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Attaque meurtrière à Nampala

by sur 20 juillet 2016

Dix-sept soldats maliens tués dans une attaque revendiquée par deux groupes

Posted on 20/07/2016 By Koulouba

Mardi, l’attaque contre le camp de Nampala a causé la mort de 17 soldats et fait 35 blessés. Elle a été revendiquée par l’«Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice» et le groupe djihadiste Ansar Din

Dix-sept soldats ont péri mardi dans l’attaque de leur base dans le centre du Mali. Le gouvernement dénonce une opération «terroriste coordonnée», revendiquée par deux groupes armés, un peul et un jihadiste.

L’attaque a été lancée mardi «à 5h30 (heure locale et GMT) par des individus armés dont l’identité reste à déterminer» contre le camp de Nampala, ville de la région de Ségou, à environ 510 km de Bamako, la capitale, selon un communiqué de l’armée malienne. «Nous avons perdu 17 hommes et déplorons 35 blessés» à Nampala, a annoncé le ministre de la Défense Tièman Hubert Coulibaly, sur la télévision publique.

L’attaque revendiquée par deux groupes

«Nous ferons en sorte que cette attaque terroriste coordonnée qui s’est portée sur nos positions à Nampala fasse l’objet d’une réponse appropriée», a assuré Tièman Hubert Coulibaly, indiquant que des spécialistes étudiaient les modes opératoires des assaillants et des groupes armés actifs dans la région pour les identifier.

Quelques heures auparavant, l’attaque a été revendiquée auprès de l’AFP par l’«Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ)», mouvement armé dont la création a été annoncée en juin et qui se défend d’être djihadiste ou indépendantiste. Ce groupe a annoncé un bilan de huit tués et onze blessés parmi les soldats et de trois blessés dans ses rangs.

Des sources de sécurité dans la région ont exprimé à l’AFP des doutes sur l’authenticité de cette revendication, l’une d’elles précisant que l’ANSIPRJ n’avait «pas la logistique d’envergure pour mener seule une opération de cette nature».

Tard mardi soir, une autre revendication a été émise par le groupe djihadiste malien Ansar Dine dans un communiqué diffusé par SITE, le centre américain de surveillance de sites djihadistes.

Dans ce texte, Ansar Dine – fondé par l’ex-rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly – a affirmé avoir mené une «très grande attaque» contre la caserne de Nampala, tuant des «dizaines de soldats». Les assaillants sont membres du «bataillon du Macina», Macina étant l’appellation traditionnelle d’une partie du centre du Mali.

Les attaques djihadistes s’étendent vers le centre et le sud du Mali

Selon le ministre malien de la Défense, les forces maliennes tenaient Nampala mardi soir et procédaient à des opérations pour retrouver les assaillants.

Ansar Dine fait partie des groupes djihadistes ayant contrôlé pendant près de dix mois – de mars-avril 2012 à janvier 2013 – les régions du nord du Mali. Ils se sont installés dans ces vastes zones à la faveur d’une déroute de l’armée malienne face à une rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à eux et qu’ils ont ensuite évincée.

Les djihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement, et implique la force de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma). Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion, censé isoler définitivement les djihadistes. Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques djihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis vers le sud.

Certaines de ces opérations ont été revendiquées par ou attribuées au Front de libération du Macina (FLM), apparu début 2015 et dirigé par un prédicateur radical malien, Amadou Koufa, un Peul. Ce dernier recrute essentiellement dans la communauté peule, selon des spécialistes. Il est allié à Ansar Dine.

Des condamnations et des recommandations

L’Union européenne (UE), disposant au Mali d’une mission qui entraîne l’armée de ce pays, a dénoncé mardi soir une attaque «inacceptable», qui «s’ajoute à la longue liste d’actes de violence ciblés contre des forces nationales et internationales».

Le parti de l’ex-Premier ministre malien Soumana Sacko, la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS), a aussi condamné l’assaut et a demandé aux populations «une plus étroite collaboration en matière de renseignement» avec les forces maliennes.

La CNAS, qui se dit équidistante de l’opposition et de la majorité, «invite les autorités compétentes à procéder à une évaluation sérieuse de l’efficacité des programmes de formation» de l’armée malienne «à la lumière des menaces immédiates et futures» contre la sécurité dans le pays.

Attaque de Nampala: UN CONSEIL RESTREINT DE DEFENSE FAIT LE POINTA

A. KEITA- L’Essor – 20/07/2016

Le camp militaire de Nampala a été attaqué hier par un groupe d’hommes lourdement armés. Face à cette montée de violence dans la 4è région administrative du pays, le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita, a convoqué en urgence un conseil restreint de défense dans l’après-midi, au palais de Koulouba, pour faire le point de la situation.

C’était en présence du Premier ministre, Modibo Kéita, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, Tiéman Hubert Coulibaly, du ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Salif Traoré, du ministre  de l’Administration territoriale, Abdoulaye Idrissa Maiga, du ministre de l’Economie et des Finances, Boubou Cissé, du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Me Mountaga Tall ainsi que des principaux chefs militaires.

A la fin de la rencontre, qui a duré environ une heure, le Porte-parole du gouvernement a déclaré que le bilan de cette attaque était de 12 morts et d’une trentaine de blessés du côté de l’Armée. Des équipements ont été aussi enlevés par les assaillants. « Le chef de l’Etat a donné des instructions et des orientations très claires pour la suite à donner. D’abord, la poursuite de l’identification de ceux qui ont perpétré ces crimes. Nampala, désormais reconquise, doit être sécurisée. Mais au delà, le président de la République a donné des instructions fermes pour sécuriser l’ensemble de la population de notre pays », a indiqué Me Mountaga Tall.

Par ailleurs, le ministre Porte-parole du gouvernement dira que le chef de l’Etat, après avoir constaté des défaillances, a donné des instructions pour les corriger. Le président Kéita a également instruit une coopération entre l’Armée et les autres forces internationales évoluant dans la zone afin de rétablir rapidement la sécurité. Le chef de l’Etat a, enfin, insisté pour qu’un hommage mérité soit rendu à tous les soldats tombés sur le champ de l’honneur et qui ont éminemment mérité de la patrie, a annoncé le Porte-parole du gouvernement avant de préciser que la traque des bandits armés était en cours.

Mali : 17 soldats tués dans l’attaque de Nampala revendiquée par deux groupes armés

19 juillet 2016 à 22h35 — Mis à jour le 20 juillet 2016 à 08h41 – Par Jeune Afrique avec AFP

Dix-sept soldats maliens ont été tués mardi dans l’attaque du principal camp militaire de Nampala, à 500 kilomètres au nord-est de Bamako. Le gouvernement dénonce une opération « terroriste coordonnée », revendiquée par deux groupes armés, un peul et un jihadiste.

« Nous avons perdu 17 hommes et déplorons 35 blessés qui ont tous été acheminés vers des unités de soin dans la région de Ségou », a annoncé dans la soirée du 19 juillet le ministre de la Défense Tièman Hubert Coulibaly à la télévision publique. Plus tôt, le gouvernement avait fait état de « 12 morts et d’une trentaine de blessés » parmi les soldats dans l’attaque le matin-même du principal camp militaire de Nampala, dans le centre du Mali.

« Nous ferons en sorte que cette attaque terroriste coordonnée qui s’est portée sur nos positions à Nampala fasse l’objet d’une réponse appropriée », a assuré le ministre de la Défense. S’agissant de la situation à Nampala mardi soir, ce dernier a assuré que « les FAMa (Forces armées maliennes) tiennent la ville » et procèdent à des opérations pour retrouver les assaillants, a-t-il indiqué.

Ansar Eddine revendique également l’attaque

L’assaut a d’abord été revendiqué auprès de l’AFP par un responsable de l’ »Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ) », un mouvement politico-armé dont la création par Oumar Aldjana a été annoncée en juin après des violences contre cette communauté. « Nous revendiquons l’attaque de ce mardi contre le camp militaire de Nampala en signe de légitime défense », a déclaré Sidy Cissé, secrétaire général adjoint de l’ANSIPRJ dans une brève communication téléphonique avec un journaliste de l’AFP. Le groupe a fait état de huit morts et onze blessés côté armée », et de trois blessés dans ses rangs. Il a aussi indiqué avoir récupéré « cinq pick-up et deux camions transporteurs de troupes ».

Le groupe armé peul n’a pas la logistique d’envergure pour mener seul cette opération

Des sources de sécurité dans la région ont cependant exprimé à l’AFP des doutes sur l’authenticité de cette revendication. L’une d’elles a précisé que le groupe armé peul n’avait « pas la logistique d’envergure pour mener seul une opération de cette nature ». Mardi soir, le ministre de la Défense a également exprimé ses réserves. « Un groupe a émis une revendication. Nous sommes prudents. Nous essayons d’établir un lien entre la façon d’agir » des assaillants de Nampala et les modes opératoires « des différents groupes terroristes qui opèrent dans cette partie du Mali », a-t-il expliqué.

Tard mardi soir, une nouvelle revendication a été émise par le groupe jihadiste malien Ansar Eddine dans un communiqué diffusé par SITE, le centre américain de surveillance de sites jihadistes. Dans ce texte, Ansar Eddine – fondé par l’ex-rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly – a affirmé avoir mené une « très grande attaque » contre la caserne de Nampala, tuant des « dizaines de soldats ». Les assaillants sont membres du « bataillon du Macina », Macina étant l’appellation traditionnelle d’une partie du centre du Mali.

Attaques contre les forces armées

L’Union européenne (UE), disposant au Mali d’une mission qui entraîne l’armée de ce pays, a dénoncé mardi soir une attaque « inacceptable ». Celle-ci « s’ajoute à la longue liste d’actes de violence ciblés contre des forces nationales et internationales chargées de sécuriser le Mali et de faciliter la mise en oeuvre de l’accord de Paix, est inacceptable », ses auteurs « doivent être tenus responsables devant la justice », a-t-elle dit, alors que la mission des Nations unies au Mali (Minusma) est régulièrement endeuillée par des attaques contre ses troupes.

ATTAQUE D’UN CAMP MILITAIRE AU MALI : La sécurisation du Centre reste un impératif

Dabadi ZOUMBARA – Date: 19 juillet 2016

Le Centre du Mali est en train de se transformer en un véritable chaudron. Pas plus tard qu’hier, un camp militaire y a été attaqué par des hommes lourdement armés, qui auront réussi à en prendre le contrôle et à faire plusieurs victimes dans les rangs de l’armée malienne. Ces attaques à répétition au Centre du pays, sont une preuve supplémentaire que les djihadistes n’ont pas encore dit leur dernier mot. Loin s’en faut.

Elles dénotent de la capacité de nuisance des djihadistes qui écument cette région. Et Bamako devrait prendre toute la mesure du péril. En tout cas, elle aurait tort de négliger la sécurisation du Centre du pays au profit du Nord. Elle devrait désormais se rendre à l’évidence que la sécurisation de cette partie de son territoire, est un impératif.

Il urge donc de bander les muscles contre les ingénieurs du mal avant que le Centre ne soit définitivement sous la coupe réglée de ces djihadistes. Bamako a d’autant plus intérêt à garder l’arme au pied que les djihadistes semblent avoir réussi à étendre leurs tentacules à travers tout le pays. C’est triste, mais il faut bien le reconnaître, les Maliens ne sont plus nulle part en sécurité dans leur propre pays. Car, du Nord au Sud et d’Ouest en Est, les djihadistes frappent sans pitié. Bamako devrait par conséquent ouvrir l’œil et le bon.

A ce rythme, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) risque de perdre le Nord au propre comme au figuré et tout le reste du territoire malien. Cela dit, on a l’impression que les dieux de la paix sont en train d’abandonner le pays de Soundiata Keïta. La situation du Mali d’aujourd’hui renvoie au mythe de Sisyphe. Pendant que les uns font des pieds et des mains pour hisser la paix au sommet, d’autres travaillent à la ramener au plus bas niveau. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le président IBK a du pain sur la planche. Car, avec ces attaques à répétition, l’on peut dire que ce n’est pas demain la veille que le Mali renouera avec une paix définitive.  La recrudescence des attaques au Centre du pays repose la problématique de la méthode en vue de la pacification du Mali.

L’arrestation d’un lieutenant djihadiste ne signifie pas que l’on a remporté la victoire

Faut-il continuer à tenir à l’écart certains hommes comme Iyad Ag Ghali dont le groupe, Ansar Dine, est très actif au Centre du pays, ou négocier avec eux ? Bamako devrait se pencher sérieusement sur cette question. Ce lion du désert reste très influent au Mali. Iyad Ag Ghali dispose de puissants réseaux qui le rendent jusque-là insaisissable.

Si en plus d’avoir affaire à ce redoutable combattant, Bamako doit faire face à l’Alliance pour la sauvegarde de l’identité peule qui a revendiqué l’attaque du camp de Nampala, il faut craindre qu’elle ne perde aussi le contrôle du Centre comme du Nord.

La prolifération des mouvements armés ou terroristes au Mali, n’est pas pour faciliter la tâche à Bamako. Cette attaque au Centre du Mali, intervient juste après l’annonce  de l’arrestation du lieutenant d’Ansar Dine du sud, Boubacar Sawadogo. Cet homme qui était à la tête d’une katiba et qui avait pour mission d’implanter une filiale djihadiste au Burkina, aurait été alpagué par les services de sécurité du Mali et devrait être transféré dans les prochains jours dans son pays d’origine. Une  grosse prise qui apporte du baume au cœur.

C’est une épine de moins dans les pieds des présidents burkinabè et malien.  Malgré tout, il importe de rester prudent car l’arrestation d’un lieutenant djihadiste ne signifie pas que l’on a remporté la victoire. C’est plutôt une bataille qui vient d’être gagnée.

 Communiqué de presse de la CNAS-Faso Hèrè sur l’attaque terroriste contre le camp militaire de Nampala

Posted on 20/07/2016 By Koulouba

Le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè (Convention Nationale pour une Afrique Solidaire) condamne sans réserve l’attaque terroriste perpétrée contre le camp militaire de Nampala dans les premières heures du mardi 19 juillet 2016.

Tout en souhaitant prompt rétablissement aux blessés, Il présente ses condoléances les plus attristées aux familles des soldats morts sur le champ de l’honneur ainsi qu’à l’ensemble des Forces Armées et de Sécurité du Mali.

La CNAS-Faso Hèrè invite les autorités compétentes à procéder à une évaluation sérieuse de l’efficacité des programmes de formation dispensés dans le cadre de la remise à niveau de nos Forces Armées à la lumière des menaces immédiates et futures pesant sur la sécurité et l’intégrité territoriale du Mali.

Elle engage nos concitoyens en uniforme à faire preuve de vigilance maximum en tous lieux et en tous temps et demande à la population une plus étroite coopération en matière de renseignements avec les Forces Armées et de Sécurité de la République du Mali.

Enfin, le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè demande instamment aux Etats de la sous-région de renforcer leur coopération et leur solidarité agissante dans la lutte contre la nébuleuse terroriste et ses alliés séparatistes tant la menace est transfrontalière et ne ménage aucun pays.

Fait à Bamako, le 19 juillet 2016

Pour le Bureau Politique National

Le Secrétaire Général

L’Ingénieur Soumana Tangara

 Mali : un mouvement peul revendique l’attaque contre un camp militaire à Nampala

19 juillet 2016 — Mis à jour à 19h36 – Par Jeune Afrique avec AFP

Des hommes armés ont attaqué mardi le principal camp militaire de Nampala, à 500 km au nord-est de Bamako. L’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ) affirme avoir tué plusieurs soldats.

L’attaque du principal camp militaire de Nampala a été annoncée mardi 19 juillet à l’AFP par un élu local malien, un habitant et une source militaire, sans que ceux-ci donnent de détails sur l’identité des assaillants et le bilan.

Mais un responsable de l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ), un mouvement politico-armé dont la création par Oumar Aldjana a été annoncée en juin après des violences contre cette communauté, a revendiqué l’assaut auprès de l’agence de presse.

« Nous revendiquons l’attaque de ce mardi contre le camp militaire de Nampala en signe de légitime défense », a déclaré Sidy Cissé, secrétaire général adjoint de l’ANSIPRJ dans une brève communication téléphonique. « De notre côté, il y a trois blessés. Chez l’ennemi, nous avons fait de nombreux morts, nous contrôlons toujours le camp », a-t-il ajouté sans plus de détails avant d’avancer un bilan de « huit morts » et « onze blessés côté armée ».

Notre drapeau flotte sur la ville depuis 6h30 heure locale

Sur son compte Facebook, le mouvement a par ailleurs publié ce message en début d’après-midi : Le mouvement « revendique par la voix de son président l’attaque de la ville de Nampala ce matin aux environs de 04h45 en légitime défense. À l’heure où je vous parle, nous contrôlons la quasi-totalité de la ville, notre drapeau flotte sur la ville depuis 6h30 heure locale. »

Cette information selon laquelle les assaillants contrôleraient toujours la ville est confirmée par des habitants de la région, joints sur place par Jeune Afrique. Ceux-ci affirmaient, en début d’après-midi (heure malienne) que les assaillants étaient toujours dans le camp et dans la ville. Les habitants ont fui ou se sont terrés dans leurs maisons.

Un responsable de l’armée a refusé de commenter le bilan des morts. De son côté, l’élu local a fait état de morts mais a précisé ignorer le bilan. Selon l’habitant et l’élu, les assaillants sont arrivés vers 9h00 à bord de véhicules très équipés au camp, qu’ils ont ensuite incendié avant d’en prendre le contrôle.

Défense des Peuls

Certains responsables de l’ANSIPRJ sont également membres d’une association malienne de Peuls, baptisée Kawral Poulakou (Union des Peuls dans cette langue). Celle-ci avait récemment dénoncé l’assassinat de plusieurs membres de cette communauté, accusés à tort par l’armée et des milices, selon elle, d’être des jihadistes. Un groupe basé dans le centre du Mali, le Front de libération du Macina (FLM), apparu début 2015, est dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, un Peul.

Selon plusieurs sources locales, les témoins parlent de jihadistes. Ils évoquent un drapeau noir qui flotterait au-dessus du camp, et des assaillants ayant l’apparence de jihadistes. Or, le groupe dirigé par Oumar Aldjana n’a jamais indiqué appartenir à la mouvance jihadiste. Certains proches de M. Aldjana affirment d’ailleurs qu’il ne tombera jamais de ce côté.

Un habitant de Tenenkou, ville proche de Nampala, ayant joint des amis sur place a affirmé que les assaillants auraient détruit une dizaine de véhicules de l’armée, des pick-up et des camions.

Mali : Hama Foune Diallo, mercenaire du delta

Jeune Afrique – Publié le 18 juillet 2016 à 12h13 – Par Rémi Carayol

Il y a quelques semaines encore, Hama Foune Diallo était un inconnu à Bamako. Aujourd’hui, ce fils de berger se pose en héraut de la cause peule, et l’État pourrait bien s’appuyer sur lui.

À l’évidence, la lumière l’indispose. Au téléphone, Hama Foune Diallo veut bien répondre, en peul, à quelques questions, mais, lorsque celles-ci portent sur son parcours, il coupe court à la conversation. Le 25 juin, il n’était qu’un inconnu pour la plupart des Maliens lorsqu’il a officialisé la création d’un énième groupe armé, le Mouvement pour la défense de la patrie (MDP), dont il prétend être le chef d’état-major.

Affublé d’un long boubou blanc, d’un imposant turban bordeaux et d’une grosse paire de lunettes noires ne laissant entrevoir de son visage qu’une épaisse moustache, il semblait ne pas être tout à fait certain de vouloir sortir de la clandestinité.

Mobiliser les Peuls autour d’un idéal

Le MDP, qui a rejoint la Plateforme, la coalition réunissant les mouvements longtemps considérés comme favorables à Bamako, revendique 300 combattants, lesquels seraient regroupés en divers endroits de la région de Mopti en vue d’une démobilisation. Il s’agit de Peuls pour la plupart, même si Foune prend soin de préciser qu’on y trouve aussi des Bozos, des Songhaïs ou encore des Bambaras. Son objectif, pourtant, est sans équivoque : si, à l’attention de la communauté nationale et internationale, il assure vouloir protéger « l’ensemble des populations » vivant dans sa région et ne pas considérer l’État comme un ennemi, aux Peuls, il dit tout autre chose.

Début juillet, il s’est rendu à Niamana Garbal, l’immense marché au bétail peuplé de bergers situé à l’entrée de Bamako. « Il leur a tenu un discours très nationaliste, indique un témoin. Il leur a dit qu’il voulait apprendre aux Peuls à manier les armes pour se défendre contre les exactions de l’armée et des Touaregs, et qu’il voulait aussi les dissuader de rejoindre les jihadistes. Il cherche à mobiliser les Peuls autour d’un idéal. » Et la mayonnaise pourrait prendre assez vite.

Enfant du Nord

C’est que l’homme jouit d’une certaine cote. Foune est un inconnu à Bamako, mais c’est une légende dans le delta intérieur. « Il a un temps été un voleur de bétail, mais ce passé est compensé par de hauts faits militaires », indique un bon connaisseur de la région. Sa biographie est floue, à l’image de sa date de naissance (certains disent qu’il a 46 ans, d’autres 50, d’autres 53).

Celui qui a grandi près de Sossobé, dans le cercle de Tenenkou, était destiné à garder les vaches, comme son père. Mais il a très vite fait du métier des armes sa vocation. On dit de lui qu’il a dirigé l’armée de Sossobé dans la bataille ayant opposé son village à celui de Salsalbé, en 1993. Il aurait ensuite été utilisé par l’État pour mettre sur pied une milice peule en 1994 pour contrer les rebelles touaregs. Puis il est allé se battre en Sierra Leone et au Liberia aux côtés du Front révolutionnaire uni (RUF).

Le MDP compterait 30 combattants dans la région de Mopti

Lorsqu’il revient dans le delta, sept ans plus tard, il retrouve d’abord sa condition de berger, puis gagne vite une réputation de voleur de bétail, avant de se draper dans les habits d’un Zorro local face aux abus de l’État.

Révolté par le racket dont sont victimes les bergers, certainement attiré aussi par la possibilité de renouer avec le mercenariat, il rejoint en 2012 le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). L’expérience tourne court. Rallie-t-il ensuite le Mujao, voire le groupe de Hamadoun Koufa dans le Macina ? C’est un bruit qui court à Bamako, même si ceux qui le connaissent assurent qu’il ne s’est jamais acoquiné avec les jihadistes.

Son nom refait surface en 2015. À cette époque, les exécutions de représentants de l’État connus pour racketter les bergers se multiplient dans le delta. Certains y voient la main de Koufa. D’autres soufflent le nom de Foune, que l’on dit à la tête d’un groupe de pasteurs se faisant vengeance. « Depuis trois ans, il les a formés à se battre contre l’État », admet un proche. Ces hommes constitueraient aujourd’hui le gros des troupes du MDP, où l’on trouverait également d’anciens combattants de groupes jihadistes.

Nombreux sont ceux qui voient, avec la création du MDP, une manière pour lui de se refaire une virginité. Ils en veulent pour preuve le fait qu’un des parrains du mouvement, l’ancien maire de Sossobé, Hama Cissé, est l’un de ses cousins. Mais Foune pourrait tout aussi bien être utilisé par l’État pour constituer, comme en 1994, une milice dans une zone que l’armée ne contrôle plus et pour se battre par procuration contre les jihadistes. « Le gouvernement va nous aider », assure-t-il aux jeunes Peuls qu’il tente de recruter. Selon nos informations, c’est déjà le cas : le regroupement de ses hommes aurait été en partie « sponsorisé » par le ministère des Finances.

Mali : arrestation de Boubacar Sawadogo, lieutenant burkinabè d’Ansar Eddine sud

Jeune Afrique – 19 juillet 2016 à 11h05 – Par Benjamin Roger

Boubacar Sawadogo, un des cadres d’Ansar Eddine sud qui avait pour mission d’implanter une filiale au Burkina, a été arrêté au Mali. Détenu à Bamako, il pourrait être prochainement extradé vers Ouagadougou.

Boubacar Sawadogo, l’un des lieutenants d’Ansar Eddine sud, a été arrêté par les services de sécurité maliens dans la région de Sikasso, puis transféré à Bamako où il est incarcéré depuis plusieurs semaines. À la tête d’une katiba d’une trentaine d’hommes, ce Burkinabè proche de Yacouba Touré (le numéro deux d’Ansar Eddine sud, arrêté début mai), avait pour mission d’implanter une cellule jihadiste dans son pays. Il est aussi l’auteur del’attaque contre la gendarmerie de Samorogouan(sud-ouest du Burkina), qui avait coûté la vie à trois gendarmes le 9 octobre 2015.

Les services de renseignement maliens ont informé leurs homologues burkinabè de son arrestation à la fin juin. Dans la foulée, Ouagadougou a dépêché à Bamako une délégation spéciale, composée d’un magistrat et de responsables de la sécurité, pour demander l’extradition de Sawadogo. « Les Maliens y semblent favorables, mais il faut au préalable un accord à haut niveau », confie un officier burkinabè proche du dossier.

 

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