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Pour un déblocage du processus de paix

by sur 31 mai 2016

L’ACCORD DE PAIX ET DE RECONCILIATION : Trois propositions de sortie de crise face à l’incapacité du régime d’IBK et de son Gouvernement pour sortir le Mali de la léthargie

Youssouf Sissoko – youssouf@journalinfosept.com – 31 mai 2016

Un an après la signature en grandes pompes, au Centre International de Conférences de Bamako, de l’accord de Paix et de réconciliation en dépit de la grande publicité à l’ORTM. La réussite d’une bonne politique de communication autour de sa mise en œuvre semble être, du reste, l’objet de la nomination de Sidiki N’Fa Konaté au poste de DG du seul médium public. Mais en dépit de tout, les signaux sont toujours au rouge. Ni la tenue des multiples fora inter et intra-communautaires, ni la mise en place des organes de l’Accord de Paix et de Réconciliation, encore moins les faveurs en nature comme en espèces sonnantes et trébuchantes n’ont jusque-là pas fait bouger les lignes.

Le processus est toujours au starting block. Il semble être bloqué à dessein surtout après le retrait de la plateforme et de la CMA. Face à l’incapacité du Président de la République et de son Gouvernement à proposer une solution de sortie de crise, un sursaut patriotique n’est-il pas envisageable ? Que dire des Assises nationales afin que les forces vives de la nation accordent leurs violons pour sauver l’essentiel, le Mali ? IBK fera-t-il son mea maxima culpa et tendre la main à son opposition en prenant en compte ses griefs et ses propositions ?

Elu avec un score qui frise le plébiscite, le Président de la République aurait dû faire une double lecture de sa victoire avant de poser les premiers actes de sa gouvernance. La première lecture était de se considérer comme un président de transition, surtout après la crise que fut la nôtre. Et qui dit transition dit un large consensus autour des questions existentielles. Cela appelle à des concertations avec toutes les forces vives de la nation.

La seconde lecture devait sans nul doute être la satisfaction des grandes attentes du peuple qui avait fondé un grand espoir sur un homme qu’il avait considéré comme le KANKELEN TIGI. Ainsi, pour arrêter la déception des très nombreux maliens, il se devait de faire des choix « SMART » : judicieux, objectifs, raisonnables, désintéressés et mesurables. Mais au lieu de cela, le président IBK s’est totalement embourbé, verrouillé dans des considérations partisanes et familiales, ratant du coup cette belle occasion pour rassembler le peuple malien, réconcilier l’Etat avec les citoyens et espérer devenir le « Mandela malien ».

Aujourd’hui, confronté aux dures réalités du pouvoir et victime de son impréparation, le président de la République semble être pris dans son propre piège. Ainsi pour en sortir, il doit descendre de son piédestal pour rassembler toutes les forces vives afin de sauver ce qui peut l’être encore pendant qu’il est toujours temps. Voici 3 grandes propositions de sortie de crise :

1e Proposition : La tenue urgente d’une conférence nationale bis comme en 1992 véritablement nationale pour relire sans pression et sans passion l’Accord de Paix et de réconciliation et en sortir avec trois textes fondamentaux : une nouvelle constitution, un nouveau code électoral et une nouvelle charte des partis. Cette conférence que tout le monde souhaite inclusive, devra à terme jeter les jalons d’un nouveau Mali.

2e Proposition : La mise en place d’un gouvernement d’union nationale dont la principale mission sera la mise en œuvre de l’architecture du nouveau Mali. En plus de la mise en œuvre de l’Accord ce gouvernement devra également s’atteler à la reconstruction d’une nouvelle armée républicaine plus professionnelle dotée des derniers équipements de pointe à même de garantir notre intégrité territoriale. Le renforcement de la citoyenneté et la refondation de l’école malienne devraient en sus s’ajouter aux priorités de ce gouvernement.

3e Proposition : Son renoncement officiel à un second mandat en 2018 à travers une adresse solennelle à la nation pour annoncer la nouvelle. C’est seulement en cela qu’il pourra espérer être le « Mandela malien ». Et cet acte d’une haute portée patriotique étant donné son état de santé fragile et en tant que l’un des doyens de la scène politique, réconciliera la classe politique pour une alternance consensuelle comme souhaité aujourd’hui par une frange importante de la population malienne exprimé sur les réseaux sociaux par le mouvement « Anw Filila ».

En définitive, le constat sur le terrain est alarmant. Le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) est au point mort s’il ne sert pas à un blanchiment de cerveau de ceux qui hier ont pris les armes contre leur pays au détriment de ceux qui l’ont défendu à mains nues. La controversée mise en place des autorités intérimaires tarde à produire ses effets escomptés. Et pas plus tard que la semaine dernière, pour ne rien arranger à la situation comme si un malheur divin continuait de nous poursuivre, c’est le retrait annoncé de la plateforme et de la CMA du processus. Face à ce blocage une véritable remise en cause de la gestion IBK et de son gouvernement de la crise au nord s’impose. IBK doit démentir à tout prix ceux qui prétendent qu’il n’a jamais lu le texte de l’Accord de paix.

 

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