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Deux marches et une déclaration

by sur 22 mai 2016

L’opposition a organisé une marche pour réclamer une meilleure gouvernance, qui s’est terminée par la lecture d’une déclaration solennelle par Soumaila Cissé, leader officiel de l’opposition.

Une initiative que la majorité a cherché à contrer en organisant au même moment une marche pour la paix et la réconciliation.

Déclaration à la fin de la “Marche pour le Mali”, Bamako 21 mai 2016

Posté le 21/05/2016

DÉCLARATION A LA FIN DE LA MARCHE POUR LE MALI

BAMAKO 21 MAI 2016

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Bonjour et merci d’être venus si nombreux à la marche pour le Mali.

AW NI TCHÉ AW NI TCHÉ AW YÉRÉ YÉ !

Mesdames, Messieurs,

En tout premier lieu, nous nous inclinons avec tristesse, émotion et recueillement devant la mémoire de toutes les victimes des violences et des actes terroristes qui frappent durement notre Nation. Victimes civiles et militaires. Victimes maliennes et étrangères. Victimes enfin d’actes odieux à condamner vigoureusement avec la dernière rigueur.

Nous tenons à présenter nos condoléances les plus attristées aux familles des disparus et à souhaiter prompt rétablissement aux blessés.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

MAIS EST CE QUE ÇA VA DANS LE PAYS ?

EST CE QUE ÇA VA AU MALI ?

MERCI !

Nous sommes là parce que ça ne va pas !

Et pourtant nous avons alerté ! Sans cesse alerté ! Oui nous avons toujours dénoncé toutes les dérives qui caractérisent la Gouvernance de notre pays !

Et pour toute réponse nous avons eu le mépris des autorités et la diffamation publique nous avons été traités d’apatrides, de « hassidi » !

AW YE HASSIDI YE WA ?

AW YE HASSIDI YE WA ?

Mesdames, Messieurs,

Notre Mali est en terribles souffrances sociales, en persistantes déviances affairistes, en misères économiques grandissantes et en méfiances inquiétantes de la communauté internationale et des investisseurs.

Plus de 30 mois d’immobilisme, voire de recul ont anéanti l’espoir, le bonheur et l’honneur tant promis.

Or, notre peuple n’aspire qu’à la paix, à la quiétude dans la solidarité et le partage. C’est pourquoi nous avons invité les Maliennes et les Maliens de tous bords, ce matin à « la Marche pour le Mali », pour faire entendre le cri de désespoir de notre peuple, le cri du peuple est notre cri à tous et c’est ensemble que nous devons désormais nous engager au chevet de notre pays pour le bien-être des populations, au-delà de tous les clivages politiques, dénoncer non seulement les dérives du régime mais aussi et surtout…

Dire non à la mauvaise gestion du Nord,

Non à la mauvaise gouvernance,

Non à la corruption généralisée,

Non à la dilapidation de nos maigres ressources,

Non à l’arrogance et au mépris,

Non à l’absence de dialogue social justifiant ainsi le malaise social grandissant.

Exiger que la priorité soit donnée à une paix durable en toute transparence des moyens et des accords !

Refuser catégoriquement la partition du pays dont les conséquences diviseraient notre peuple !

Exiger avec force la création massive et pertinente d’emplois pour les jeunes ; Soulager la souffrance du peuple par des subventions des denrées de première nécessité.
Mesdames et Messieurs,

Le pays vit dans l’incertitude.

Les Maliens ont la nette impression d’une action publique sans but, sans visibilité, d’un exercice du pouvoir qui tourne à vide, de l’absence de réformes, de direction et d’engagement.

Les Maliens s’interrogent sur le manque d’ambitions de la gouvernance actuelle car les incantations ne peuvent tenir lieu de réponses à leur angoisse.

Les populations s’interrogent également sur l’État et ses démembrements (l’éducation, la santé, la justice, l’administration…) leurs capacités à délivrer les services de base, sur les spoliations, les multiples tracasseries dont ils font l’objet. Les Maliens ne se reconnaissent pas dans l’État tel qu’il fonctionne.

Aujourd’hui au Mali des centaines d’écoles sont fermées, des milliers d’écoliers sont privés d’étude.

Aujourd’hui au Mali des centaines de centres de santé sont fermés : des milliers de maliens sont privés de soins primaires.

Aujourd’hui, au Mali des centaines d’enseignants, de fonctionnaires sont au chômage faute de classes, de bureaux venant s’ajouter aux milliers de jeunes sans emploi ni espoir.

Aujourd’hui au Mali, tous les foyers sont privés d’électricité de jour comme de nuit à cause des coupures intempestives.

Aujourd’hui les maliens peinent à avoir l’eau potable à cause des coupures incompréhensibles.

Aujourd’hui au Mali les communautés maliennes s’affrontent à coup d’armes de guerre après des millénaires de cohabitation fraternelle et pacifique comme dans le centre du pays.

Aujourd’hui au Mali personne ne peut s’aventurer en dehors des grandes villes au risque de se faire tuer.

Aujourd’hui, le Nord du Mali est caractérisé par l’absence totale de l’État et les populations abandonnées à elles mêmes.

Tout ceci incline à s’atteler à la redéfinition du rôle de l’État.

Depuis trente mois, notre peuple attend toujours que l’État affirme son autorité, qu’il prenne ses responsabilités, et d’abord ses responsabilités en matière de sécurité et de défense du territoire.

Depuis trente mois notre peuple réclame le respect des lois, une justice égale pour tous.

Depuis trente mois notre peuple souhaite que le pays connaisse la stabilité, que l’action des autorités publiques soit transparente et contrôlable.

Mesdames, messieurs,

Le temps est venu de sortir de l’immobilisme actuel et redonner espoir à nos populations.

Les Maliens attendent un État fort, un État solide, stable et juste, un État stratège, capable de donner une direction au pays.

OUI OU NON ?

Les maliens veulent un État au service du développement et de l’économie, qui soutienne les initiatives des citoyens pour le développement, garantit la création de richesses par le secteur privé,

OUI OU NON ?

Les maliens souhaitent une redistribution équitable des richesses, et une solidarité agissante avec les plus démunis.

OUI OU NON ?

Les maliens veulent d’un État qui saura unir la Nation, la protéger et non la diviser.

OUI OU NON ?

Nous voulons un État qui crée l’espoir

OUI OU NON ?

Parce que sans une République affirmée, sans un État respecté, sans une Démocratie assurée, sans une vie politique guidée par l’intérêt général, sans un développement équitable et visible, il est fort à craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets, que la Nation s’efface devant les intérêts privés et les particularismes destructeurs.

Mesdames et Messieurs,

Le 12 avril 2016, les partis politiques de l’opposition républicaine et démocratique ont décidé solennellement de se retirer du cadre de concertation ministre de l’administration / présidents des partis politiques pour ne plus s’associer à une quelconque concertation qui ne prend pas en compte les vrais problèmes politiques et institutionnels du pays.

Douze mois après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, le gouvernement est toujours au stade de tâtonnement et de tergiversation là où il a pris des engagements explicites.

Mesdames et Messieurs,

Ces constats affligeants dénotent de la politique de fuite en avant qui caractérise l’action gouvernementale au Mali depuis deux ans et demi.

Vers la fin du dernier trimestre de l’année 2015, l’Opposition et la Majorité avaient projeté de se rencontrer dans le cadre d’un dialogue constructif afin de proposer des solutions aux préoccupations des Maliens. Cette nouvelle, largement commentée dans les colonnes des journaux et sur les antennes des radios, a été perçue par nos compatriotes comme une démarche républicaine porteuse d’espoir.

Depuis le 2 décembre 2015 nous sommes dans l’attente du démarrage du dialogue républicain.

Pour toutes ces raisons et tant d’autres, l’opposition républicaine et démocratique marche pour le Mali ce jour et prend à témoin le peuple malien et la Communauté internationale pour exiger fermement du Gouvernement de la République, ce qui suit :

  • Des Assises Nationales pour la Refondation de l’État,
  • Le retour du Président ATT pour une vraie réconciliation nationale,
  • La fin de la dilapidation des ressources publiques,
  • L’emploi pour les jeunes,
  • Une meilleure dotation des FAMAS pour la défense de l’intégrité du territoire et la sécurisation des personnes et de leurs biens,
  • Une gestion transparente des ressources allouées aux FAMA,
  • Un allègement de la souffrance quotidienne des ménages,
  • La fin de la gestion patrimoniale de l’État.
  • Une meilleure présence de l’État et de ses démembrements (Éducation, Santé, Administration…) sur toute l’étendue du territoire national,
  • Le retour au dialogue pour contenir un malaise social grandissant.

Nous, partis de l’opposition républicaine, organisations de la société civile présents ici ce jour sommes déterminés à redonner espoir et confiance à notre peuple !

J’ai parlé au nom des Partis Politiques de l’opposition Républicaine et Démocratique :
AFP, ANCD-Mali, FARE An Ka Wuli, FCD, PARENA, Parti Lumière, PDES, PIDS, PSP et URD.

Je remercie la Société Civile, les opérateurs économiques, les transporteurs, les syndicats, le secteur privé…

Je remercie les représentants des dizaines d’associations et de clubs ici présents.

Je remercie la jeunesse combattante, nos braves mères, épouses et sœurs.

Je remercie toutes les forces vives de notre pays qui ont répondu massivement à notre appel.

Mesdames, Messieurs, la lutte continue, le Mali vaincra.

Nous disons au gouvernement encore une fois

Attention, Attention, Attention !

Restons vigilants et mobilisés.

AW NI TIE, 

ALLAH KA MALI KISSI

ALLAH LA AW NIOUMA SÉGUIN SO

MERCI

Je vous remercie !

Soumaïla Cissé

 Mali : marche de l’opposiotion à Bamako contre « la mauvaise gouvernance »

AFP – 21 mai 2016

Parmi les marcheurs, figuraient aussi des partisans de l’ex-président malien Amadou Toumani Touré

Des milliers de personnes ont marché pacifiquement samedi à Bamako, à l’appel de l’opposition, contre « la mauvaise gouvernance » et la corruption au Mali.

Sur les banderoles brandies par les manifestants, on pouvait notamment lire: « Ras-le-bol, non à la mauvaise gouvernance, non à la partition du pays », « Non à l’insécurité », « les Maliens ont faim », « IBK, tu n’as pas tenu tes promesses », IBK étant le surnom du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, élu en août 2013.

Des slogans hostiles au pouvoir ont également été entendus durant la marche, encadrée par des forces de l’ordre. Aucun incident n’a été signalé.

La manifestation a pris fin avec un rassemblement marqué par l’intervention de plusieurs responsables de l’opposition, dont leur chef de file, Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), et Tiébilé Dramé, chef du Parti pour la Renaissance nationale (Parena).

« Nous sommes là parce que ça ne va pas », a notamment lancé M. Cissé, fortement applaudi. « Il y a un ras-le-bol général. Le pays n’est pas gouverné » et le pouvoir « n’écoute pas, il n’entend pas », a-t-il déclaré.

« Nous marchons aussi contre la corruption généralisée, le détournement des ressources destinées à la défense et à la sécurité nationale », a dit à des journalistes une des manifestantes, Oumou Sylla, diplômée sans emploi.

Parmi les marcheurs, figuraient aussi des partisans de l’ex-président malien Amadou Toumani Touré – surnommé ATT, d’après ses initiales -, qui ont réclamé son retour du Sénégal où il est exilé depuis 2012.

« ATT est quelqu’un qui a travaillé pour ce pays », il doit revenir « pour qu’on scelle la réconciliation », a soutenu Abdoulaye Guindo, un étudiant, brandissant sa photo.

  1. Touré a été renversé le 22 mars 2012, à quelques semaines de la fin de son deuxième quinquennat, par des militaires qui l’accusaient d’incurie dans la lutte contre les groupes armés actifs dans le nord du pays.

Il est menacé d’un procès pour « haute trahison » par le régime du président Keïta. Fin décembre 2013, le gouvernement malien l’avait notamment mis en cause pour avoir, pendant son mandat, laissé le Nord tomber aux mains des groupes armés dominés par les jihadistes, qui ont contrôlé cette vaste région pendant près de dix mois, jusqu’à janvier 2013.

Mali: l’opposition marche contre « la mauvaise gouvernance », la majorité se rassemble pour la réconciliation

21 mai 2016

Bamako a été samedi le théâtre de deux manifestations politiques d’envergure: une marche de l’opposition contre « la mauvaise gouvernance » et la corruption dans le pays », et un rassemblement de la majorité « pour la paix et la réconciliation », selon un journaliste de l’AFP.

Des milliers de personnes ont participé samedi matin à « la marche pour le Mali » à l’appel d’une dizaine de partis de l’opposition, manifestation qui a été encadrée par les forces de l’ordre. Aucun incident n’a été signalé.

Les banderoles brandies par les manifestants affichaient notamment: « Ras-le-bol », « Non à la mauvaise gouvernance, non à la partition de notre pays », « Non à l’insécurité », « Les Maliens ont faim », « IBK, tu n’as pas tenu tes promesses », IBK étant le surnom du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, élu en août 2013.

La marche a pris fin avec un rassemblement marqué par l’intervention de plusieurs responsables de l’opposition, dont leur chef de file, Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), et Tiébilé Dramé, chef du Parti pour la Renaissance nationale (Parena).

« Nous sommes là parce que ça ne va pas », a notamment lancé M. Cissé, lisant une déclaration au nom des organisateurs, après avoir rendu hommage aux victimes des attaques jihadistes qui se multiplient dans le pays.

Il a dénoncé des « souffrances sociales », « déviances affairistes », « misères économiques grandissantes » et « plus de 30 mois d’immobilisme » ayant, a-t-il dit, « anéanti l’espoir » dans le pays.

« La marche pour le Mali » vise à « dire non à la mauvaise gestion du Nord, non à la mauvaise gouvernance, non à la corruption généralisée, non à la dilapidation de nos maigres ressources », a-t-il ajouté, en écho à des griefs évoqués par plusieurs manifestants.

Parmi les marcheurs, figuraient aussi des partisans de l’ex-président malien Amadou Toumani Touré – surnommé ATT, d’après ses initiales – qui ont réclamé son retour du Sénégal où il est exilé depuis 2012. « ATT » doit revenir « pour qu’on scelle la réconciliation », a soutenu Abdoulaye Guindo, un étudiant, brandissant sa photo. AT Touré a été renversé le 22 mars 2012, à quelques semaines de la fin de son deuxième quinquennat, par des militaires qui l’accusaient d’incurie dans la lutte contre les groupes armés actifs dans le nord du pays.

Il est menacé d’un procès pour « haute trahison » par le régime du président Keïta. Fin décembre 2013, le gouvernement malien l’avait notamment mis en cause pour avoir, pendant son mandat, laissé le Nord tomber aux mains des groupes armés dominés par les jihadistes, qui ont contrôlé cette vaste région pendant près de dix mois, jusqu’à janvier 2013.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention internationale lancée en janvier 2013, qui se poursuit. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Samedi soir, quelque mille personnes ont participé au « Rassemblement pour la paix et la réconciliation » tenu dans un centre de conférences à l’initiative de partis et associations soutenant le pouvoir.

« Paix et réconciliation, je m’engage », « Nous sommes résolus à mourir pour nourrir la paix », « Retrouvons nos valeurs cardinales de solidarité et de tolérance », était-il écrit sur des banderoles et pancartes. Des portraits des anciens et actuel présidents étaient visibles dans la salle.

« Les Maliens doivent se réconcilier, du sommet à la base, et le fait le voir les photos de tous les présidents maliens depuis les indépendances, est une manière pour de nous approprier notre histoire », a dit Boubacar Coulibaly, président de l’association Jeunes du Mali.

Mali: L’opposition bat le pavé de Bamako contre la mauvaise gouvernance et la corruption  

KOACI –  21/05/2016

©koaci.com – Samedi 21 mai 2016 – Plus de trois mille personnes ont répondu samedi à l’appel de l’opposition pour marcher àBamako Rechercher Bamako contre les dérives du régime du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

Ils ont tranquillement battu le pavé de la capitale pour dénoncer la mauvaise gouvernance et la corruption du camp au pouvoir depuis 2013 en lui lançant toute sorte d’invectives allant des promesses non tenues à la non partition du pays en passant par l’insécurité, les difficultés pour se nourrir et les détournements des ressources destinées à la défense et à la sécurité nationale.

Soumaïla Cissé (URD) chef de file de l’opposition, et Tiébilé Dramé (Parena) ont pris la parole à la fin de la marche.

« Il y a un ras-le-bol général. Le pays n’est pas gouverné et le pouvoir n’écoute pas, il n’entend pas » s’est exprimé sous les applaudissement Cissé qui n’a pas hésité à rappeler que l’évènement du jour n’était pas lié à un hasard.

Signalons que des partisans de l’ex-président malien Amadou Toumani Touré, en exil au Sénégal depuis 2012 et menacé d’un procès pour « haute trahison », ont pris part à la manifestation du jour. Ils réclamaient son retour pour la réconciliation et arguaient que malgré son renversement en mars 2012, il avait travaillé pour le pays.

 

 

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