oujda ou chants des femmes Bekkaliya à Chefchaouen, les harmonies du soufisme marocain figurent en bonne place dans la programmation musicale de la saison consacrée au royaume à l’Institut du monde arabe de Paris. C’est souvent sous ces manifestations artistiques que le soufisme est le plus connu en Occident, un aspect qui occulte le sens spirituel de la pratique et fait apparaître le soufisme sous des couleurs folklorisées.

« Qu’ils se produisent en spectacle en Occident ne les empêche pas d’être authentiques et de rester ancrés dans leur démarche spirituelle », nuance Éric Geoffroy. Afin de faire entrer leur pays « dans la modernité » et de contrer l’influence sociale des confréries, nombre de régimes arabes ont précisément mis en oeuvre au XXe siècle une « stratégie de folklorisation » du soufisme, n’en promouvant que l’aspect patrimonial, tout en plaçant les zaouïas sous haute surveillance, voire en les fermant. Car si le soufisme est étranger à l’islamisme contemporain, les confréries ont pu jouer un rôle politique essentiel, étant parfois les premières à lutter contre les ennemis extérieurs.

Au XVe siècle, au Maroc, où l’État mérinide était déficient, ce sont les grandes zaouïas qui ont organisé la résistance à l’envahisseur portugais. Quatre siècles plus tard, en Algérie, l’émir Abdelkader, de la Qadiriya, s’opposait aux colons français. Et la confrérie de la Sanoussiya était en première ligne en Libye contre les Italiens. En Irak, emmenée par l’ex-numéro deux du régime de Saddam Hussein, Izzat Ibrahim al-Douri, une mystérieuse Armée des Naqshbandi, du nom d’une importante tariqa orientale, combattrait ainsi l’armée chiite de Bagdad aux côtés des jihadistes de l’EI.

Éric Geoffroy, qui avoue ignorer à quel point ces soldats se rattachent au soufisme, explique que « la Naqshbandiyya s’est répandue en Asie centrale dans des territoires très chiites et a dû faire face à des persécutions, développant une hostilité certaine à l’autre grande tendance de l’islam. Peut-être ces adeptes irakiens voient-ils en l’EI le mouvement sunnite fort qui seul peut les défendre face à l’Occident et au régime central prochiite. Il est indispensable de contextualiser tout cela ».

Promouvoir la spiritualité pacifique

Au Maghreb, les pouvoirs centraux, après s’être longtemps méfiés des confréries, font aujourd’hui marche arrière, cherchant à promouvoir cette spiritualité pacifique et adaptée aux traditions locales face au prosélytisme salafiste. « Depuis vingt ans, en Algérie, surtout après les années noires de la guerre civile, toutes les instances institutionnelles, à commencer par la présidence, poussent vers le soufisme après avoir compris que c’était notamment la fermeture des zaouïas voulue par Boumédiène qui avait fait le lit du jihadisme, commente Éric Geoffroy.

D’ailleurs, l’Association nationale des zaouïas d’Algérie a soutenu très clairement Bouteflika à la dernière élection comme aux précédentes. » Au Maroc, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, est disciple de la puissante confrérie Boutchichiya. En septembre, à l’occasion de la Première rencontre mondiale Sidi Chiker des affiliés au soufisme, il faisait un vibrant éloge de la voie spirituelle de l’islam. Pour Éric Geoffroy, « le soufisme n’avait pas vocation à se montrer, mais les temps ont changé et il doit maintenant le faire pour révéler, face au nihilisme jihadiste, qu’il y a un autre islam qui respecte la vie et le bien ».

Le Soufisme, coeur de l’islam, Cheikh Khaled Bentounès, Bruno et Romana Solt,
coll. « Espaces libres », Albin Michel,nouvelle édition, octobre 2014

 

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