Accompagné du Commandant de la Force et du Directeur de l’Appui à la Mission, le Chef de la MINUSMA, s’est rendu ce jeudi à Gao, pour être aux côtés du personnel de la Mission suite aux attaques qui ont eu lieu mardi soir, contre le personnel et les installations des Nations Unies sur place. Au-delà du réconfort apporté à celles et ceux qui ont été touchés, le but de ce déplacement est de réaffirmer la détermination de l’ONU à poursuivre sa Mission de maintien de la paix au Mali.

 

 

La journée de Monsieur Annadif avait commencé par une conférence de presse au Quartier Général de la MINUSMA à Bamako. Au cours de cet entretien avec la presse malienne et internationale, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Mahamat Saleh Annadif, Chef de la MINUSMA, avait réaffirmé sa détermination et celle de l’ensemble de ses équipes, à poursuivre leur combat pour la paix et la réconciliation au Mali. Une détermination qui s’enrichira des leçons apprises suites aux nombreuses attaques subies par la Mission depuis son déploiement et qui ces dernières semaines se sont amplifiées.

C’est à 11h00 qu’à la tête d’une délégation comprenant notamment le Commandant de la Force, le Général Michael Lollesgaard et le Directeur de l’Appui à la Mission Michael Mulinge Kitivi que M. Annadif, s’est envolé pour Gao.

Sur le terrain, le Chef de la MINUSMA est venu voir, écouter, rassurer mais aussi et surtout redire à quel point, il est important que le processus de paix suive son cours, afin que l’aspiration majeure des maliennes et des maliens, qui est de vivre en paix, devienne une réalité palpable et durable.

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Aussitôt arrivée, la délégation onusienne a pris le chemin du Camp ‘’élevage’’ de la MINSUMA à Gao, théâtre de la première attaque, pour constater de visu les importants dégâts matériels. Ici, les installations les plus touchées sont les logements des personnels civils de la Mission où vivent les fonctionnaires internationaux de la MINUSMA en poste dans la Cité des Askia. Selon les estimations, près de 80% de ces logements, qui sont en fait des conteneurs, ont été endommagés et sont quasiment hors d’usage.

Face au Chef de la MINUSMA, au Commandant de la Force, au reste de la délégation et à leurs collègues de Gao, un spectacle de destruction. A l’entrée du camp, un énorme cratère fait croire aux conséquences d’un tremblement de terre. Le camion piégé aux explosifs et responsable de ce carnage s’est littéralement disloqué, projetant ses restes plus de 200 mètres à la ronde. Un paysage qui en dit long sur la violence de l’explosion.

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Après avoir constaté le désastre matériel, M. Annadif se devait de s’enquérir du moral de ses troupes, militaires comme civiles. Lors de la rencontre avec le contingent chinois, du Représentant Spécial du Secrétaire Général au Commandant de la Force de l’ONU au Mali, le message est le même : il faut continuer la mission ! Ce dernier, s’adressant aux Casques Bleus chinois a déclaré : « Nous constatons la première perte des chinois au Mali. Nous sommes attristés pour les familles des victimes. Toutefois, nous avons une mission difficile et on doit continuer. On doit tirer les leçons. Que peut-on faire de mieux et de plus. Pour ce faire, mettez à disposition toute l’expérience que vous avez accumulé, y compris durant cette tragédie.»

Si du côté des militaires, le bilan reste lourd : un mort et deux blessés graves évacués sur Dakar (au Sénégal), parmi les civils en revanche, on ne dénombre que des blessés légers. La délégation est allée leur rendre visite et leur témoigner son soutien.

Rassurer et réaffirmer la détermination

Du soutien, le personnel civil réuni au Super Camp pour une rencontre avec le leadership de la Mission, en a reçu. Plus d’une heure durant, ils ont pu échanger avec les responsables de la MINUSMA, venus leur parler mais aussi les entendre.

En début de réunion, le RSSG a introduit son propos ainsi : « On a visité les lieux et cela ressemble à un ravage de tremblement de terre. On a visité vos collègues qui sont légèrement blessés. On a visité les Chinois qui ont souffert de la perte d’un de leur frère d’arme. Difficile et pénible de faire le compte macabre de nos pertes (Douentza, Aguelhok etc.). Les dégâts que j’ai vu ici sont énormes mais ils ne valent pas une seule des vies humaines que nous avons perdues. Le terrorisme est un ennemi et sa force réside dans l’imprévisibilité (Grand Bassam, Bruxelles, Paris etc…). »

Au fil de l’intervention de Monsieur Annadif, la compassion a laissé la place à la galvanisation : « Il y a des risques. Mais nous avons accompli des choses dont nous pouvons être fiers. Mais nous avons perdu trop des nôtres. Cela doit nous interpeller. Nous devons faire notre auto-critique. Il faut apprendre des leçons. Entre-temps, il nous faut beaucoup de courage, et redoubler de courage pour réussir notre mission. L’ennemi, le terroriste, n’a pas accepté la défaite. Donc il faut nous armer de détermination et de courage pour continuer malgré les défis. C’est le moment d’une grande solidarité entre nous, » a-t-il insisté, avant d’inviter son auditoire à s’exprimer : « Nous sommes ici pour vous dire que nous sommes avec vous, pour vous dire notre solidarité, pour apprécier et saluer votre résilience et votre courage pour vous écouter et pour vous dire aussi que nous travaillons d’arrache-pied pour assurer votre sécurité et sûreté. »

Le SRSG a échangé avec le personnel, au sujet de leurs conditions de travail à Gao et de leur amélioration, pour assurer le renforcement de la coopération avec les populations en vue d’une meilleure effectivité dans la mise en œuvre du mandat de la MINUSMA.

Des mesures à prendre

Tout au long de la journée, le Représentant Spécial du Secrétaire Général l’a dit et répété, aidé en cela du Commandant de la Force : « Il faut apprendre de nos erreurs et voir comment améliorer notre travail pour éviter de vivre cela à nouveau ». Le ton est donc donné, il va falloir prendre des mesures plus importantes, non seulement pour sécuriser le personnel de la MINUSMA mais aussi pour être plus « proactif face aux terroristes, tout en respectant les principes fondamentaux de l’Organisation des Nations Unies et notre mandat, » tel qu’il l’a expliqué lors de la conférence de presse du 2 juin au Quartier Général à Bamako.