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Cela va-t-il débloquer la situation ?

by sur 16 juin 2016

On sait depuis un moment déjà que des acteurs maliens n’ont pas intérêt à ce que la paix revienne au Mali.

La mise en place d’autorités intérimaires au Nord est saluée comme un premier pas vers l’autonomie par les tenants de celle-ci et, à Bamako, les plus durs estiment qu’il s’agit là d’une concession inadmissible menant à  une partition du pays…

Mali : gouvernement et groupes armés s’accordent pour créer des autorités intérimaires dans le nord

Jeune Afrique avec AFP – 16 juin 2016 à 09h59 — Mis à jour à 10h04

Le gouvernement malien et les groupes armés signataires de l’accord de paix de 2015 se sont entendus sur la création d’autorités intérimaires dans les cinq régions administratives du nord du Mali, a-t-on appris mercredi.

« Cette entente constitue une avancée significative dans le processus de paix », s’est félicitée la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), dans un communiqué daté du 14 juin. L’information a été également annoncée par le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), l’une des principales composantes de l’ex-rébellion. « Nous revenons donc dans le processus après ce boycott », a déclaré un de ses portes-paroles, Almou Ag Mohamed.

Calendrier des principales mesures

D’après ce document, signé par le ministre de la Reconstruction des régions du Nord, Hamadou Konaté, et les deux représentants des groupes pro-Bamako et de l’ex-rébellion, les collectivités territoriales du Nord seront remplacées par des autorités intérimaires.

Le texte comprend également un calendrier pour les principales mesures de la période transitoire, retardées depuis des mois. Parmi celles-ci, on note surtout l’installation dans les régions du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) chargé de conduire des patrouilles mixtes composées d’éléments des trois parties, qui est prévue à partir du 1er juillet, mais aussi le redéploiement des services de l’Etat dans le Nord, prévu du 15 juillet au 15 août, et la mise en place des autorités intérimaires, du 15 juillet au 25 août.

Désignations des autorités

« Les membres de ces autorités seront désignés de façon consensuelle par les trois parties parmi les agents des services de l’État, la société civile et les conseillers sortants des collectivités qu’elles remplacent », précise le texte.

« Le président de chaque autorité intérimaire sera le chef de l’exécutif local et leurs décisions seront exécutoires immédiatement, leur légalité n’étant contrôlée par le représentant de l’État qu’a posteriori ».

En attendant la promulgation de la loi créant ces nouvelles collectivités territoriales du Nord, votée par le Parlement le 31 mars, des collèges transitoires seront mis en place, à titre exceptionnel, dans les circonscriptions administratives nouvellement créées. Ces collèges, dotés des attributions des futures autorités intérimaires, seront désignés de manière consensuelle par les trois parties parmi la société civile.

Des dispositions déjà prévues, mais retardées

L’accord de paix signé en mai-juin 2015 prévoyait déjà la mise en place de ces autorités intérimaires dans un délai de trois mois pour gérer pendant une période transitoire les régions administratives du nord du Mali.

Le retard de l’application de ces dispositions constituait l’un des principaux points de blocage du processus de paix, conduisant les groupes pro-Bamako aussi bien que ceux de l’ex-rébellion au boycott des instances de l’accord depuis près d’un mois.

Une quasi-paralysie qui, selon des responsables de l’ONU et des analystes maliens est liée à la récente recrudescence d’attaques jihadistes meurtrières, frappant notamment les Casques bleus.

 

CONSENSUS SUR LA MISE EN PLACE D’AUTORITES INTERIMAIRES AU NORD-MALI : La paix des braves aura-t-elle lieu ?  

Boundi OUOBA – Le Pays –  15 juin 2016

La paix des braves aura-t-elle lieu ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres depuis que, le 15 juin dernier, les protagonistes de la crise malienne ont trouvé un consensus sur la mise en place d’autorités intérimaires qui devraient administrer les cinq régions du Nord-Mali.

En d’autres termes, groupes armés et agents de l’Etat seront désormais appelés à cohabiter pour assurer la sécurité et surtout le retour des services sociaux de base tels que l’éducation et la justice. Comment ne pas se réjouir d’une telle avancée remarquable quand on sait  que depuis plus d’un an après sa signature en grande pompe, l’accord d’Alger qui avait pourtant suscité beaucoup d’espoirs, a du mal à prendre corps ? Osons seulement espérer que cette fois-ci sera la bonne.

Car, rien n’est encore gagné d’avance. Une chose est de se mettre d’accord pour gérer les régions du Nord, une autre est de s’entendre sur le choix des hommes dont on dit qu’ils seront « désignés de manière consensuelle ». Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, des couacs pourraient être enregistrés à ce niveau. De fait, on imagine difficilement le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) qui n’a jamais renoncé à son projet indépendantiste, laisser la gestion de Kidal à Bamako ou à d’autres groupes armés, fussent-ils signataires de l’accord d’Alger.

C’est pourquoi il faudra, pour l’instant, se garder de tout angélisme puisqu’au Mali, un consensus arraché le matin peut voler en éclats le soir venu, tant et si bien que parfois, on ne  sait plus à quel accord se fier. Car, avec des acteurs coutumiers des  revirements et des pantalonnades, il n’est pas exclu que dans les jours à venir, on assiste à des blocages dans la mise en œuvre des engagements pris à Bamako. Quand on ne fomente pas un attentat par groupe djihadiste interposé, on crée une nouvelle situation de belligérance en s’attaquant aux positions d’autres groupes armés, rendant ainsi difficile toute sortie de crise.

En clair, au Nord-Mali, tout se passe comme si certains acteurs, en témoigne leur attitude caméléonesque, ne veulent pas d’un retour de la paix. Et Dieu seul sait s’ils sont nombreux, ces pêcheurs en eaux troubles, qui tirent abondamment profit des trafics et autres contrebandes de tout genre, dans le septentrion malien.

Pendant ce temps, les terroristes, jadis traqués  jusque dans leurs derniers retranchements,  refont peu à peu surface, allant jusqu’à s’attaquer aux forces internationales en présence. La dernière  embuscade en date avait fait cinq morts dans les rangs du contingent togolais. En tout cas, il urge que les protagonistes de la crise malienne se rencontrent et se parlent régulièrement, mais encore faut-il que les uns et les autres fassent preuve de sincérité et de bonne foi.

A défaut, on passera le temps à tourner en rond avec le risque très élevé d’un retour à la case-départ. Car, faut-il le  rappeler, le problème du Nord-Mali n’est pas seulement politique, il est aussi sociologique. En effet, les Touaregs qui constituent une minorité, quoi que agissante, revendiquent la légitimité historique de la zone, devant d’autres groupes ethniques qui se considèrent comme autochtones.

On est donc face à une véritable équation qui ne peut être résolue par des coups de bazooka. Pour être durable, toute solution doit nécessairement passer par un dialogue incluant toutes les communautés vivant dans le Nord-Mali. C’est à ce prix seulement que l’on pourra reconstruire un Mali uni et indivisible que d’aucuns appelaient affectueusement le Maliba (entendez le grand Mali).

 

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