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Kidal, Gamou et IBK (suite)

by sur 31 juillet 2016

De nouveaux affrontements entre la CMA et le GATIA près de Kidal

Par  Sahelien – 30 juillet 2017

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et le Groupe d’autodéfense Touareg Imghad et alliés (GATIA), se sont affrontés à nouveau, ce samedi 30 juillet près de Kidal.

Ces affrontements interviennent, une semaine après les violents combats entre les deux groupes armés dans la ville de Kidal.

« Ça se déroule à quelques kilomètres de Kidal », selon un porte-parole du GATIA joint, ce matin par Sahelien.com.

Contacté, un habitant indique que la ville est calme, les commerces sont fermés, le marché quasiment vide et la circulation est timide.

Nous avons également joint sans succès, ce matin, les responsables de la CMA.

Mais en interrogeant hier, le Secrétaire général du HCUA, Alghabass Ag Intalla, sur la situation qui prévaut à Kidal, huit jours après les combats meurtriers, il a indiqué qu’il faut le respect du cessez-le-feu avant toute discussion.

« Ce n’est pas facile d’accepter aujourd’hui le GATIA comme ça sans discussion. Il faut avoir un engagement très ferme de leur part», avait-il affirmé.

« Les engagements que nous avons pris par le passé et que nous avons récemment renouvelés à Niamey peuvent être une bonne base de discussion. Nous restons attachés à ces engagements et attendons des frères de la CMA, la même chose, leur application », avait indiqué pour sa part, Fahad Ag Almahmoud, Secrétaire général du GATIA.

Selon lui, le problème de la coexistence pacifique, de l’acceptation mutuelle entre Ifoghas et Imgahd à Kidal, n’a pas été pris en compte par l’accord.

« On nous avait carrément refusé de prendre en compte cette question durant le processus et je ne vois pas comment on peut construire une maison sans fondation. On est obligés de nous en entendre. Nous n’allons jamais accepter d’être exclus de la gestion de Kidal », a-t-il conclu.

Kidal: cette guerre qui change tout

Par Sambi TOURE – Source: info-matin – le 29/07/2016

Les affrontements de la semaine dernière qui ont fait une centaine de morts entre les groupes armés de la CMA et de la Plateforme à l’intérieur de la grande cité de l’Adrar des Ifoghas a remis au-devant de l’actualité la passionnante et bouleversante équation kidaloise.

Entre accusations réciproques et confessions regrettables, les acteurs du drame kidalois pointent du doigt les interférences et complaisances qui déplacent et faussent le substrat communautaire de la question. A la lumière des évidences affirmées de part et d’autre (par les principaux protagonistes aujourd’hui de la crise de Kidal), la bonne lecture de l’équation kidaloise paraît bien loin de la fresque ethnique peinte jusqu’ici mettant en perpétuel conflit des barbares noirs du Sud et des intrépides hommes bleus du désert ; le tout dans un rapport de domination impossible d’accepter.

La vérité, enseigne Fily Dabo, finit toujours par triompher. En effet, il apparaît aujourd’hui clair qu’on est loin, même très loin, d’une opposition entre Nord et Sud, entre noirs et blancs, entre le Mali et une prétendue Azawad. Il n’est à cet égard pas superflu de rappeler que le Mali a toujours soutenu n’avoir aucun problème avec les Touareg, de manière générale, et avec ceux de Kidal, en particulier.

Dans le contexte particulier d’aujourd’hui (fin juillet 2016), la République est en effet bon prince, et objectivement à équidistance de toutes les communautés touareg, notamment de Kidal. Au point que ceux que l’on soupçonnait d’être ses milices (Imghads) l’accusent ouvertement d’être de mèche avec ceux qui avaient juré de faire sécession (Ifoghas). Qu’à cela ne tienne ! Le leader nationaliste et patriote de la communauté Imghad, le général Alladji Ag GAMOU considère comme ennemis de la nation tous ceux qui tentent de brouiller sa communauté avec la République et ses autorités légitimes.

Comment expliquer dès lors cette crise de Kidal qui qui enflamme, embrase et impacte si profondément et si durablement notre nation ?

Loin des thèses exotiques ressassant et exaltant le mythe de l’invincibilité de l’homme bleu, il faudrait aujourd’hui envisager l’équation à la racine et préconiser des solutions endogènes (au sein et entre les fils de Kidal) ; le Mali n’étant en vérité qu’une victime collatérale d’une guerre fratricide au sein de la grande famille touareg.

La guerre des Touareg

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : la guerre, au propre comme au figuré. Lointaine, mais si proche, si vivace, si meurtrière. Non celle qu’on a toujours voulu faire croire, mais celle que les populations touareg se sont vues imposer au gré des suprématies montées de toutes pièces. Non celle qui mobilise la communauté internationale tout entière (au chevet du Mali), mais celle que les populations touareg vivent dans leur chair, dans leur vivre et dans leur devenir… depuis des décennies.
Oui, «c’est la guerre », comme l’acquiesce Alghabass Ag Intalla, chef du HCUA, notable et fils de notable. Mais cette guerre n’oppose point le Mali aux Touareg ; mais les fils de l’Adrar entre eux.

Oui, «il y a plusieurs morts… », de part et d’autre, fils d’un même terroir kidalois : Imghads et Ifoghas.

Au-delà du qui a tiré le premier et des causes immédiatement (plus prosaïques que crédibles), à l’origine de la guerre des Touareg se trouve l’éternelle question de la suprématie pour ne pas dire du contrôle du pouvoir dans une société kidaloise fortement stratifiée.

Voulant pour eux tout le pouvoir, les Ifoghas (MNLA, HCUA, Ansardine) exigent « le retrait du GATIA (Imghad) de la ville de Kidal et ses alentours pour éviter une éventuelle reprise des hostilités », disent-ils dans un communiqué de la CMA.
Pourquoi les Ifoghas ne veulent-ils pas des Imghads à Kidal ? Parce qu’ils la veulent pour eux tous seuls et qu’ils «considèrent les Imghads comme des vassaux et ils refusent d’être sous leur domination », explique Azzaz Ag Loudagdag, président de la communauté Imghad dans une interview au journaldumali.com.

Sur quoi se fonde-t-elle cette singulière prétention qui ne repose sur aucune majorité ? Loudagdag ne passe pas par quatre chemins dans ses explications. Pour lui, ce sont « les gouvernements français et maliens (qui) ont épaulé les Ifoghas et les ont utilisés pour maîtriser tout le monde (à Kidal). C’est une opposition ancienne, mais maintenant on est au 21e siècle et les gens ne sont plus d’accord ».

Or, explique le notable Imghad, «la majorité de Kidal appartient aux Imghads et ils sont du GATIA. Pour preuve, toutes les élections sont gagnées en temps normal par les imghads. Le député et le maire sont des élus Imghads.

Nous ne laisserons jamais Kidal ! Parce que c’est eux qui sont venus à la faveur de Méharistes, d’Ansardine et des Djihadistes du MUJAO. Ils se sont bien implantés avec des complicités extérieures. Les pays étrangers les ont aidés à rester comme si c’était une part qu’on leur donne ».

Aussi, faudrait-il comprendre l’état d’âme de Fahad Ag Almahmoud, secrétaire général de GATIA, lorsqu’il martèle à qui veut l’entendre qu’«il faudrait que les Ifoghas se mettent dans la tête qu’ils doivent accepter les Imghads à Kidal. Ils n’ont pas le choix, nous ne pouvons pas être des persona non grata dans nos propres maisons ».

L’impossible cohabitation

À l’intérieur comme à l’extérieur, on s’accorde pour dire qu’il faut reconstruire la paix et que la guerre est loin d’être le viatique pour ramener la stabilité à Kidal.
Dès lors que le problème de Kidal et le problème à Kidal n’ont rien à voir avec le Mali (en termes de conflit avec les Touareg et de souveraineté territoriale), ne convient-il pas de reformater la solution politique jusqu’ici expérimentée et de remettre à jour les logiciels de gestion de cette crise ?

En tout cas, au regard des positions tranchées, il est fort à craindre que des solutions désuètes ne maintiennent les motifs de crispation et ne prolongent inutilement les souffrances de populations.
Que faire pour rendre acceptable, humaine et fraternelle à Kidal une cohabitation décrétée impossible par les Ifoghas ? Parce qu’au regard du puzzle qui se resserre sur les vrais contours de la question, on ne va pas tout de même ressortir les vieilles idées reçues de «les Touareg sont chez eux à Kidal » en décrétant que seuls les Ifoghas ont le droit à la dignité targuie ! Parce que «la majorité de Kidal appartient aux Imghads » et non aux Ifoghas.

Cette majorité est-elle prête à cohabiter ? Elle prône une cogestion de la ville, «de façon pacifique (…). Puisque le gouvernement leur a donné le gouvernorat, nous nous voulons la présidence de l’Assemblée régionale pour équilibrer les choses». Sauf qu’il faut prendre très au sérieux la menace qu’elle brandit : « si on n’obtient pas cela, tous les autres moyens seront utilisés (…). Il n’est pas question que les deux premiers responsables de la région soient tous Ifoghas et on est prêt à affronter n’importe qui pour qu’il y ait un véritable partage du pouvoir».

La solution malienne

La crise de Kidal, c’est moins qu’on puisse dire, reste comme une écharde dans la blessure de la République. Focalisant toutes les passions, elle a jusqu’ici été gérée et réglée en déplaçant le vrai problème. Parce que point ne s’agit de partager le pouvoir entre l’État régalien et un de ses démembrements (ville de Kidal), mais de repartir de manière équitable l’exercice du pouvoir et de la souveraineté entre les différentes communautés touareg qui peuplent cette partie du pays.

La délégation systématique du pouvoir aux notabilités locales avec ou sans interférences et/ou complaisances semble montrer ses limites au regard de la nouvelle donne. L’apparition de nouveaux acteurs locaux, la mondialisation de l’économie criminelle et du terrorisme et l’intervention militaire étrangère depuis janvier 2013, obligent à une approche certes globale et concertée ; mais pragmatique.
Pour le Mali et les Maliens, il n’y a pas et il ne peut y avoir de paix sans Kidal. Non pas parce que le Mali soit en guerre avec Kidal ; mais parce la résolution de l’équation Kidal est la clef de tous les autres problèmes auxquels notre pays et la sous-région sont confrontés, notamment la lutte contre le terrorisme.

Sur la question, nous sommes absolument d’avis avec Fahad Ag Almahmoud lorsqu’il disait ce mardi à la fin de la 10e session du CSA : «la pierre angulaire de ce problème, c’est Kidal. Donc il faut trouver une solution au problème de Kidal et une solution sera trouvée pour tout le Mali ».

Toutes choses qui interpellent l’État sur son leadership à initier et à conduire des approches et solutions régaliennes pour réaffirmer sa souveraineté. La réactualisation de l’appropriation du dossier est à cet égard plus que jamais souhaitable. Surtout lorsque, face à l’impasse, les deux protagonistes semblent faire un appel du pied au Gouvernement pour intervenir : «c’est au gouvernement de trouver un terrain d’entente entre les fils du pays, le linge sale se lave en famille», indique comme voie à suivre Mamadou Djéri MAIGA, vice-président du MNLA et leader de la CMA.
En d’autres termes, Kidal, c’est un problème malien qui doit être résolu par les Maliens. La CMA, à travers Mamadou Djéri MAIGA, ne conclut pas à autre chose quand il dit : «la plateforme et la CMA, nous sommes d’accord que c’est une chose regrettable qui s’est passée entre nous. C’est à nous et à notre gouvernement de chercher les voies et moyens pour trouver un terrain d’entente».

Quelle aubaine pour un Gouvernement ! Mais bien mieux : quelle opportunité historique pour notre nation de renouer définitivement avec la paix et de prouver aux oiseaux de mauvais augure que Kidal a été, reste et restera malienne.

Affaire à suivre

Conflits entre le GATIA et la CMA : Quand la MINUSMA et les Forces Françaises Barkhane roulent pour la CMA

 Youssouf Sissoko-28 juillet Infosept


Patrouille

© aBamako.com par A S
Patrouille de la MINUSMA à Tombouctou
Tombouctou, le 11 Mai 2015, la MINUSMA a procédé aux patrouilles à Tombouctou
Les forces dites de stabilisation présentes au Mali sont entrain de participer activement à la partition du Mali. Leur présence suscite aujourd’hui beaucoup plus de commentaires, d’interrogations et souvent d’irritations que de réponses, tant la CMA, favorable à l’indépendance de l’Azawad par la partition du Mali est plus soutenue, presque choyée que le pauvre GATIA qui se bat pourtant pour l’unité et l’intégrité territoriale du Mali que leur mandat leur enjoint de garantir. Jusqu’à quand El hadj Gamou et ses troupes vont-ils se conformer à ce diktat de la communauté internationale les privant de vivre sur leur terre ? Et jusqu’à quand l’Armée malienne, elle aussi, acceptera-t-elle de toujours subir les faits sans réagir ? Avec ces affrontements, les ententes de Niamey sont-elles désormais caduques ? Les autorités vont-elles encore capituler face à la pression de la communauté internationale ? La société civile mondaine plus prompte à répondre à l’invitation à dîner à Koulouba qu’à défendre la Patrie, va-t-elle rester muette face au dessein machiavélique de partition du pays ?
Le règlement partial des différents affrontements armés entre le GATIA et la CMA, qui ont causé autant de morts de part et d’autre, est la preuve tangible du penchant des forces étrangères, au premier rang desquelles la France et sa force Barkhane pour la CMA. En demandant au GATIA de quitter la ville de Kidal comme elle l’avait fait pour Ménaka et Anéfis dont il reste pourtant l’ethnie majoritaire pour laisser à la seule CMA la gestion des villes du nord, signifie très clairement que la MINUSMA et Barkhane sont devenues des forces d’occupation et de déstabilisation que de paix. Elles ne sont pas à équidistance entre le GATIA et la CMA et sont même à la base du regain de tensions.

Les affrontements entre la CMA et le GATIA ont eu lieu quelques jours seulement après la signature à Niamey au Niger, des ententes communautaires pour le partage des rôles dans la gestion de Kidal entre les groupes rivaux. Ces ententes qui étaient censées éviter les conflits fratricides entre les deux groupes, ont volé en éclats après les derniers affrontements meurtriers de Kidal qui ont causé d’innombrables pertes en vies humaines et en matériels, de part et d’autre. Qu’est ce qui a pu provoquer cette recrudescence de la violence entre ces deux groupes ? Selon certains témoins joints sur place au téléphone, c’est la gestion des check-points qui serait à la base des affrontements. Les éléments du GATIA se plaignent de leur exclusion de la gestion de ces points de contrôle à l’entrée de la ville de Kidal et surtout la main basse de la CMA sur tous les fonds générés par ces contrôles et surtout les dons des organisations humanitaires. C’est pourquoi le GATIA a demandé que les deux check-points à l’entrée de Kidal en provenance d’Algérie leur soient affectés. C’est ce qui semble avoir ravivé la tension, la CMA se voyant amputé d’une partie de ses sources de revenus. Mais, la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase est celle relative à la mort de deux combattants GATIA victimes de tirs de la part des combattants de la CMA. Les affrontements qui s’en sont suivis ont été d’une rare violence. La MINUSMA et Barkhane pour éteindre le feu ont demandé à tous les groupes armés de rejoindre leurs bases respectives, le GATIA s’est exécuté, mais la CMA, leur protégée, est restée dans la ville au vu et au su des mêmes forces. En réaction à cette partialité de la Communauté internationale, le Général Gamou, commandeur en chef du GATIA, a posé les conditions ci-après : le retour sans délai de ses combattants à Kidal aux côtés de ses frères de la CMA pour une cogestion de la ville. L’application sans délai des ententes communautaires de Niamey sur les partages de rôle dans la gestion de Kidal. Là également, le GATIA reproche aux autorités maliennes et aux forces étrangères d’avoir favorisé la CMA dans la nomination des gouverneurs et préfets des régions du nord. Pour le Général Gamou, seules les ententes communautaires de Niamey sont censées corriger cette injustice dont sont victimes les imghads, la tribu majoritaire touareg au nord jadis considérée comme vassale par la minorité ifoghas aujourd’hui maitre de la CMA.

En définitive, il est attendu des forces étrangères plus d’engagement pour le Mali, son unité et son intégrité, mais aussi et surtout plus de neutralité pour ne pas prêter les flancs aux critiques de l’opinion qui pense à tort ou à raison que la MINUSMA et Barkhane sont les bras de la France pour réaliser son vieux rêve de création d’un Etat sahélo-saharien (OCRS) dont le projet reste l’œuvre d’une loi française qui n’est pas abrogée.

 Situation sécuritaire au Mali : Le Général El Hadji Gamou disposé à démissionner de l’armée

Chahana Takiou – Source: 22 septembre -28 juillet 2016

La guerre fratricide entre les Imghads et les Ifoghas dans la région de Kidal consacre, si besoin en était, une preuve éclatante de la difficile mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger.

Les manœuvres dilatoires de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) pour faire échouer  le processus de paix à travers des velléités féodales et antidémocratiques menacent la République et la coexistence pacifique  des communautés. Aujourd’hui plus qu’hier, la cohabitation entre Imghads et Ifoghas devient difficile voire impossible. Ils ne s’aiment pas et la CMA en veut à mort au Général Elhadji Gamou, considéré comme sa bête noire. Au cours des récents évènements survenus à Kidal, avec un bilan jusqu’ici non connu parce que chaque partie refuse de communiquer les vrais chiffres en termes de morts et de blessés. Les morts sont vite enterrés, sans protocole même si les blessés sont acheminés dans les différents centres de santé de la région et de Gao.

Cette nouvelle donne a conduit Bamako à revoir le calendrier de la mise en place des autorités intérimaires, en faveur de Kidal puisqu’au lieu de commencer par là, le processus terminera par la région de l’Adrar des Ifoghas. Résultat : une forte tension est perceptible à Bamako aussi bien que dans les régions du nord du Mali. Dans ce contexte conflictuel, voir explosif, comment les frères ennemis (Imghads et Ifoghas) pourraient travailler ensemble ?  Ne faudrait-il pas prendre encore un peu de temps pour taire les rancœurs avant de mettre en place les autorités intérimaires ? Si, bien sûr, cela pourrait conduire les uns et les autres à tourner la page et à vivre   ensemble dans l’intérêt de leur terroir.

En tout cas, tout laisse à croire que le camp de la paix est difficile à tenir, à entretenir et à consolider. Les déclarations tapageuses et va-t-en guerre ne résolvent rien à l’instar de celles de Fahad Ag Almahmoud, Secrétaire général du groupement des Imghads et alliés : «…Il faut l’écrire, c’est moi qui l’ai dit. Depuis la visite de Bilal Ag Achérif (NDLR : Secrétaire général du MNLA) à Bamako, le comportement de la CMA vis-à-vis du Gatia a subitement changé à Kidal. La CMA est devenue arrogante et n’hésite à pas dire à qui veut l’entendre qu’IBK lui a donné suffisamment de moyens financiers et qu’elle n’a plus peur de qui que ce soit. Elle ne veut plus respecter aucun accord avec nous. IBK a donné plusieurs garanties à Bilal quand il est venu à Bamako. Premièrement, la nomination de Mohamed Ag Erlaf comme Premier ministre en janvier 2017. Deuxièment, il a promis à Bilal de confier la gestion de toute la zone de Kidal à la CMA. Troisièment, il a promis d’offrir des passeports diplomatiques aux responsables de la CMA. Quatrièment, IBK a promis à Bilal de faire partir Gamou de la ville de Kidal, en le nommant quelque part comme Ambassadeur. Sans oublier l’argent qu’il a offert à Bilal. On parle de 500 à 700 millions de FCFA  » (page facebook du Secrétaire général du Gatia).

Voilà des mensonges distillés par ce responsable du Gatia, repris par la presse pour en faire ses choux gras. Il sait pertinemment que même si IBK a de l’argent, quelle que soit sa générosité, il ne peut pas donner ce montant faramineux aux ennemis du Mali. Fahad a été simplement jaloux du fait que son rival de la CMA a été reçu à Koulouba et, probablement, lui jamais. Alors, il fantasme à souhait, allant jusqu’à dire qu’IBK a promis à Bilal de faire de Ag Erlaf son prochain Premier ministre. Ça, c’est de la méchanceté parce qu’avant cette rencontre son nom a été cité tout simplement au poste de chef du gouvernement. Même si les Imghads n’aiment pas Ag Erlaf parce qu’étant l’allié le plus sûr de la CMA, il faudra éviter de mentir sur IBK, en lui prêtant des propos insultants pour son peuple. Que non ! Nous comprenons que c’est une manière de déstabiliser Ag Erlaf afin qu’il n’accède pas à cette haute fonction. Et le jour où cela arriverait, on dirait voilà…

C’est dans cette même optique que les parents de Gamou lui ont demandé, selon plusieurs sources, de ne pas quitter Kidal même sur injonction de Koulouba. Il leur a répondu, à en croire les mêmes témoignages, qu’il y restera même s’il lui faut enlever les galons de Général, en démissionnant de l’armée malienne pour protéger sa communauté contre l’injustice dont elle est victime à la fois, selon lui, de la part des Ifoghas et de l’Etat du Mali. Gamou, nous a-t-on dit, a la conviction qu’IBK ne l’aime pas, pour la simple et bonne raison, qu’il n’aurait pas répondu à ses multiples demandes d’audience.

A suivre.

Conflits entre le GATIA et la CMA : Quand la MINUSMA et les Forces Françaises Barkhane roulent pour la CMA

Youssouf Sissoko – Source: infosept –  28/07/2016 By Koulouba

Les forces dites de stabilisation présentes au Mali sont entrain de participer activement à la partition du Mali. Leur présence suscite aujourd’hui beaucoup plus de commentaires, d’interrogations et souvent d’irritations que de réponses, tant la CMA, favorable à l’indépendance de l’Azawad par  la partition du Mali est plus soutenue, presque choyée que le pauvre GATIA qui se bat pourtant  pour l’unité et l’intégrité territoriale du Mali que leur mandat leur enjoint de garantir. Jusqu’à quand El hadj Gamou et ses troupes vont-ils se conformer à ce diktat de la communauté internationale les privant de vivre sur leur terre ? Et jusqu’à quand l’Armée malienne, elle aussi, acceptera-t-elle de toujours subir les faits sans réagir ? Avec ces affrontements, les ententes de Niamey sont-elles désormais caduques ? Les autorités vont-elles encore capituler face à la pression de la communauté internationale ? La société civile mondaine plus prompte à répondre à l’invitation à dîner à Koulouba qu’à défendre la Patrie, va-t-elle rester muette face au dessein machiavélique de partition du pays ?

Le règlement  partial des différents affrontements armés entre le GATIA et la CMA, qui ont causé autant de morts de part et d’autre, est la preuve tangible du penchant des forces étrangères, au premier rang desquelles la France et sa force Barkhane  pour la CMA. En demandant au GATIA de quitter la ville de Kidal comme elle l’avait fait pour Ménaka et Anéfis dont il reste pourtant l’ethnie majoritaire pour laisser à la seule CMA la gestion des villes du nord, signifie très clairement que la MINUSMA et Barkhane sont devenues des forces d’occupation et de déstabilisation que de paix. Elles ne sont pas à équidistance entre le GATIA et la CMA et sont même  à la base du regain de tensions.

Les affrontements entre la CMA et le GATIA ont eu lieu quelques jours seulement après la signature à Niamey au Niger, des ententes communautaires pour le partage des rôles dans la gestion de Kidal entre les groupes rivaux. Ces ententes qui étaient censées éviter les conflits fratricides entre les deux groupes, ont volé en éclats après les derniers affrontements meurtriers de Kidal qui ont causé d’innombrables pertes en vies humaines et en matériels, de part et d’autre. Qu’est ce qui a pu provoquer cette recrudescence de la violence entre ces deux groupes ?

Selon certains témoins joints sur place au téléphone, c’est la gestion des check-points qui serait à la base des affrontements. Les éléments du  GATIA se plaignent de leur exclusion de la gestion de ces points de contrôle à l’entrée de la ville de Kidal et surtout la main basse de la CMA sur tous les fonds générés par ces contrôles et surtout les dons des organisations humanitaires. C’est pourquoi le GATIA a demandé que les deux check-points à l’entrée de Kidal en provenance d’Algérie leur soient affectés. C’est ce qui semble avoir ravivé la tension, la CMA se voyant amputé d’une partie de ses sources de revenus. Mais, la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase est celle relative à la mort de deux combattants GATIA victimes de tirs de la part des combattants de la CMA.

Les affrontements qui s’en sont suivis ont été d’une rare violence. La MINUSMA et Barkhane pour éteindre le feu ont demandé à tous les groupes armés de rejoindre leurs bases respectives, le GATIA s’est exécuté, mais la CMA, leur protégée, est restée dans la ville au vu et au su des mêmes forces. En réaction à cette partialité de la Communauté internationale, le Général Gamou, commandeur en chef du GATIA, a posé les conditions ci-après : le retour sans délai de ses combattants à Kidal aux côtés de ses frères de la CMA pour une cogestion de la ville.  L’application sans délai des ententes communautaires de Niamey sur les partages de rôle dans la gestion de Kidal.

Là également, le GATIA reproche aux autorités maliennes et aux forces étrangères d’avoir favorisé la CMA dans la nomination des gouverneurs et préfets des régions du nord. Pour le Général Gamou, seules les ententes communautaires de Niamey sont censées corriger cette injustice dont sont victimes les imghads, la tribu majoritaire touareg au nord jadis considérée comme vassale par la minorité ifoghas aujourd’hui maitre de la CMA.

En définitive, il est attendu des forces étrangères plus d’engagement pour le Mali, son unité et son intégrité, mais aussi et surtout plus de neutralité pour ne pas prêter les flancs aux critiques de l’opinion qui pense à tort ou à raison que la MINUSMA et Barkhane sont les bras de la France pour réaliser son vieux rêve de création d’un Etat sahélo-saharien (OCRS) dont le projet reste l’œuvre d’une loi française qui n’est pas abrogée.

Défiance GATIA-CMA: Gamou pour désamorcer la bombe ?

Alors que le GATIA ne cache plus sa détermination d’attaquer la CMA, à Kidal, le MINUSMA a pesé de son poids pour que le Général GAMOU rallie la capitale et désamorce la bombe.

C’est avant-hier que l’officier général de l’armée malienne est arrivé. Pour la MINUSMA, l’objet de mission du général est clair : l’inviter à convaincre le GATIA à rester sur ses positions aux alentours de Kidal. Il s’agit de tout mettre en œuvre pour éviter de nouvelles violences après celles de la semaine dernière qui ont été particulièrement meurtrières.

L’on apprend, de sources bien informées, que suite aux combats meurtriers de la semaine dernière, la MINUSMA est au four et au moulin, question d’éviter de nouveaux affrontements entre mouvements armés qui se regardent en chiens de faïences.
Il faut rappeler que même si GAMOU a des affinités avec le GATIA, c’est en officier général de l’armée qu’il est arrivé dans la capitale. Aussi, indique-t-on, il a été reçu par le Premier ministre Modibo KEITA. Selon nos sources, il devait rencontrer d’autres officiels pour parler de paix.

Dans l’entourage du général GAMOU, apprend-on, le message de la MINUSMA a été reçu 5/5.

Pour autant, insiste-t-on dans l’entourage de l’officier général, il faut qu’une solution soit trouvée. Ce, pour que les combattants du GATIA puissent à nouveau cohabiter avec les ex-rebelles de la CMA à Kidal.

La MINUSMA, qui est résolument engagée pour éteindre l’incendie, est pleinement consciente de sa mission de rétablir la paix et de l’obligation qui lui est faite de prendre en compte cette préoccupation du GATIA.

Selon les sources concordantes, à Kidal la vie revient peu à peu à la normale. La CMA contrôle la ville, tandis que le GATIA est à la périphérie et continue de menacer. C’est d’ailleurs en raison de cette menace que le général GAMOU a été invité à Bamako pour étouffer, dans l’œuf, toute velléité belliciste.

Il est vrai que le pays connaît des moments cruciaux ; toutefois, l’espoir reste permis quant à une amélioration de la situation. Cela pour l’avènement d’une paix durable et la réconciliation à Kidal, tout comme sur l’ensemble du territoire national.

 

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