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Création d’un groupe d’autodéfense peul

by sur 20 juin 2016

 

Dernière mise à jour le 21 juin  à 9h20

Pas certain que la multiplication des groupes d’autodéfense armés et autres milices soient une bonne chose pour l’intégrité du pays…

NAISSANCE D’UN MOUVEMENT ARME PEUL : Un nouveau front pour Bamako

NAISSANCE D’UN MOUVEMENT ARME PEUL : Un nouveau front pour Bamako
 

Il faut faire preuve d’excès d’optimisme pour ne pas voir  le navire malien balloté par de violents vents contraires d’une tempête qui n’a que trop duré. En effet, alors qu’au Nord-Mali la paix, en dépit de l’accord sur la mise en place des autorités intérimaires, tarde toujours à s’installer, le  centre du pays entre à son tour dans l’œil du cyclone avec la naissance d’un nouveau mouvement armé d’obédience peule, « l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice ». Même si ce cadet des groupes armés qui infestent les rives du Djoliba se défend de toute velléité indépendantiste et affirme sa  démarcation d’avec  la nébuleuse djihadiste, deux fléaux  qui ont installé le pays de « Kankélétigui» dans la tourmente, il n’en demeure pas moins que Bamako doit froncer  sérieusement les sourcils.

D’abord, parce que le Secrétaire général du mouvement, Omar al-Janah,  un jeune enseignant de 27 ans,  place dans sa ligne de mire l’armée malienne qu’il accuse d’exactions contre les civils peuls et se dit être à la tête  d’une légion de 7 000 combattants pour mener à bien son combat. C’est donc, si l’on ne veut jouer au Saint Thomas, potentiellement, un nouveau front qui s’ouvre pour une armée malienne déjà enlisée dans les dunes de sables du septentrion et qui a été quelque peu contrainte d’avaler son orgueil pour se mettre sous le couvert de l’armée française et de la MINUSMA.

Ensuite, parce que le  berceau du nouveau-né est déjà l’épicentre d’un autre mouvement dissident, le Mouvement de libération du Macina de Amadou Kouffa. Il faut craindre la jonction des deux mouvements qui partagent à la fois la même base identitaire et le même ennemi. De toute évidence donc, quelle que soit la justesse de la cause défendue, ce nouveau mouvement ne peut apporter que plus de problèmes que de solutions à l’imbroglio malien.  Il vient ajouter du feu au feu, transformant ainsi la noblesse d’un combat identitaire en un acte bien répréhensible.

En mettant en avant l’argument de la force, le jeune Oumar al-Janah et son mouvement décident de ramer à contre-courant de l’élan du peuple malien en direction de la paix dont il a perdu le goût depuis bientôt une décennie. En se mettant ainsi en marge de la marche de la nation, « l’Alliance pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice » pose là un acte d’apatridie qui devrait mettre mal à l’aise de nombreux intellectuels peuls.  Car, en plus de susciter des risques de stigmatisation dans un contexte sous- régional où la coexistence sociale est déjà mise à rude épreuve entre les agriculteurs sédentaires et les éleveurs nomades essentiellement peuls,  le mouvement instrumentalise l’ethnie qui,  comme base de revendications politiques,  aboutit toujours à des drames comme on en a vu ailleurs sur le continent ou même sous d’autres cieux plus lointains. Ce n’est donc qu’un malheureux paravent derrière lequel se cachent des politiciens en panne d’inspiration.

L’Etat malien devrait se donner les moyens de s’imposer à tous

Au-delà du Mali, il faut craindre l’effet de contagion du mouvement qui pourrait déstabiliser toute l’Afrique occidentale car des contreforts du Fouta Djalon en Guinée aux confins des monts Cameroun, vivent d’importantes communautés peules qui peuvent au même prétexte lever l’étendard de la révolte contre leurs nations. Et les nombreux conflits communautaires comme on en voit au Burkina, en Côte d’Ivoire ou encore au Nigeria, peuvent fournir la mèche à une conflagration régionale. Mais peut-être que tout ceci n’est que prévisions trop alarmistes pour un mouvement né sur fond de simples calculs politiques.

En effet, au moment où entre en phase d’opérationnalisation au Mali le processus Démobilisation-Désarmement-Réinsertion (DDR),« l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice », pour intégrer le processus, se donne le statut de groupe armé. Et là, elle n’aurait fait qu’emprunter le large boulevard entrouvert par les groupes armés du Nord-Mali qui n’ont aujourd’hui droit au chapitre qu’en tirant leur légitimité de leur statut de groupes armés.

Du reste, c’est à son armée que le Mali a le plus mal et quoi de plus normal que par opportunisme politique, Al-Janah y embraye fort.  Et peut-être même que dans une perspective plus lointaine,  le mouvement cherche à créer la chienlit au Centre du pays pour obliger Bamako à y dupliquer le schéma des autorités intérimaires où il y aura plus d’autonomie et plus de place pour les fils de la région. Et c’est en cela qu’il faut croire Oumar al-Janah quand il affirme avoir avec lui des leaders politiques. Quoi qu’il en soit, l’émergence de ces nouveaux groupes avec ses risques de débordement vient rappeler au Mali et à la communauté internationale  la trop longue durée d’une crise qui est entrée en phase de métastase.

Il est tout à fait déplorable que les fils du Mali qui, du fait de leur histoire commune dans les grands empires multi ethniques  qui se sont succédé sur cette aire géographique, ne puissent communiquer autrement que par le langage des armes. En tout état de cause, l’Etat malien qui, seul, a le monopole et la légitimité de la force, devrait en tirer toutes les conséquences et se donner les moyens de s’imposer à tous.

 

Mali: création d’un mouvement politico-armé pour défendre les Peuls (responsable)

sd/mrb/mr –  AFP – Posté le 19/06/2016

Un mouvement politico-armé de défense des Peuls au Mali, “non jihadiste et non indépendantiste”, a été créé, a annoncé samedi à l’AFP un responsable de cette organisation visant, selon lui, à protéger cette communauté contre “l’armée et des milices”.

 

« J’annonce la création d’un mouvement politico-militaire dénommé Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ) pour poursuivre la défense des Peuls”, a déclaré à l’AFP Oumar Aldjana se présentant comme “secrétaire général” de l’organisation.

“Notre premier ennemi sur le terrain est l’armée malienne qui arme des milices contre les pauvres civils peuls”, a ajouté M. Aldjana, également président de l’association malienne “Kawral Poulakou” (Union des Peuls dans cette langue) qui revendique plusieurs milliers de membres.

Cette association avait récemment dénoncé le meurtre au Mali de Peuls pris injustement par l’armée et des milices, selon elle, pour des jihadistes.

“Nous ne sommes ni jihadistes, ni indépendantistes. Nous sommes des Maliens qui n’acceptent plus d’être tués par des milices armées par le gouvernement malien”, a ajouté M. Aldjana qui évalue l’effectif de son mouvement “à 700 combattants”.

L’Alliance a “des soutiens” d’hommes politiques maliens mais aussi à “l’étranger, dans la diaspora peule”, a-t-il ajouté. Aldjana avait récemment dénoncé, au nom de “Kawral Poulakou”, “le massacre” de “plusieurs dizaines de civils peuls par une milice”, qui n’avait pas été précisée, après des affrontements entre des éleveurs peuls et des cultivateurs bambara dans le centre du Mali.

Il avait ensuite déclaré à l’AFP réclamer une enquête internationale indépendante sur ces événements et “si le gouvernement malien ne faisait rien, il allait prendre ses responsabilités”.

Un groupe basé dans le centre du Mali, le Front de libération du Macina (FLM), apparu début 2015, est dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, un Peul.

Le FLM recrute essentiellement dans la communauté peule, selon des spécialistes. Il est allié au groupe jihadiste malien du nord du pays Ansar Dine. Ces deux groupes revendiquent régulièrement des attaques dans le Nord et le Centre.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Longtemps concentrées dans le nord, les attaques jihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis vers le sud du pays.

 

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