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Les autorités intérimaires après Gao

by sur 15 juillet 2016

Gérer au mieux la mise en  place des autorités intérimaires après les manifestations de Gao et en dépit des protestations.

Le tout  en tenant compte des égos de chacun…

Et en avançant, malgré tout, vers la paix.

Sacrée équitation !

Ci-dessous, les réactions après les manifestations de Gao, Tombouctou, Bamako, Kita; les déclarations du président et de l’opposition; les défis de la mise en place des autorités intérimaires.

Rassemblements à Bamako et Tombouctou après la mort de quatre manifestants à Gao

Source: Jeune Afrique – Posté le 15/07/2016

Des rassemblements ont été organisés jeudi, après la mort de quatre personnes mardi lors d’une manifestation à Gao émaillée de violences.

« Non à la tuerie de Gao. Trop, c’est trop! », pouvait-on lire sur des banderoles brandies par les manifestants ayant défilé sur quelques kilomètres, à Bamako, deux jours après la mort de quatre personnes lors d’une manifestation à Gao, le 12 juillet.

Ces manifestations ont mobilisé plusieurs centaines de personnes dans la capitale et à Tombouctou (nord-ouest), avec entre autres slogans « Je suis Gao, Jeunesse de Gao, on est ensemble », selon des organisateurs et des témoins. Aucun incident n’a eu lieu, selon des témoins.

Mardi à Gao, des jeunes étaient descendus dans les rues, dénonçant notamment la mise en place d’autorités intérimaires dans les régions administratives du nord du Mali. Une disposition prévue par l’accord de paix de 2015. La manifestation, interdite selon les autorités locales, a été violemment dispersée par les forces de sécurité. Quatre civils ont été tués, et une trentaine de personnes blessées. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Gao.

« Recruter des jeunes »

« Ces incidents sont regrettables et auraient pu être évités », a déclaré le président Ibrahim Boubacar Keïta Il a dit son profond regret et salué la mémoire de ces jeunes gens fauchés dans la fleur de l’âge sur la télévision publique malienne ORTM jeudi soir.

À Tombouctou, un demi-millier de manifestants, selon les organisateurs, ont marché et ont été reçus par le gouverneur de la région. « Nous lui avons remis un mémorandum demandant notamment le recrutement des jeunes dans les forces de défense, la sécurisation des routes nationales », a raconté Oumar Ibrahim Cissé, un des manifestants ». « Ce ne sont pas seulement les (ex-)rebelles ou ceux qui ont pris les armes qu’on doit recruter », a de son côté dit Hamady Haïdara, un des responsables.

« Interprétation erronée »

Mi-juin, le gouvernement malien et les groupes armés signataires de l’accord de paix s’étaient entendus sur la création de ces autorités intérimaires, dont le déploiement est prévu à partir de ce vendredi – selon des modalités non précisées -, en remplacement des collectivités territoriales.

Le président de chaque autorité intérimaire sera le chef de l’exécutif local et leurs décisions seront exécutoires immédiatement, leur légalité n’étant contrôlée par le représentant de l’État qu’a posteriori. Cette disposition a été rejetée par plusieurs organisations politiques et par la société civile malienne, qui arguent de la non-représentativité ou de la non-légitimité de ces dirigeants temporaires.

« Les inquiétudes suscitées par certaines dispositions de l’accord (de paix) découlent, de manière évidente, d’interprétations erronées », s’est défendu le président Keïta. « Il faudrait œuvrer encore davantage pour sa meilleure compréhension et son appropriation par l’ensemble des couches de notre peuple », a-t-il ajouté.

Il a invité à la sérénité, au dialogue et à la concertation. Des appels similaires se sont multipliés depuis les violences, y compris par une délégation gouvernementale, dépêchée mercredi 13 juillet à Gao, qui a eu des échanges avec différents acteurs de la société civile locale, notamment des organisateurs de la manifestation.

Nord du Mali : Les autorités intérimaires dérapent déjà

Soumaila T. Diarra – Source: Lerepublicainmali – Posté le 15/07/2016

Les ex-rebelles veulent tout à Kidal sauf la mainmise de la communauté Imghad sur les autorités intérimaires, ce qui est à l’origine de la poussée de fièvre entre le général El Hadj Gamou et les ex-rebelles de la CMA.

La tension est vive à telle enseigne que le Niger voisin est appelé à la rescousse pour trouver un terrain d’entente. Et pour ne rien arranger, l’irréparable a été commis à Gao, mettant tout le processus en cause.

A Gao, l’ambiance de révolte qui régnait à la veille du 15 juillet, date de la mise en place des autorités intérimaires, a dégénéré. Craignant d’être mis à la touche, des jeunes de la ville protestaient contre les nouvelles autorités issues des groupes armés qui doivent diriger les affaires publiques jusqu’aux prochaines élections de proximité.

Certains slogans des jeunes contestateurs de Gao en disent long sur la fracture communautaire que les autorités intérimaires risquent d’accentuer. Dans des termes virulents, le communiqué des mouvements de la société civile de Gao souligne les privilèges «des groupes armés» et évoque même le mot génocide.

Le nord du pays est au bord d’une nouvelle forme de crise qui risque d’embraser  Kidal, Gao et Tombouctou où la majorité silencieuse est opposée aux autorités intérimaires devant bientôt régner. Au plan national, les partis politiques et plusieurs observateurs qui se sont opposé aux autorités intérimaires avaient pointé du doigt ces genres de dérapages dont les manifestations sont déjà nombreuses.

Le problème est que les groupes armés signataires de l’accord de paix sont les plus grands gagnants de la mise en place des autorités intérimaires. Mais les habitants du Nord ne se reconnaissent pas dans ces mouvements armés dont certains ont violé, tué et maltraité les populations du Nord sous l’occupation des groupes djihadistes.

Bien avant la marche réprimée du 12 juillet, le Collectif des ressortissants du Nord(COREN), une organisation plus représentative de la société civile, avait protesté contre la mise en place de ces autorités intérimaires. Le caractère non inclusif du choix des hommes est le plus souvent évoqué, les groupes armés ayant été imposés par l’Etat malien et la communauté internationale.

Par ailleurs, les choses semblent se dégrader davantage dans la localité de Kidal où un bras de fer oppose les Touareg Imghad à d’autres communautés représentées par des membres de la CMA.

Le général El Hadj Gamou, le chef Imghad que l’on dit en froid avec le président IBK, convoite la tête du conseil régional. Des membres de la CMA pressentis pour le même poste auraient le soutien du président Keïta qui a récemment reçu Bilal Ag Cherif à Bamako, alors que Gamou aurait tout essayé pour rencontrer le chef de l’Etat en vain.

Les protagonistes de cette crise de Kidal, que les autorités nigériennes tentent de réconcilier depuis le début de la semaine, ont la lourde tache de trouver un terrain d’entente autour de la gestion de la capitale de la 8è région du Mali. Les Imghad constituant la plus grande communauté  de l’Adrar des Ifoghas veulent contrôler la ville dont sont originaires plusieurs combattants du GATIA, le groupe armé fidèle au général Gamou.

En attendant, la tension reste vive dans la ville Kidal où un officier du GATIA a récemment été assassiné par une personne non identifiée. Et deux armées se font désormais face. Le général Gamou, officier resté fidèle à la République du Mali, ne compte pas laisser la ville de Kidal entre les mains des autres groupes Touareg.

Si les ex-rebelles de la CMA arrivent à diriger la ville de Kidal, c’est l’ennemi juré de Gamou, en l’occurrence le chef djihadiste Iyad Ag Ghali, qui gouvernera par procuration. Les liens entre ce terroriste et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad(HCUA) ont même été dénoncés par l’ONU.

Au-delà des évènements, tout indique que les habitants du Nord du Mali s’opposent aux autorités intérimaires sur un fonds de rivalité clanique. Dieu sait ce que mijote Kidal avec la guerre froide entre les communautés, sans oublier le jeu trouble de l’Etat.

Autorités intérimaires au nord du Mali : La répartition du pouvoir, un véritable problème

Ousmane MORBA – Par LeSoft – 15 Juil 2016

Conformément à l’esprit de l’accord de paix signé, les autorités intérimaires doivent être mises en place dans les collectivités territoriales des cinq régions du Nord. Les leaders politiques et les chefs d’Etat-major des mouvements armés (CMA, Plateforme) seront les principaux bénéficiaires des postes à pourvoir. Mais, qui va prendre quoi et où ? Qui serait désigné comme président du conseil de cercle de Kidal ? Voilà tout le problème et le danger que court la mise en place des autorités intérimaires au Nord.

En effet, cette question d’autorités intérimaires intervient au moment où le climat de paix est très volatile au nord et particulièrement à Kidal. Une petite brouille entre groupes armés pourrait nous amener à la case départ. Lesquels continuent, chacun, de défendre son propre intérêt depuis leur fusion en octobre 2015 à Anéfis. La collaboration entre troupes militaires à Kidal montre à suffisance le degré de leadership qui anime les chefs censés être nommés en remplacement des autorités des collectivités actuelles.

Dans le cadre de la répartition des postes au niveau du chef-lieu de cercle, la ville de Kidal doit revenir à la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), selon les responsables de cette formation. Pourtant, le GATIA du Général El Hadj Ag Gamou, membre de la Plateforme de son côté ne partage pas du tout cette volonté de la CMA de s’approprier la capitale de l’Adrar des Ifoghas.

En plus, depuis un temps, à Kidal, entre le GATIA, membre de la Plateforme et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, membre de la CMA, une véritable tension règne. A l’origine du problème, le porte-parole de la CMA, Almou Ag Mohamed indique que «  ce sont des mouvements de troupes constatés à Kidal et autour de la ville par le GATIA qui sortent  de l’ordinaire. S’agit-il d’une  manigance ? Que cache-t-il  à la CMA ? Mystère.

Pour rappel, le même Groupe d’autodéfense touareg imghad et alliés(GATIA) du Général Gamou avait érigé deux check-points à Kidal, aux entrées nord et sud qui sont les principales portes stratégiques de la ville. A l’époque le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad avait protesté contre cet état de fait. Donc, c’est pour dire qu’entre GATIA et HCUA, c’est une histoire ancienne.

Le porte-parole du HCUA, Almouzamile Ag Mohamed, explique que « lorsque l’accord de paix a été signé, le Gatia n’était pas à Kidal, mais sa présence ne nous pose pas de problème ; ce qui nous pose problème, ce sont les mouvements de ses troupes et ses check-points improvisés ».

Aux dernières nouvelles, le Général El Hadj Ag Gamou viserait la présidence du conseil régional de Kidal dans le cadre de la mise en place des autorités intérimaires conformément à l’Accord pour la paix et la réconciliation signé à Bamako les 15 mai et 20 juin 2015. Toutefois, il faut reconnaitre que cette volonté du Général Gamou constitue un véritable problème entre ceux qui se disent héritiers de Kidal, membres du HCUA, principal rival du GATIA.

Du côté des proches de Gamou, on affirme que celui-ci qui a tout donné pour le Mali est déterminé cette fois-ci à aller jusqu’au bout, à tel enseigne qu’il serait prêt à quitter, au cas où il n’obtiendrait pas gain de cause, l’Armée malienne en abandonnant son grade de Général. Et, il a tout le soutien de la Plateforme, assure un membre du mouvement sous couvert de l’anonymat.

En définitive, une chose est sûre et certaine, c’est que le fait de remplacer une autorité légitime par une autre illégitime au nom d’un accord pour la paix et la réconciliation aussi contesté que controversé, constitue un goulot d’étranglement. C’est pourquoi la répartition du pouvoir dans les collectivités territoriales au Nord Mali est source d’un véritable problème dont l’issue reste à imaginer.

Démarrage, demain, de l’installation des autorités intérimaires : Des acteurs optimistes pour le respect du calendrier, malgré la flambée de violence à Gao

Bakary SOGODOGO – Source : Le Prétoire – Posté le 14/07/2016

Les récents événements survenus dans la Cité des Askia ne semblent entamer en  rein l’optimisme de certains acteurs de la mise en œuvre de l’Accord de paix par rapport au démarrage, ce 15 juillet 2016, de l’installation des autorités intérimaires dans les 5 régions du Nord. En tout cas, du côté de la Plateforme des mouvements d’autodéfense comme du département en charge de la Décentralisation, on ne doute point que le calendrier prévu par l’Entente signée en juin dernier sera respecté. Rien n’est cependant moins sûr.

Au regard des récentes manifestations à Gao contre l’installation des autorités intérimaires, ils sont nombreux les observateurs de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation à se demander si la date du 15 juillet pourra être respectée pour le démarrage de la mise en place desdites autorités, tel que prévu par un document signé par les parties (Gouvernement-Plateforme-CMA) en juin dernier.

Sur la question, des responsables de la Plateforme des mouvements d’autodéfense et du ministère de la Décentralisation que nous avons contactés se montrent optimistes par rapport au respect de ce calendrier. Joint au téléphone, Fahad Ag Almahamoud, Secrétaire général du Gatia et membre influent des la Plateforme des mouvements d’autodéfense, rappelle d’abord que l’installation des autorités intérimaires est l’une des phases de la mise en œuvre de l’Accord.

Selon Fahad qui était sur le point de départ pour Niamey dans le cadre de la rencontre sur la gestion de Kidal lorsque nous le joignions, les récentes violences à Gao ne devraient pas empêcher les parties signataires de l’Entente de respecter le calendrier. «Le Nord ne se limite pas à Gao», a-t-il dit, mettant l’accent sur la rencontre de Niamey et les différentes missions de sensibilisation autour de l’Entente pour espérer l’installation des autorités intérimaires.

A la question de savoir si le gouvernement est prêt pour le démarrage effectif de l’installation des autorités intérimaires ce vendredi 15 juillet, Séni Touré, Conseiller technique au ministère de la Décentralisation, avoue ne pas être à mesure d’affirmer et d’infirmer quoi que ce soit. Tout ce qu’il dit savoir, c’est que le Gouvernement a pris un certain nombre d’engagements dans l’Entente et qu’il entend respecter. «C’est vrai qu’il y a eu des événements à Gao, mais à la télé hier [Ndlr: mardi 12 juillet] vous avez pu voir le compte rendu d’une activité d’information et de sensibilisation conduite par la CMA à Tombouctou. Donc il n’y a aucune raison à mon avis que ça ne soit pas le cas [entendez que le calendrier ne soit pas respecté]», a toutefois estimé M. Touré. Nos différentes tentatives de joindre le porte-parole de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), Almou, ont été vaines. Ce dernier, pour des raisons que nous ignorons, n’ayant pas décroché le téléphone.

Faut-il rappeler que ce mardi 12 juillet 2016, une manifestation contre l’installation des autorités intérimaires a été réprimée dans le sang par les forces de l’ordre. Cette flambée de violence qui s’était poursuivie jusqu’à hier mercredi s’est soldée, selon certaines sources, par au moins 5 morts et plusieurs dizaines de blessés. Ces événements surviennent à seulement trois jours du démarrage de l’installation des autorités intérimaires.

Ce processus, au terme de l’Entente signé par les parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation en juin dernier, devrait en principe commencer ce 15 juillet, c’est-à-dire demain vendredi, pour prendre fin le 15 août prochain. Etape importante du processus de mise en œuvre de l’Accord, l’installation desdites autorités est cruciale pour le retour de l’Administration et des services sociaux de base dans certaines localités du Nord du pays.

Mais, en dépit de l’optimisme affiché par les responsables cités plus haut, le doute reste toutefois de mise quant au respect du calendrier initial. Le gouvernement qui a encore une fois  pêché par son manque de communication devrait se donner le temps nécessaire pour mieux expliquer toutes les questions liées à la mise en place des autorités intérimaires. Ce, pour éviter que les événements survenus à Gao ne fassent pas tâche d’huile dans d’autres localités dont les populations ne sont pas suffisamment informées sur le processus d’installation desdites autorités, leur composition, leurs prérogatives et leurs durée, entre autres.

Evénements à Gao : MARCHE DE SOUTIEN ET DE SOLIDARITÉ À BAMAKO

A.M. TRAORE – L’ Essor – Posté le 15/07/2016

Des associations de jeunes, majoritairement de Gao, ont organisé, hier à Bamako, une marche de soutien et de solidarité à l’endroit de la jeunesse de la ville du Nord du Mali, afin d’attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les menaces qui pèsent sur les libertés individuelles « chèrement acquises à la suite de la révolution du 26 mars 1991 et consacrées par la Constitution du 26 février 1992 ».

Les marcheurs ont commencé à s’organiser à la place de l’indépendance aux environs de 9 heures. De là, ils ont entamé un défilé avec des  slogans sur des banderoles et affiches : ‘Zaa Kossey’ (nom d’un empereur songhaï), ‘Non à la tuerie de Gao’, ‘Trop, c’est trop’, ‘Je suis Gao’, ‘Pour la liberté de manifester pacifiquement’, ‘Pour la paix’, ‘Non à la démagogie et au laxisme’, ‘Non à la ségrégation’, ‘Plus jamais ça’, ou encore ‘Jeunesse de Gao, on est ensemble’.

Et c’est aux environs de 10 heures que les marcheurs sont partis du lieu de regroupement. Encadré par des éléments de la police, de la garde et de la gendarmerie nationale, les manifestants scandaient des slogans comme : « Gao, Gao, Gao », « Non à l’impunité », « Vive la liberté d’expression, de manifester pacifiquement et individuelle…».

Les manifestants sont arrivés au Monument de la paix vers 10 heures 30 mn. Baba Dakono « désigné comme porte-parole » par ses camarades, a lu la déclaration finale. Il a rappelé que « pendant l’occupation des régions du Nord par les groupes terroristes, la jeunesse courageuse a affronté ces envahisseurs ». « Cette même jeunesse a déposé les armes pour l’amour de la patrie et  est retournée à une vie civile », a-t-il ajouté avant d’exprimer son incompréhension face « à la répression sanglante de la marche pacifique organisée le 12 juillet 2016 par la jeunesse de Gao pour revendiquer ses droits ».

Présent à la manifestation, le Conseil national de la jeunesse (CNJ) du Mali affichait des slogans unificateurs et de rassemblement. « Le CNJ invite la jeunesse de Gao, la jeunesse malienne à la vigilance et à l’union sacrée pour le Mali ; Invite la jeunesse à la retenue, au calme pour l’intérêt supérieur de la Nation. Unis, nous bâtissons ».

La marche aurait pu tourner court. Prenant le devant de la marche avec deux grandes banderoles, des manifestants ont soupçonné le CNJ de récupération de la marche, entrainant une petite altercation. Tout est rentré dans l’ordre après des explications et l’intervention de la police qui a trouvé les mots justes pour expliquer aux marcheurs qu’ils défendaient la même cause.

Avant, les manifestants avaient observé une minute de silence à la mémoire des victimes. Ils avaient aussi chanté, en chœur, l’Hymne nationale du Mali. A partir des balcons et la cour de la cité administrative, des curieux reprenaient, aussi en chœur, la main sur la poitrine, l’Hymne nationale et les slogans scandés par les manifestants.

MISE EN PLACE DES AUTORITES INTERIMAIRES AU NORD MALI : La myopie sociopolitique de Bamako en cause

Hamadou GADIAGA – Le Pays (BF) – 14 juillet 2016

C’est en principe ce vendredi que seront installées les très controversées autorités intérimaires dans les 5 régions administratives du Nord-Mali. La mise en place de ces autorités était prévue dans l’accord d’Alger signé par Bamako et les groupes armés du septentrion, mais elle n’avait pas vu le jour en raison des divergences dans l’interprétation du contenu de cet accord.

Il a fallu attendre le 31 mars dernier pour voir l’Assemblée nationale du Mali adopter la loi y relative, sur fond de batailles rangées entre les députés de la mouvance présidentielle et ceux de l’opposition qui ne voulaient pas en entendre parler. Depuis, plusieurs rencontres ont été initiées par le Gouvernement malien pour convaincre les élus du nord d’accepter de se dépouiller de leurs attributs au profit des membres de la CMA et de la Plateforme, afin de pacifier cette partie éruptive du pays.

Les multiples missions de bons offices dépêchées par Bamako n’ont manifestement pas atteint leurs objectifs, puisque les élus locaux ont vivement protesté contre ce qu’ils qualifient de hold-up, les futurs représentants des populations du nord manquant à leurs yeux de légitimité pour avoir usurpé leur  titre par la force et la puissance de leurs armes.

Alors que le terrain n’a pas été proprement balisé pour accueillir à bras ouverts les nouvelles autorités administratives, fussent-elles provisoires, voilà que Bamako décide de passer de la parole aux actes en installant les « usurpateurs » dans leurs fonctions ce vendredi 15 juillet 2016. En prenant cette décision marquée plus par la transpiration que par l’inspiration en raison du vacarme et de la polémique au début et à la fin de la session parlementaire, les députés de la majorité et par la suite le gouvernement malien, ont fait preuve de myopie sociopolitique, d’autant qu’en plus de la vive protestation de l’opposition, c’est tout un « niragongo » social qu’ils ont réveillé chez la plus grande partie des populations du nord.

Et comme à l’accoutumée, c’est Gao qui a d’abord sonné la charge, en manifestant publiquement et malgré l’opposition du gouverneur de la région, contre à la fois la composition de ce que d’aucuns ont qualifié de délégations spéciales, et le principe même de l’installation de ces membres, car cela consacrerait à leurs yeux la partition du Mali.

Ce serait une erreur de vouloir appliquer une disposition qui fait trop de gorges chaudes

La situation s’est vite dégradée depuis que les forces de l’ordre à la gâchette facile ont tiré à vue sur les manifestants, occasionnant la mort de 3 d’entre eux et en en blessant une trentaine.

Il n’en fallait pas davantage pour que d’autres villes du Mali comme Bamako, Kati et hier Tombouctou se mêlent pour ainsi dire à la danse, mettant ainsi le gouvernement malien et ses suppôts dans l’embarras, puisqu’ils doivent faire face désormais à un choix cornélien : passer outre les signaux d’alerte lancés par les élus locaux, les mouvements citoyens et les associations des jeunes des régions nord du pays et installer les autorités provisoires au risque d’ouvrir un front, social cette fois-ci, dont ils auraient dû se passer, ou reporter sine die  les cérémonies d’installation et inévitablement s’attirer les foudres des autres parties signataires de l’accord d’Alger, qui ont commencé déjà à saliver à l’idée de jouir des  pouvoirs exorbitants que leur confère leur statut d’autorités intérimaires.

Dans un cas comme dans l’autre, Ibrahim Boubakar Kéita (IBK) et ses ouailles ont du souci à se faire, puisqu’ils sont pris entre le marteau de la résistance citoyenne et l’enclume de la rébellion armée.

Cette posture non enviable contribuera non seulement à éroder davantage le pouvoir déjà fragilisé de IBK, mais aussi à donner du tonus aux barbus et autres criminels qui ont repris leurs meurtrières parades entre le far west du nord et le nouveau no man’s land du centre.

Comment les futures autorités vont-elles, dans ce contexte, asseoir leur hégémonie dans cette partie du Mali alors que la majorité des populations qu’elles sont censées représenter ne les reconnaissent pas ou les méprisent ?

Le problème ne se trouve pas seulement dans les erreurs de casting, mais aussi dans l’incompréhensible méconnaissance par les gouvernants, de la psychologie des populations locales qui sont traditionnellement opposées à tout parachutage du genre.

Dans cette crise malienne où on est passé d’une rébellion armée à une guerre civile à relents identitaires, il faudrait éviter de renforcer la conviction de ceux qui ne jurent que par la république du Mali, et qui pensent qu’il leur faut aujourd’hui abandonner leur sagesse et prendre des armes, puisqu’apparemment, c’est le seul langage audible par les autorités maliennes en panne de stratégies et d’approches politiques salvatrices pour la paix et l’unité du pays.

Le calme relatif revenu à Gao suite aux discussions entamées par les émissaires de Bamako et les représentants des protestataires  n’est pas tout à fait rassurant, et ce serait une erreur, voire une faute politique de la part du gouvernement malien que de vouloir appliquer une disposition qui fait, avant même son application, trop de gorges chaudes, juste pour contenter ses partenaires étrangers et amadouer des groupes armés par qui le malheur a fait son nid au Mali.

Si la souveraineté du pays peut être discutée et partiellement remise en cause pour éviter à ce pays de sombrer définitivement dans le chaos, ce n’est pas un réaménagement ou un petit rétropédalage dans l’application d’un accord de sortie de crise qui pourrait remettre en cause tout le processus.

A condition toutefois que tous les acteurs soient de bonne foi, ce qui n’est malheureusement pas le cas dans ce pays devenu un danger pour lui-même et pour toute la sous-région ouest-africaine.

Incidents de Gao : Message à la Nation de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l’Etat

Publié le jeudi 14 juillet 2016

Discours de condoléance de IBK

Mes chers Concitoyens, Mesdames et Messieurs,

Suite aux évènements tragiques intervenus récemment dans plusieurs localités de notre pays, notamment à Gao, j’exprime mon profond regret et je m’incline devant la mémoire des jeunes gens fauchés dans la fleur de l’âge.

En ces douloureuses circonstances, au nom des Institutions de la République et en le mien propre, je présente nos condoléances les plus émues aux familles endeuillées et je souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Ces incidents sont regrettables et auraient pu être évités. Ils sont une illustration manifeste d’une méconnaissance des aspects féconds du contenu de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale. Ils nous commandent d’œuvrer encore davantage pour sa meilleure compréhension et son appropriation par l’ensemble des couches de notre peuple.

Les inquiétudes suscitées par certaines dispositions de l’Accord découlent, de manière évidente, d’interprétations erronées; je suis convaincu qu’elles se dissiperont progressivement, si de bonne foi, nous acceptons collectivement de conjuguer nos efforts, tous acteurs confondus, en ayant pour objectif le devenir d’un Mali stable et prospère, un Mali qui, grâce à la mise en œuvre déterminée et efficace de l’Accord, se positionnera pour être toujours solidaire de celles et de ceux de ses enfants qui sont dans la nécessité.

Pour ma part, et ce depuis toujours, je demeure attentif aux préoccupations du peuple du Mali en général et de la jeunesse en particulier.

Enfin, je voudrais inviter toutes les composantes de notre société à rester sereines et à continuer à cultiver les valeurs de dialogue et de concertation comme des vecteurs objectifs et pertinents de sortie de crise.

La jeunesse résiliente de Gao doit savoir que je ne l’oublierai jamais !

Je vous remercie.

VIVE LE MALI !

LES PARTIS DE l’OPPOSITION RÉPUBLICAINE ET DÉMOCRATIQUE DECLARENT

Boubacar DABO – Zénith Balé – Posté le 15/07/2016

Le sang a, de nouveau, coulé à Gao ce 12 juillet

De jeunes manifestants ont été fauchés. Par des balles tirées par des forces de l’ordre maliennes. Le bilan est lourd: au moins trois morts, 32 blessés et une vingtaine d’arrestations parmi  les leaders des jeunes manifestants.

Les partis de l’opposition s’inclinent devant les dépouilles des victimes et présentons nos condoléances émues aux familles et aux populations endeuillées de Gao.

Ils apportent leur soutien total à la jeunesse de Gao.

L’opposition tient le Gouvernement seul responsable des morts et des blessés de ce 12 juillet. C’est bien l’aveuglement, l’entêtement et l’autisme du Gouvernement qui sont à l’origine de la tension et des morts de Gao.

Depuis une année, nous appelons le Gouvernement à tenir des concertations pour une appropriation nationale de l’Accord de paix afin d’en faciliter la mise en œuvre. Depuis des mois, nous appelons le Gouvernement à la raison et au dialogue. Malheureusement, ces appels ont été accueillis, comme d’habitude, par le mépris.

Le passage en force de la loi sur les autorités intérimaires, la violation de la constitution, le piétinement par le Gouvernement de la loi à peine votée, la gestion chaotique de la crise du Nord  provoquent l’indignation et la colère légitimes du peuple malien en général, des populations de Gao en particulier.

La flambée de violence de ce 12 juillet, la montée de la tension à Kidal, l’insécurité rampante en 5ème région, la multiplication des attaques djihadistes contre les FAMAS et les populations civiles sont des signes patents des dangers qui guettent notre Nation, et nos autorités semblent être les seules à ne pas percevoir la gravité .

Nous invitons le président de la République et le Gouvernement à se ressaisir, à réunir les forces vives du pays afin que tous ensemble, nous explorions les voies et de moyens de sauver notre pays.

Enfin nous lançons un vibrant appel aux forces vives de Gao afin d’éviter les divisions et préserver leur unité sans laquelle, elles ne pourraient pas prendre toute leur part dans la défense de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire.

Vive Gao!

Vive le Mali

Bamako, le 12 juillet 2016

SEISME AU SEIN DE LA MAJORITE : ADP Maliba se désolidarise

Comme un couperet sur la tête du Rpm, Adp Maliba décide de suspendre sa participation de la majorité. Pour trahison du peuple et fausse promesse. Qui l’eut cru ? L’un des plus grands soutiens du président IBK pour la présidentielle de 2013, Adp Maliba a osé. Il reste la suite à donner dans cette affaire entre alliés.

En effet, le jeune parti aux dents longues semble bien préparer son coup. Il a pris un gros risque à une période très cruciale où le président IBK cherche à se faire réélire et à se faire entourer par plusieurs forces politiques. Décidé à répondre à l’appel du peuple meurtri, déçu et désabusé, Adp Maliba s’est assumé. Voici sa déclaration pour l’histoire:

Déclaration du Comité Exécutif de l’Alliance Démocratique pour la Paix (ADP-MALIBA).

Le Comité Exécutif de l’Alliance Démocratique pour la Paix (ADP-Maliba) s’est réuni en session extraordinaire le Lundi 11 Juillet 2016 à son siège. La convocation de cette réunion extraordinaire fait suite à la saisine du CE par certaines structures signataires d’un document intitulé ” Motion pour le retour aux fondamentaux de notre engagement politique “.

Elle est relative à des sujets d’actualité nationale et appelle à la redéfinition de la ligne politique du parti, notamment à réfléchir sur le sens de l’appartenance de l’ADP-Maliba à la Majorité Présidentielle. La motion invite le CE à se saisir de cette requête officielle en vue de définir un nouveau cap politique pour le parti.

 Après délibération, le Comité Exécutif de l’ADP-Maliba déclare ce qui suit :

– Sur la forme : le CE a reconnu la pleine légitimité de la motion et la déclare recevable à tout égard. Il se félicite de l’initiative des signataires de la motion qui démontre à suffisance la force et la vitalité démocratique des structures de base du parti.

– Sur le fond du document :

Le CE manifeste son soutien aux arguments constatant l’éloignement de la Majorité Présidentielle des engagements pris par celle-ci à l’endroit de nos compatriotes. Le Peuple malien qui affichait tous les signes d’espoir en de lendemains meilleurs suite à l’élection présidentielle de 2013 est aujourd’hui, plus que jamais, plongé dans le doute sur l’avenir et la pérennité même de la Nation malienne.

La motion présentée à l’examen des membres du CE fait un rappel historique juste de l’ensemble des engagements pris et du contraste avec la réalité de la situation actuelle.

La Convention de la Majorité Présidentielle a montré ses limites dans la mesure où elle a échoué à faire de son cadre de concertation un espace démocratique de débat sur les questions d’intérêt national. Par ailleurs, l’absence de consultation de ladite CMP par l’Exécutif ainsi que la méthode de gouvernance actuelle constituent des menaces réelles pour l’avenir du Mali.

La situation générale du pays est inquiétante à bien des égards. Le processus de paix est à la traîne, l’économie nationale ne profite pas aux populations, l’image du pays est fortement écornée par des scandales à répétition restés impunis, le terrorisme s’installe progressivement comme la norme, le communautarisme armé divise les populations tandis que, comme cité plus haut, le fait politique est complètement ignoré.

Face à cette situation, et par respect pour le Peuple malien auquel des promesses de changement ont été faites, l’ADP-Maliba ne peut et ne doit rester passive.

– Concernant les requêtes formulées par les signataires de la motion :

Au vu de ce qui précède Le Comité Exécutif décide de suspendre sa participation à toutes les activités de la Majorité présidentielle ; en conséquence, il entreprendra une large concertation au plan national et international sur la question.

Le Comité Exécutif de l’ADP-MALIBA assume pleinement son devoir et son rôle de sentinelle de la démocratie et du développement durable du Mali et reste résolument engagé à défendre les idéaux qui ont présidé la création du parti.

Vive l’ADP Maliba dans un Mali de Paix, de prospérité et de Partage

Fait à Bamako, le 12 Juillet 2016

Pour le Comité Exécutif

P/O Le Président

Amadou Thiam

Député élu en Com. 5

2ème Vice-Président de l’Assemblée Nationale du Mali

Par cette sortie fracassante, le jeune parti a provoqué un véritable séisme politique au sein de la majorité. Où il représente jusqu’alors un allié sûr, adoubé, respecté et craint pour son poids politique sa bravoure.

Après cet acte salutaire et envié, il reste à savoir comment le parti va pouvoir se tenir face aux velléités du pouvoir. Lui dont les barons sont presque tous des opérateurs économiques.

 

 

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