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La Paix un an après l’accord…

by sur 17 mai 2016

AN I DE L’ACCORD D’ALGER SUR LE MALI : On tourne en rond  

Le Pays (BF) – 17 mai 2016

AN I DE L’ACCORD D’ALGER SUR LE MALI : On tourne en rond   

L’Accord d’Alger censé réconcilier les frères ennemis maliens, vient de souffler sa première bougie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la tension est quelque peu retombée sur le terrain. Car, on n’assiste plus aux face-à-face meurtriers entre les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et l’armée régulière malienne. En tout cas, le niveau de belligérance semble avoir quelque peu baissé. Autre élément dénotant d’une certaine embellie, la réouverture des écoles à Kidal. En effet, les enfants ont pu retrouver le chemin de l’école à la faveur de la rentrée scolaire, en dépit des couacs enregistrés. Ce qui n’est pas négligeable dans une zone où la poudre rendait l’école impossible. Le fait que le drapeau malien flotte à Kidal est également un signe encourageant. Il en est de même de l’embryon de forces mixtes qui patrouillent sur le terrain. De plus, les choses ont évolué positivement à Bamako. La chasse aux Touaregs, naguère en vogue du fait de la crise, s’est peu ou prou, calmée. L’implication de la communauté internationale dans le règlement de la crise libyenne, aura également aidé un tant soi peu à stabiliser la zone, dans son ensemble.

On a noté un certain réveil de l’armée malienne

Toute chose qui amène à se demander si ces améliorations constatées au Nord-Mali sont le fruit de l’Accord d’Alger. Il est vrai que les groupes rebelles ont dû croiser le fer avec le Gatia, mouvement armé pro-Bamako, et ont dû se résoudre à partager avec ce groupe, leurs prérogatives sur Kidal. En outre, on a noté un certain réveil de l’armée malienne qui a rendu la tâche bien plus difficile aux rebelles de la CMA. Tout cela laisse penser que les groupes rebelles ont vu leurs ardeurs freinées par la force et non par un quelconque accord. Mais, il importe d’y mettre un bémol. L’Accord d’Alger a apporté sa part de contribution à l’apaisement du climat politico-social au pays de Soundjata Kéïta. A titre illustratif, il a permis de faire le tri entre ceux qui sont pour la paix et ceux qui n’en veulent pas ; ce qui a eu le mérite de clarifier, un tant soit peu, le rôle des acteurs. Certains protagonistes ont clairement fait l’option de la paix, et cela a permis de réduire le nombre de groupes armés hostiles au retour à l’ordre normal. Toute chose qui a contribué à apaiser la tension sur le terrain. Les rangs des va-t-en-guerre s’étant quelque peu dégarnis, le processus de paix en a tiré profit. Ces avancées, on pourrait les mettre au compte de l’effet conjugué de l’Accord d’Alger et du rapport de forces sur le terrain, sur fond de remontée en puissance de Bamako et ses alliés. Mais, au-delà des causes de la baisse de la tension au Nord-Mali, il faut noter que des éléments et non des moindres, viennent tempérer l’optimisme quant à un retour définitif de la paix au Mali. Il y a encore d’énormes ombres au tableau de la pacification définitive du pays. Des nuages continuent d’assombrir l’horizon. Par exemple, Kidal n’est toujours pas, dans les faits, dans le giron de l’Etat malien. Au plan militaire, on est en face d’une sorte destatu quo. La ville de Kidal reste imprenable, en tout cas, non encore prise, par l’armée malienne. Les ministres sont toujours persona non grata dans cette ville. On ne peut pas, au regard d’une situation pareille, conclure qu’il y a, de façon effective, des avancées en termes de restauration de l’intégrité territoriale malienne. En outre, le désarmement prôné par l’Accord d’Alger, est jusque-là resté lettre morte. On sait pourtant que tant que les armes continueront de circuler dans la zone, de façon illégale, il sera difficile de parvenir à des améliorations significatives au niveau sécuritaire. Surtout que des accointances, des complicités existent entre les rebelles et certains groupes terroristes qui écument la bande sahélo-saharienne. Les nombreux attentats enregistrés témoignent, si besoin en était encore, de la volatilité de la situation sécuritaire dans le septentrion malien qui a ainsi conservé quelques allures de no man’s land. De plus, les réfugiés ne sont pas encore de retour. Ceci étant certainement la conséquence de la non-maîtrise de la sécurité et d’une certaine hantise de la reprise de la guerre. Pour ces personnes déplacées, l’état du Nord-Mali n’incite pas encore au retour. A ces problèmes, il convient d’ajouter la recrudescence des conflits inter communautaires dans la région de Gao. Ces conflits, faut-il le rappeler, sont de nature à fragiliser davantage un tissu social déjà mal en point.

Certains acteurs ne sont pas pressés de sortir de la crise

On en vient à la conclusion que le tango continue au Mali. C’est tout comme si les autorités officielles et leurs vis-à-vis de la CMA, faisaient un pas en avant et un pas en arrière. En d’autres termes, on fait du surplace. Si l’Accord d’Alger a pu permettre de tracer les sillons du retour de la paix au Mali, ce qui est tout à l’honneur de l’Algérie, il faut avouer que certains acteurs ne sont pas pressés de sortir de la crise. Les autorités maliennes ont fait des efforts en termes d’investissements au Nord du pays. Mais, les résultats sont restés mitigés, les rebelles ne jouant pas le jeu. Les éléments de la CMA restent campés sur leur position « Azawadiste » et gardent à cet effet l’arme au pied. « On peut forcer le chien à se coucher, mais on ne saurait l’obliger à dormir », dit l’adage. L’Algérie a pu contraindre « amicalement » les rebelles à signer l’Accord, mais elle n’a jusque-là pas pu les obliger à respecter ses termes. Tout porte à croire que tant qu’ils n’obtiendront pas l’indépendance de leur Azawad, la paix sera une simple vue de l’esprit. A ce rythme, le conflit est bien parti pour survivre à Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) qui a pourtant fait le serment d’en finir avec, au cours de son mandat. On en vient à croire que le Mali devra se résoudre à vivre dans la même situation que la Palestine dans ses rapports avec Israël, en intégrant la donnée de la guerre permanente. Ce qui serait bien dommage.

Lamamra salue les réformes politiques et institutionnelles au Mali dans le cadre de l’Accord de paix

 Algérie Presse Service dimanche 15 mai 2016

ALGER – Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a salué dimanche à Alger, les réformes politiques et institutionnelles réalisées par le Mali à la faveur de la mise en oeuvre de l’Accord paix et de réconciliation dans ce pays.

Dans un entretien accordé à l’APS, à l’occasion du premier anniversaire de la signature de cet Accord, le ministre s’est félicité de la mise en place des Agences de développement régional (ADR), prévues par l’Accord.

Ces réformes ont également permis la nomination et l’installation des gouverneurs des deux régions nouvellement créées, Taoudénit et Ménaka, de même que l’adoption en cours par l’Assemblée nationale malienne des projets de textes relatifs aux autorités intérimaires, conformément aux dispositions y afférentes de l’Accord, a expliqué le ministre.

Il a relevé dans le même sens que « la validation par la Cour constitutionnelle de la loi relative aux autorités intérimaires contribuera à faciliter la mise en place des autorités intérimaires et à favoriser l’avancement du processus de mise en œuvre de l’Accord ».

Pour le chef de la diplomatie algérienne, ces réformes se traduisent aussi par l’amorce de la révision constitutionnelle, à travers l’élaboration de projets de décrets destinés à prendre en charge les dispositions de l’Accord relatives à la création de la deuxième chambre du parlement.

Dans le domaine de la défense et de la sécurité, M. Lamamra a mis en exergue la création du cadre institutionnel de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) et la nomination d’un commissaire à la RSS, la création de la Commission nationale désarmement-démobilisation-réinsertion (CN-DDR) et de la Commission d’intégration (CI).

Ces avancées se traduisent aussi par l’identification des 24 sites à viabiliser par la MINUSMA pour le cantonnement des combattants et début de réalisation de trois sites à Likrakar, Fafa et Inegar, ainsi que l’accord pour la construction de cinq autres sites et la réalisation de la première patrouille mixte (Forces Armées Maliennes, Plateforme et CMA), formule susceptible d’évoluer, selon le vœu des parties elles-mêmes, vers des « unités mixtes », a encore précisé le ministre.

Lamamra a également relevé les « progrès appréciables » enregistrés dans le domaine du développement économique, social et culturel, notamment, a-t-il dit, la poursuite des actions de développement sur le terrain là où les conditions de sécurité le permettent, à travers des projets et programmes sectoriels.

Il a cité en outre l’organisation de la Conférence de Paris, le 22 octobre 2015, pour la mobilisation des fonds nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord (des annonces de contribution ont été faites pour un montant de 3,2 milliards d’euros) ainsi que la réalisation de la Mission d’Evaluation Conjointe (MIEC) sur le Nord du Mali dont le rapport final vient d’être communiqué aux parties maliennes.

Toujours dans le cadre des progrès enregistrés par l’Accord dans le domaine du développement économique, social et culturel, le chef de la diplomatie algérienne a évoqué l’élaboration de la Stratégie Spécifique de Développement des Régions du Nord du Mali (SSD/NM), dont la première mouture est déjà prête, précisant que le gouvernement (malien) envisage d’organiser des missions de sa restitution sur le terrain.

Dans le même sillage, il a rappelé la tenue d’une concertation (les 24 et 25 mars 2016) sur le financement des infrastructures pour le désenclavement des régions du Nord du Mali, soulignant que cinq projets routiers et 5 cinq autres projets aéroportuaires ont été soumis.

Amélioration des conditions de vie des populations du Nord du Mali

Enclenchant sur le volet portant justice, réconciliation nationale et questions humanitaires, M. Lamamra a relevé plusieurs initiatives de nature à contribuer à une amélioration des conditions de vie des populations du Nord du Mali.

Il a expliqué que la relance des services sociaux de base dans les régions du Nord a constitué l’une des « priorités majeures » de l’action du gouvernement du Mali, à travers, notamment, la réouverture des écoles dans certaines villes dont Kidal et la mise en oeuvre d’une stratégie et d’un plan d’action en faveur du retour des réfugiés et des personnes déplacées.

Lamamra a également relevé le démarrage effectif des travaux de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation (CVJR) pour améliorer le caractère inclusif de cet organe et accroître la représentation des mouvements.

Le ministre a en outre évoqué les préparatifs de la Conférence d’entente nationale, soulignant aussi que la mise en œuvre de cet Accord a permis d’engranger, la rencontre d’Anefis, suivie d’autres rencontres dans d’autres villes maliennes, entre les représentants du gouvernement malien et les plus hauts dirigeants politico-militaires des mouvements.

« Ce canal de communication a joué un rôle-clé dans le règlement des contentieux inter et intra-communautaires et dans le respect du silence des armes dans les régions du Nord du Mali », a-t-il conclu.

1er anniversaire de l’accord pour la paix et la réconciliation, le bilan est mitigé

Studio Tamani – dimanche 15 mai 2016 17:38

Il y a une année, jour pour jour, l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger était signé à Bamako par les différents acteurs du processus. Après plusieurs mois de négociation au Burkina Faso et en Algérie, le gouvernement du Mali, les groupes armés et la médiation internationale étaient parvenus à un consensus. Un an après sa signature, l’accord enregistre d’énormes difficultés dans sa mise en œuvre.

L’accord pour la paix et la réconciliation a été signé en deux-temps. La cérémonie de signature officielle a eu lieu le 15 mai 2015 au centre international des conférences de Bamako. Elle a réuni le gouvernement du Mali, les groupes armés de la plate-forme et la médiation internationale qui ont signé le document devant plusieurs chefs d’État ayant effectué le déplacement à Bamako. La coordination des mouvements armés de l’Azawad, le grand absent du 15 mai, a fini par parapher le document le 20 juin 2015.
Un an après la signature de cet accord, les acteurs déplorent la lenteur dans sa mise en œuvre. La CMA attribue ce retard au gouvernement qui est l’organe chargé de la mise en œuvre dudit accord. Quant aux autorités maliennes, elles estiment que des avancées considérables ont été enregistrées notamment l’adoption de la loi permettant la mise en place des autorités intérimaires et la mise en place de la CVJR.

Les responsables de la plate-forme quant à eux, estiment que ces blocages enregistrés dans l’exécution du calendrier « est normal », car selon eux, « aboutir à un processus de paix n’est pas une chose facile ».
La communauté internationale demande aux différentes parties de continuer à s’investir dans la mise en œuvre du document de paix en vue de réduire l’effet des groupes terroristes qui sapent le processus de paix.

Le gouvernement du Mali reconnaît le retard dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Selon une source gouvernementale, ce retard est dû en partie au contexte sécuritaire notamment l’accès dans certaines localités des régions nord. Toutefois, les autorités maliennes estiment que « la mise en œuvre de l’accord est satisfaisante ».
Moussa Doudou Haïdara, chef de cabinet au ministère de la réconciliation nationale nous fait le point des avancées. Il est au micro de Ayouba Sow :

« Franchement, quand on regarde toutes les dispositions prévues sur toutes les thématiques et toutes les problématiques traitées par l’accord, il y a des avancées. Pour une année, il y a des avancées. La commission vérité justice et réconciliation est mise en place. La loi de la mise en place des autorités intérimaires vient d’être adoptées à l’Assemblée nationale. Pour la conférence nationale d’entente, les consultations préparatoires en amont avec les parties, avec les ministères impliquées et la société civile sont en cours. L’avant-projet de justice transitionnelle pour la CVJR est aussi en cours d’élaboration au niveau du ministère de la justice. Aujourd’hui le MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination) dispose de moyens pour être opérationnel dans les régions. Les patrouilles mixtes vont commencer bientôt. Les décrets de création de la commission nationale d’intégration et la commission DDR ( Démobilisation Réinsertion et Désarmement) ont été signés par le président de la République et les équipes vont bientôt être constituées ».

La Coordination des Mouvements de l’Azawad souligne de nombreux points qui selon elle bloquent le processus. Il s’agit entre autres de la construction des sites de cantonnement, la mise en place des patrouilles mixtes et la mise en marche du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC).
Par ailleurs, elle affirme avoir constaté certains progrès comme l’adoption de la loi sur les autorités intérimaires.
Moussa Ag Attaher, porte-parole de la CMA est joint par Hamadoun Maiga:
« Le processus de mise en œuvre de l’accord connaît plusieurs blocages. Parmi les points de blocage nous pouvons citer la non-effectivité des sites de cantonnement, la difficulté à mettre en place les patrouilles mixtes de sécurité; à concrétiser la mise en place des autorités intérimaires. Il y a aussi la difficulté de rendre opérationnel le MOC. Mais il faut aussi être conscient de certains aspects positifs qui sont nés de cet accord notamment certaines mesures de conscience qui ont permis d’une part à la CMA et à la plate-forme de pouvoir, se rencontrer et parler ».

Selon la plate-forme, d’importantes étapes ont été franchies dans la mise en œuvre de l’accord. Pour elle, « le processus est certes lent, mais il avance ».

Pour le représentant de la CEDEAO au Mali «cet accord aurait pu être plus stratégique dans sa mise en œuvre». Toutefois, il estime que le document reste un outil et c’est aux différentes parties signataires de s’engager à rendre effective sa mise en œuvre.

Cheaka Abdou Touré Représentant Spécial du Président de la Commission de la CEDEAO au Mali est joint par Arkia Touré :

« Il ne faut pas s’attendre à ce que les ennemis du Mali (terroristes) facilitent la tâche, c’est plutôt le contraire. Tous ceux qui sont pour la paix devraient se mobiliser. Il faut très vite aller à un certain nombre de mesures conservatoires qui permettent de réduire l’effet des terroristes. On ne décrète pas la fin d’une crise, mais on travaille pour la fin d’une crise ».

L’opposition quant à elle, tire la sonnette d’alarme, estimant que les signataires de l’accord sont partis sur de mauvaises bases. Selon Alkaïdy Touré, député URD, « depuis un an, rien n’a changé et la situation sécuritaire du pays ne cesse de se dégrader ».

 

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