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Amadou Hampâté Bâ oublié au Mali ?

by sur 17 mai 2016

Amadou Hampaté Ba

Amadou-Hampaté-Ba – 1901-1991

Fêté à Abidjan, ignoré à Bamako

DAK –  Source : L’Indicateur du Renouveau – Posté le 16/05/2016

Le 15 mai 2016, il y a 25 ans, disparaissait le grand écrivain notre compatriote Amadou Hampaté Bâ  à Abidjan (Côte d’Ivoire).  L’homme a marqué la littérature de l’Afrique noire et du monde d’une empreinte indélébile. Ses œuvres restent des phares pour éclairer la route de la jeunesse du continent. Parmi elles, on peut citer : “L’Etrange destin de Wangrin”, “Contes des sages d’Afrique”, “La Parole”, “Mémoire vivante de l’Afrique”, “Oui mon commandant”.

Le monde se souviendra toujours de lui grâce à son héritage littéraire. Il est l’auteur de la célèbre formule : “En Afrique, chaque fois qu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle”, usitée maintes et maintes fois.

Pour donc marquer cette date anniversaire, plusieurs manifestations ont lieu la semaine dernière à Abidjan avec notamment ce mercredi une journée de sensibilisation de jeunes élèves de lycées et collèges de la capitale économique ivoirienne. Paradoxalement, au même moment à Bamako, le héros est superbement ignoré.

Aucune manifestation digne de ce nom n’a été organisée en la mémoire d’Hampaté, qui a donné tout son soûl à son pays. Il a amené son ami Félix Houphouët-Boigny à ouvrir grandes les portes du Port d’Abidjan au Mali alors en difficultés politiques avec le Sénégal, sans oublier ses autres prouesses de diplomate chevronné qui ont participé au rayonnement international de la jeune République indépendante.

Le tout n’est pas de donner le nom d’Amadou Hampaté Bâ au Palais de la culture et croiser les bras. Le tout doit être dans la commémoration sincère du 15 mai 1991, date de la disparition de l’écrivain majeur, patriote, humaniste et généreux… à l’instar de son maître Tierno Bocar.

Une autre injustice nationale à réparer.

 25è anniversaire de la disparition de l’écrivain malien : AMADOU HAMPATE BA

Posted by A.SOW – L’Essor du 16 mai 2016

L’écrivain malien, Amadou H Bâ,  s’est éteint le 16 mai 1991 à l’âge de 90 ans à Abidjan. 25 années après cette disparition, il reste dans la mémoire des hommes et femmes à travers ses œuvres et son engagement pour la culture africaine.  Amadou reste une référence sur le plan culturel particulièrement sur la tradition orale. L’un des plus grands écrivains maliens, l’enfant de Bandiagara a consacré toute sa vie pour la culture africaine. Il est  né à Bandiagara (Mali) vers 1901 et décédé le 15 mai 1991 à Abidjan. C’était  est un écrivain  ethnologue et  défenseur de la tradition orale. Il a été  membre du conseil exécutif de l’Unesco de 1962 à 1970. C’est à partir de ce conseil qu’ il avait lancé un  appel, « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », une formule devenue proverbiale.

Parmi ses écrits on peut retenir l’étrange destin de Wangrin, Amkoullel, l’enfant peul, le petit Bodiel.

La Côte d’Ivoire rend hommage au Malien Amadou Hampâté Bâ 25 ans après sa mort Par RFI Publié le 12-05-2016 Modifié à 17:50

Portrait de l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ (1901-1991) photographié à Paris, le 12 avril 1975.© AFP

Il y a 25 ans, Amadou Hampâté Bâ mourrait à Abidjan. Ce conteur, écrivain ethnologue était une figure majeure de la culture africaine. Pour célébrer son œuvre en cette date anniversaire, plusieurs manifestations ont lieu à Abidjan avec notamment, mercredi 11 mai, une journée de sensibilisation auprès des jeunes élèves de différents lycée et collège de la capitale économique ivoirienne.

Devant la fondation Amadou Hampâté Bâ, les petits Ivoiriens du lycée Lamartine ou du collège d’Abengourou sont heureux. Heureux de savoir et de pouvoir dire qui est ce Malien mort il y a 25 ans à Abidjan. Cet homme qui a imprimé de son verbe et de sa plume l’une des pages majeures de la culture africaine.

Marielle Tagbé, professeur de littérature au lycée Lamartine, a dirigé les travaux d’élèves qui ont écrit des contes inspirés de l’œuvre d’Amadou Hampâté Bâ : « On a travaillé sur la réécriture de  » Il n’y a pas de petites querelles « . Il y a dix contes écrits à dix mains, avec quatre CM2, cinq sixièmes et un élève de première L. On les aide à comprendre l’œuvre et l’idée. Ils arrivent à se l’approprier… »

Arthur, 9 ans, est en classe de CM1 à Abengourou, à 200 km d’Abidjan. « Nous aussi, dit-il, quand nous serons grands, nous voudrons devenir des écrivains et écrire des contes. Parce que ça fait que tout le monde sait lire et écrire. Ça instruit les élèves et ça fait qu’eux aussi, ils pourront être écrivains plus tard ».

Tandis qu’on célèbre la mort d’un vieil homme à Abidjan, bientôt à Abengourou il y aura peut-être un conteur et donc une bibliothèque qui va renaître, riche du savoir transmis par Amadou Hampâté Bâ.

Amadou Hampaté Ba, le sage qui murmurait à l’oreille des jeunes Africains

Par Abdourahman Waberi – LE MONDE Le 29.03.2016 à 14h50

Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l’actuelle République de Djibouti, il vit entre Paris et les Etats-Unis, où il a enseigné les littératures francophones aux Claremont Colleges (Californie). Il est aujourd’hui professeur à George-Washington University. Auteur, entre autres, de Aux Etats-Unis d’Afrique (JC Lattès, 2006), il a publié en 2015 La Divine Chanson (Zulma).

 

A l’heure où l’Afrique tout entière se retrouve sous la menace de l’hydre terroriste et qu’une partie de la jeunesse ne cache plus son désarroi, il n’est pas interdit de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur pour retrouver le legs des anciens qui n’étaient pas avares en conseils et leçons de vie.

Six ans avant sa disparition, survenue en 1991, l’écrivain malien Amadou Hampaté Ba écrivit une Lettre à la jeunesse qui nous touche aujourd’hui de manière encore en plus vigoureuse. Dans le sillage de l’auteur d’Amkoullel, l’enfant peul, on apprend les vertus cardinales telles que l’ouverture d’esprit, la patience, la tolérance ou l’humilité.

L’auteur de ces lignes en sait quelque chose, lui qui, plus jeune, en a minoré l’œuvre, avant de la reprendre, l’âge venant, et de rendre un hommage digne de son rang au natif de Bandiagara.

            Tour à tour conteur, poète, ethnologue ou ambassadeur, le « diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs » fut en dialogue constant avec les jeunes du continent. Qu’il se penche sur ses méditations religieuses ou qu’il sonde l’arbre généalogique de sa famille issue des Peuls du Macina, tout est ouvert chez Hampaté Ba, destiné à être partagé avec le plus grand nombre. Comme cette fameuse Lettre de 1985 adressée à la jeunesse, dont nous tirerons quelques enseignements.

« La beauté d’un tapis »

Notons d’abord que c’est en simple quêteur de lumière qu’il se présente et non en grand homme protégé par son savoir ou sa garde rapprochée : « Celui qui vous parle est l’un des premiers-nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l’imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s’est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd’hui encore sa soif d’apprendre est aussi vive qu’aux premiers jours. »

Après avoir brossé ses longues années d’apprentissage et ses nombreux voyages tant en Afrique qu’en Europe et ailleurs dans le monde, il en arrive à sa première leçon : « Jeunes, efforcez-vous toujours de comprendre les hommes, et recherchez par tous les moyens la mutuelle compréhension ! Alors, nos différences, au lieu de nous séparer des autres, deviendront sources de complémentarité et d’enrichissement mutuel. »

Et Amadou Hampaté Ba de nous sortir de son boubou l’une de ces images frappantes dont il avait le secret : « De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme. »

De la reconnaissance de la complémentarité à l’esprit de tolérance et de solidarité, il n’y a qu’un pas, que le savant malien invite la jeunesse à franchir avec entrain : « Jeunes gens, derniers-nés du XXe siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l’humanité et passionnante par les possibilités qu’elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. »

Séparés de l’environnement naturel

Raison de plus pour renouer avec les immenses ressources culturelles et spirituelles propres à leurs peuples : la civilisation traditionnelle était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à tous les niveaux. Jamais on n’aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachée.

Nos peuples avaient, assène-t-il, une science fine des humains qui, eux, n’étaient pas séparés de l’environnement naturel comme c’est le cas aujourd’hui partout dans le monde. L’homme était également considéré comme responsable de l’équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n’était pas sa propriété, mais un dépôt sacré confié par le Créateur et dont il n’était que le gérant.

La crise actuelle, protéiforme et planétaire, ne vient pas d’ailleurs. Elle est l’une des conséquences de ce divorce entre l’homme et la nature que les Terriens s’évertuent à dominer, quitte à en payer le prix le plus fort. Visionnaire, le Malien nous invite à questionner le mode de vie dominant et destructeur : le bon jardinier n’est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. On pourrait continuer à dérouler les précieuses leçons prodiguées par le sage de Bandiagara. Il est temps de remettre cette précieuse Lettre entre toutes les mains, jeunes et moins jeunes. La suite est à lire et à méditer.

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